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Des analyses organiques à la redécouverte de pratiques thérapeutiques antiques
International audienceDepuis quelques années, l’étude du contenu des récipients en contexte funéraire de Gaule romaine en région Centre-Val de Loire par une approche biochimique alimente les questionnements relatifs à leur contenu autant qu’à leur signification aux côtés des défunts. Elle révèle des préparations parfois complexes, de type "pharmacopée", dont certains ingrédients témoignent de la circulation de substances d'origine méditerranéenne et des savoirs nécessaires à leur usage en thérapeutique, qu'il s'agisse de médecins ou de personnes œuvrant dans leur sphère d’action. Des recherches dans les sources écrites antiques permettent souvent d’identifier la finalité et parfois les modes d’administrations des médications. À cela s’ajoute l’observation, sur les vases, de mutilations et/ou graffito qui conduisent à identifier certaines pratiques rituelles performatives, de type magico-thérapeutique
Sauvian (34), ZAC Les Moulières - Tranche 3 : rapport de diagnostic
Situé sur la commune de Sauvian dans l’Hérault, ce diagnostic s’est déroulé dans le cadre de la troisième tranche d’aménagement de la ZAC Les Moulières réalisée par Angelotti Aménagement. Cent dix-huit tranchées couvrant une superficie de 7558 m2 ont été réalisées sur une superficie disponible de 85924 m2, soit 9 % de la surface accessible. La microtopographie de l’emprise est actuellement d’apparence plane mais les divers sondages réalisés ont mis en lumière une dépression humide située au sud de l’emprise. Cette dernière, formant une cuvette au minimum depuis le Néolithique, a été petit à petit comblée jusqu’à la fin de l’Antiquité. La stratigraphie conservée en son sein permet une lecture morpho-sédimentaire du paysage. Les résultats archéologiques de cette opération confirment la richesse des occupations de ce secteur situé en périphérie de Béziers. Les vestiges anthropiques mis au jour sont de chronologie variée, s’étalant du Néolithique final ou âge du Bronze à la période contemporaine. Les occurrences relatives aux périodes anciennes, Néolithique final ou âge du Bronze, ont été perçues uniquement au sein de la dépression, au sommet d’une strate de colluvions bien identifiée. La fréquence et la densité des vestiges laissent penser que nous nous situons en bordure d’une occupation plus dense qui se développerait directement à l’est. La période Antique est quant à elle bien représentée. Ont été mis au jour des éléments structurants de type voie et chemin, des indices paysagés principalement représentés par des traces agraires ainsi que les marqueurs d’au moins deux phases d’installations : l’une relative au Haut-Empire, l’autre au Bas-Empire. Cette dernière correspond à l’implantation d’un établissement rural à vocation agricole caractérisé par au moins un bâtiment, une cuve viticole et divers indices d’activités – pour l’heure mal définies – en lien avec cette production vinaire. En ce qui concerne la période moderne, aucune trace d’habitat n’a été mise au jour. Les seuls indices reconnus et rattachables à une occupation pérenne renvoient aux pratiques agricoles, sous la forme de fosses de plantation d’arbre ou d’aménagement de système drainant. Enfin, quelques structures contemporaines prenant la forme d’un fossé parcellaire ou d’une tranchée mécanique viennent clore cette liste de vestiges
Variabilité technologique de l’Hoabinhien : l’exemple de la production lithique sur plaquette du site de Doi Pha Kan (Thaïlande du Nord).
International audienceThis research examines the unique lithic technology at the Doi Pha Kan site dated 13,300 to 12,800 calBP in Northern Thailand during the Hoabinhian period (which globally extends from the final Late Pleistocene to Mid Holocene) by means of a technological and morpho-metric analysis. While it shares similarities with typical Hoabinhian assemblages, significant deviations in reduction methods, targeted tool types, and the singular presence of reduction sequences dedicated to the production of a diversity of slab tools. Nevertheless, the study blanks the existence of a distinct population within the Hoabinhian world, indicating a shift towards lighter, composite tools, which may represent a modern trajectory or the final phase of the Hoabinhian culture. The study also explores the potential influence of climatic fluctuations at the end of the Late Pleistocene on human behaviors and the evolution of modern human diversity in Southeast Asia. However, due to limited available paleoenvironmental data and data with a few seasonal contrasts in the tropics within a world without winter, a direct connection remains elusive for the moment. The study underscores the need for further research and interdisciplinary collaboration for comprehensive understanding of human paleoecology in the region as well as innovative technical adaptation.Cette étude propose une analyse technologique et morphométrique de la singulière industrie lithique du site de Doi Pha Kan, daté de 13 300 à 12 800 cal BP, dans le nord de la Thaïlande, pendant la période Hoabinhienne (qui s'étend globalement du Pléistocène supérieur final à l'Holocène moyen). Bien que cet assemblage présente des similitudes avec ceux des sites hoabinhiens « typiques », des écarts significatifs en ce qui concerne les méthodes de production, les types d'outils ciblés et surtout la présence singulière de chaînes opératoires visant à produire une diversité d’outils sur plaquette. Néanmoins, l'étude écarte l'existence d'une population distincte au sein du monde hoabinhien, indiquant une évolution vers des outils plus légers et composites, qui pourraient représenter une trajectoire moderne ou la phase finale de la culture hoabinhienne. L'étude explore également l'influence potentielle des fluctuations climatiques à la fin du Pléistocène supérieur sur les comportements humains et l'évolution de la diversité humaine moderne en Asie du Sud-Est. Toutefois, le cadre paléoenvironnemental tropical régional étant limité en données et par ailleurs peu contrasté saisonnièrement dans un monde sans hiver, il est difficile d'établir un lien direct à ce stade. Enfin, ce travail souligne la nécessité de poursuivre les recherches et la collaboration interdisciplinaire dans la perspective d’une compréhension globale de la paléoécologie humaine dans la région ainsi que des adaptations techniques innovantes
Communautés canoniales régulières des Alpes occidentales (XIe-XIIIe siècle)
International audienc
Rapport de mission de recherche anthropolinguistique et archéologique dans le Guéra
Le présent document est un rapport sur une mission archéologique menée en mai 2023 dans le sud du Guéra, en pays fanian. Cette mission s’inscrit dans le cadre d’un projet pluridisciplinaire de documentation linguistique et anthropologique de la langue et du peuple fanian. La découverte de multiples sites d’extraction et de réduction du minerai de fer au cours de missions de terrain précédentes a conduit les membres de ce projet à faire appel à un archéologue afin d’initier une collaboration sur le thème de l’exploitation du fer en pays fanian. Le présent rapport présente l'inventaire de six sites archéologiques en pays fanian visités lors de la mission, dont trois ont été découverts pour la première fois lors de la mission et deux ont été découverts depuis 2022 et décrits ici pour la première fois
Projet SARHAE. Le site archéologique des Rothenstaudenà Voellerdingen (67) étude d’un habitat antique et de son environnement - Rapport d’opération 2024 : fouille, prospection géophysique, analyse des données LiDAR et paléo-environnement
Le site archéologique des Rothenstauden est situé sur la commune de Voellerdingen, dans le département du Bas-Rhin. Il fait depuis 2021 l’objet du programme pluridisciplinaire « SARHAE : Le site des Rothenstauden – Voellerdingen (67) - Étude pluridisciplinaire d’un habitat antique et de son environnement ».L’année 2024 a notamment été consacrée à la réalisation d’une fouille extensive sur le secteur 100 (partie de la pars rustica de la villa) qui avait déjà fait l’objet de sondages depuis 2021. Les résultats sont encore partiels car la fouille n’est pas achevée. L’exploration a permis de mettre au jour un bâtiment subrectangulaire qui occupe une surface totale d’environ 264 m². Les murs comportent des joints regarnis et peints en rouge ocre. Occupé entre le IIe et le IIIe s., il est divisé en deux espaces dotés d’un sol en terre battue. Il comporte plusieurs aménagements dont la fonction reste à déterminée (empierrement, foyers ?). L’effondrement du bâtiment a produit d’importants niveaux de démolitions qui apporte de nombreux informations sur son architecture (sa toiture notamment). Vers la fin du XIXe s., les murs du bâtiment font l’objet d’un chantier de récupération de ses matériaux.L’année 2024 a aussi été consacrée à la réalisation d’un sondage en secteur 300 qui a permis de vérifier la présence d’un bâtiment dans ce secteur du site.En parallèle de la fouille, une deuxième phase de prospection géophysique a été réalisée et une nouvelle analyse des données LiDAR a été produite. Le volet paléo-environnemental du projet s’est poursuivi par des études pédologiques, géomorphologiques et par l’analyse palynologique des sédiments de deux mardelles
Atlit (royaume latin de Jérusalem, XIIIe s.) : cimetière de croisés ou un espace funéraire à la croisée de différentes cultures ?
International audienceLe cimetière médiéval d’Atlit est un vaste espace funéraire situé sur la côte levantine de la mer Méditerranée. Il est implanté à proximité du Château-Pèlerin bâti en 1217-1218 et occupé jusqu’en 1291 par les Templiers. Ce cimetière est un témoignage important concernant les pratiques culturelles et les populations du royaume latin de Jérusalem durant les croisades. Sans toutefois éluder la part belliqueuse et violente des croisades et l’occupation franque, cette période fut également un fort moment d’échanges de savoirs et de techniques ainsi que de déplacements de biens et de populations aux confins de l’Asie. Dans ce contexte, la question d’un cimetière réservé aux populations latines ou ouvert à une population plus large se pose. Le cimetière d’Atlit a toujours été dénommé cimetière croisé mais est-il bien le témoignage seulement d’une culture médiévale occidentale ? La diversité des pratiques funéraires permettrait d’en douter. Nous présenterons ici un ensemble de données qui souligne la complexité du sujet. Ce cimetière pourrait être en effet un espace funéraire situé aux carrefours de différentes cultures entre Occident et Orient. Ainsi l’étude céramologique des vases retrouvés dans les tombes montre une grande variété de provenance des lieux de production allant au-delà de l’arc méditerranéen. Par ailleurs, les premières données paléogénomiques attestent l’importante diversité des origines des défunts. Enfin les données isotopiques (δ13C, δ15N, δ34S) suggèrent une variabilité dans les sources d’approvisionnement alimentaire.Ces premiers résultats vont dans le sens d’un espace funéraire utilisé par des groupes au carrefour de différentes cultures. Le croisement plus précis de ces données permettra de mieux comprendre l’utilisation du cimetière et de tenter de mieux caractériser les individus inhumés. Ces nouvelles recherches interdisciplinaires permettent de mettre en évidence la complexité des cultures de l’Orient latin et ouvrent des perspectives inédites sur la compréhension des échanges durant les croisades en Asie
Événements, processus, transitions et trajectoires: Quelques considérations épistémologiques concernant le découpage du temps et la causalité (de la Préhistoire à nos jours)
International audienceThe starting point of this article is a reflection on the possibility of writing a history of humanity, namely our ability to comprehend the past over the long term, in particular through the use of archaeology (in the case of pre-history). The aim here is to provide a broad perspective through a philosophical analysis of the concepts of time and some of its derivatives (events, processes, periods) in the very concrete settings that are archaeological investigations. These temporal aspects are merely another way of thinking about causality and introducing modal questions (possible, impossible, necessary and contingent), about which the epistemology of the field remains somewhat discreet. The same conceptual tools are used to revisit the notion of definition, specifically in the way archaeologists may use it when faced with incomplete situations for which we do not have the input of the agents who produced the remains under study. These individuals are returned to possible worlds and endowed with general dispositions, carrying out actions with an uncertain degree of agency: nothing less than modal propositions that we can attempt to analyse by means of counter-factual reasoning, for example. Bringing the notions of transition or trajectory to the conceptual stage does not provide the expected descriptive peace, since they in turn lead to pronouncements or unspoken statements about the coherence of actions and their determinants. We therefore propose that these temporal and causal notions be evaluated in terms of cognitive costs and benefits, and above all, that they be discussed in the light of the most current philosophical debates. This is followed by a reflection on interdisciplinary prospects (as well as their difficulty) and the need to introduce more conceptuality into the archaeological approach.Le point de départ est une réflexion sur la possibilité d’écrire une histoire de l’humanité, à savoir notre capa-cité à penser le passé sur la longue durée, en recourant notamment à l’archéologie. Le propos vise ici une montée en généralité par une analyse philosophique des concepts de temps et de quelques-uns de ses dérivés (événements, proces-sus, périodes) dans les situations très concrètes de l’enquête archéologique. Ces aspects temporels ne sont qu’une autre manière de penser la causalité et d’introduire des questions modales (possible, impossible, nécessaire et contingent), à propos desquelles l’épistémologie du domaine reste quelque peu discrète. C’est avec les mêmes outils conceptuels que la notion de « définition » est revisitée, en particulier dans l’usage que les archéologues peuvent en faire face à des situations lacunaires pour lesquelles nous ne disposons pas de l’avis des agents ayant produit les restes étudiés. Ces personnes sont restituées dans des mondes possibles et dotées de dispositions générales, accomplissant des actions selon un incertain degré de liberté : rien de moins que des propositions modales que l’on peut tenter d’analyser grâce, par exemple, à des raisonnements contrefactuels. La mise sur le marché conceptuel des notions de transition ou de trajectoire n’apporte pas la quiétude descriptive attendue puisque, à leur tour, elles mènent à des prises de position ou des non-dits sur l’unité des actions et leurs déterminants. Il nous semble que toutes ces notions temporelles et causales devraient être évaluées en termes de coûts et profits cognitifs, et surtout, qu’elles soient discutées à la lumière des débats philosophiques les plus actuels. Il s’ensuit une réflexion sur ces possibles interdisciplinaires (et leur difficulté) et la nécessité d’introduire plus de conceptualité dans l’approche archéologique