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    « La „procédure d’irréprochabilité” comme moyen de lutte contre la corruption dans le système judiciaire en vue de l’adhésion à l’Union européenne. Interrogations quant à son efficacité au regard des expériences albanaise et moldave »

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    International audienceLe renforcement de la confiance des citoyens dans leur justice est l’objectif présenté comme un axe prioritaire des politiques publiques nationales dans les pays de l’Est souhaitant devenir membres de l’Union européenne. Cet objectif ne pourra être atteint sans la mise en œuvre de réformes visant à lutter contre le phénomène de corruption qui gangrène leur système judiciaire. L’Albanie a choisi une méthode radicale, en créant, par la réforme constitutionnelle de 2016, suivie d’une réforme législative, un régime exceptionnel de réévaluation de tous les juges et procureurs du pays, ainsi que de certains fonctionnaires faisant partie du corps administratif du système judiciaire. L’objet de la présente étude est d’analyser la procédure dite « de vetting » et les effets qu’elle a produits au regard des objectifs initialement fixés en Albanie et de ceux fixés dans la République de Moldova, qui a choisi le même principe d’évaluation et où la procédure n’est qu’à ses débuts

    Ngatcheu Stephen,<i> Chez moi, ou presque…</i>

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    International audience[Référence : Ngatcheu Stephen, Chez moi, ou presque… – Paris : Éditions Dacres, 2020. – 85 p. ISBN : 979-10-92247-96-1

    Stockage de carbone dans les sols : comprendre les controverses et les défis de recherche sur les mécanismes pour conseiller les opérationnels et les décideurs sur les pratiques de séquestration de carbone

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    National audienceThe potential for additional storage of organic carbon in soils, the strategies for achieving this and the real benefits for agriculture and the climate are currently the subject of intense debate. Controversy is an essential part of the scientific process, but when it comes to soil carbon storage, it might delay decision on the measures to combat climate change. In an attempt to shed light on this subject, the originality of this article lies in its intention to provide a balanced description of the conflicting scientific theories on soil carbon storage and to examine how the scientific community can support decision-making despite the controversy. In the first part, we review and attempt to reconcile the apparently contradictory theories on the mechanisms controlling soil organic carbon dynamics. We discuss the differing theories on chemical recalcitrance, the microbial or plant origin of persistent soil organic matter, the contribution of particulate organic matter to additional soil organic carbon storage, and the spatial and energetic inaccessibility of soil organic matter to decomposers. In the second part, we examine the advantages and limitations of big data management and modelling, which are essential tools for linking scientific theories to the actions taken by stakeholders. Finally, we show how the analysis and discussion of controversies can help scientists to support stakeholders in designing (i) appropriate trade-offs for biomass use in agriculture and forestry and (ii) climate-smart management practices, bearing in mind their as yet unresolved effects on soil carbon storage.El potencial de almacenamiento adicional de carbono orgánico en los suelos, las estrategias para conseguirlo y los beneficios reales para la agricultura y el clima son actualmente objeto de un intenso debate. La controversia es una parte esencial del proceso científico, pero cuando se trata del almacenamiento de carbono en el suelo, puede retrasar las medidas para combatir el cambio climático. En un intento por arrojar luz sobre este tema, la originalidad de este artículo radica en su intención de ofrecer una descripción equilibrada de las teorías científicas contradictorias sobre el almacenamiento de carbono en el suelo y examinar cómo puede la comunidad científica apoyar la toma de decisiones a pesar de la controversia. En la primera parte, repasamos e intentamos conciliar las teorías aparentemente contradictorias sobre los mecanismos que controlan la dinámica del carbono orgánico del suelo. Discutimos las diferentes teorías sobre la recalcitrancia química, el origen microbiano o vegetal de la materia orgánica persistente del suelo, la contribución de la materia orgánica particulada al almacenamiento adicional de carbono orgánico del suelo y la inaccesibilidad espacial y energética de la materia orgánica del suelo para los descomponedores. En la segunda parte, examinamos las ventajas y limitaciones de la gestión y modelización de big data, herramientas esenciales para vincular las teorías científicas con las medidas adoptadas por las partes interesadas. Por último, mostramos cómo el análisis y la discusión de las controversias pueden ayudar a los científicos a apoyar a las partes interesadas en el diseño de (i) compensaciones adecuadas para el uso de la biomasa en la agricultura y la silvicultura y (ii) prácticas de gestión climáticamente inteligentes, teniendo en cuenta sus efectos aún no resueltos sobre el almacenamiento de carbono en el suelo.Le potentiel de stockage additionnel de carbone organique dans le sol, les stratégies permettant d'y parvenir et les avantages réels pour l'agriculture et le climat font actuellement l'objet d'un intense débat. La controverse est essentielle dans le processus scientifique, mais en ce qui concerne le stockage du carbone dans les sols, elle risque de retarder la prise de décision sur les mesures de lutte contre le changement climatique. Pour faire la lumière sur ce sujet, l'originalité de cet article réside dans son intention de fournir une description équilibrée des opinions scientifiques contradictoires sur le stockage de carbone dans les sols et d'examiner comment la communauté scientifique peut soutenir la prise de décision en dépit de la controverse. Dans la première partie, nous passons en revue et tentons de réconcilier les théories apparemment contradictoires sur les mécanismes contrôlant la dynamique du carbone organique dans le sol. Nous discutons ainsi des théories divergentes sur la récalcitrance chimique, l'origine microbienne ou végétale de la matière organique persistante du sol, la contribution de la matière organique particulaire au stockage additionnel de carbone organique dans le sol, et l'inaccessibilité spatiale et énergétique de la matière organique du sol aux décomposeurs. Dans la deuxième partie, nous examinons les avantages et les limites de la gestion et de la modélisation des big data, qui sont des outils essentiels pour relier les théories scientifiques aux actions entreprises par les parties prenantes. Enfin, nous montrons comment l'analyse et la discussion des controverses peuvent aider les scientifiques à soutenir les parties prenantes dans la conception (i) de compromis appropriés pour l'utilisation de la biomasse dans l'agriculture et la sylviculture et (ii) de pratiques de gestion intelligentes face au climat, en gardant à l'esprit leurs effets encore non résolus sur le stockage de carbone dans le sol

    Évolution des trajectoires professionnelles des descendants d’immigrés sur 20 ans : une accentuation des inégalités

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    Number: 170 Publisher: La documentation françaiseInternational audienceCet article compare les trajectoires professionnelles sur 7 ans après la sortie de formation initiale des descendants d’immigrés à celle de la population majoritaire en s’intéressant à l’évolution des inégalités sur une période de 20 ans, avant et après la crise de 2008. Les analyses à partir des enquêtes Génération 1998 et 2010 du Céreq mettent en évidence une exacerbation des inégalités : les descendants d’immigrés du Maghreb de la cohorte de sortants 2010 ont, à diplôme, origine sociale et autres propriétés sociales similaires, un risque accru, par rapport à la population majoritaire sortante en 1998, d’avoir une trajectoire discontinue et caractérisée des emplois (très) précaires statutairement et en termes de revenus

    Syndicalisme judiciaire et neutralité proclamée : une stratégie politique d’engagement implicite ?

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    International audienceوقد قيل إنه انطلاقاً من مبدأ أن القضاء هو وظيفة من وظائف الدولة وليس سلطة مضادة، وأن شرعية القضاة تستند إلى نزاهتهم، ينبغي منع القضاة من اتخاذ مواقف علنية بشأن القضايا السياسية. النقابتان ”التاريخيتان“ هما نقابة القضاة (USM) ونقابة القضاء (SM). وقد فاز الأول، وهو الأكثر نفوذاً، بنسبة 62,2% من أصوات القضاة و84,7% من أصوات المدعين العامين في الانتخابات الأخيرة للمجلس الأعلى للقضاء في يونيو 2022؛ بينما فاز الثاني بنسبة 34,3% من أصوات القضاة، ولكن بنسبة 11,5% فقط من أصوات المدعين العامين. بالنسبة لأولريش شالكي، الأمين العام لنقابة القضاة آنذاك، كان ذلك ”خطوة كبيرة إلى الأمام“ من شأنها أن تضفي القليل من التعددية على المجلس. لكنه كان يرى أن التمثيلية غير مضمونة وأن هذا النظام لا يزال يفضل المنظمة الأكبر.تُعرّف نقابة القضاة نفسها بأنها غير سياسية. في الواقع، ينص هذا الاتحاد في نظامه الأساسي على أن مهمته هي ضمان ”استقلال السلطة القضائية، الضمانة الأساسية لحقوق وحريات المواطنين، والدفاع عن المصالح المعنوية والمادية للقضاة والمحققين القضائيين، لا سيما في ما يتعلق بالتوظيف والتدريب والتطور الوظيفي، والمساهمة في تقدم القانون والمؤسسات القضائية من أجل تعزيز عدالة متاحة وفعالة وإنسانية“. للوهلة الأولى، لا يبدو أن هناك أي شيء سياسي في ذلك.يبدو أن نقابة القضاة هي، وهذا ليس مصطلحًا ازدرائيًا، نقابة مهنية تدعي أنها ”غير سياسية وتعددية“. في بيان صحفي صادر في 12 يونيو 2024، أعلنت: "وفاءً لقيمنا، ومنها عدم الانخراط في السياسة، لا ننوي التدخل في النقاش السياسي الحالي، مهما كان أهميته. وبالتالي، لا ندعو أعضائنا إلى التحرك أمام المحاكم. ومع ذلك، يظل لكل فرد حرية التعبير عن رأيه بشكل فردي، ولكن عليه أن يتساءل عما إذا كان ذلك يتوافق مع واجبات مهنته، لا سيما من حيث الحياد الموضوعي، على سبيل المثال فيما يتعلق بالمراقبة المقبلة لعمليات التصويت".وبالتالي، فإن الاتحاد الفرنسي للمحامين، بامتناعه عن اتخاذ موقف سياسي في النقاشات المجتمعية، يبدو أنه المنظمة النقابية الوحيدة غير الحزبية.السؤال الأول: هل يمكن لنقابة أن تكون غير سياسية؟ وهل يمكن تعريف ما هو عدم الانحياز السياسي؟ لا.والدليل على ذلك هو أنه بعد ثلاثة أيام من الانتخابات الأوروبية لعام 2024، أصدرت USM بيانًا صحفيًا تحذر فيه من نتائج التجمع الوطني: ”ستظل USM يقظة بشكل خاص، في تبادلاتها مع المستشارية، بشأن احترام قيمنا الجمهورية مثل الفصل بين السلطات، والدفاع عن الحريات العامة، بما في ذلك حرية النقابات، واستقلال السلطة القضائية، وحياد العدالة في خدمة الجميع، دون تمييز“. لم يتم ذكر التجمع الوطني صراحةً، لكن الرسالة واضحة. ومع ذلك، أليس اتخاذ موقف، حتى لو كان ضمنيًا، شكلاً من أشكال السياسة، حتى لو أن الاتحاد النقابي لعمال الجزائر ينكر ذلك؟ والدليل على ذلك هو أنه على الرغم من أن الاتحاد النقابي للمدعين العامين (USM) يبدو أنه يركز دائمًا على الدفاع عن مصالح أعضائه، إلا أنه في السنوات الأخيرة، أصبح يشارك بشكل متزايد في توقيع البيانات مع نقابة القضاة عندما تتعلق مباشرة بالعدالة. فهل التوقيع المشترك مع نقابة لطالما أظهرت توجهها اليساري أمر محايد؟ لا يمكننا تصديق ذلك!قد نستغرب، عن حق، قضية ”جدار الأغبياء“ في مقر نقابة القضاة، لكن من الواضح أن هذه القضية تم استغلالها، ليس فقط من قبل اليمين المتطرف، بل أيضاً من قبل اليمين الجمهوري. كما حُكم على رئيسة نقابة القضاة، بصفتها الرسمية، بعقوبة رمزية بتهمة الإهانة العامة.في أعقاب هذا التصريح، الذي تعرض لهجوم عنيف من قبل برونو ريتايو، وزير الداخلية، ندد اتحاد القضاة بـ ”استغلال سياسي لا يليق بوزير“. لنتذكر تصريحات الوزير على قناة France 2 في أوائل أبريل 2025: "الغالبية العظمى من القضاة في فرنسا تتحلى بالحياد، ولكن هناك أحيانًا نقابات، ولا سيما واحدة، اشتهرت بجدار الأغبياء (...). إنها نقابة القضاة، التي شاركت في مهرجان الإنسانية"، كما صرح عندما سُئل عن الحكم القضائي الصادر ضد مارين لوبان وحرمانها من الترشح للانتخابات. لم يكن لهذا أي علاقة بالسؤال المطروح. ورداً على ذلك، نددت نقابة القضاة على الفور بـ”الالتباس الذي تم تدبيره بعناية والذي يرقى إلى التشكيك في حرية النقابات“. العودة إلى نقطة البداية... الهدف من هذا البيان هو دراسة العلاقات الصعبة أحياناً بين السياسة والنقابات في النظام القضائي. من يتلاعب بمن؟Es könnte argumentiert werden, dass Richter aufgrund der Annahme, dass die Justiz eine Funktion des Staates und keine Gegenmacht ist , und unter Berufung darauf, dass die Legitimität des Richters auf seiner Unparteilichkeit beruht, keine öffentlichen politischen Positionen beziehen dürfen. Die beiden „historischen“ Gewerkschaften sind die Union syndicale des magistrats (USM) und die Syndicat de la magistrature (SM). Die erste, einflussreichere Gewerkschaft erhielt bei den letzten Wahlen zum Obersten Richterrat im Juni 2022 62,2 % der Stimmen der Richter und 84,7 % der Stimmen der Staatsanwälte; die zweite 34,3 % der Stimmen der Richter, aber nur 11,5 % der Stimmen der Staatsanwälte. Für Ulrich Schalchi, damals Generalsekretär der SM, war dies ein „großer Fortschritt”, der es ermöglichen sollte, ein wenig Pluralismus in den Rat zu bringen. Er war jedoch der Ansicht, dass die Repräsentativität nicht gewährleistet sei und dass dieses System weiterhin die Mehrheitsorganisation begünstige.Die USM Sie bezeichnet sich selbst als unpolitisch. Tatsächlich erwähnt diese Gewerkschaft in ihrer Satzung, dass es ihre Aufgabe ist, „ die Unabhängigkeit der Justiz, die eine wesentliche Garantie für die Rechte und Freiheiten der Bürger darstellt, zu gewährleisten, die moralischen und materiellen Interessen der Richter und Staatsanwälte zu verteidigen, insbesondere in Bezug auf ihre Einstellung, ihre Ausbildung und ihre berufliche Entwicklung, und zum Fortschritt des Rechts und der Justizbehörden beizutragen, um eine zugängliche, effiziente und humane Justiz zu fördern”. Auf den ersten Blick nichts Politisches.Die USM scheint vielmehr, und das ist keine Abwertung, eine Berufsvereinigung zu sein, die „unpolitisches und pluralistisches Handeln“ fordert. In einer Pressemitteilung vom 12. Juni 2024 heißt es: „Getreu unseren Werten, darunter der Unpolitizität, beabsichtigen wir nicht, uns in die aktuelle, wenn auch wichtige politische Debatte einzumischen. Daher rufen wir unsere Mitglieder nicht zu Aktionen in den Justizpalästen auf. Jedem steht es jedoch frei, sich individuell zu äußern, aber er muss abwägen, ob dies mit den Pflichten seines Standes vereinbar ist, insbesondere im Hinblick auf objektive Unparteilichkeit, beispielsweise bei der bevorstehenden Kontrolle der Wahlvorgänge.”Da sich die USM jeglicher politischen Stellungnahme in gesellschaftlichen Debatten enthält, scheint sie die einzige überparteiliche Gewerkschaftsorganisation zu sein.Erste Frage: Kann eine Gewerkschaft unpolitisch sein? Und können wir definieren, was Unpolitischsein bedeutet? Nein.Der Beweis dafür ist, dass die USM drei Tage nach den Europawahlen 2024 eine Pressemitteilung veröffentlicht, in der sie auf die Ergebnisse des Rassemblement National aufmerksam macht: „Die USM wird in ihren Gesprächen mit der Kanzlei besonders wachsam bleiben, was die Achtung unserer republikanischen Werte wie die Gewaltenteilung, die Verteidigung der bürgerlichen Freiheiten, darunter die Gewerkschaftsfreiheit, die Unabhängigkeit der Justiz und die Unparteilichkeit der Justiz im Dienste aller ohne Unterschied betrifft.“ Der RN wird nicht ausdrücklich erwähnt, aber die Botschaft ist klar. Ist es nicht Politik, Stellung zu beziehen, auch wenn dies nur implizit geschieht, auch wenn die USM dies bestreitet? Ein Beweis dafür ist schließlich, dass sich die USM zwar offenbar immer auf die Verteidigung der Interessen ihrer Mitglieder konzentriert hat, aber seit einigen Jahren immer häufiger gemeinsam mit der Gewerkschaft der Richter Erklärungen unterzeichnet, wenn diese direkt die Justiz betreffen. Ist es neutral, gemeinsam mit einer Gewerkschaft zu unterzeichnen, die seit jeher ihre linke Ausrichtung bekundet? Das kann man kaum glauben!Man kann sich zu Recht über die Affäre um die „Mur des cons” (Wand der Idioten) in den Räumlichkeiten der SM wundern, aber diese Affäre wurde eindeutig instrumentalisiert, nicht nur von der extremen Rechten, sondern auch von der republikanischen Rechten. Die Vorsitzende der SM wurde übrigens in ihrer Eigenschaft zu einer symbolischen Strafe wegen öffentlicher Beleidigung verurteilt.Im Anschluss an diese Äußerung, die von Innenminister Bruno Retailleau heftig attackiert wurde, prangerte die Gewerkschaft der Richter „eine politische Instrumentalisierung an, die eines Ministers unwürdig ist”. Erinnern wir uns an die Äußerungen des Ministers, die er Anfang April 2025 auf France 2 gemacht hat: „Die überwiegende Mehrheit der Richter in Frankreich bewahrt Neutralität, aber es gibt manchmal Gewerkschaftsorganisationen, insbesondere eine, die mit der Mur des cons (... ) bekannt geworden ist. Es war die Gewerkschaft der Richter, die an der Fête de l'Humanité teilgenommen hat”, versicherte er, als er zu der gerichtlichen Verurteilung und der sofortigen Unwählbarkeit von Marine Le Pen befragt wurde. Das hatte also nichts mit der gestellten Frage zu tun. Als Antwort darauf prangerte die SM sofort eine „geschickt inszenierte Verwirrung“ an, die darauf hinauslaufe, die Gewerkschaftsfreiheit in Frage zu stellen. Zurück zum Absender... In dieser Mitteilung geht es darum, die manchmal schwierigen Beziehungen zwischen Politik und Gewerkschaftswesen in der Justiz zu untersuchen. Wer instrumentalisiert wen?It has been argued that, based on the premise that justice is a function of the state, not a countervailing power, and that the legitimacy of judges rests on their impartiality, judges should be prohibited from taking public political positions. The two ‘historic’ unions are the Union Syndicale des Magistrats (USM) and the Syndicat de la Magistrature (SM). The former, which is the most influential, won 62.2% of the votes of judges and 84.7% of those of prosecutors in the last elections to the High Council of the Judiciary in June 2022; the latter won 34.3% of the votes of judges but only 11.5% of those of prosecutors. For Ulrich Schalchi, then secretary general of the SM, this was a ‘major step forward’ that should introduce a small dose of pluralism within the Council. However, he considered that representativeness was not guaranteed and that this system still favoured the majority organisation.The USM defines itself as apolitical. Indeed, this union states in its statutes that its mission is to ensure " the independence of the judiciary, an essential guarantee of citizens' rights and freedoms, the defence of the moral and material interests of magistrates and judicial auditors, particularly with regard to their recruitment, training and career development, and to contribute to the progress of law and judicial institutions in order to promote accessible, effective and humane justice". On the surface, there is nothing political about it.The USM would seem to be, and this is not a pejorative term, a professional corporation claiming to be ‘apolitical and pluralistic’. In a press release dated 12 June 2024, it states: "Faithful to our values, including apoliticism, we do not intend to intervene in the current political debate, however important it may be. Therefore, we are not calling on our members to take action in the courts. However, everyone remains free to express themselves individually, but must consider whether this is compatible with the duties of their profession, particularly in terms of objective impartiality, for example with regard to the upcoming monitoring of voting operations."As a result, by refraining from taking any political position in social debates, the USM appears to be the only non-partisan trade union organisation.First question: can a trade union be apolitical? And can we define what apoliticism is? No.Proof of this is that three days after the 2024 European elections, the USM published a press release warning of the results of the National Rally: ‘The USM will remain particularly vigilant, in its exchanges with the Chancellery, on respect for our republican values such as the separation of powers, the defence of public freedoms, including trade union freedom, the independence of the judiciary and the impartiality of justice in the service of all, without distinction.’ The RN is not explicitly mentioned, but the message is clear. However, isn't taking a position, even implicitly, a form of politics, even if the USM denies it? Proof of this is that, although the USM has apparently always focused on defending the interests of its members, in recent years it has increasingly co-signed communiqués with the Magistrates' Union when they directly concern justice. Is co-signing with a union that has always stated its left-wing orientation neutral? We cannot believe so!We may be surprised, and rightly so, by the ‘Wall of Jerks’ affair in the SM's premises, but this affair has clearly been exploited, not only by the far right but also by the Republican right. The president of the SM was also sentenced, in her official capacity, to a symbolic penalty for public insult.In the wake of this statement, which was violently attacked by Bruno Retailleau, Minister of the Interior, the Magistrates' Union denounced ‘a political exploitation unworthy of a minister’. Let us recall the minister's comments on France 2 in early April 2025: ‘The vast majority of magistrates in France observe neutrality, but there are sometimes trade unions, notably one, which made itself known with the Wall of Jerks (...). It was the Magistrates' Union, which participated in the Fête de l'Humanité,’ he said, when asked about the judicial conviction and immediate ineligibility pronounced against Marine Le Pen. This had nothing to do with the question asked. In response, the SM immediately denounced a ‘carefully orchestrated confusion that amounts to questioning trade union freedom’. Back to square one... The aim of this communication is to examine the sometimes difficult relationship between politics and trade unionism in the judiciary. Who is manipulating whom?Se ha argumentado que, partiendo del principio de que la justicia es una función del Estado y no un contrapoder, y que la legitimidad de los jueces se basa en su imparcialidad, debería prohibirse a los jueces pronunciarse públicamente sobre cuestiones políticas. Los dos sindicatos «históricos» son la Unión Sindical de Magistrados (USM) y el Sindicato de la Magistratura (SM). El primero, que es el más influyente, obtuvo el 62,2 % de los votos de los jueces y el 84,7 % de los fiscales en las últimas elecciones al Consejo Superior de la Magistratura en junio de 2022; el segundo obtuvo el 34,3 % de los votos de los jueces, pero solo el 11,5 % de los fiscales. Para Ulrich Schalchi, entonces secretario general del SM, se trataba de un «gran paso adelante» que debía introducir una pequeña dosis de pluralismo en el Consejo. Sin embargo, consideraba que la representatividad no estaba garantizada y que este sistema seguía favoreciendo a la organización mayoritaria.La USM se define como apolítica. De hecho, este sindicato estipula en sus estatutos que su misión es garantizar «la independencia del poder judicial, garantía esencial de los derechos y libertades de los ciudadanos, la defensa de los intereses morales y materiales de los magistrados y auditores judiciales, en particular en materia de contratación, formación y evolución profesional, y contribuir al progreso del derecho y las instituciones judiciales con el fin de promover una justicia accesible, eficaz y humana». A primera vista, no hay nada político en ello.La USM parece ser, y no es un término peyorativo, una corporación profesional que se proclama «apolítica y pluralista». En un comunicado de prensa fechado el 12 de junio de 2024, declara: «Fieles a nuestros valores, entre los que se encuentra la apolítica, no tenemos intención de intervenir en el debate político actual, por importante que sea. Por lo tanto, no llamamos a nuestros miembros a actuar ante los tribunales. Sin embargo, cada uno es libre de expresarse a título individual, pero debe preguntarse si ello es compatible con los deberes de su profesión, en particular en términos de imparcialidad objetiva, por ejemplo, en lo que respecta a la próxima supervisión de las operaciones de votación».En consecuencia, al abstenerse de tomar posición política en los debates sociales, la USM aparece como la única organización sindical no partidista.Primera pregunta: ¿puede un sindicato ser apolítico? ¿Y se puede definir qué es el apoliticismo? No.Prueba de ello es que, tres días después de las elecciones europeas de 2024, la USM publicó un comunicado de prensa en el que advertía sobre los resultados del Rassemblement National: «La USM permanecerá especialmente vigilante, en sus intercambios con la Cancillería, sobre el respeto de nuestros valores republicanos, como la separación de poderes, la defensa de las libertades públicas, incluida la libertad sindical, la independencia del poder judicial y la imparcialidad de la justicia al servicio de todos, sin distinción». No se menciona explícitamente al RN, pero el mensaje es claro. Sin embargo, ¿no es tomar posición, aunque sea de forma implícita, una forma de política, aunque la USM lo niegue? Prueba de ello es que, aunque la USM aparentemente siempre se ha centrado en la defensa de los intereses de sus miembros, en los últimos años ha firmado cada vez más comunicados conjuntos con el Sindicato de Magistrados cuando estos se refieren directamente a la justicia. ¿Es neutral la firma conjunta con un sindicato que siempre ha mostrado su orientación de izquierda? ¡No podemos creerlo!Es lógico sorprenderse por el asunto del «muro de los cretinos» en las instalaciones del SM, pero este asunto ha sido claramente explotado, no solo por la extrema derecha, sino también por la derecha republicana. La presidenta del SM también fue condenada, en su calidad oficial, a una pena simbólica por desacato público.A raíz de esta declaración, violentamente atacada por Bruno Retailleau, ministro del Interior, el Sindicato de Magistrados denunció «una instrumentalización política indigna de un ministro». Recordemos las declaraciones del ministro en France 2 a principios de abril de 2025: «La gran mayoría de los magistrados en Francia observan la neutralidad, pero a veces hay sindicatos, en particular uno, que se ha dado a conocer con el Muro de los cretinos (...). Se trata del Sindicato de Magistrados, que participó en la Fiesta de la Humanidad», declaró, al ser preguntado por la condena judicial y la inelegibilidad inmediata dictadas contra Marine Le Pen. Esto no tenía nada que ver con la pregunta formulada. En respuesta, el SM denunció inmediatamente una «confusión cuidadosamente orquestada que equivale a poner en tela de juicio la libertad sindical». Vuelta al punto de partida... El objetivo de esta comunicación es examinar las relaciones, a veces difíciles, entre la política y el sindicalismo en el sistema judicial. ¿Quién manipula a quién?Il a été avancé que, partant du principe que la justice est une fonction de l'État et non un contre-pouvoir, et que la légitimité des juges repose sur leur impartialité, il devrait être interdit aux juges de prendre publiquement position sur des questions politiques. Les deux syndicats « historiques » sont l'Union Syndicale des Magistrats (USM) et le Syndicat de la Magistrature (SM). Le premier, qui est le plus influent, a remporté 62,2 % des voix des juges et 84,7 % de celles des procureurs lors des dernières élections au Conseil supérieur de la magistrature en juin 2022 ; le second a remporté 34,3 % des voix des juges, mais seulement 11,5 % de celles des procureurs. Pour Ulrich Schalchi, alors secrétaire général du SM, il s'agissait d'un « grand pas en avant » qui devait introduire une petite dose de pluralisme au sein du Conseil. Il estimait toutefois que la représentativité n'était pas garantie et que ce système favorisait toujours l'organisation majoritaire.L'USM se définit comme apolitique. En effet, ce syndicat stipule dans ses statuts que sa mission est d'assurer « l'indépendance du pouvoir judiciaire, garantie essentielle des droits et libertés des citoyens, la défense des intérêts moraux et matériels des magistrats et des auditeurs judiciaires, notamment en matière de recrutement, de formation et d'évolution de carrière, et de contribuer au progrès du droit et des institutions judiciaires afin de promouvoir une justice accessible, efficace et humaine ». À première vue, il n'y a rien de politique là-dedans.L'USM semble être, et ce n'est pas un terme péjoratif, une corporation professionnelle se revendiquant « apolitique et pluraliste ». Dans un communiqué de presse daté du 12 juin 2024, elle déclare : « Fidèles à nos valeurs, dont l'apolitisme, nous n'avons pas l'intention d'intervenir dans le débat politique actuel, aussi important soit-il. Par conséquent, nous n'appelons pas nos membres à agir devant les tribunaux. Cependant, chacun reste libre de s'exprimer à titre individuel, mais doit se demander si cela est compatible avec les devoirs de sa profession, notamment en termes d'impartialité objective, par exemple en ce qui concerne la surveillance prochaine des opérations de vote. »En conséquence, en s'abstenant de prendre position politiquement dans les débats de société, l'USM apparaît comme la seule organisation syndicale non partisane.Première question : un syndicat peut-il être apolitique ? Et peut-on définir ce qu'est l'apolitisme ? Non.La preuve en est que trois jours après les élections européennes de 2024, l'USM a publié un communiqué de presse mettant en garde contre les résultats du Rassemblement national : « L'USM restera particulièrement vigilante, dans ses échanges avec la Chancellerie, sur le respect de nos valeurs républicaines telles que la séparation des pouvoirs, la défense des libertés publiques, y compris la liberté syndicale, l'indépendance du pouvoir judiciaire et l'impartialité de la justice au service de tous, sans distinction. » Le RN n'est pas explicitement mentionné, mais le message est clair. Cependant, prendre position, même implicitement, n'est-il pas une forme de politique, même si l'USM le nie ? La preuve en est que, bien que l'USM se soit apparemment toujours

    Profilage comportemental dans les jeux vidéo éducatifs via des réseaux convolutifs graphiques : le cas de GraphoGameFrançais

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    International audienceRecently, behavioral data of computer games and players actions have turned to be a pivotal interestfor both researchers and game industry. These data could substantially enhance the gaming experienceand machine learning tasks to build more actionable groups of players. In this paper, we’re moreinterested in a serious learning game data GraphoGame, an advanced tool providing learners with adynamic educational environment. In light of this, the study focuses on revealing the true impact ofGraphoGame on students’ reading performance through behavior profiling and graph representationlearning. Accordingly, two convolutional network-based embedding techniques, GraphSAGE andECCConv, are leveraged to classify player interactions graphs. The results show that ECCConvcan outperform GraphSAGE, yet their combined predictions enhance classification, underlining theeducational impact of GraphoGame even among advanced students.Les données comportementales des jeux vidéo ainsi que les traces de joueurs suscitent un intérêt croissant, tant pour la recherche que pour l'industrie du jeu. Ces données peuvent notamment enrichir l'expérience de jeu et améliorer l'identification automatique des profils des joueurs. Dans cet article, nous nous intéressons principalement aux données du jeu sérieux GraphoGame, un outil innovant d'aide à l'apprentissage de la lecture, offrant un environnement interactif pour les apprenants. Nous cherchons notamment à évaluer l'impact de ce jeu sur la performance des élèves en lecture via le profilage comportemental des joueurs et un apprentissage à base de graphes. Ainsi, deux techniques d'intégration basées sur des réseaux convolutifs, GraphSAGE et ECCConv, sont mises à profit pour classifier les graphes d'interactions des joueurs. Les résultats montrent qu'ECCConv surpasse GraphSAGE, mais que leurs prédictions combinées peuvent améliorer la classification, confirmant l'impact éducatif de GraphoGame même chez les élèves les plus avancés

    Degradation of antibiotics by homogeneous and heterogeneous Fenton processes: A review

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    International audienceGlobal antibiotic consumption has been rising uncontrollably. Antibiotics ultimately get flushed into the environment, where they can pose risks to ecosystems and human health. Conventional wastewater treatment processes are not effective at removing these antibiotics. However, the application of Fenton processes in water treatment has attracted attention due to their fast reaction speeds and effective performances. Here we review recent research related into Fenton processes for antibiotic degradation, including homogeneous and heterogeneous Fenton, photo-Fenton and electro-Fenton reactions. We look at the impact of several key parameters such as target antibiotic, hydrogen peroxide, ferrous ion concentrations, pH and temperature on the efficiency of antibiotic degradation. We also provide an in-depth analysis of commonly used catalysts, such as natural heterogeneous catalysts and synthetic iron-based catalysts, and go on to propose typical mechanisms for antibiotic degradation by homogeneous and heterogeneous Fenton processes based on products identified in the literature

    Quantification de l’erreur de fiabilité Interobservateur dans les mesures ostéométriques classiques de la collection Olivier

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    International audienceL’anthropométrie joue un rôle crucial dans le développement de méthodes visant à déterminer le profil biologique des restes de squelettes. Le contrôle de la précision et de l’exactitude des mesures est essentiel pour obtenir des données fiables et améliorer les approches méthodologiques. Cette étude a pour but d’évaluer la fiabilité des mesures de squelettes dans la Collection Olivier en examinant la variabilité inter-observateurs. Quatre observateurs ont effectué 42 mesures (11 crâniennes et 31 postcrâniennes) sur un sous-échantillon de 40 squelettes. Le test t de Student, traditionnellement utilisé pour évaluer les différences entre hommes et femmes, a été employé ici avec le d de Cohen pour évaluer les différences entre les observateurs. Des ANOVA à mesures répétées et des coefficients d’intra-corrélation (ICC) ont également été utilisés pour évaluer la variabilité inter-observateurs. En outre, les erreurs techniques de mesure relatives et absolues ont été calculées pour les mesures dont les résultats de l’ANOVA étaient significatifs. Le test t de Student et le d de Cohen ont confirmé que pour la plupart des mesures, les observateurs présentaient une signification et des tailles d’effet identiques, ce qui permet de conclure que les différences entre observateurs n’étaient pas significatives. Cependant, les résultats ont indiqué des différences significatives dans les résultats de l’ANOVA pour 31 mesures. Les observations TEM (technical errors of measurement) ont montré que 10 de ces 31 variables présentaient des erreurs de mesure techniques non acceptables. Une tendance générale a été observée, indiquant que les diamètres utilisant des pieds à coulisse numériques étaient plus fréquemment sujets à des erreurs entre les observateurs (rTEM&gt;2 %). En revanche, l’analyse ICC a révélé des coefficients de corrélation élevés (&gt;0,8) entre les quatre observateurs pour la plupart des variables, ce qui suggère une bonne fiabilité inter-observateurs. Ces approches fournissent des informations complémentaires, ce qui renforce l’idée qu’il peut être insuffisant de se fier à une seule approche pour étudier la fiabilité d’un observateur. Cette étude souligne l’importance d’utiliser plusieurs méthodes statistiques pour évaluer de manière exhaustive la fiabilité des mesures anthropométriques et identifier les sources d’erreur potentielles. En abordant la variabilité inter-observateurs et les erreurs de mesure, cette étude contribue à affiner la précision et la fiabilité des méthodes d’analyse du squelette, ce qui améliore en fin de compte la détermination des profils biologiques à partir des restes squelettiques

    Fake news et conflits armés : L'évolution de la désinformation dans l'ère numérique (Le cas des guerres en Syrie et en Ukraine)

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    International audienceCompte tenu du contexte géopolitique actuel, cette étude propose une réflexion sur l’usage stratégique de la désinformation et sur le rôle des médias en temps de guerre — un phénomène antérieur à l’émergence des réseaux sociaux numériques. L’analyse porte à la fois sur les transformations et sur la persistance de certains éléments de cette pratique dans l’environnement numérique. Pour ce faire, cette communication s’appuie sur une revue de littérature spécialisée ainsi que sur une analyse de contenu portant sur plusieurs fausses informations ayant marqué deux conflits armés récents : la guerre en Syrie et celle en Ukraine. Les tactiques de désinformation, telles que la diffusion de fausses nouvelles en temps de guerre, ne sont pas nouvelles. Toutefois, leur portée et leur vitesse de diffusion ont été amplifiées avec le développement des plateformes numériques, en raison notamment de la multiplication des acteurs impliqués dans leur dissémination. Historiquement, le contrôle de l’information dans les conflits armés a toujours été essentiel : il sert à déstabiliser l’ennemi, à convaincre et mobiliser les opinions publiques à travers des stratégies de justification du conflit et de censure de la critique. Dans ce contexte, le journalisme est inévitablement affecté. De nombreux épisodes documentent la collaboration de certains médias avec des intérêts belligérants, sous la pression de facteurs politiques, économiques ou militaires, par le biais de manipulations ou de pratiques de désinformation. Des épisodes notables de désinformation ont été observés dès la guerre de Sécession, puis lors des deux guerres mondiales, de la guerre du Golfe et de celle en Irak. Les médias traditionnels — presse écrite, radio, télévision — ont souvent joué un rôle central dans la diffusion d’informations fausses ou biaisées, souvent sensationnalistes, servant à construire un ennemi commun à diaboliser afin de rallier le soutien du public. Plusieurs recherches soulignent que lorsque les grands médias relaient la désinformation, cela s’explique souvent par une confiance excessive envers les sources institutionnelles — notamment les gouvernements et les armées — au détriment d’un travail critique ou d’enquêtes indépendantes. Le cinéma a également été utilisé comme outil de propagande de guerre. Avec l’essor des réseaux sociaux numériques, les stratégies de désinformation — constitutives de la guerre de l’information dans les conflits hybrides — se sont adaptées aux nouveaux formats et outils numériques. Deux conflits récents, largement documentés sur ces plateformes, se distinguent par l’ampleur des campagnes de désinformation : la guerre civile en Syrie et la guerre en Ukraine. Bien qu’elles soient issues de contextes distincts, ces deux guerres ont en commun d’être qualifiées de « guerres hybrides », marquées par une instrumentalisation massive de la désinformation, avec la Russie identifiée comme l’un des principaux acteurs. Cette étude adopte une approche qualitative fondée sur l’analyse du discours, en s’intéressant aux stratégies et effets recherchés par les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux au cours de ces deux conflits. L’objectif est d’identifier les similitudes et différences dans les mécanismes de production et de diffusion de ces contenus, en prêtant attention aux ressources narratives, visuelles et technologiques mobilisées, aux publics visés, ainsi qu’aux effets discursifs recherchés. Un corpus comparatif a été constitué à partir de 40 cas de fake news : 20 liés à la guerre en Ukraine, vérifiés et réfutés par la cellule de fact-checking Les Décodeurs du journal Le Monde, et 20 concernant le conflit syrien, sélectionnés à partir de bases de données de vérification (telles que Bellingcat) et de rapports d’organisations indépendantes spécialisées dans le suivi des conflits et de la désinformation. L’analyse prend en compte le contexte de circulation, les acteurs impliqués, les plateformes mobilisées, ainsi que les éléments discursifs clés (thèmes, cadrages, émotions, visuels et stratégies de crédibilisation). Cette méthodologie permet de comprendre comment la désinformation opère comme un outil de guerre symbolique, adapté aux spécificités de chaque conflit, tout en révélant des logiques de communication communes. Pendant la guerre civile syrienne, la désinformation a été utilisée par toutes les parties : le régime de Bachar al-Assad, les groupes rebelles et des factions extrémistes telles que Daech. Néanmoins, la campagne menée par le régime syrien, avec un fort appui russe, s’est distinguée par sa portée et son efficacité, s’appuyant à la fois sur les réseaux sociaux et sur les médias traditionnels. Le régime a mobilisé ses canaux officiels — comme l’agence SANA ou Syrian TV — pour construire une narration où le conflit est présenté comme une lutte contre le terrorisme, avec un Assad défenseur de la souveraineté nationale. Des médias alliés comme RT, Sputnik ou Press TV ont amplifié cette narration, en niant systématiquement les crimes imputés au régime. Les massacres, l’usage d’armes chimiques ou les bombardements sur des civils étaient présentés comme de fausses mises en scène orchestrées par l’opposition, souvent attribuées aux Casques blancs. Un exemple emblématique est l’attaque chimique de Douma en 2018, que le régime et ses alliés ont qualifiée de « mise en scène » soutenue par l’Occident. Ces campagnes visaient à créer une confusion informationnelle, usant de techniques telles que le whataboutism, qui consiste à détourner l’attention en pointant les contradictions de l’adversaire. Elles se sont appuyées sur un écosystème hybride combinant médias traditionnels, réseaux sociaux, acteurs étatiques et non étatiques. Sur les réseaux, des bots, trolls et faux comptes Twitter, Facebook ou YouTube ont été utilisés pour gonfler les narratifs pro-régime ou attaquer journalistes, ONG et activistes. Les fausses informations étaient souvent basées sur des vidéos ou images manipulées : montages, extraits sortis de leur contexte, ou images provenant d’autres conflits (comme Gaza ou l’Irak) présentées comme venant de Syrie. Des vidéos visant à discréditer les rapports d’ONG circulaient massivement, notamment contre Bellingcat, cible récurrente des campagnes de diffamation. Un autre axe important fut l’utilisation de blogs ou chaînes prétendument « indépendants », adoptant l’esthétique du journalisme d’investigation tout en relayant des discours alignés sur les intérêts du régime ou du Kremlin. Certains influenceurs occidentaux ont également contribué à la propagation de ces récits conspirationnistes. Les rebelles aussi ont produit de la désinformation : images truquées, scènes mises en scène, vidéos hors contexte visaient à susciter un soutien international et légitimer leur lutte. L’un des principaux objets de désinformation a été les Casques blancs — une organisation humanitaire active dans les zones rebelles, ayant documenté de nombreux crimes de guerre. Accusés de collusion avec les jihadistes ou de manipulations médiatiques, ils ont fait l’objet d’une vaste campagne de diffamation. Des hashtags comme #WhiteHelmetsTerrorists, des vidéos virales et des témoignages fabriqués ont été largement diffusés par des chaînes russes, les présentant comme des agents de l’OTAN. Les offensives sur Alep (2016) et la Ghouta orientale (2018) illustrent le rôle de la désinformation dans l’inversion des responsabilités. Le régime s’y présentait comme le libérateur, tandis que les rebelles étaient accusés d’utiliser des boucliers humains. Des vidéos d’enfants asphyxiés étaient qualifiées de fausses, les attaques chimiques présentées comme des opérations sous fausse bannière. Sur Twitter et YouTube, des comptes officiels comme @RT_com ou @RTArabic ont diffusé des contenus émotionnels, accompagnés de hashtags récupérés, comme #SaveAleppo. Les images de bombardements étaient manipulées pour en détourner le sens, et des sources douteuses étaient présentées comme crédibles.Le conflit en Ukraine a poursuivi et perfectionné ces tactiques, avec une campagne de désinformation russe encore plus sophistiquée. Cette campagne articule propagande d’État, médias parallèles, opérations psychologiques, pour désorienter l’opinion mondiale, décrédibiliser l’Ukraine et justifier l’agression.Le Kremlin a présenté l’invasion comme une opération de « dénazification », prétendant que le gouvernement ukrainien était dirigé par des nazis responsables de violences contre les populations russophones. Cette rhétorique visait à inverser les rôles : la Russie, agresseur réel, se posait en victime légitime. Le conflit était ainsi présenté comme une guerre préventive contre l’OTAN et contre une menace existentielle fabriquée.Ce cadrage a été relayé par un système médiatique structuré, combinant chaînes étatiques (RT, Sputnik, TASS, RIA Novosti), médias transnationaux du projet Russkiy Mir et proxy media diffusant en Occident un discours pro-russe sous une apparence d’indépendance. Des sites comme SouthFront, NewsFront ou InfoRos adaptent les récits du Kremlin pour un public étranger.Sur les réseaux, des fermes de trolls, notamment l’Internet Research Agency (IRA), ont inondé Telegram, Twitter, Facebook et VK de contenus falsifiés, en plusieurs langues, pour alimenter des récits tels que les « laboratoires biologiques américains » ou la mise en scène de massacres.Des journalistes et ONG comme Bellingcat ont été attaqués pour leurs enquêtes, accusés de manipulation, tandis que des événements clés comme le massacre de Boutcha (2022) ou le bombardement d’une maternité à Marioupol ont été qualifiés de montages.L’usage de technologies émergentes, comme les deepfakes, s’est ajouté à cette guerre cognitive, qui s’apparente à ce que certains analystes appellent fog of war tactique — un brouillard informationnel délibérément entretenu par la multiplicité de versions contradictoires.Enfin, bien que les campagnes de désinformation en Syrie et en Ukraine partagent certaines stratégies — manipulation narrative, usage coordonné des médias et des réseaux sociaux —, elles diffèrent par leurs objectifs, publics et moyens mobilisés. Ce contraste permet de mieux comprendre l’évolution des guerres informatives à l’ère numérique, et les défis qu’elles posent au journalisme, à la vérification des faits et à la construction d’un espace public fondé sur la vérité. Face à cette guerre cognitive, de nouvelles formes de résistance informationnelle ont émergé, notamment à travers l’utilisation croissante de méthodes OSINT (Open Source Intelligence). Ces techniques d’enquête s’appuient sur l’analyse de données publiques disponibles en ligne — images satellites, métadonnées, vidéos postées sur les réseaux sociaux, archives numériques — pour vérifier des faits, géolocaliser des événements et reconstituer des scènes de crime de guerre. Des collectifs comme Bellingcat ou Forensic Architecture, en collaboration avec des journalistes, des ONG et des citoyens engagés, jouent un rôle central dans la lutte contre la désinformation. Ils ont notamment permis de documenter et de réfuter certaines fausses allégations, en produisant des contre-enquêtes rigoureuses, accessibles et souvent collaboratives. Cette coopération entre experts, amateurs éclairés et publics connectés a contribué à renforcer une forme de journalisme d’investigation distribuée, capable de répondre, en temps réel, à la prolifération de contenus manipulés. Elle témoigne d’un renouveau des pratiques de vérification de l’information, dans lequel les citoyens ne sont plus de simples récepteurs passifs, mais des acteurs à part entière de la construction de la vérité

    An Inscribed stone mold from Ferewanda Beri, 14th to 16th century

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