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Topographie urbaine en Gaule durant l’Antiquité tardive : des chefs-lieux de cité multipolaires
En décembre 2023, la ville de Bordeaux accueillait le huitième colloque international de l’association Antiquité tardive en Gaule (ATEG) dont le titre était volontairement interrogatif : « Les villes de l’Antiquité tardive en Gaule et dans les régions mitoyennes : des sites multipolaires ? » Ce volume s’en fait l’écho au travers d’articles issus des communications qui portent sur plus d’une vingtaine de chefs-lieux de cité des provinces gauloises, examinés sur une période allant du IIIe au VIe s. apr. J.-C. Une ouverture est en outre proposée au travers d’exemples voisins, choisis en Italie du Nord, en Espagne et en Afrique du Nord. La documentation archéologique, bien que parfois lacunaire, y est mise à l’honneur pour contrecarrer l’image communément admise de villes capitales qui, aux IVe-Ve s., auraient été limitées à la seule emprise de leur enceinte tardive ou, notamment en Narbonnaise, à un espace réduit et concentré au sein des fortifications érigées au Haut-Empire. Dans la plupart des cas, on constate en réalité l’existence – hors les murs ou dans les murs – de noyaux d’occupation au sein desquels se distinguent, dans les exemples les mieux informés, des formes urbaines et des activités diversifiées. Ces villes multipolaires composent une image du paysage urbain radicalement différente de celle qui était jusqu’alors envisagée et constituent le socle de l’émergence au VIe s. de la ville chrétienne
Striking convergent selection history of wheat and barley and its potential for breeding
International audienceOver the past 10,000 years, the development of civilization has been enabled by the domestication of plants and animals tailored to human needs. The Triticeae tribe, including barley and wheat, has emerged as one of the most important sources of staple foods worldwide. Here, comparing genomes of wheat and barley genotypes from around the world, we unveiled genomic footprints of convergent selection affecting genes involved in crop adaptation and productivity, as well as a lack of parallel selection for diverse genes delivering genetic diversity specific to particular geographic and associated environmental conditions. We demonstrate that studying convergent selection between crops can help to identify genes crucial for adaptation and sources of diversity for improving cultivated species—forming the basis of the proposed concept of inter-crop translational research for breeding
From the open sea to the foreshore: preventive archaeology of large-scale linear projects (France)
International audiencePreventive archaeology in offshore context has seen significant growth in France since the early 2010s. The increase in the number of operations has led Drassm and Inrap archaeologists to adapt to a variety of contexts, from the open sea to the foreshore, from the Mediterranean coast to the North Sea, via the Atlantic and the English Channel. Operations carried out on large-scale linear projects (power cables, telecommunications cables,pipelines, etc.), over 50 field operations since 2010, combine large-scale geophysical surveys, robotic interventions in deep waters, human diving surveys and mechanised diagnosis on beaches.Drassm and Inrap are involved in archaeological diagnosis or evaluation, two distinct administrative formats under French legislation, but beyond the subtleties of the legislative framework, the objectives and constraints are common, and the methods are developed jointly.The intervention protocol for these large-scale projects, drawn up in 2014 in the context of the first French offshore windfarms, is based on the principle of two main stages: an analysis of geophysical data and an in-situ survey of potentially anthropogenic targets. This protocol has since been amended over the courses of the experience gained by the various teams, but certain limits inherent in the means of detecting and exploring the seabed still need to be overcome : detection of buried remains, poorly preserved remains or human occupation sites that are difficult to read, etc. In view of the future development of linear developments at sea (wind farms, cables, etc.), this question remains crucial for the scientific and heritage objectives of preventive archaeology to be fully met
Le dépôt d’armes du sanctuaire gaulois de Tintignac (Naves, Corrèze). La guerre mise en scène et en pièces
International audienceThe deposit of objects discovered in 2004 at the heart of the Tintignac sanctuary consisted primarily of items with a martial character. These may have been offerings initially displayed within the sacred enclosure, either on the palisades marking its boundaries or on individualized trophies, before being relegated following the dismantling of the wooden structures. Functional weapons (swords and scabbards, spearheads, shields) and previously unknown individual equipment (breastplate discs, ostentatious helmets) were accompanied by other objects evoking the martial sphere (carnyces, standards, horse bits, etc.). These artifacts were deposited haphazardly in a pit alongside items usable in ritual contexts, suchas ceremonial vessels (cauldrons). They were intentionally deformed, disassembled, or broken before being buried during the final decades of the 1st century BC. Despite this treatment, the assemblage is chronologically heterogeneous, if not outright anachronistic, as the items can be dated variously from La Tène B2 to La Tène D, or even to the late first or early second Iron Age in the case of the disk cuirasses. Despite its chronological disparity, this unique assemblage brings together nearly everything known about La Tène-period weaponry and the Gallic warrior, offering a profound reflection on war and its associated imagery. This exceptional discovery, analyzed using modern investigative methods, provides a renewed perspective on the interactions between the material and spiritual dimensions of the Celtic warrior’s universe. The aim of this article is to explore the potential roles these realia might have played both before their arrival at the site and within the sanctuary itself.Le dépôt d’objets trouvé en 2004 au cœur du sanctuaire de Tintignac regroupait essentiellement des éléments à caractère guerrier. Il pourrait s’agir d’offrandes initialement exposées dans l’enceinte sacrée, soit sur les palissades la délimitant, soit sur des trophées individualisés, puis reléguées après le démantèlement des structures en bois. Des armes fonctionnelles (épées et fourreaux, fers de lance, boucliers) et des équipements individuels inédits (disques-cuirasses pour la protection du buste, casques ostentatoires) étaient assortis d’autres objets évoquant l’univers martial (carnyx, enseigne(s), mors, etc.). Ces artefacts étaient déposés pêle-mêle avec du mobilier associé au culte, à l’instar de la vaisselle cérémonielle (chaudrons). Les objets réunis dans cette fosse, a priori thématiquement homogènes, ont été déformés, démontés ou brisés avec une intention manifeste avant leur enfouissement dans les dernières décennies du Ier siècle av. n. è. Ils constituent néanmoins un lot hétérogène en matière de datation, pour ne pas dire anachronique, puisqu’ils peuvent être datés, selon les cas, de La Tène B2 à La Tène D, voire de la fin du Premier ou du début du Second âge du Fer pour les disques-cuirasses. Leur étude interroge sur la signification d’un tel ensemble disparate. En effet, la petite fosse rassemble, de façon totalement unique, presque tout ce que l’on connaît de l’armement laténien et du fourniment du guerrier gaulois, évoquant une mise en abyme de la guerre et de son cortège. Cette découverte exceptionnelle, servie par des méthodes d’investigation récentes, autorise en quelque sorte un regard rafraîchi sur les interactions entre les composantes matérielles et spirituelles de l’univers du guerrier celte. L’objectif de cet article est de tenter de définir le(s) rôle(s) qu’ont pu avoir ces realia avant leur arrivée sur le site comme au sein du sanctuaire, et de mesurer leur(s) impact(s) respectifs
Analyse fonctionnelle des moules à alvéoles découverts sur l'oppidum d'Amboise (Indre-et-Loire) : l'apport de l'archéométrie
International audienceAvec une morphologie qui évoque celle de nos moules à glaçons modernes, les moules ou plaques à alvéoles demeurent peu étudiés ou difficilement interprétables sans des investigations plus poussées que le simple examen macroscopique. Longtemps associés à la fabrication des flans monétaires, ces objets en terre cuite semblent plutôt destinés à la coulée de petites masses de métaux ou d’alliages divers, ce qui leur vaut parfois l’appellation de « lingotières ». À l’instar d’autres sites d’habitat du second âge du Fer, l’oppidum d’Amboise (Indre-et-Loire) a livré plusieurs moules à alvéoles à la typologie variée, dont la fonction artisanale est supposée par le contexte de découverte. Près de trente fragments ont été découverts sur différents secteurs, lors des fouilles archéologiques anciennes (A. Peyrard, 1977, 1982-1983) et des recherches récentes (Fouilles de la Butte de César 2015-2019).Le principal enjeu est de mieux caractériser la fonction de ces moules en analysant les éventuels résidus présents en surface. Les recherches débutées en 2022 à l’occasion de travaux de Master ont été poursuivies en 2024 dans le cadre du Projet Collectif de Recherche « Ambacia » consacré à l’oppidum d’Amboise (2023-2026), permettant d’étudier l’intégralité du corpus. La démarche a été mise en œuvre au sein du laboratoire IRAMAT-CEB (UMR 7065 – CNRS et Université d’Orléans). Dans un premier temps, la surface des moules a été observée avec la loupe binoculaire. Outre les vitrifications qui témoignent d’une chauffe intense, des nodules métalliques dorés ont été mis en évidence sur certains exemplaires. Dans le cas où les objets ne présentaient aucun résidu, la radiographie X a permis de visualiser de façon non invasive la totalité de la pâte céramique. Afin de définir rapidement la nature du métal coulé, certaines zones des moules ont été soumises à une analyse par fluorescence X. Ces données qualitatives de la composition correspondent aux éléments de la pâte céramique (fer, calcium, potassium), parfois contaminés par des éléments métalliques : cuivre, étain, plomb, antimoine, argent, or. Le microscope électronique à balayage, couplé à une analyse EDX, a permis d’observer et d’analyser plus spécifiquement les nodules métalliques, qui n’excèdent pas quelques centaines de micromètres. Ils résultent du travail d’alliages à base d’or, d’argent et de cuivre.Cette étude, croisant l’analyse typologique à la caractérisation des matériaux, confirme le travail des métaux précieux sur l’oppidum. Ces moules intègrent finalement les autres vestiges de la métallurgie des métaux fusibles (creusets, chutes et rejets, ratés de coulée, etc.). Si pour quelques-uns, aucune trace métallique n’a été détectée, cela ne peut pas totalement remettre en cause leur utilisation. Ces résultats pourront être couplés avec des analyses biochimiques de la pâte céramique. Il convient toutefois de rester prudent face aux résultats obtenus en raison de possibles contaminations modernes, ou de lavages trop intensifs susceptibles de faire disparaître d’éventuels résidus métalliques. Étant donné les limites des méthodes employées, plusieurs perspectives de recherche sont proposées : l’utilisation de la tomographie X, l’analyse des éléments traces avec la méthode LA-ICP-MS, ou encore l’apport des expérimentations pour mieux appréhender les gestes techniques
La pratique de la crémation durant le premier Moyen Âge : une relecture des interprétations archéologiques pour une reconstruction mémorielle a posteriori
International audienc
Les bâties médiévales dans les bailliages du Gapençais, de l'Embrunais et du Briançonnais : essai de caractérisation et de définition
International audienceLa bâtie médiévale telle que rencontrée dans les sources historiques est une thématique abordée dès les années 1980. Sous l'impulsion de Paul Cattin, les comptes de construction de certains de ces édifices érigés au début du XIV e siècle dans le cadre des multiples conflits localisés sur la frontière en Dauphiné et Savoie sont exhumés des archives, transcrits et traduits 1 . Ces sources détaillées permettent alors de caractériser ces fameuses bâties qui apparaissent comme des édifices militaires construits dans un laps de temps relativement court, en matériaux majoritairement périssables (terre et bois) et rapides à mettre en oeuvre. L'archéologie permet rapidement d'observer matériellement ce phénomène avec la fouille d'une de ces bâties décrites dans la comptabilité savoyarde : la bâtie de Gironville fouillée par Jean.-Michel. Poisson au milieu des années 1980 2 . Alain. Kersuzan leur accorde également une grande place dans ses recherches sur la défense de la Bresse et du Bugey durant toute la durée du conflit delphino-savoyard 3 . Toutefois, les bâties qui ne sont pas édifiées dans le cadre de ce conflit très localisé, à la fois dans le temps et dans l'espace, sont très rarement prises en compte dans les recherches. Dès que l'on s'écarte de la frontière delphino-savoyarde, la bibliographie disponible devient moins fournie voire quasiment inexistante. Pour le sud du Dauphiné, il faut par exemple attendre la fin des années 1990 et le début des années 2000 avec les travaux de Marie-Pierre Estienne pour que le phénomène des bâties soit bien décrit sur le territoire des Baronnies situé entre Drôme et Hautes-Alpes 4 . Celles présentées ici se rapprochent de beaucoup de celles observées en Baronnies et diffèrent grandement de leurs homologues nées du conflit entre les deux principautés.</div
La nécropole tumulaire de Briod-Conliège (Jura), présentation d'un projet de recherches
International audienceUn projet de recherches en cours a pour but de créer un inventaire complet, détaillé et à jour de la zone tumulaire de Briod-Conliège (Jura) méconnue et pourtant d’intérêt majeur compte tenu des éléments de prestiges importés qu’elle comporte. Situé sur le Premier plateau du Jura externe, dans le sud de la Franche-Comté dans le Jura. La reculée de Conliège est un passage naturel entre la plaine de Lons-le-Saunier et le Premier plateau. Point de passage entre la vallée du Doubs et la vallée du Rhin, des interactions et des échanges ont caractérisé ce territoire à la Protohistoire notamment. Les sources salées deLons-le-Saunier et de Montmorot situées à 6 kilomètres de cette zone de Conliège ont eu dès cette période un rôle important dans l’implantation humaine de cette zone au cœur des échanges entre le massif jurassien/alpin et la plaine de la Saône. Afin de circonscrire l’occupation tumulaire, nous avons fait le choix de trois objectifs principaux :- un inventaire précis des tumuli présents dans une zone circonscrite autour de la nécropole des Monceaux par le biais d’une prospection pédestre réalisée en 2023 et des données Lidar. - une recherche documentaire pour une reprise de l’ensemble des données anciennes retravaillées à l’aune des récentes avancées sur le sujet (analyse chronologique, architecture des monuments, évolution de la nécropole…).- des prospections géophysiques- un plan pluriannuel de fouilles programméesCette reprise s’avère prometteuse en perspectives scientifiques d’autant qu’elle se complète d’éléments comme ceux d’une vaisselle importée et rare, une amphore étrusque et son simpulum. Cette nécropole apparaît en effet comme un témoin privilégié des échanges opérés entre l’Étrurie via le Tessin et la Bourgogne/Franche-Comté et se trouve ainsi au cœur d’une problématique rarement renouvelée du fait du caractère exceptionnel des découvertes de ce type, celle des circuits « commerciaux » considérés ces dernières années avec les récents travaux de la tombe princière de Lavau dans l’Aube et son abondant mobilier importé