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Approches anthropogéomorphologique et cindynique (LiDAR, SIG) des terrains artificiels de guerre français: Exemple des polémoformes de Reims (Marne).
International audienceDans le cadre de l’élaboration du système “Séré de Rivières” consécutive à la guerre franco-prussienne (1870-1871), 234 forts, composés de substructures maçonnées, sont construits ex nihilo à partir de géomatériaux de construction pluriels et multiscalaires puis recouverts de massifs de terre de plusieurs dizaines de milliers de m3 (forts de type 1874). Les polémoformes associées à ces fortifications et à la guerre constituent des terrains artificiels, considérés par les travaux précurseurs du BGS (British Geological Survey) comme des formations et modelés créés intentionnellement par les sociétés humaines sous forme de dépôts ou d’excavations. Leurs caractéristiques physiques, morphologiques, stratigraphiques et hydriques, distinctes du substrat naturel, déterminent des supports potentiels d’activités biologiques et anthropiques, mais également des sources de contamination, d’instabilités géotechniques ou d’aléas pyrotechniques leur conférant une dimension cindynique significative.Cette réalité géologique et géomorphologique demeure largement sous-documentée à l’échelle mondiale, et notamment en France, où les cartes géologiques du BRGM représentent de façon discontinue les formations superficielles anthropiques en tant que « remblais » notés « X ». À l’inverse, le BGS a engagé dès les années 1990 une cartographie systématique des terrains artificiels du Royaume-Uni, fondée sur une typologie fine de 50 unités réparties en cinq grands types. Les polémoformes y restent toutefois marginales, dans un contexte insulaire historiquement peu affecté par les conflits armés.Si la typologie de ces formes demeure embryonnaire en France, leur détection et leur cartographie bénéficient désormais des avancées de la télédétection, en particulier grâce à l’essor des données LiDAR aéroportées et à la couverture nationale en cours (2021–2026, LiDAR HD IGN). Ces données permettent une restitution fine des micro-reliefs, y compris sous couvert forestier, offrant de nouvelles perspectives pour l’analyse morphologique de formes anthropogéniques souvent partiellement effacées ou réinvesties par les dynamiques naturelles.À partir de la zone atelier de la ceinture fortifiée de Reims (12 forts), cette communication interroge la capacité des données LiDAR à identifier, cartographier et catégoriser les terrains artificiels de guerre — en particulier les polémoformes du système Séré de Rivières — dans un contexte français marqué par l’absence d’une classification morphogénétique systématisée. Pour cela, une séquence méthodologique en 18 étapes, organisées en quatre phases, a permis de produire une carte géomorphologique détaillée d’un fort « Séré de Rivières » représentant notamment les terrains artificiels. Les résultats permettent d’individualiser plusieurs catégories de terrains artificiels liés à la construction du fort et à son intégration aux réseaux de défense de la Première Guerre mondiale. La carte produite révèle la complexité morphologique et stratigraphique de ces formes, souvent enchevêtrées avec des dynamiques naturelles postérieures (érosion, végétalisation, remblaiement). Leur comparaison avec la typologie du BGS souligne la nécessité d’une adaptation au contexte français, en raison de la spécificité militaire, historique et topographique de ces polémoformes. Ce travail ouvre des perspectives pour une meilleure reconnaissance des terrains artificiels de guerre dans les cartographies géologiques nationales, dans les cartes d’aléa, ainsi qu’en tant que marqueurs morpho-stratigraphiques de l’Anthropocène. Ces apports doivent néanmoins être nuancés par la méconnaissance de la structure interne de ces terrains, par les limites d’échelle propres à la représentation cartographique, et par la diversité des autres types de polémoformes et de terrains artificiels
Toulouse (31), 1-3 rue Alfred Rambaud: Rapport Final d'Opération d'Archéologie Préventive
Achevée au mois de mai 2023, la fouille préalable à l’aménagement d’un immeuble d’habitation au 1-3 rue Alfred Rambaud à Toulouse est intervenue à la suite d’un diagnostic réalisé par Toulouse Métropole (Verrier 2022). Sur les 830m² ouverts, le site a livré des vestiges essentiellement datés de La Tène D qui se rattachent à l’agglomération gauloise de Toulouse, dans le quartier Saint Roch, connue depuis le 19e siècle. Globalement les structures fouillées sont des niveaux de d’amphores fragmentés à plat ayant eu pour fonction de stabiliser et/ou drainer des niveaux de circulation, des sols d’habitation ou des espaces ouverts. Ces épandages d’amphore se retrouvent partout dans le quartier au travers des diverses opérations archéologiques menées depuis plusieurs décennies. Sur l’emprise concernée, l’état de conservation de ces sols est mauvais à moyen et la densité faible peut être liée au caractère périphérique de la parcelle dans l’agglomération gauloise ou au fait que l’on se trouve en zone peu densément habitée avec des espaces dédiés au pacage d’animaux et à de la culture à échelle domestique.Un puits qui avait été repéré et testé lors du diagnostic a également été fouillé intégralement. Un sondage mécanique a été ouvert à la tangente de l’arc NO de la structure afin de la fouiller manuellement couche par couche depuis l’extérieur. Le creusement du puits est de forme circulaire dans le premier mètre et demi, avant de devenir quadrangulaire pour enfin s’achever en cuvette circulaire dans le fond. La partie supérieure du puits était comblée par des rejets massifs d’amphores, dont plusieurs individus entiers. Les niveaux inférieurs d’abandon et d’utilisation recelaient du mobilier céramique, amphorique et faunique moins dense
La nécropole antique d’Yzeure Sainte-Catherine (Allier) et les résidus de combustion en fossés. Gestion des prélèvements et apports de l’étude pluridisciplinaire
International audienceThe archaeological digs carried out at Sainte-Catherine (Yzeure, Allier) in 2020 uncovered a funerary occupation comprising 130 structures from the Early Roman Empire, mainly cremation deposits, but also two ditched enclosures. The presence of cremation residues in these structures has raised questions about the management of samples as part of preventive archaeology, given the limited resources available to process them and the new scientific issues involved. The multi-disciplinary study carried out enabled us to understand that these remains were the result of the same funerary activities. It seems that common protocols would make it possible to compare results between sites and to understand the function of these deposits within funerary practices.Les fouilles archéologiques menées à Sainte-Catherine (Yzeure, Allier) en 2020 ont permis de découvrir une occupation funéraire comportant 130 structures du Haut-Empire, principalement des dépôts de crémation, mais également deux enclos fossoyés. La présence de résidus de crémation dans ces structures a entraîné un questionnement sur la gestion des prélèvements dans le cadre de l’archéologie préventive, avec des moyens limités pour les traiter et au regard des nouvelles problématiques scientifiques. L’étude pluridisciplinaire menée nous a permis de comprendre que ces vestiges résultent des mêmes activités funéraires. Il semble que des protocoles communs permettraient de comparer les résultats entre les sites et de comprendre la fonction de ces dépôts au sein des pratiques funéraires
Late Paleolithic whale bone tools reveal human and whale ecology in the Bay of Biscay
Voir aussi l'Author Correction : Nature Communications, 2025, 16 (1):7795 ou ou hal-05299911International audienceReconstructing how prehistoric humans used the products obtained from large cetaceans is challenging, but key to understand the history of early human coastal adaptations. Here we report the multiproxy analysis (ZooMS, radiocarbon, stable isotopes) of worked objects made of whale bone, and unworked whale bone fragments, found at Upper Paleolithic sites (Magdalenian) around the Bay of Biscay. Taxonomic identification using ZooMS reveals at least five species of large whales, expanding the range of known taxa whose products were utilized by humans in this period. Radiocarbon places the use of whale products ca. 20–14 ka cal BP, with a maximum diffusion and diversity at 17.5–16 ka cal BP, making it the oldest evidence of whale-bone working to our knowledge. δ 13 C and δ 15 N stable isotope values reflect taxon-specific differences in foraging behavior. The diversity and chronology of these cetacean populations attest to the richness of the marine ecosystem of the Bay of Biscay in the late Paleolithic, broadening our understanding of coastal adaptations at that time
Mas Aguilhon Saint-Marcel-d’Ardèche Retour sur la question gravettienne dans la vallée du Rhône
International audienc
JC3DHN 2024 - Actes du colloque
International audienceCet ouvrage rassemble les actes du colloque du Consortium 3DHN, qui s’est tenu du 26 au 28 novembre 2024 à Nancy. Le Consortium-HN-3DHN est un réseau national, labelisé par l’IR * Huma-Num, qui fédère des équipes de recherche ainsi que des institutions patrimoniales, œuvrant pour le développement, la structuration et la diffusion des bonnes pratiques liées à la production, la gestion, la conservation et la valorisation des données 3D dans le domaine des sciences humaines et sociales.À travers ses actions collectives, le consortium-HN-3DHN poursuit plusieurs objectifs majeurs : accompagner les chercheurs et les acteurs du patrimoine dans l’usage raisonné et critique des technologies 3D. favoriser l’interopérabilité des données 3D, promouvoir les principes FAIR et encourager l’adoption de standards ouverts.Le colloque de Nancy a constitué un moment privilégié d’échange et de réflexion sur ces thématiques et a permis de confronter les expériences, discuter des méthodologies, et d’explorer les perspectives offertes par les approches 3D au sein des Humanités Numériques.L’ensemble des interventions du colloque est consultable sur la chaîne du consortium 3DHN, hébergée sur la plateforme audiovisuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche Canal-U (https://www.canal-u.tv/chaines/c3dhn
Pompéi TransUrbs : campagne 2024. Fouille des boutiques VII 5, 3 et VII 5, 5
International audienc
Les enceintes fossoyées de Charmé (Charente) : études pétrocéramiques au sein d’un espace micro territorial du Néolithique
International audienceQuatre enceintes fossoyées (Le Peu ; Les Grandes Pièces ; Les Grandes Ouches ; L’Avenaud), ont été mises au jour dans la région de Charmé (Charente, France) dans le cadre du programme collectif de recherche (Monumentalismes et territoires au Néolithique entre Loire et Charente, dirigé par V. Ard). Celles-ci se succèdent dans le temps entre le Néolithique moyen I et le Néolithique final I, soit sur une période allant de 4650 à 2470 av. n.è., au sein d’un territoire restreint de 9 km². Leurs implantations géographiques dans un environnement proche, ainsi que leurs fonctionnements diachroniques nous ont permis de questionner les dynamiques microrégionales de cette zone, tant d’un point de vue socio-technologique qu’économique. Quelles sont les sources de matière première qui ont été exploitées ? Peut-on observer la perduration de traditions techniques liées aux premières étapes de la chaîne opératoire des céramiques (collectes et modifications des terres) entre les sites ? Comment s’insèrent ces enceintes dans les pratiques techniques régionales ? Pour cela, à partir des études typo-technologiques, des analyses pétrographiques des matières premières des céramiques retrouvées au sein de ces sites ont été menées. Cette communication présentera les ruptures et les continuités des traditions techniques observées dans la chaîne opératoire des poteries entre les différentes enceintes, et dans le temps. Les analyses pétrographiques en lame mince des terres-cuites montrent qu'il existe une évolution des pratiques, tant du point de vue de la chaîne d’approvisionnement en terre argileuse, que des recettes liées aux modifications des terres. Cette dynamique se caractérise par une homogénéisation des techniques. Les sites les plus anciens montrent ainsi l’utilisation d’une diversité de matériaux, et l’emploi d’une multiplicité de dégraissant, tandis que l’enceinte la plus récente se caractérise par l’exploitation d’une ressource unique où s’ajoute un seul type de dégraissant.Ces changements dans les choix de matières premières, et dans les recettes sont autant de moyens permettant de questionner les réseaux d’apprentissage, et par-delà les connexions socio-économiques micro et macroterritorial de ces populations
La pratique marginale de la crémation à la période carolingienne : les exemples de la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) et de Bonneuil-en-France (Val-d'Oise)
International audienceThe practice of cremation, widespread in Antiquity, gradually gave way to inhumation which became exclusive during the 4th and 5th centuries AD. Although a few secondary cremation deposits were occasionally observed in northern France during the Merovingian period (Hordain, Bulles), they disappeared completely from burial sites once the population had been largely christianised. However, two recent archaeological discoveries tend to qualify the disappearance of this funerary practice during the Carolingian period. Two silos, located in the Carolingian villages of Les Chesnats in La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) and Aéroport du Bourget zone nord-ouest in Bonneuil-en-France (Val-d'Oise), yielded cremated human remains associated with furniture and/or other individuals.La pratique de la crémation des corps, très répandue durant l’Antiquité, cède peu à peu la place à la pratique de l’inhumation qui devient exclusive au cours des IVe et Ve siècles ap. J.-C. Si quelques dépôts secondaires de crémation sont observés ponctuellement dans le Nord de la France pendant la période mérovingienne (Hordain, Bulles), ils disparaissent totalement des ensembles funéraires une fois les populations majoritairement christianisées. Pour autant, deux découvertes archéologiques récentes tendent à nuancer la disparition de cette pratique funéraire durant la période carolingienne. Deux silos, localisés dans deux villages carolingiens que sont Les Chesnats à la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) et Aéroport du Bourget zone nord-ouest à Bonneuil-en-France (Val-d’Oise), ont livré les restes crématisés d’origine humaine associés à du mobilier et/ou d’autres individus