Histoire sociale / Social History (E-Journal, York University)
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Sally Ainse and the Intersection of Black-Indigenous Histories in the Thames River Valley, 1780–1865
Sally Ainse was an Oneida woman who purchased a large property in the Thames River Valley in the late eighteenth century. Ainse also owned enslaved peoples, including a Black man named Frank, who, along with Josiah Cutten, were included as part of the transactions when Ainse sold plots of her land to European American settlers. The intersecting stories of Ainse, Frank, and Cutten along a newly formed international border complicate narratives of settler colonial development. They highlight the complex relationships between settler expansion and racialized violence that help explain the region’s shifting political landscape from 1780 to 1865, and, by doing so, illustrate the importance of local identities to settler colonialism.Sally Ainse était une femme Oneida qui avait acheté une grande propriété dans la vallée de la rivière Thames à la fin du XVIIIe siècle. Ainse possédait également des esclaves, dont un Noir dénommé Frank, qui, avec Josiah Cutten, figuraient au nombre des transactions réalisées au moment où Ainse vendait des parcelles de sa terre à des colons européens américains. Les histoires entrecroisées d’Ainse, de Frank et de Cutten sur une frontière internationale nouvellement formée compliquent les récits du développement colonial. Elles mettent en évidence les relations complexes entre l’expansion du peuplement et la violence racialisée qui contribuent à expliquer l’évolution du paysage politique de la région entre 1780 et 1865 et, ce faisant, illustrent l’importance des identités locales dans la cadre de la colonisation
Campbell, Lara, Dominique Clément and Gregory S. Kealey – Debating Dissent: Canada and the Sixties
Malleck, Dan – Try to Control Yourself: The Regulation of Public Drinking in Post-Prohibition Ontario, 1927-44
Devotion, Anti-Imperialism, and the Search for the Stories of Black Muslims in Twentieth-Century Guyana
The history of Black Muslims in Guyana is a topic not yet studied in much depth. Part of the reason for this gap in the historical record is the absence of materials in conventional archives and newspapers. Discussions of Muslims in Guyana also often centre on the stories of South Asian indentured migrants who formed the majority of the Muslim Guyanese population in the twentieth century. Yet, the practice of Islam developed amongst Black-Guyanese Muslims in relation to the Pan-Africanist movements of the 1940s that aligned anti-imperialism and Black identity with adoptions of Islam, and is therefore a key milestone in the Black- Muslim-Guyanese story. The writings of Malik Shabazz, the leader of the Muslim Brotherhood of Guyana, are particularly helpful in understanding the development of Islam amongst Black Guyanese because they reveal an anti-imperial religious pedagogy imbedded in a process of asserting a Black Muslim identity. While this research note is by no means exhaustive of the experiences, identities, and stories of Black Muslims in twentieth-century Guyana, it sheds some light on existing historical silences and provides a starting point for a topic that requires much more detailed study.L’histoire des musulmans Noirs en Guyane est un sujet qui n’a pas encore fait l’objet d’une étude approfondie. Cette lacune dans le bilan historique s’explique en partie par l’absence de documents d’archives et de journaux conventionnels. En outre, les discussions portant sur les musulmans de Guyane sont généralement centrées sur l’histoire des migrants sous contrat provenant d’Asie du Sud qui formaient la majorité de la population musulmane guyanaise au XXe siècle. Pourtant, la pratique de l’islam s’est développée parmi les musulmans Noirs guyanais en relation avec les mouvements panafricanistes des années 1940 qui ont aligné l’anti-impérialisme et l’identité Noire avec l’adoption de l’islam, ce qui constitue un jalon clé dans l’histoire des Noirs musulmans guyanais. Les écrits de Malik Shabazz, le dirigeant des Frères musulmans de Guyane, sont particulièrement utiles pour comprendre le développement de l’islam chez les Noirs guyanais dans la mesure où ils dévoilent une pédagogie religieuse anti-impériale imbriquée dans un processus d’affirmation d’une identité musulmane Noire. Bien que cette note de recherche ne soit en aucun cas exhaustive en ce qui concerne les expériences, les identités et les histoires des musulmans Noirs dans la Guyane du XXe siècle, elle éclaire les silences historiques actuels et constitue un point de départ pour un sujet qui mérite une étude beaucoup plus détaillée
After “Indo-Caribbean”: Interrogating Interstitial Identities and Diasporic Solidarities in Conversation with Andil Gosine
Against the backdrop of a culture-essentializing multiculturalism in Toronto, doubly diasporic Indo-Caribbean peoples have been neither accurately defined as “South Asians” nor always adequately accounted for within Caribbean imaginaries often aligned with phenotypic “Blackness.” The Indo-Caribbean presence and its engaged participation in the development of Toronto have gone largely under-considered. Yet, Toronto-based cultural producers, such as scholar and curator-artist Andil Gosine, have long interrogated the contours of diasporic “Indo-Caribbeanness,” which Gosine values for “its quality of perpetual elision.” Eschewing bounded visions of Indo-Caribbean histories and subjectivities, Gosine’s art draws upon the creative force of transoceanic journeys and plantation ecologies that link Indo- and Afro-Caribbean peoples indelibly. In an exchange at once personal and socio-historical, Gosine here reflects upon the entwined aesthetics, poetics, and politics of his work, his navigation of interstitial identities and solidarities in diaspora, and the perils and pleasures of imag(in)ing “Indo-Caribbeanness” in troubled times.Avec pour toile de fond un multiculturalisme axé sur l’essentialisation de la culture à Toronto, les peuples indo-caribéens doublement diasporiques n’ont pas été précisément définis comme des « Sud-Asiatiques » ni pris en compte adéquatement dans l’imaginaire caribéen, souvent aligné sur le phénotype « Noir ». La présence indo-caribéenne et sa participation engagée dans le développement de Toronto ont été largement sous-estimées. Pourtant, les producteurs culturels de Toronto, tels que l’universitaire et artiste-conservateur Andil Gosine, interrogent depuis longtemps les contours du « caractère indo-caribéen » diasporique, que Gosine apprécie pour « sa qualité d’élision perpétuelle ». En évitant les visions bornées des histoires et des subjectivités indo-caribéennes, l’art de Gosine puise dans la force créatrice des voyages transocéaniques et des écologies de plantation qui lient de manière indélébile les peuples indo et afro-caribéens. Dans un échange à la fois personnel et socio-historique, Gosine réfléchit ici à l'enchevêtrement de l’esthétique, de la poétique et de la politique de son oeuvre, à sa navigation dans les identités interstitielles et les solidarités de la diaspora, ainsi qu’aux périls et aux plaisirs d’ima(gin)er le « caractère indo-caribéen » en temps troublés
Hitchin’ a Ride in the 1970s: Canadian Youth Culture and the Romance with Mobility
to travel for his or her personal growth. However, in the 1970s, civil society saw dropping out of school or work and drifting around as the sign of youth alienation and crazy hippie ideas. In 1969, the Trudeau government struck a task force to investigate why thousands of middle-class young people were observed hitchhiking along the Trans-Canada Highway. This article looks at the federal government’s reaction to the “transient youth” subculture through the lens of what hitchhiking meant to restless teenagers and twenty-somethings. In the early 1970s, Canadian thumb-travellers subverted hegemonic class and gender expectations by putting a new twist on the rituals associated with traditional Canadian tourism. By self-consciously adorning themselves with backpacks, beads, Canada flags, and long bushy hair or by flipping a peace sign to oncoming traffic, they performed rituals of a romantic subculture. Then, as now, their road stories highlight more than the monotonous and carnivalesque moments of alternative travel; they can be read as key biographical moments when understandings of landscapes, national identity, and citizenship were formed.Prendre une année de congé est aujourd’hui perçu comme une excellente occasion pour les jeunes de voyager à des fins de croissance personnelle. Dans les années 1970, cependant, la société civile considérait le fait de quitter l’école ou le travail pour aller à gauche et à droite comme le signe de l’aliénation de la jeunesse et des folles idées hippies. En 1969, le gouvernement Trudeau a mis sur pied un groupe de travail pour analyser les raisons pour lesquelles on voyait des milliers de jeunes de la classe moyenne faire de l’auto-stop le long de la Transcanadienne. Le présent article examine la réaction du gouvernement fédéral à la sous-culture des jeunes nomades sous l’angle de la signification de l’auto-stop pour de fébriles adolescents ou jeunes dans la vingtaine. Au début des années 1970, les auto-stoppeurs canadiens ont bouleversé les attentes – celles d’une classe hégémonique et celles par rapport au genre – en donnant une coloration nouvelle aux rituels associés au tourisme canadien traditionnel. En s’affublant consciemment de sacs à dos, de colliers, de drapeaux canadiens, en portant les cheveux longs en broussaille ou en agitant des symboles de la paix au-devant des automobilistes, ils accomplissaient les rituels d’une sous-culture romantique. Comme de nos jours, leurs récits de voyage mettaient alors en évidence plus que les moments monotones ou carnavalesques du voyage non conformiste; ils peuvent être vus comme des moments biographiques clés au cours desquels les jeunes se formaient une conception des paysages, de l’identité nationale et de la citoyenneté
Fixing Ownership: Land Agents, Settlers, and Property Relations in Two Eastern Townships, 1840–1865
The general fluidity and ambiguity of property relations during colonization meant settlers, who were often “squatters,” relied on land agents to fix their relationship with property-owners. In turn, the latter needed the agent’s on-the-ground expertise to manage their affairs and responsibilities for “improvements.” Land agents thus became intermediaries between cash-poor settlers and absentee owners. George Bonnallie, active in the northern part of Stukely Township and western Orford Township had a repertoire of routine practices he pursued. Organized in a typology, they provide detail about late colonization and reveal the part played by entrepreneurial intermediaries in fixing property relations in areas still peripheral to the market economy. With in-coming settlement completed in these townships by the mid-1860s, after municipal reform, and with the arrival of speculation by local notables, neither property-owners nor settlers needed the suite of routines deployed to enable settlement. A standardized market for land transfers had developed.Compte tenu du caractère généralement fluide et ambigu des droits de propriété pendant la colonisation, les colons, qui étaient souvent des « squatters », comptaient sur les agents fonciers pour manier leurs relations avec les propriétaires. En retour, ces derniers utilisaient les connaissances locales de l’agent pour gérer leurs affaires et leurs responsabilités en matière d’« améliorations ». Les agents fonciers sont donc devenus des intermédiaires entre colons sans argent liquid et les propriétaires absentéistes. George Bonnallie, actif dans la partie nord du canton de Stukely et dans l’ouest du canton d’Orford, avait un répertoire de pratiques courantes qu’il mettait en œuvre. Organisées en une typologie, elles fournissent des détails sur la colonisation tardive et elles révèlent le rôle joué par les intermédiaires entrepreneuriaux dans la consolidation des relations de propriété dans des zones encore périphériques à l’économie de marché. Avec l’achèvement de la colonisation de ces cantons au milieu des années 1860, après la réforme municipale, et avec l’arrivée de la spéculation de la part des notables locaux, ni les propriétaires ni les colons ne nécessitaient de la gamme de pratiques déployées pour habiliter la colonisation. Un marché standardisé pour les transferts fonciers s’était développé