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L’inventaire des vestiges de la Seconde Guerre mondiale en Normandie : un bilan
International audienceLancé en 2015, ce programme collectif de recherche vise à inventorier dans les départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne tous les éléments du dernier conflit qui sont conservés, disparus ou enfouis, et à en restituer la cohérence historique. L’ex-Haute-Normandie n’a pas pour autant délaissée, même si l’objectif prioritaire est bien d’achever la partie occidentale. Le programme vise particulièrement à étudier les différents éléments dans l'histoire du conflit et leur place dans les dispositifs militaires. Il porte donc aussi bien sur les vestiges liés à l’Occupation que sur les vestiges alliés ou les traces et aménagements témoignant du vécu du conflit par les victimes civiles. Le projet intervient à une période charnière qui voit la patrimonialisation pleine et entière de ces vestiges qui sont intégrés progressivement dans les procédures administratives et scientifiques : à la fois par des protections au titre de l’urbanisme et aussi par la mise en œuvre de suivi scientifique des projets de fouille ou de valorisation des vestiges. Ce travail passe par un travail important de pédagogie auprès des différents acteurs dans lequel ce PCR se révèle être un catalyseur.Ce projet a nécessité l’élaboration d’un thésaurus des termes propres à ce patrimoine, outil qui pourra servir de référence nationale. Les missions de terrain et les dépouillements d’archives ont permis de couvrir la majorité des types de vestiges, ceux liés à l’Occupation (les plus nombreux), ceux liés aux populations civiles et ceux liés à la période de la Libération de la Normandie par les Alliés. L'outil de consultation en ligne de la base de données construite par le service informatique de l’université de Caen est aujourd’hui accessible au public (https://mrsh.unicaen.fr/vestigesnormandie/). Ces données sont couplées à une cartographie de l’ensemble des sites et des éléments qui constituent ce patrimoine. Cette cartographie offre un nouvel outil de lecture et d’interprétation de cette période historique. L'aboutissement du PCR ouvre plusieurs perspectives :-une perspective patrimoniale : que reste-t-il des vestiges de la Seconde Guerre mondiale ? Comment les préserver ?-une perspective géo-historique par la constitution de cartes interprétatives ; -une approche thématique afin de comprendre et valoriser les aspects les plus méconnus des vestiges liés à ce conflit
Nouveaux ensembles d’objets en alliage cuivreux de la fin du Bronze ancien et du début du Bronze moyen en Alsace : le dépôt de Hochfelden et la hache de Wilwisheim (Bas-Rhin). Un projet de recherche en cours
International audienceUne série de découvertes récentes d’objets en alliage cuivreux, dans le cadre de l’archéologie préventive alsacienne, est venue compléter les corpus assez restreints du Bronze ancien et moyen en contexte non funéraire. Ces nouveautés donnent l’opportunité d’entamer une réflexion sur les types présents, leur composition chimique et leur insertion dans le contexte local, à la croisée des différents courants d’influence à l’âge du Bronze. En effet, peu de dépôts de cette période ont fait l’objet d’une analyse poussée, les principales découvertes étant anciennes.Les deux gisements concernés sont distants de trois kilomètres le long de la Zorn. Celui d’Hochfelden a été exploré par Archéologie Alsace en 2021 et 2022 (diagnostic suivi d’une fouille), tandis que le second a été fouillé en 2021 par l’Inrap.Cet article fait état des réflexions en 2024 suite aux premières analyses de compositions élémentaires financées par la Drac Grand-Est, l’Inrap et Archéologie Alsace. Un travail plus poussé est prévu, une fois que les analyses des isotopes du plomb seront disponibles
Self-calibrated Near-light Photometric Stereo using a Geometric Proxy
International audienceWe introduce a 3D reconstruction technique based on nearlight photometric stereo, where lighting calibration is achieved on-the fly from a rough geometric knowledge obtained, e.g., by structure-from-motion. From this coarse geometry, the proposed graduated optimisation setup estimates all light source parameters (position, intensity, orientation, and anisotropy factor of each source), which can then be used within a calibrated photometric stereo algorithm. A series of real-world experiments is conducted, which validates the interest of the proposed approach
La forge minière du carreau Sainte-Barbe à Sainte-Marie-aux-Mines (XVIe s.)
International audienceLa mine Sainte-Barbe se situe au cœur de l’Altenberg, secteur minier exploité sans discontinuer depuis la fin de la période carolingienne jusqu’à la guerre de Trente ans. Les vestiges d’une occupation polyphasée allant des XIe-XIIe siècles au XVIIIe siècle ont pu être repérés et fouillés sur son carreau (l’espace qui se déploie devant son porche). Ils documentent toute la chaîne opératoire de production du plomb argentifère, ainsi que l’habitat minier et des infrastructures d’assistance.Le XVIe siècle est marqué par une activité importante avec notamment la construction d’une forge à proximité immédiate de l’entrée de la mine. Le bâtiment de 9 x 5 m a été fouillé entre 2018 et 2022. La bonne conservation des niveaux d’occupation dans un ensemble clos a permis de bien comprendre les espaces de travail structurés autour de deux foyers. Les niveaux de sol témoignent tant des aménagements liés à la gestion des eaux d’infiltration et de l’eau nécessaire à l’activité que de l’activité de forge elle-même. Charbons et résidus paléo-métallurgiques ont pu être prélevés, offrant un aperçu des opérations réalisées, qui visaient à mettre en forme et réparer les outils des mineurs et les équipements de la mine.Les dimensions de l’atelier, sa situation ainsi que la quantité de déchets entrevus témoignent du rôle important de cette forge dans le contexte sainte-marien du XVIe siècle. Malgré le peu de données à propos de l’importance de l’exploitation souterraine de la mine Sainte-Barbe, il peut être avancé que les infrastructures de son carreau étaient utiles non seulement à son activité, mais également à d’autres exploitations situées à proximité. On peut ainsi porter la réflexion sur les relations qu’entretenaient les différentes concessions minières entre elles
Belleville-en-Beaujolais (69), RD109 Déviation sud-est, Tranche 1. Une petite agglomération antique du Val de Saône: Rapport Final d'Opération d'Archéologie Préventive
Cette opération a été réalisée dans le cadre du projet de construction d’une déviation de la route départementale no 109 destinée à assurer le raccordement de la route départementale no 337 à la route départementale no 306 pour permettre le contournement du centre-ville de Belleville-en-Beaujolais. L’intervention fait suite à un diagnostic réalisé par Véronique Monnoyeur-Roussel (Inrap) en 2020 (Monnoyeur-Roussel, 2021). Lors de cette phase préalable, ce sont principalement les vestiges d’une occupation antique qui ont été mis au jour. Ces derniers constituent vraisemblablement le prolongement oriental du site fouillé par Thierry Argant (Éveha) en 2020 au lieudit Fontenailles, situé immédiatement à l’ouest du futur tracé routier (Argant, Grange, 2024). Vers l’est, quelques structures en creux et fragments de vases enterrés témoignent quant à eux d’une occupation plus ancienne datable du second âge du Fer. Ces résultats positifs ont logiquement entraîné la prescription, par le service régional de l’archéologie de la DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, d’une fouille archéologique préventive. Celle-ci a été réalisée par la société Archeodunum SAS, sous la responsabilité scientifique de Jérôme Grasso, entre juin et octobre 2022. L’emprise de fouille a été scindée en deux secteurs disjoints correspondant aux deux entités chronologiques identifiées lors du diagnostic. Le secteur 1, à l’ouest, couvre une surface totale de près de 6 000 m² sur laquelle se développe le site antique, tandis que le secteur 2, situé 700 m plus à l’est, porte sur une aire d’environ 5 000 m² abritant l’occupation laténienne.Les vestiges protohistoriques sont cantonnés au niveau du secteur 2 où ils sont apparus assez mal conservés. L’occupation prend place sur un terrain légèrement en pente en direction de la Saône, dont le lit actuel est situé à environ 1 km à l’est, et s’implante dans des colluvions de versant et de fond de vallée, composés de limons sableux d’origine alluviale lessivés. Peu lisibles, les vestiges correspondent pour l’essentiel à une vingtaine de structures en creux réparties sur l’ensemble de la surface accessible, sans organisation particulière. Aucun plan cohérent n’a pu être restitué à partir des quelques trous de poteau identifiés. Les fosses associées livrent peu d’éléments, hormis pour l’une d’entre elles qui rassemble l’essentiel des vestiges mobiliers du site. On y a récolté une douzaine de vases, dont trois individus particulièrement bien conservés et pratiquement complets. Ces derniers ont été identifiés comme des ratés de cuisson et sont associés à des rejets de terre crue rubéfiée signalant probablement la proximité d’une activité potière. Une fusaïole en terre cuite atteste quant à elle une activité de filage, probablement dans un cadre domestique. Dans l’angle nord-ouest de l’emprise, deux courtes portions de fossés formant un angle droit témoignent d’une volonté de structuration de l’espace. Cette occupation a pu être datée de La Tène finale, entre le IIe s. av. J.-C. et la première moitié du Ier s. av. J.-C.L’occupation antique prend quant à elle place sur le secteur 1 où elle se limite à la moitié ouest de l’emprise, couvrant une surface d’environ 3 300 m². Il s’agit d’une occupation antique structurée dont les principaux vestiges consistent en cinq bâtiments, partiellement dégagés dans le cadre de la fouille, dont seules les fondations en galets étaient conservées. Le site se trouve barré à l’est d’abord par un long fossé d’axe nord-sud, puis par un long mur de clôture. L’emprise prescrite n’a pas permis d’appréhender la totalité du site puisque les vestiges de cette occupation se prolongent à la fois vers le sud et le nord, ainsi que vers l’ouest où ils rejoignent ceux du site de Fontenailles situé de l’autre côté de la route bordant le chantier. Bien que les vestiges mobiliers soient relativement peu abondants, leur étude a permis de borner les limites chronologiques de cette occupation entre l’époque augustéenne et le courant du IIIe siècle et de la subdiviser en quatre états.L’état 1 prend place dans les premières décennies du Ier s. apr. J.-C. et précède le développement de l’agglomération gallo-romaine. Les rares vestiges associés à cette première fréquentation antique du secteur se limitent au quart sud-ouest de l’emprise et correspondent pour l’essentiel à des fossés précédant l’édification des bâtiments. Ils sont en partie masqués ou effacés par l’état suivant qui viendra s’y superposer. L’ensemble offre l’image d’un paysage ouvert, probablement agricole, a priori structuré en parcelles par la présence de deux grands fossés parallèles.L’état 2 regroupe l’essentiel des vestiges antiques et renvoie à la phase initiale d’édification des bâtiments, au cours de la seconde moitié du Ier s. apr. J.-C., précédée d’une phase de remblaiement généralisé. Les vestiges se répartissent alors sur la moitié ouest du site et un système de fossés parcellaires matérialise la limite orientale ainsi qu’une subdivision interne. Les cinq bâtiments découverts ne subsistent qu’au niveau de leurs fondations et aucun niveau de sol n’y est conservé. Les plans des quatre premiers demeurent incomplets, car ils se prolongent au-delà des limites d’emprise vers le sud et l’ouest. Deux d’entre eux correspondent à des bâtiments à vaste cour interne, similaires à celui observé sur le site voisin de Fontenailles, et trouvent des parallèles pertinents sur des sites identifiés comme des agglomérations de bord de voie (Fig. A). Le cinquième offre quant à lui un plan uniquement restituable à partir des tranchées de spoliation qui ont récupéré les matériaux constitutifs des murs jusqu’à la base des fondations. Il est subdivisé en six espaces parmi lesquels on reconnait un système de chauffage par hypocauste dont quelques lambeaux de sols bétonnés et pilettes de briques sont conservés en place (Fig. B). Deux pièces sont directement chauffées par un praefurnium qui n’a conservé que la base des piédroits des canaux de chauffe et des couches charbonneuses correspondant aux derniers niveaux de fonctionnement. De nouvelles limites spatiales sont également mises en place à cette époque avec une clôture du site à l’est et au nord matérialisée par le creusement de nouveaux fossés.L’état 3 correspond au développement maximal de l’occupation et s’étend sur la totalité du IIe siècle et le début du suivant. Les aménagements principaux pour cette époque sont associés à l’extension d’une partie des bâtiments. Cette phase de construction s’accompagne d’une nouvelle structuration de l’espace : le fossé central, comblé au cours de l’état précédent, laisse à présent place à un mur de clôture dont la fondation est constituée de grands fragments de TCA et qui comporte plusieurs petits contreforts de part et d’autre de son axe. La limite orientale, qui était jusque-là matérialisée par un fossé, est quant à elle remplacée par un mur de clôture dont seuls la fondation en galets et un probable aménagement d’accès sont conservés. Au nord, une vaste excavation est comblée, sans que l’on sache si elle était déjà présente au cours de l’état précédent. Il pourrait s’agir d’une zone d’extraction de terre à bâtir destinée à approvisionner le chantier de construction. Le bâtiment thermal connait lui aussi quelques changements avec l’adjonction de nouvelles maçonneries qui viennent doubler une partie des murs précédents au sud et à l’ouest. Cette phase de travaux s’accompagne probablement d’une réfection des décors peints si l’on en juge par la superposition d’au moins deux couches picturales observée sur plusieurs fragments d’enduits peints.L’état 4 enfin, marque la fin de l’occupation avec un abandon du site principalement matérialisé par le remblaiement de l’espace interne des pièces sur hypocauste ainsi que quelques niveaux de démolition ou d’épandage de mobilier. Un foyer quadrangulaire, dont la sole est constituée de grandes tegulae retournées et appuyées contre le mur de clôture central, semble fonctionner à cette époque. Les premiers indices de récupération de matériaux sont également associés à cette période datée au plus tôt de la première moitié du IIIe siècle, mais qui pourrait se prolonger dans la seconde moitié de ce siècle, voire jusqu’au tout début du ive.Postérieurement à l’abandon du site, à une période difficilement datable avec précision, les maçonneries antiques sont spoliées et les matériaux de construction sont récupérés, parfois en profondeur comme au niveau du bâtiment thermal. On y a reconnu plusieurs phases de récupération, d’abord matérialisées par des tranchées linéaires suivant les murs, puis sous la forme de vastes fosses aux contours informes recoupant ces mêmes tranchées. Aucun bâtiment n’est épargné par ces activités de spoliation. Enfin, un grand fossé parcellaire traversant le site d’est en ouest est également associé à ce dernier état signalant une probable mise en culture des espaces laissés libres après la démolition et la récupération des espaces bâtis.L’ensemble de ces vestiges, associés à ceux retrouvés sur le site de Fontenailles, peut être interprété comme appartenant à une petite agglomération routière probablement implantée de part et d’autre d’un axe viaire important, dont le tracé pourrait se situer entre les deux emprises fouillées. La « Voie de l’Océan » est réputée traverser la commune de Belleville-en-Beaujolais et il a longtemps été question de positionner la station de Lunna, mentionnée sur l’itinéraire Antonin, à cet emplacement. Cette hypothèse rentre néanmoins en conflit avec l’étape antique de Ludna qui est quant à elle mentionnée sur la table de Peutinger et dont l’emplacement est restitué sur le site de Patural à Saint-Georges-de-Reneins depuis les fouilles menées par J.-C. Béal (Béal et al. 2013). La réouverture de ce dossier, à la lumière des découvertes récentes, ravive le débat et permet a minima de constater qu’une petite agglomération antique prenait place à cet endroit, sans que l’on puisse pour l’instant en définir la nature exacte (statio, mansio, mutatio ?).Enfin, seules quelques structures se rapportent à la période moderne/contemporaine. Au niveau du secteur 2 tout d’abord, c’est une fosse abritant le squelette d’un jeune bovin inhumé complet qui a été mise au jour. En l’absence de mobilier, et considérant l’unique présence de vestiges protohistoriques sur ce secteur, une datation radiocarbone a été engagée. Celle-ci a fourni une fourchette de datation comprise entre la fin du XVIIe et le début du XXe siècle pour la mise en terre de l’animal. Pour le secteur 1, aucune occupation structurée ne prend le relais après l’abandon du site à la fin de l’Antiquité et aucun indice d’une fréquentation à l’époque médiévale n’a été observé. On retiendra simplement la mise en place d’un petit groupe de drains empierrés dans la partie sud-ouest de l’emprise. Ces derniers partagent les mêmes axes et pendages et viennent recouper plusieurs vestiges antiques. Ils assurent probablement une fonction d’assèchement des sols en vue de leur mise en pâture/culture
Les axes viaires et les thermokarsts comme témoins des évolutions pédo- et morphosédimentaires en Champagne crayeuse : l’exemple du site de Faux-Fresnay « Le Haut des Taupinières » (Marne, France)
International audienceWhile the geoarchaeological approach of a settlement usually focuses on sedimentary storage areas such as dry valleys or anthropogenic structures to understand the soil archives, roadways or natural thermokarst-type depressions can also be a source of information for pedologists and geomorphologists. Thus, the Faux-Fresnay site “Le Haut des Taupinières,” excavated by the French National Institute for Preventive Archaeological Researches (INRAP) in 2019 over an area of 10 hectares, offers new perspectives for documenting the major phases of pedogenesis and soil truncations, particularly through the presence of a medieval road axis that has preserved the Holocene rendosol horizons. This rendosol, also preserved within a dry valley and thermokarst depressions inherited from the Pleistocene, has been occupied by human societies since the Bronze Age and, like the rest of the site, has undergone multiphase and diachronic erosion. The colluvium stored in the thermokarst depressions regularly undergo renewed pedogenesis, suggesting a rhythmicity of erosion/sedimentation processes and a succession of periods of soil stability and instability. To characterize Holocene pedogenesis and to evaluate the different phases of erosion at the site, the geoarchaeological study is based on pedostratigraphic transects, geochemical analyses (measurement of organic matter and carbonates), and relative dating provided by anthropogenic structures, whether excavated or not, preserving these soil horizons as soil archives. Those anthropogenic structures and the relative dating they provide highlight, in particular, an initial phase of erosion following the Late Bronze Age occupation at Faux-Fresnay, followed by an acceleration of erosion processes during the second half of the Subatlantic period, linked to mechanized agriculture. The use of an ancient roadway as evidence of periods of erosion/sedimentation on a regional scale can also be extended to other archaeological, geomorphological, and pedological contexts. Thus, it is possible recontextualize these events at regional scale through other examples of more recent, sometimes modern to contemporary, roadways that have preserved ancient soils and bear witness to accelerated colluvial morphogenesis over more than half a century.Si l’approche géoarchéologique d’un site se concentre habituellement sur les zones de stockage sédimentaire telles que des vallons secs ou les structures anthropiques en creux pour appréhender les archives du sol, les axes viaires ou les dépressions naturelles de types thermokarstiques peuvent, elles aussi, constituer une source d’information pour le pédologue et le géomorphologue. Ainsi, le site de Faux-Fresnay « Le Haut des Taupinières », fouillé par l’Inrap en 2019 sur une superficie de 10 hectares, offre des perspectives nouvelles pour documenter les grandes phases de pédogenèse et les troncatures des sols, notamment à travers la présence d’un axe viaire médiéval, ayant préservé les horizons de rendosol holocène. Ce rendosol, également conservé à la faveur d’un vallon sec et de dépressions thermokarstiques hérités du Pléistocène, est anthropisé dès l’âge du Bronze puis subit, comme l’ensemble du site, une érosion polyphasée et diachronique. Les produits d’érosion stockés dans les dépressions thermokarstiques subissent régulièrement une reprise de pédogenèse, suggérant une rythmicité du couple érosion/sédimentation et la succession de périodes de stabilité et d’instabilité des sols. Pour caractériser la pédogenèse holocène et les différentes phases d’érosion du site, l’étude géoarchéologique s’appuie donc à la fois sur la réalisation de transects pédostratigraphiques, sur des analyses géochimiques (dosage de la matière organique et des carbonates), mais aussi sur les datations relatives offertes par les structures, fossoyées ou non, préservant ces horizons pédologiques à titre d’archives du sol. Ces structures anthropiques et les datations relatives qu’elles fournissent mettent notamment en lumière une première phase érosive postérieure à l’occupation du Bronze final à Faux-Fresnay, puis une accélération des processus érosifs au cours de la seconde moitié du Subatlantique, en lien avec l’agriculture mécanisée. L’utilisation des axes viaires anciens comme témoin des périodes d’érosion/sédimentation à l’échelle régionale peut également être étendue à d’autres contextes archéologiques, géomorphologiques et pédologiques. Ainsi, une remise en contexte à l’échelle régionale est possible à travers d’autres exemples d’axes viaires plus récents, parfois modernes à contemporain, ayant préservé les sols anciens et qui témoignent d’une morphogenèse colluviale accélérée depuis plus d’un demi-siècle
Quand les archéologues vous racontent le terrain…édition 2025. Retour de la mission archéologique franco-djiboutienne
International audienc
Influence of biochar and compost and their interaction on carbon and nitrogen mineralization in a Saharan sandy soil
International audienceBiochar and compost co-application in agricultural soils is of growing interest due to their complementary nature, combining high carbon (C) sequestration potential and nutrient inputs. An organically depleted sandy soil sampled in an oasis in southern Tunisia was selected to evaluate the impact of date palm-based biochar and compost as soil amendments and to assess the biodegradability of these organic products sole or in mixtures. Carbon and Nitrogen (N) mineralization dynamics in soils amended or not with biochar and/or compost were monitored during 112 days. Soil samples were taken at the start and after 56 and 112 days of incubation for soil organic matter quantification and characterization using Rock-Eval® thermal analysis. The apparent mineralized organic carbon fraction of the compost was ≈16.7 % after 112 days. The mineralization rate constants of the labile fractions of sole compost and biochar were 0.012 and 0.037 day-1 respectively following model fittings on C mineralization data. The proportion of their recalcitrant fractions were 77 and 98 % of initial C for compost and biochar, respectively. The comparison of model fits obtained for products alone vs mixtures showed no differences, suggesting no significant interaction between biochar and compost in mixtures on C mineralization. However, in the soil amended with pre-incubated biochar-compost mixtures, lower cumulated CO2 emissions were found compared with the same products inputs applied individually. The nitrogen supply of the compost was estimated at 53 ± 28 kg N.ha-1 in the short-term in the soil amended with ≈77 t.ha-1 of date palm compost. Biochar pre-incubated with compost increased the soil N supply to 106 ± 45 kg N.ha-1 compared with the unamended soil. The low thermal stability of the initial pure compost highlighted the low stabilization of the organic matter during the composting process. The high salt content of the compost does not seem to inhibit organic matter decomposition in a saline non-sodic soil. However, improving the composting process with date palm residues is needed to optimise its carbon stability, and to avoid salinization of the soil and water in arid areas
Approches archéologiques des bourgs et villages dans le Centre-Est de la France au Moyen Âge et aux Temps modernes (XIe – XVIIIe siècles)
Le développement de l’archéologie en centre-bourg des dernières années a entraîné la multiplication des découvertes de vestiges relevant du second Moyen Âge et des Temps modernes. Cependant, un déficit de publications et de travaux de recherche sur les habitats groupés de cette période est constaté dans le Centre-Est de la France, région pourtant pionnière sur ces thèmes depuis les travaux de Jean-Marie Pesez à Dracy dans les années 1960.En effet, si les thématiques liées à la formation des villages au cours du haut Moyen Âge ont été déjà largement débattues, a contrario, les caractéristiques des villages et des bourgs de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne demeurent nettement moins étudiées dans nos régions. En effet, les études sur les formes de peuplement se sont longtemps cantonnées aux composantes castrales et ecclésiales des sites. Le colloque de Perpignan de 2017 « L’archéologie au village. Le village et ses transformations, du Moyen Âge au premier cadastre » (Archéologie du Midi Médiéval, 36, 2018), montre en définitive l’apport des données récentes et ouvre de nouvelles perspectives de recherche, Quelles sont les formes et composantes des villages médiévaux et modernes ? Sont-elles distinctes - individuellement - de ce que l’on peut trouver sur des fermes isolées ou même des habitations urbaines ? Dans quels réseaux s’inscrivent-ils et à quelle échelle ? Comment appréhender leurs emprises sur le territoire et les campagnes environnantes, spécialement à travers le réseau des voies et le parcellaire ? Ces problématiques pourront être au cœur de cette journée d’étude. Son objectif est de réunir les acteurs de la recherche, de présenter différents travaux et études en cours et d’appréhender les possibilités de synthèses qui pourraient émerger
Poterie et autres terres cuites : Les terrains du céramologue
Ouvrage réalisé par les étudiantes et l'étudiant de la promotion 2024-2025 du master Métiers du livre et de l'édition de l'université de Caen NormandieInternational audienceVous êtes-vous déjà demandé, en visitant un musée, quelle a pu être la vie d’une poterie avant de se retrouver ici, derrière cette vitrine ? Saviez-vous qu’un simple fragment de céramique peut dévoiler de précieuses informations sur sa production et son utilisation ? À travers les époques, et au moyen d’une iconographie aussi riche que précise, douze céramologues du Craham, de l’Inrap et d’Éveha partagent avec nous les résultats de leurs recherches en cours, éclairant les catégories, les usages, les lieux et les techniques de fabrication ainsi que la circulation des terres cuites. La céramologie révèle des précisions fascinantes, comme l’arrivée des grenades et des oranges sur les tables du Nord. Les objets étudiés, issus de fouilles de Normandie et d’autres régions, reflètent le mode de vie de différentes civilisations. Accessible et actuel, cet ouvrage est indispensable pour saisir le rôle crucial des céramiques dans la reconstitution des sociétés anciennes. Imprégnez-vous du passé et laissez les images vous guider