L'archive ouverte de L'Ined
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Discrimination research and the use of ethnic data
Discrimination can be defined as unfavourable treatment based on an illegitimate and possibly illegal criterion (i.e protected ground). It can be assessed by comparison with the treatment received, or that would be received, by someone who would be ascribed to another group of that particular characteristic (e.g., sex, ethnic or racial origin, nationality, religion, sexual orientation, disability or health problem, etc.). Discrimination amounts to a penalty for characteristics that should not be taken into account in accessing to rights, goods or services. The list of protected grounds varies across countries, but they share the similar position of being stigmatized and, for most but not all of, being essentialised according to natural characteristics. Ethnic data refers to any data, be quantitative and qualitative (but mostly quantitative), that discloses ethnicity, race, nationality, color and descent
La fabrique d’une sociologie dans, depuis et sur les Outre-mers à l’Association Française de Sociologie
Cette introduction au numéro spécial consacré à la « sociologie dans, depuis et sur les territoires dits d’Outre-mer » revient sur les conditions de réalisation de cette sociologie dans les départements ultramarins. Une première partie revient sur l’usage problématique de la catégorie Outre-mer. Une deuxième retrace l’historique de la constitution du groupe de travail dédié au sein du comité exécutif de l’AFS. La troisième partie vise à rendre compte des résultats du questionnaire passé en 2023 auprès des collègues de sciences sociales travaillant sur, depuis et dans ces territoires
Prenatal exposure to chlorpyrifos of French children from the Elfe cohort
Background
The organophosphate pesticide chlorpyrifos was widely used in the European Union before its ban in 2020 and was associated with neurodevelopmental disorders. However, within the concept of Developmental Origins of Health and Disease, in utero exposure to chlorpyrifos can lead to neurodevelopmental effects in developing children.
Objective
The aim of this study was to estimate fetal exposure to chlorpyrifos using biomonitoring data measured in Elfe pregnant women and a physiologically based pharmacokinetic (PBPK) approach and compare exposure to toxicological reference values.
Methods
A pregnancy-PBPK model was developed based on an existing adult chlorpyrifos model and a new toxicological reference value was proposed for neurodevelopmental effects. The pregnant women exposure was estimated based on dialkylphosphate (DAP) levels in urine assuming constant exposure to chlorpyrifos and compared to both the existing toxicological reference value and the new proposed draft toxicological reference value. Fetal internal concentrations in target tissues were then predicted using the developed pregnancy-PBPK model. Urinary concentrations of the chlorpyrifos-specific metabolite (TCPy) were also predicted for comparison with other biomonitoring data.
Results
The median daily exposure to chlorpyrifos for the French pregnant women from the Elfe cohort was estimated at 6.3x10−4 μg/kg body weight/day. The predicted urinary excretion of TCPy, the chlorpyrifos-specific metabolite, is in the same range as observed in other European cohorts (mean: 2.13 μg/L). Predicted brain chlorpyrifos levels were similar in pregnant women and their fetus and were 10-fold higher than the predicted blood chlorpyrifos levels. It was estimated that 6% and 20% of the pregnant women population had been exposed to levels exceeding the general population and draft toxicological reference values, respectively.
Conclusions
Prenatal exposure to chlorpyrifos was estimated for the French population based on data from the Elfe cohort. Internal chlorpyrifos concentrations in target tissues (brain and blood) were predicted for fetuses at the end of the pregnancy. Under a conservative assumption, a small percentage of the population was identified as being exposed to levels exceeding the toxicological reference values
Des ressources et des liens inégalement accessibles
Les liens de voisinage traversent l’espace social et concernent tous les groupes sociaux. Dans toutes les catégories sociales, des proportions certes variables mais importantes de personnes invitent des voisins et/ou habitants de leur quartier à partager des moments de convivialité au domicile. De même, dans tous les groupes sociaux, les enfants sont créateurs de liens. Ou encore les espaces communs sont les lieux de rencontre les plus fréquents. Cela étant, au-delà de ces ressemblances, la comparaison des manières de voisiner fait apparaître non seulement des différences, mais des inégalités entre les classes sociales. Ces inégalités sont d’autant plus marquées que ce sont ceux qui ont le plus besoin des liens du quotidien qui en sont les plus éloignés. Les classes populaires se situent dans une plus grande dépendance aux ressources qu’offre le voisinage. Les ressources qu’elles trouvent au sein du quartier sont plus cruciales et moins substituables que celles qu’y puisent les cadres. Mais elles développent un peu moins de relations sociales locales que les autres, même en tenant compte de leurs relations familiales locales et liens informels
Sept femmes sur dix connaîtront le veuvage après 60 ans, pour une période de 13 ans
La perte du conjoint ouvre généralement une longue période de veuvage de 13 ans en moyenne. Cette durée, estimée à partir de tables de mortalité, devrait légèrement diminuer d’ici 2070. Elle est plus élevée pour les veuves issues de ménages modestes que pour celles de ménages aisés, et représente ainsi une part encore plus importante de leur vieillesse. En Europe, le veuvage semble durer plus longtemps lorsque l’écart de longévité entre femmes et hommes est important. Les comparaisons européennes situent la France en position médiane
Musulmans de France, religiosité, islamisme : les chiffres contestés de l’enquête Ifop (interview)
Un sondage réalisé par l’institut Ifop conclut à une forte poussée de religiosité, de rigorisme et de soutien à la mouvance islamiste chez les musulmans de France. Cette étude, critiquée pour ses biais méthodologiques, a immédiatement suscité de vives
réactions politiques. Des associations musulmanes ont porté plainte contre l'Ifop et l'Ifop a porté plainte contre deux députés LFI. Comment interpréter ces chiffres ? Quelles sont les conclusions d’autres études portant sur ces questions ? Entretien avec
Franck Frégosi, spécialiste de l’islam en France, ainsi qu’avec Patrick Simon et Vincent Tiberj, auteurs des analyses sur la religion des enquêtes Trajectoires et origines (Insee/Ined). Un droit de réponse de François Kraus, directeur du pôle Politique-actualités de l'Ifop suit cet entretien
La fabrique des fichiers de production et de recherche à l'Ined
Depuis plusieurs années, les organismes de recherche sont confrontés aux impératifs de la science ouverte, qui encouragent la diffusion « aussi ouverte que possible, aussi fermée que nécessaire » des données issues de la recherche scientifique. L’Institut national d’études démographiques (Ined), en tant que producteur et diffuseur d’enquêtes démographiques (dont certaines relèvent de la statistique publique), s’inscrit pleinement dans cette logique. Si la plupart des enquêtes de l’Ined sont transversales, elles n’en sont pas moins variées dans leurs thèmes, leurs protocoles et leurs champs. La collecte de ces enquêtes est co-gérée par le Service des Enquêtes et Sondages (SES), qui s’est doté d’une équipe dédiée à la mise à disposition, à la fois chargée de préparer les fichiers de données à diffuser et d’en gérer la diffusion et l’accès.
La diffusion des données issues des enquêtes de l’Ined se fait de diverses manières, mais la forme la plus courante reste aujourd’hui les « Fichiers de Production et de Recherche » (FPR). Ces fichiers, dont la diffusion est encadrée par le Comité du Secret Statistique (CSS), sont accessibles via l’entrepôt Quetelet-Progedo. Ils sont définis par le CSS comme des fichiers de « données individuelles comportant un niveau de détail moindre pour quelques variables potentiellement réidentifiantes ». La mise en place des FPR en 2018 et la volonté de l’Ined d’améliorer ses standards de diffusion des données et de leurs métadonnées - selon les principes FAIR - a mené à établir un cadre de production des FPR et de leurs métadonnées.
Il s’agit donc de présenter ici les grands principes appliqués à l’Ined en matière de production de fichiers diffusables au public académique et scientifique mais aussi en matière de documentation et de diffusion de ces fichiers
Un siècle de vieillissement en France, 1921-2021. Disparités de genre et de classe
L’arrivée aux grands âges des générations du « baby-boom » (nées après la fin de la Seconde Guerre mondiale) accélère depuis quelques années le vieillissement de la population française. Ce phénomène est profondément genré : non seulement les femmes représentent la très grande majorité des personnes âgées, mais leur part augmente fortement avec l’âge. Cet article présente ce processus de féminisation sur la longue durée et ce que son caractère massif invisibilise. À travers l’analyse de la condition des personnes vieillissantes depuis un siècle il met en évidence les très grandes disparités de genre dans l’expérience du grand âge, conséquence de pratiques et de structures de gestion de la vieillesse pensées autour d’un modèle orienté autour du travail masculin. Les femmes âgées sont plus souvent isolées, plus souvent pauvres, plus souvent en mauvaise santé
À qui profite le voisinage ? Le voisinage au prisme des classes sociales
La synthèse d’une trentaine d’enquêtes localisées réalisées dans différents contextes résidentiels français laisse ouverte la question de savoir quelles classes sociales tirent le plus de ressources du voisinage. Il reste donc difficile de dire si l’espace résidentiel contrebalance les inégalités sociales qui s’observent à d’autres échelles ou s’il contribue à les accroître. Pour répondre à cette question, cet article s’appuie sur une enquête statistique localisée dans quatorze terrains des aires urbaines parisienne et lyonnaise, réalisée auprès de 2 572 enquêté·es, complétée de 210 entretiens semi-directifs. Ce dispositif méthodologique offre les conditions rares d’une approche à la fois comparative entre classes sociales et attentive aux contextes résidentiels ainsi qu’aux conditions de passation des questionnaires. L’article met en évidence un paradoxe : si les classes populaires investies dans le voisinage tirent de leur espace résidentiel des ressources plus fondamentales que celles dont profitent les autres classes sociales, ce groupe social se situe néanmoins plus souvent en retrait du voisinage et des opportunités auxquelles il peut donner accès. Cette paradoxale inégalité dans l’espace local prend sa source dans les différences de conditions de logement et de contraintes résidentielles, dans les moyens dont disposent les classes sociales pour maîtriser leur espace de résidence et, finalement, dans la plus forte dépendance des classes populaires aux liens sociaux de proximité