Journal of the Canadian Association for Curriculum Studies (JCACS)
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Kizhay Ottiziwin : marcher avec la gentillesse et la parenté
Forty years ago, I was sitting beside Poohbah Lake, a part of my homeland. I was deeply engaged in a process I would now describe as attunement and prayer; I was asking Gzhwe Mnidoo and the Ancestors to guide me on my way. I longed to be a living being of kindness and useful to Creation by honouring my kinship to All My Relations. As my moccasined feet gently walked the land, I wanted to honour each and everything as created, to open my heart, and to regard each being with reverence and respect. I learned to hold these teachings as they were offered. As I grew older, I understood the enormous gift I was given to witness Creation as it had been created by Gzhwe Mnidoo. This learning legacy seared itself into my heart and spirit. As I wander my life journey I return to the teachings of my people, the Anishinaabe; I continue to seek an honourable way to walk. This Indigenous Métissage tells the story of my search for Mino Bimaadiziwin through the practice of Kizhay Ottiziwin.Il y a 40 ans, j'étais assis au bord du lac Poohbah, une partie de ma patrie. J'étais profondément engagé dans un processus que je décrirais maintenant comme une harmonisation et une prière ; je demandais à Gzhwe Mnidoo et aux ancêtres de me guider sur mon chemin. J'avais envie d'être un être vivant de gentillesse et utile à la création en honorant ma parenté avec toutes mes relations. Tandis que mes pieds mocassins parcouraient doucement la terre, je voulais honorer chacun et tout comme créé, ouvrir mon cœur et considérer chaque être avec révérence et respect. J'ai appris à tenir ces enseignements tels qu'ils étaient offerts. En vieillissant, j'ai compris l'énorme cadeau qui m'était offert pour assister à la création telle qu'elle avait été créée par Gzhwe Mnidoo. Cet héritage d'apprentissage s'est gravé dans mon cœur et mon esprit. En parcourant le chemin de ma vie, je reviens aux enseignements de mon peuple, les Anishinaabe ; je continue à chercher une manière honorable de marcher. Ce métissage autochtone raconte l'histoire de ma recherche de Mino Bimaadiziwin à travers la pratique de Kizhay Ottiziwin
S’approcher pour l’air : au sujet de la lecture en période de pandémie
The thought of breath grips the world as climate change, racial injustice and a global pandemic converge to suck oxygen, the lifeforce, out of the earth. The visibility of breath, its critical significance to existence, I argue, is made evident by poets. To speak of breath is to lodge ourselves between birth and death and requires sustained, meditative, attentive study to an everyday yet taken for granted practice. Like breathing, reading is also a practice that many took for granted until the pandemic. My paper will engage the affective and/or poetic dimensions of reading left out of theories of literacy that render it instrumental and divorced from the life of the reader (Freire, 1978). I will suggest that scholars of literacy, in every language, begin to engage a poetics of literacy as attending to the existential significance of language in carrying our personhood and lives. I will also argue that our diminishing capacities to read imaginatively and creatively have led to the rise of populist ideologies that infect public discourse and an increasingly anti-intellectual and depressed social sphere. Despite this decline in the practice and teaching of reading, it is reported that more than any other activity, reading sustained the lives of individuals and communities’ during a global pandemic. Teachers and scholars might take advantage of the renewed interested in reading to redeliver poetry and literary language to the public sphere to teach affective reading. Poetry harkens back to ancient practices of reading inherent in all traditions of reading. It enacts a pedagogy of breath, I argue, one that observes its significance in our capacity to exist through the exchange of air in words, an exchange of vital textual meanings we have taken for granted as we continue to infect our social and political world and earth with social hatred, toxins, and death. In this paper I engage fragments of poetry by poets of our time (last century onward) that teaches us to breathe and relearn the divine and primal stance that reading poetry attends to and demands. More than any other form, “poetry,” Ada Limon claims, “has breath built into it”. As such, reading poetry helps us to breathe when the world bears down and makes it hard for us to come up for air.L’idée de la respiration s’empare du monde alors que le changement climatique, l’injustice raciale et une pandémie mondiale convergent à aspirer l’oxygène, la force vitale, de la terre. Pour ma part, la visibilité du souffle, son importance primordiale pour l’existence, est mise en évidence par des poètes. Parler de respiration, renvoie à se placer entre la naissance et la mort; ce qui exige une étude attentive, soutenue et méditative d’une pratique quotidienne tenue pour acquise. Comme la respiration, la lecture est également une pratique que de nombreuses personnes tenaient pour acquise avant l’avènement de la pandémie. Ce discours d’ouverture mobilise les dimensions affectives et/ou poétiques de la lecture qui ont été écartées des théories de l’alphabétisation qui l’instrumentalisent et la séparent de la vie du lecteur (Freire, 1978). Je suggère que les chercheurs en alphabétisation, dans toutes les langues, commencent par s’engager dans une poésie de l’alphabétisation qui tienne compte de la signification existentielle du langage dans le transport de notre personnalité et de nos vies. Je suggère également que la diminution de nos capacités à lire de manière imaginative et créative a conduit à la montée des idéologies populistes qui infectent le discours public et une sphère sociale de plus en plus anti-intellectuelle et déprimée. Malgré ce déclin de la pratique et l’enseignement de la lecture, on rapporte que, la lecture, plus que toute autre activité a permis aux individus et aux communautés de tenir le coup pendant la pandémie mondiale. Les enseignants et chercheurs gagneraient à profiter de l’intérêt renouvelé pour la lecture afin de raviver l’affection pour la poésie et le langage littéraire auprès du public. La poésie renvoie aux pratiques anciennes de la lecture inhérentes à toutes les traditions littéraires. Elle met en œuvre une pédagogie du souffle, je crois, qui observe sa signification dans notre capacité à exister par l'échange d'air dans les mots, un échange de significations textuelles vitales que nous avons pris pour acquis alors que nous continuons de dominer notre monde politique et social, ainsi que la terre, de haine sociale, de toxine et de la mort. Dans ce discours, j'aborde des fragments de poésie par des poètes de notre temps (à partir du 20siècle dernier) qui nous enseignent à respirer et à réapprendre la position divine et primale que la lecture de la poésie attend et exige. « La poésie, plus que toute autre forme littéraire, a du souffle en elle » affirme Adam Limon (2011, para. 8; traduction libre). En tant que telle, la lecture de la poésie nous aide à respirer lorsque le monde s'effondre et qu'il nous est difficile de reprendre notre souffle
La Pédagogie de la marche pour l'enseignement des sciences et la connexion plus qu'humaine
This literary-visual métissage weaves together stories, scholarship and photographs. What can be unearthed—science education, embodied knowledge, environmental ethics—when we walk on the land? Embodied and sensorial engagement fosters relational and enlivening educational experiences. Whether preschool or post-doc, direct sense experience offers not only active and experiential pedagogy, but also a spiritual attunement with the natural world. Now, amid the climate crisis and screen fatigue pandemic, such Earth resonance is of utmost import. Let us walk through a snowy forest, ponder what counsel our shoeless feet (and David Abram) afford us, and envision the learning environment as an emergent and adaptable opportunity for connection and wonder.Ce métissage littéraire-visuel mêle des histoires, l’érudition et des photos. Que peut-on découvrir—l’enseignement scientifique, des connaissances incarnées, l’éthique environnementale—lorsque nous marchons sur la terre? L'engagement incarné et sensoriel favorise les expériences éducatives relationnelles et animantes. Qu'elle soit préscolaire ou post-doctorale, l'expérience sensorielle directe offre non seulement une pédagogie active et expérientielle, mais aussi une harmonisation spirituelle avec le monde naturel. Aujourd'hui, au milieu de la crise climatique et de la pandémie de fatigue écran, une telle résonance de la Terre est de la plus haute importance. Marchons à travers une forêt enneigée, réfléchissons aux conseils que nos pieds sans chaussures (et David Abram) nous offrent, et envisageons l'environnement d'apprentissage comme une opportunité émergente et adaptable de connexion et d'émerveillement
Ce que nous savons très bien
This paper affirms that the complex and difficult insights of how teaching, learning and curriculum might shape themselves in light of current ecological alertness and concerns are well known and well documented.Cet article affirme que les aperçus complexes et difficiles de la façon dont l'enseignement, l'apprentissage et le curriculum peuvent se façonner face à la vigilance et des préoccupations écologiques actuelles sont bien connus et bien documentés
Marcher sur cette terre, trouver son appartenance : les ruminations d'un colon instable
In this paper, I contemplate my positionality as a non-Indigenous settler of Scottish, English and German descent. I (re)visit places that have shaped my life-journey and engages in a thoughtful participation between language, land and my positionality as an emerging researcher within an Indigenist paradigm. I consider Regan’s (2010) concept of the unsettled settler, defined as non-Indigenous people learning to embrace the struggle to face truths of colonialism and the consequences of the Indian Residential School system. Through photovoice and poetic inquiry, I reflect on my own encounters with the land and more-than-human relatives as a way to disrupt colonial assumptions. Ruminations, pictures and a collection of poems invite an exploration of the curricular implications of land-based teachings and reconciling ways of knowing with the land. By delving into and sharing my own personal experiences on the land, I hope to invite non-Indigenous educators to consider their own positionality and relationship with the land as part of their response to the Truth and Reconciliation (2015) calls to action.Dans cet article, je contemple ma positionnalité en tant que colon non autochtone d'origine écossaise, anglaise et allemande. Je (re) visite des lieux qui ont façonné mon parcours de vie et m'engage dans une participation réfléchie entre la langue, la terre et ma positionnalité en tant que chercheuse émergente au sein d'un paradigme indigéniste. Je considère le concept de Regan (2010) du colon instable, défini comme un peuple non autochtone apprenant à se battre pour affronter les vérités du colonialisme et les conséquences du système des Écoles résidentielles indiens. À travers la photographie et l'enquête poétique, je réfléchis à mes propres rencontres avec la terre et des parents plus qu'humains comme moyen de perturber les hypothèses coloniales. Des ruminations, des images et une collection de poèmes invitent à explorer les implications curriculaires des enseignements basés sur la terre et à réconcilier les manières de savoir avec la terre. En explorant et en partageant mes propres expériences personnelles sur la terre, j'espère inviter les éducatrices/teurs non autochtones à considérer leur propre positionnalité et leur relation avec la terre dans le cadre de leur réponse aux appels à l'action du conseil «Truth and Reconciliation» (La Vérité et la réconciliation) du Canada (2015)
Nous sommes voyageurs : le corps en tant que boussole
This article introduces the practice of walking-as-dancing. In this article, the terms walk and walking are often considered as synonymous with wandering since the practice of walking-as-dancing that I will describe does not have a set goal. When walking-as-dancing, I explore the improvisational nature of a wandering movement that allows me to let go of certainty and attune to the not-yet-known. I define the body as a compass that guides us through the path of the curriculum-as-lived (Aoki, 1993) and the curriculum itself. Through the analysis of the practice of walking-as-dancing, I will show how the knowledge of the body is already in us; it is us.Cet article présente la pratique de la marche en tant que la danse. Dans cet article, les termes «la marche» et «marcher» se considèrent souvent comme synonymes de flâner car la pratique de la marche en tant que la danse que je vais décrire n'a pas d'objectif fixé. En marchant comme danser, j'explore la nature improvisée d'un mouvement baladant qui me permet de lâcher prise de certitude et de m'accorder avec l'inconnu. Je définis le corps comme une boussole qui nous guide à travers le chemin du curriculum comme vécu (Aoki, 1993) et le curriculum lui-même. À travers l'analyse de la pratique de la marche-comme-danse, je montrerai comment la connaissance du corps est déjà en nous ; c'est nous nous-mêmes
Le bruit de la marche
Walking pedagogies provide opportunities for embracing diversity, at the same time that they honour a relationship with the Earth. As such, they can be used to encourage learners and curriculum makers to attune to their surroundings. Walking and writing together, though from disparate geographical locations, we provoke critical reflections on ableism through walking pedagogies. Inspired by our surroundings, we explicate and query curriculum experiences and the pedagogical reflections that accompany them/us, holding space for (dis)abilities. Co-constructed poetries frame our autoethnographic engagements with theory and practice. We offer two ways walking pedagogies may be engaged to disrupt ableism: walking to “disorient the norm” (Parrey, 2020) in the first instance, and moving as listening in the second. Through these disruptions to ableist discourses, we attend to ongoing circumstances of curriculum-making, attuning to the noise of walking in nature, where some have unrestricted access, some have partial access and some have no access at all.Les pédagogies de la marche offrent des opportunités pour embrasser la diversité, en même temps qu'elles honorent une relation avec la Terre. En tant que tels, ils peuvent s’utiliser pour encourager les apprenants et les concepteurs de curriculum à s'accorder avec leur environnement. Marcher et écrire ensemble, bien qu'à partir de lieux géographiques disparates, nous provoquons des réflexions critiques sur le capacitisme à travers des pédagogies de marche. Inspirés par notre environnement, nous expliquons et interrogeons les expériences curriculaires et les réflexions pédagogiques qui les/nous accompagnent, en gardant un espace pour les (dé)capacités. Les poésies co-construites encadrent nos engagements autoethnographiques avec la théorie et la pratique. Nous proposons deux manières d'engager les pédagogies de la marche pour perturber le capacitisme : marcher pour « désorienter la norme » (Parrey, 2020) dans un premier temps, et bouger comme écouter dans le second. À travers ces perturbations des discours capacitistes, nous assistons aux circonstances continus de l'élaboration du curriculum, en accord avec le bruit de la marche dans la nature, où certains ont un accès illimité, certains un accès partiel et d'autres aucun accès
La prise en compte des questions environnementales autochtones dans les programmes d’études canadiens : une analyse critique du discours
This article presents insights from a curricular review of Canada’s ten provinces and three territories with a focus on critical Indigenous environmental issues. This inquiry was conducted amidst nationally prominent events and socio-ecological movements such as the Truth and Reconciliation Commission, Idle No More and numerous oil and gas pipeline protests. We share findings revealed through this review informed by Eisner’s (2002) three curricula—the explicit, implicit and null—and a qualitative critical discourse analysis methodology.Cet article présente les points saillants de l’analyse des programmes d’études des dix provinces et trois territoires du Canada en mettant l’accent sur les questions environnementales autochtones. Cette enquête a été menée lors d’événements et de mouvements socio- écologiques d’envergure nationale comme La Commission de Vérité et Réconciliation, « Idle No More » et lors de nombreuses protestations contre les oléoducs et les gazoducs. Nous partageons les résultats révélés à travers l’analyse de trois programmes d’études de Eisner (2002)—l’explicite, l’implicite et le nul—et une méthodologie d’analyse qualitative critique du discours
Understanding the School Curriculum : Theory, Politics and Principles
Alex Moore’s (2015) Understanding the School Curriculum: Theory, Politics and Principles explores how the school curriculum works through its becoming as it navigates reproductive paranoia and (r)evolutionary schizophrenia. Moore suggests that the school curriculum inevitably intersects with political and socio-economic interests as well as the globalization movement. In this light, the book stimulates the reader to ponder questions such as, “Who decides what kind of knowledge we should have in this wider, ever-changing world?” and “How have issues around knowledge developed with the school curriculum?” and “What sort of future could educators imagine for alternative knowledge, educational practice and society?” Such questions haunt the book, while promoting the educator and the learner to risk weaving a creative becoming and thereby moving the realm of knowledge from the boundary of instrumental rationality to the horizon of dynamics of humanity.Understanding the School Curriculum : Theory, Politics and Principles (Comprendre le programme scholaire : theorie, politique et principes) d’auteur Alex Moore (2015) explore la façon dont le programme scolaire fonctionne à travers son devenir entre la paranoïa reproductive et la schizophrénie de (r)évolution. Moore suggère que le programme scolaire interfère inévitablement aussi bien avec les intérêts politiques et socio-économiques qu’avec le mouvement de la globalisation. Dans cette optique, le livre incite le lecteur à réfléchir aux questions telles que : « Qui décide du genre de connaissances que nous devrions posséder dans ce monde en perpétuelle évolution ? » et « Comment les problèmes liés aux connaissances se sont-ils développés avec le programme scolaire ? » et « Quelle sorte de futur les éducateurs pourraient imaginer pour des connaissances alternatives, une pratique pédagogique et la société ? » Le livre regorge de telles questions tout en encourageant les éducateurs et les apprenants à prendre le risque de tisser un devenir créatif et de déplacer ainsi le domaine de la connaissance de la frontière de la rationalité instrumentale à l'horizon de la dynamique de l'humanité
Les Méditations à pied : devenir en place, en place devenir
Interwoven through four lyric snapshots of haptic relations with place—Saskatchewan, New York, South Africa and Egypt—this philosophic rumination considers the primacy of preconscious bodily feeling to learning. Perception at base level is described as synaesthetic—the whole body sensing and moving in relation to agential landscapes. The tangled snapshots embody inter-multi-sensorial experience so to mirror the ways our bodies exist in relation to things seen and unseen. Together, the two texts, two voices, step in support of walking pedagogies as a profound praxis in service to becoming, an unfolding always underway with place, even distant and unfamiliar. Highlighted as embodied and explored, matter central to an earthly curriculum are the methods of slow, attuned, disciplined attention and somatic resonance.Entrelacée à travers quatre instantanés lyriques des relations haptiques avec le lieu—le Saskatchewan, New York, l’Afrique du Sud et l’Égypte—cette rumination philosophique considère la primauté du sentiment corporel préconscient sur l'apprentissage. La perception au niveau de base se décrit comme synesthésique—le corps entier ressent et bouge en relation avec des paysages agentiels. Les instantanés enchevêtrés incarnent une expérience inter-multi-sensorielle afin de refléter la façon dont nos corps existent par rapport aux choses vues et invisibles. Ensemble, les deux textes, les deux voix, appuient les pédagogies de la marche comme une praxis profonde au service du devenir, un déroulement toujours en cours avec le lieu, même lointain et inconnu. Les méthodes d’une attention lente, harmonieuse et rigoureuse, et de la résonance somatique, sont au cœur d'un programme terrestre