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    Une poétique queer à demi-mot : Wu Zao, Amy Lowell et Gabriela Mistral

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    International audienceAu XIXe et au XXe siècle, l’amour saphique s’exprime souvent à demi-mot sous la plume des poétesses, l’écriture poétique s’élaborant comme une lecture à clés. Cet art de l’ambiguïté et de la connivence avec un lectorat spécifique s’appuie sur la spécificité du système linguistique et culturel dont disposent les poétesses. En Chine, Wu Zao 吳藻 (1799-1863) joue ainsi de l’ambivalence qui entoure l’absence de sujet exprimé : dès lors, ses descriptions érotiques de corps féminins, mobilisant les codes d’écriture traditionnels, peuvent faire songer à un énonciateur masculin. Aux États-Unis, la poésie d’Amy Lowell (1874-1925) offre des apparitions évanescentes de la femme aimée, qui sont à la fois vitales et fuyantes, tout en brouillant les pistes concernant l’identification du « you » et du « I » dans ses poèmes : cette poétique queer à demi-mot permet ainsi à la poétesse de voir son œuvre couronnée du prix Pulitzer de poésie à titre posthume en 1926. Quant à la poétesse chilienne Gabriela Mistral (1887-1957), la posture de mère de la patrie qu’on lui a longtemps assignée a jeté un voile sur l’inclination de ses poèmes : si l’obtention du prix Nobel en 1945 consacre son œuvre, la poétesse se considère comme un « fantôme obstiné », contrainte à l’errance loin de sa terre natale dans une forme de « sexilio ». Cette communication se propose d’explorer cette poétique queer à demi-mot à travers les systèmes linguistiques sinophone, anglophone et hispanophone afin de faire émerger les stratégies mises en place par Wu Zao, Amy Lowell et Gabriela Mistral pour exprimer un amour indicible

    Les ambassadrices des poétesses japonaises en France : Judith Gautier et Kikou Yamata

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    International audienceAu tournant du XIXe et du XXe siècle, l’œuvre des poétesses japonaises se diffuse progressivement en France à travers deux passeuses : Judith Gautier (1845-1917) et Kikou Yamata 山田菊 (1897-1975). Femme de lettres influente de la Belle Époque , Judith Gautier consacre sa vie à faire connaître la littérature chinoise et japonaise en France, notamment à travers son activité de traductrice : c’est ainsi en pleine vogue du japonisme que paraît en 1885 l’anthologie Les Poèmes de la libellule. Toutefois, si Judith Gautier avait étudié le chinois, elle n’était pas versée dans la langue japonaise : les quatre-vingt-huit poèmes de l’anthologie sont donc le fruit d’une traduction à quatre mains avec le futur premier ministre du Japon, Saionji Kinmochi 西園寺公望 (1849-1940) . Kikou Yamata est, quant à elle, née à Lyon d’un père japonais et d’une mère française. Elle passe son enfance à Tokyo avant d’être introduite dans les salons parisiens et de faire paraître en 1924 une anthologie de contes et de poèmes japonais, Sur des lèvres japonaises, dans laquelle Paul Valéry signe une préface soulignant l’identité eurasienne de la traductrice « qui [a] deux patries, deux parlers, deux jeux de parures et de coutumes, et qui [est] enfin si intimement double dans [son] essence » . Or, si les deux passeuses se font d’abord connaître comme traductrices, elles marquent ensuite le paysage littéraire de leur époque par leur œuvre d’écrivaines, cette double activité de traduction et d’écriture convergeant vers une double finalité : faire connaître et aimer le Japon au public français, d’une part, et offrir de nouvelles représentations de la femme japonaise, d’autre part. Malgré la notoriété dont les deux femmes jouissaient de leur vivant, elles sont progressivement tombées dans l’oubli et de réelles lacunes subsistent dans la recherche sur leurs anthologies de poésie japonaise . Cet article se propose de mettre en lumière le rôle de passeuses entre deux mondes qu’ont joué Gautier et Yamata, en croisant comparatisme et traductologie. L’identification des poèmes originaux japonais à l’origine des deux anthologies nous permettra d’évaluer la proportion de poèmes écrits par des femmes, une proportion qu’il conviendra de comparer à celle présente dans les anthologies constituées par des hommes à la même époque. Nous comparerons en outre la sélection anthologique réalisée par chaque traductrice qui témoigne de deux orientations distinctes : Gautier semblant privilégier les poétesses de l’époque de Heian , et Yamata offrant un panorama qui court du VIIIe siècle jusqu’aux poétesses contemporaines . Que nous apprend cette sélection de poétesses japonaises, souvent traduites pour la première fois en France ?Dans un second temps, nous analyserons les stratégies de traduction mises en place par Judith Gautier et Kikou Yamata. Si la première « dot[e] la poésie française d’une strophe nouvelle » à travers des poèmes de cinq vers imitant la versification du waka japonais, chaque vers étant composé de 5-7-5-7-7 syllabes, elle surimpose néanmoins un schéma rimique absent en japonais . Yamata, quant à elle, présente le plus souvent ses traductions de waka sous la forme de quatrains non rimés, privilégiant une traduction plus littérale des poèmes originaux. Nous effectuerons ainsi une étude comparée des poèmes que Gautier et Yamata ont traduit en commun pour apprécier la spécificité de ces deux manières de traduire ainsi que l’orientation qu’elles donnent aux poèmes dans la langue cible. Comment se négocie l’adaptation cibliste au sein de la traduction à quatre mains des Poèmes de la libellule ? Comment se manifeste la présence de la traductrice, que nous devinons en surimpression des poèmes en français ?Enfin, nous montrerons que le passage des poèmes japonais en traduction ne cesse d’être accompagné par la traductrice-écrivaine qui se fait, dès lors, ambassadrice des poétesses japonaises. En plus de traduire leurs poèmes, Gautier et Yamata consacrent des récits biographiques à plusieurs poétesses : c’est notamment le cas d’Ono no Komachi, dont elles articulent les poèmes et la vie . Nous complèterons également notre analyse traductologique à partir du discours péritextuel, dans les préfaces et dans la presse, un discours qui guide le lectorat tout en promouvant non seulement des poèmes mais aussi les femmes qui en ont la maternité. L’ambassadrice n’hésite pas non plus à entrelacer sa propre vie avec celle des poétesses qu’elle traduit : c’est ainsi en tant que chroniqueuse que Yamata peint la poétesse Takeko Kujō 九条武子 (1887-1928) en « Récamier nipponne » , plongeant avec connivence le lectorat dans les cercles de poétesses contemporaines qu’elle a elle-même côtoyées . En plus d’offrir cette connaissance intime du Japon, Yamata donne accès à la sociabilité poétique féministe du Japon, gravitant notamment autour de la figure d’Akiko Yosano 与謝野晶子 (1878-1942), ce qui renouvelle les représentations de la femme japonaise pour le public français . Finalement, Gautier et Yamata ne dépassent-elles pas leur rôle de messagères poétiques pour embrasser la posture d’ambassadrices, porteuses de la voix des poétesses japonaises qu’elles s’attachent à faire entendre et aimer en France

    Validation of the DESI DR2 Lyα\alpha BAO analysis using synthetic datasets

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    International audienceThe second data release (DR2) of the Dark Energy Spectroscopic Instrument (DESI), containing data from the first three years of observations, doubles the number of Lyman-α\alpha (Lyα\alpha) forest spectra in DR1 and it provides the largest dataset of its kind. To ensure a robust validation of the Baryonic Acoustic Oscillation (BAO) analysis using Lyα\alpha forests, we have made significant updates compared to DR1 to both the mocks and the analysis framework used in the validation. In particular, we present CoLoRe-QL, a new set of Lyα\alpha mocks that use a quasi-linear input power spectrum to incorporate the non-linear broadening of the BAO peak. We have also increased the number of realisations used in the validation to 400, compared to the 150 realisations used in DR1. Finally, we present a detailed study of the impact of quasar redshift errors on the BAO measurement, and we compare different strategies to mask Damped Lyman-α\alpha Absorbers (DLAs) in our spectra. The BAO measurement from the Lyα\alpha dataset of DESI DR2 is presented in a companion publication

    Development of the Range Counter for the COMET Phase-α\alpha Experiment

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    International audienceThe COMET Phase-α\alpha experiment aims to evaluate the novel muon transport beamline for the muon-to-electron conversion search at J-PARC, Japan. A dedicated Range Counter (RC) was developed to measure the momentum spectrum of transported negative muons with momenta of 30--100 MeV/cc. The RC consists of graphite momentum degraders, a muon absorber, and plastic scintillation counters (T0\rm T_0, T1\rm T_1, and T2\rm T_2) to detect decay-in-orbit (DIO) electrons from stopped muons. The number of muons stopped in the absorber is reconstructed from the decay time distribution. A copper absorber was selected due to the short lifetime of muonic atoms in copper, which enhances signal separation. The counters' performance was evaluated experimentally. The T0\rm T_0 Counter, made of a 200×200×0.5 mm3200\times 200\times 0.5~{\rm mm^3} scintillator plate, achieved a muon-trigger efficiency exceeding 99.9%. The T1\rm T_1 and T2\rm T_2 Counters also demonstrated high electron-detection efficiencies of >99>99%. Based on these results, simulation studies estimate the acceptance for reconstructing the number of DIO electrons from the absorber to be approximately 47% with a corresponding signal purity of 60% against muon capture-induced backgrounds

    Homemade toothpastes: what recipes for what effects?

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    Opportunities in AI/ML for the Rubin LSST Dark Energy Science Collaboration

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    The Vera C. Rubin Observatory's Legacy Survey of Space and Time (LSST) will produce unprecedented volumes of heterogeneous astronomical data (images, catalogs, and alerts) that challenge traditional analysis pipelines. The LSST Dark Energy Science Collaboration (DESC) aims to derive robust constraints on dark energy and dark matter from these data, requiring methods that are statistically powerful, scalable, and operationally reliable. Artificial intelligence and machine learning (AI/ML) are already embedded across DESC science workflows, from photometric redshifts and transient classification to weak lensing inference and cosmological simulations. Yet their utility for precision cosmology hinges on trustworthy uncertainty quantification, robustness to covariate shift and model misspecification, and reproducible integration within scientific pipelines. This white paper surveys the current landscape of AI/ML across DESC's primary cosmological probes and cross-cutting analyses, revealing that the same core methodologies and fundamental challenges recur across disparate science cases. Since progress on these cross-cutting challenges would benefit multiple probes simultaneously, we identify key methodological research priorities, including Bayesian inference at scale, physics-informed methods, validation frameworks, and active learning for discovery. With an eye on emerging techniques, we also explore the potential of the latest foundation model methodologies and LLM-driven agentic AI systems to reshape DESC workflows, provided their deployment is coupled with rigorous evaluation and governance. Finally, we discuss critical software, computing, data infrastructure, and human capital requirements for the successful deployment of these new methodologies, and consider associated risks and opportunities for broader coordination with external actors

    photoD with Rubin's Data Preview 1: first stellar photometric distances and deficit of faint blue stars. Stellar distances with Rubin's DP1

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    International audienceAims: We investigate the utility of Rubin's Data Preview 1 for estimating stellar number density profile in the Milky Way halo. Methods: Stellar broad-band near-UV to near-IR ugrizyugrizy photometry released in Rubin's Data Preview 1 is used to estimate distance and metallicity for blue main sequence stars brighter than r=24r=24 in three \sim1.1. sq.~deg. fields at southern Galactic latitudes. Results: Compared to TRILEGAL simulations of the Galaxy's stellar content by (Dal Tio, 2022), we find a significant deficit of blue main sequence turn-off stars with 22<r<2422 < r < 24. We interpret this discrepancy as a signature of a much steeper halo number density profile at galactocentric distances 105010-50 kpc than the cannonical 1/r3\sim1/r^3 profile assumed in TRILEGAL simulations. Conclusions: This interpretation is consistent with earlier suggestions based on observations of more luminous, but much less numerous, evolved stellar populations, and a few pencil beam surveys of blue main sequence stars in the northern sky. These results bode well for the future Galactic halo exploration with Rubin's Legacy Survey of Space and Time

    The frequency of binge-like ethanol exposure bidirectionally regulates hippocampal mGlu-LTD via synaptic mechanisms and this effect is reversed by minocycline

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    International audienceAlcohol addiction may begin in young adults through binge drinking (BD) with its frequency as key criterion. In rodents, BD impairs memory and hippocampal synaptic plasticity on the short term and induced neuroinflammation. Memory impairments may persist into adulthood, whereas long-lasting disturbances in hippocampus synaptic plasticity have not been documented. Moreover, the impact of BD frequency on such disturbances and the potential of anti-inflammatory agents to reverse BD-induced alterations remain unclear. Using hippocampal slices from male rats subjected to eight binge-like episodes delivered at high (HF) or low (LF) frequency during adolescence, we found that alterations in group I metabotropic long-term depression (mGlu1/5-LTD) were related to binge-like exposure frequency, with HF reducing mGlu1/5-LTD and intriguingly, LF increasing it. Inhibiting mTORC1 with rapamycin partially corrected LF and HF effects, without alteration of ribosomal protein S6 phosphorylation, a protein downstream of mTORC1, after LF and, a decrease of rp-S6235/236 after HF. Moreover, LF decreased presynaptic GABA vesicular transporter and bicuculline replicated the increased mGlu1/5-LTD after LF. Additionally, N-methyl-D-aspartate receptor-dependent LTD was transiently reduced after HF or LF and rescued with a GluN2B antagonist. Finally, the anti-inflammatory agent, minocycline, administered after the ethanol exposure, reversed all synaptic plasticity alterations. We concluded that bidirectional alteration in mGlu1/5-LTD is a hallmark of ethanol binge exposure frequency, involving pre- and postsynaptic mechanisms. Targeting GluN2B and using anti-inflammatory agents offers promising therapeutic strategies to mitigate the synaptic effects of BD. Our findings highlight the frequency of ethanol exposure as a key determinant of neuronal impact

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