Historical Studies in Education / Revue d'histoire de l'éducation
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Les enfants de Spoutnik : L’histoire du programme « Major Work » implanté dans les écoles manitobaines de Winnipeg, 1954-1972
Set in the context of the Cold War, the space race, and the 1957 Soviet launch of the Sputnik satellite, interest in gifted education, which had waned in the years leading up to the Second World War, was once again reignited in Canadian education. North America looked to its human capital, particularly in the areas of mathematics, science, and engineering to keep up with the Soviets. Departments of education in Canada and the United States prioritized the identification and nurturing of the “best and brightest” students for the sake of the nation. The Major Work program in Winnipeg, which began in 1954 and ended rather abruptly in 1972, seventeen years before the end of the Cold War, was one of many gifted programs introduced in Canada and the United States in an attempt to address the supposed innovation gap with the Soviet Union. This article looks at the rise of Winnipeg’s Major Work program in the 1950s, when society-centred rhetoric replaced earlier child-centred rhetoric and then itself was overridden by the 1970s social, economic, and political reforms, which again tended towards child-centred, integrated education.Dans le contexte de la guerre froide, de la course à l’espace et du lancement soviétique en 1957 du satellite Spoutnik, l’éducation pour les enfants doués, qui avait été délaissée dans les années menant à la Seconde Guerre mondiale, connaît un regain d’intérêt dans le milieu de l’éducation canadienne. L’Amérique du Nord se tourne alors vers son capital humain, particulièrement dans les domaines des mathématiques, de la science et de l’ingénierie, pour rivaliser avec les Soviétiques. Les départements de l’éducation du Canada et des États-Unis privilégient l’identification et l’encadrement des étudiants les plus brillants, et ce, pour le bien de la nation. À Winnipeg, le programme connu sous le nom de « Major Work », qui a commencé en 1954 et qui s’est abruptement arrêté en 1972, dix-sept années avant la fin de la guerre froide, fut l’un des programmes consacrés à l’éducation des enfants les plus doués mis en place au Canada et aux États-Unis en vue de réduire le déficit en matière d’innovation par rapport à l’Union soviétique. Cet article examine l’essor de ce programme au cours des années 50, alors que le discours centré sur la société remplace celui centré sur le développement de l’enfant, lui-même remplacé, au cours des réformes politiques, sociales et économiques des années 1970, par une approche intégrée de l’éducation à nouveau basée sur les besoins de l’enfant
Constitutional Rights at the Kitchen Table: British Columbia Francophones and the Making of a Minority-Language Educational System
In a recent landmark decision, the Supreme Court of Canada confirmed that the underfunding of British Columbia’s Conseil scolaire francophone constitutes a breach of Charter of Rights and Freedoms guarantees in matters of minority-language education. While this marked the end of a decade of judicial proceedings, this article situates the decision in a broader historical context by examining the struggle to develop French-language educational programs in BC. If the province did not experience the education crises that tore through other parts of Canada in the decades following Confederation, BC francophones seized on the growing acceptance of bilingualism in the 1970s, 1980s, and 1990s to fight for an education system catering to their linguistic and cultural aspirations. Shifting the scholarly focus from the constitutional negotiating tables at which sat politicians and high-level bureaucrats to the kitchen tables around which parent groups gathered to formulate their demands, this article traces the grassroots battle to bring French-language schools to the province with Canada’s highest rate of linguistic assimilation.Dans une importante décision récente, la Cour suprême du Canada a confirmé que le sous-financement du Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique constitue une violation de la Charte canadienne des droits et libertés en matière d’éducation en langue minoritaire. Si le jugement a mis fin à une décennie de procédures juridiques, le présent article situe cette décision dans un contexte historique plus large en examinant la lutte pour le développement de programmes scolaires en langue française en Colombie-Britannique. Bien que la province n’ait pas connu les crises scolaires qui ont déchiré d’autres régions du Canada au cours des décennies suivant la Confédération, les francophones de Colombie-Britannique ont saisi l’acceptation grandissante du bilinguisme dans les années 1970, 1980 et 1990 en exigeant un système éducationnel répondant à leurs aspirations linguistiques et culturelles. Porté sur la dynamique non pas des tables de négociations constitutionnelles occupées par les politiciens et les fonctionnaires, mais plutôt des tables de cuisines autour desquelles les groupes de parents se sont réunis pour formuler leurs demandes, cet article retrace la bataille de terrain pour l’ouverture d’écoles francophones dans la province avec le plus haut taux d’assimilation linguistique au pays
« [L’]utilisateur du bataillon de jeunes Québécois » : le patronat québécois et les institutions universitaires, 1980-2012
This article examines the academic ideals of two of Quebec's largest employer organizations, the Conseil du patronat du Québec and the Board of Trade of Metropolitan Montreal. By studying the interventions of these organizations from 1980 to 2012, we highlight their conception of the social function of the university and their main requests in terms of training and research. First, we show that business leaders conceive academic institutions as technology incubators necessary to support "international competition" in a free trade environment. Second, we argue that it is this conception of the university and a fundamentally neoliberal ideology that pushes employers to demand the institutionalization of university-industry relations and the increase in tuition fees, for which they've been lobbying since 1986.Cet article s’intéresse à l’idéal universitaire de deux des plus grosses organisations patronales au Québec, le Conseil du patronat du Québec et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. En analysant les interventions de ces organisations de 1980 à 2012, nous mettons en lumière leur conception du rôle social de l’université et leurs principales demandes en matière d’enseignement et de recherche. Nous montrons d’abord que les chefs d’entreprises conçoivent les institutions universitaires comme des incubatrices à technologies nécessaires pour soutenir la « concurrence internationale » en contexte de libre-échange. Ensuite, nous soutenons que c’est cette conception de l’université et une idéologie fondamentalement néolibérale qui poussent le patronat à réclamer l’institutionnalisation des rapports universités-entreprises et la hausse des frais de scolarité, pour laquelle il se bat depuis 1986
Shawn F. Peters and James G. Dwyer, Homeschooling: The History and Philosophy of a Controversial Practice
Scott McLaren, Pulpit, Press, and Politics: Methodists and the Market for Books in Upper Canada
« L’un des garçons » : les femmes au Collège vétérinaire de l’Ontario au vingtième siècle
For much of the twentieth century, veterinary medicine was a male-dominated profession. This dominance extended to the veterinary schools, which acted as professional gatekeepers. Gender, therefore, was a central organizing principle of the veterinary profession as well as of veterinary education. We argue that the Ontario Veterinary College (OVC) was central to the process of professional gatekeeping and was a key site for the training of women veterinarians. Women applying to OVC faced admission practices that favoured male applicants. Those women who were accepted to OVC were met with the masculine culture of veterinary medicine. Despite these difficulties, women actively pursued veterinary training at OVC, including in areas for which they were widely believed to be unsuitable. However, while the number of women at OVC increased during the 1970s and 1980s, the view that women were not suited to veterinary medicine persisted among at least some faculty members.Pour une grande partie du vingtième siècle, la médecine vétérinaire est une profession à prédominance masculine. Cette dominance s’étend en fait à l’ensemble des écoles vétérinaires qui agissent comme de véritables gardiennes de la profession. Le genre est dès lors l’un des principes organisateurs centraux de la profession vétérinaire ainsi que de l’enseignement de cette profession. Le Collège vétérinaire de l’Ontario joue un rôle central dans le contrôle d’accès à la profession et est, à l’époque, l’un des principaux sites de formation des femmes vétérinaires. Les femmes qui s’inscrivent au Collège vétérinaire de l’Ontario font face à des pratiques d’admission qui favorisent les candidats masculins et celles qui sont acceptées au Collège sont confrontées à la culture masculine de la médecine vétérinaire. Malgré ces obstacles, les femmes poursuivent assidûment leur formation au Collège vétérinaire de l’Ontario, y compris dans des domaines pour lesquels on les considère généralement inaptes. Pourtant, alors que leur nombre au sein de cette institution ne cesse d’augmenter durant les années 1970 et 1980, l’opinion selon laquelle les femmes ne conviennent pas pour la médecine vétérinaire persiste auprès de certains membres de la faculté
Les relations entre étudiant.e.s et professeur.e.s dans les écoles normales de l’Alberta au cours des années 30
For the first half of the twentieth century, most prospective teachers in Alberta pursued certification by attending provincial normal school in Calgary, Camrose, or Edmonton. “Normalites” (as students called themselves) formed relationships with instructors that proved significant in their personal and professional lives. Faculty members acted in loco parentis as they guided students transitioning from learners to teachers. Instructors fostered typical notions of gender and the idealized teacher model, and their relationships with students characterized student life. Drawing upon Robert Patterson’s Project Yesteryear questionnaires, yearbooks, and annual reports, this article examines the social worlds of normal schools. Educational historians in Canada have long examined student life and culture, but more work has focused on universities than normal schools. This study suggests the importance of survey accounts and student-produced documents as ways to enrich administrative perspective of histories of student life.Pendant la première moitié du vingtième siècle, la plupart des futur.e.s enseignant.e.s de l’Alberta poursuivent leur certification au sein des écoles normales provinciales de Calgary, de Camrose ou d’Edmonton. Les « normaliens et normaliennes » (ainsi que se dénomment les étudiant.e.s) développent, avec leurs instructeurs, des relations significatives pour leurs vies autant personnelles que professionnelles. Les membres de la faculté agissent à titre de figures parentales alors qu’ils aident les étudiant.e.s dans leur transition d’élèves à enseignant.e.s. Les instructeurs véhiculent et consolident les rôles traditionnels de genre de même que le portrait idéalisé de l’enseignant.e modèle et les relations qu’ils entretiennent avec les étudiant.es déterminent la vie de ces derniers. S’appuyant sur les questionnaires, les albums de l’année et les rapports annuels du projet d’antan de Robert Patterson, cet article examine les milieux sociaux des écoles normales. Si les historiens de l’éducation se penchent depuis longtemps sur la vie et sur la culture étudiantes, la plupart de leurs travaux sont concentrés sur les universités plutôt que sur les écoles normales. Cette analyse démontre l’importance des comptes rendus d’enquêtes et des documents produits par les étudiant.e.s alors qu’ils enrichissent la perspective administrative de l’histoire de la vie étudiante