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    Ian Hacking, de l’archéologie de la probabilité au façonnement des gens

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    Ian Hacking est souvent considéré comme l’un des pères fondateurs de ce que l’on appelle l’historical epistemology, courant d’études principalement anglo- saxon qui se situe au carrefour de l’histoire et de la philosophie de sciences1. Cependant, il ne s’est jamais approprié le terme « épistémologie historique », lui préférant historical meta-epistemology ou historical ontology, et il a entretenu une relation qu’il a dé nie comme « tangentielle » avec ce type d’épistémologie – littéralement, comme la tangente qui croise un cercle en un seul point. On pourrait dire que sa position par rapport à l’historical epistemology est donc aussi problématique que le rapport de Foucault aux approches de Gaston Bachelard et de Georges Canguilhem. Un balisage de ce domaine d’étude, entendu au sens large, ne peut donc se faire sans approfondir la nature de ce rapport et c’est dans ce but que je me propose de donner une vue d’ensemble de la philosophie de Hacking, en choisissant comme porte d’entrée sa réflexion méthodologique. Pendant sa carrière, Hacking a travaillé et publié sur un ensemble très vaste d’arguments, qu’il a regroupés dans trois « projets philosophiques » principaux : le « façonnement » des gens (making up people), les styles de raisonnement scientifique et la philosophie des mathématiques. Hacking considère que ces trois projets ont sans doute des points de contact, mais qu’ils sont essentiellement indépendants l’un de l’autre. Je crois qu’il est toutefois important de comprendre quel type de domaine d’interrogation est ouvert par ces trois projets, et comment cet espace se situe, d’un coté, par rapport au domaine propre à l’épistémologie historique « française » et, de l’autre, par rapport à celui de l’historical epistemology contemporaine. À cette occasion, je vais me concentrer sur le projet des styles de raisonnement et sur celui du façonnement des gens : c’est l’intersection possible de ces deux projets, en e et, qui me semble pouvoir constituer l’originalité des recherches hackingiennes

    Le problème du fondement et l’épistémologie historique italienne

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    "Le savoir sans fondements" d’Aldo Giorgio Gargani (1933-2009) paraît en Italie en 1975, au milieu d’un débat épistémologique très vif entre d’un côté ceux qui soutenaient l’objectivité et le progrès linéaire des sciences et d’autre part leurs détracteurs, dénonçant l’asservissement des sciences à l’idéologie capitaliste. L’originalité du Savoir et de la position exprimée par Gargani dans le panorama épistémologique des années 1970 sont le résultat d’une double sensibilité, celle, « analytique », liée à la philosophie du langage ordinaire d’un coté, et celle de la philosophie de l’histoire, l’attention portée à la dimension historique et contextuelle des problèmes de la connaissance de l’autre

    Canguilhem e le ideologie storiografiche

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    Come è stato giustamente osservato, uno dei tratti distintivi dell’epistemologia storica è il fatto di essere una riflessione storica e, allo stesso tempo, critica, sulle scienze . Ciò che non è stato abbastanza sottolineato è invece come la dimensione critica consista anche, e forse soprattutto, in una critica dei modi di fare la storia della scienza. In questo senso, l’epistemologia storica non si proporrebbe solamente come una discussione circa la fondatezza delle pretese scientifiche, ma anche come un’epistemologia della storia. A ben vedere, questa prospettiva costituisce un tratto d’unione dei lavori, pur diversi per natura e obiettivi, di Gaston Bachelard, Georges Canguilhem e Michel Foucault. Bachelard ha promosso una “filosofia scientifica” in aperta opposizione ad una storiografia cartesiana e continuista, che fa fluire cioè la conoscenza scientifica dall’esperienza quotidiana e una teoria scientifica passata in una successiva. Bersaglio storiografico di Foucault è invece l’umanismo, matrice di “storie filosofiche”, scritte cioè dal punto di vista del soggetto trascendentale della storia , rispetto al quale le metafore della vita e l’evoluzionismo teleologico della storia delle idee sono soltanto l’epifenomeno . Ciò che ha contribuito a dare a Canguilhem il suo ruolo specifico all’interno dell’epistemologia storica francese è lo spessore teorico delle sue riflessioni sulla storiografia della scienza. Rispetto a ciò, è possibile affermare che il tipo di tendenza storiografica maggiormente avversata da Canguilhem sia quella di una storiografia “scientifica”, in cui la storia della scienza nel suo costituirsi come disciplina ambisce allo statuto di scientificità di quelle stesse scienze di cui si dà il compito di scrivere la storia. Il concetto di “ideologia storiografica” ci sembra in questo senso poter contribuire all’elucidazione di quest’aspetto della filosofia di Canguilhem

    Wittgenstein and Foucault: Application of Analytical Methodologies to the Historical Epistemology of Foucault

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    This paper makes a comparative analysis between Ludwig Wittgenstein's concept of language game and Michel Foucault's concept of power relations

    Styles of Science and the Pluralist Turn: Between Inclusion and Exclusion (Tome 145, 7e Série, n°3-4, (2023))

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    This paper aims to map out the links between style and science. Two moments mark the migration of style from the discursive field of the arts to that of the history and philosophy of science: the first occurred in the German-speaking world during the first decades of the twentieth century; the second appeared in an Anglo-American context between the late 1970s and the early 1990s, when the category of style became involved in the so-called “pluralist turn” in the history and philosophy of science. Taking this framework as its point of departure, the paper uncovers neglected contributions to the epistemology of style in order to foreground the concept of style as both a vector of inclusion (highlighting the plurality, historicity, and locality of scientific ways of knowing) and of exclusion (by generalizing the most correct ways of doing science and side-lining alternative ways of knowing)

    Prolégomènes à une anthropologie philosophique

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    « Une anthropologie philosophique de la raison scientifique » est l’intitulé de ce qui devait être la dernière leçon de Ian Hacking au Collège de France (11 mai 2006), et c’est désormais l’appellation que l’auteur choisit pour se référer à l’étude des styles de raisonnement scientifique et, plus particulièrement, de ce qui les rend possibles. D’après Hacking, ces « conditions de possibilité » des styles sont doubles : culturelles et cognitives. Mais alors que les anthropologies comparatives et historiques se concentrent sur les conditions culturelles et sociales de nos manières de penser, celle d’Hacking, qui est philosophique, vise les aspects cognitifs et, dans un certain sens, innés de ces manières de penser. Mais l’idée d’une « anthropologie » n’est-elle pas incompatible avec l’analyse de la constitution historique des sujets qu’Hacking mobilise ailleurs, dans une perspective foucaldienne? Et, plus en général, les fondements « cognitifs » ne sont pas incompatibles avec l’historicité du savoir mise en relief par les travaux d’Hacking les plus connus, sur la probabilité et l’expérimentation

    Hacking’s Styles of Reasoning Between Positivity and Truthfulness

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    In this paper, I examine Ian Hacking’s theory of styles of scientific reasoning and its relationship to Michel Foucault’s archaeology of discourse. In his early writings on styles, Hacking draws on Foucault’s notion of “positivity,” which involves the introduction, by styles, of classes of propositions that are, as it were, “up for grabs as true-or-false.” However, beginning in the 2000s, Hacking replaces “positivity” with “truthfulness,” understood as “ways of telling the truth”—a concept he borrows from Bernard Williams. Hacking presents this shift as a recasting of the same thoughts using an alternate idiom, one intended to be more accessible to analytic philosophers. Contrary to Hacking’s own assessment, I argue that positivity and truthfulness are only apparently similar and that some of Hacking’s original intentions may risk being partially lost or overlooked in the transition from the former to the latter

    Wittgenstein après Foucault: le sujet à la limite entre archéologie et littérature

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    Wittgenstein et Foucault ont subi un destin commun particulier : dans une optique « discontinuiste », leurs philosophies ont été fragmentées en diverses phases, les phases ultérieures ayant souvent été jugées comme des négations ou comme des corrections progressives des précédentes. Si on prend pour acquise cette interprétation discontinuiste, lorsqu’il s’agit d’établir des comparaisons entre les écrits de Wittgenstein et ceux de Foucault, on tend à considérer seulement leurs dernières philosophies, à tirer certaines « conclusions » des phrases tardives, qu’on pense n’avoir pas été réfutées par leurs auteurs, pour simplement les juxtaposer, à la recherche d’un effet d’écho ou résonance. On risque ainsi de perdre de vue aussi bien les continuités parfois implicites dans chacun de ces deux parcours autonomes, que les conditions de possibilité d’une comparaison, pourtant déjà présentes dans les premiers travaux des deux philosophes. A ce titre, mon analyse vise au contraire à rapprocher les premiers ouvrages de Wittgenstein et de Foucault : en effet, elle est animée par la conviction que pour comprendre le traitement explicite de certaines problématiques – comme par exemple celle de la subjectivité chez le dernier Foucault ou de la critique du langage privé chez le Wittgenstein des Recherches philosophiques – il faut aller chercher leur espace de possibilité dans certains types de questionnements qu’ils ont pu partager dans la première partie de leurs parcours respectifs. La question serait alors la suivante : quels sont la place et le statut du sujet dans les « premières philosophies » de Wittgenstein et de Foucaul

    Historical epistemology and the ‘marriage’ between History and Philosophy of Science

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    The current proliferation and heated-discussion of the meaning and use of the expression “historical epistemology” in prevalently Anglophone domains (Feest & Sturm 2011; Hacking 1999) is anything but an ephemeral phenomenon introducing a transitory “brand into the market of ideas” (Gingras 2010). On the contrary, the discussion revolves around enduring difficulties in conceptualizing the correct or most fruitful interaction between history and philosophy of science. As I will argue, this recent questioning of historical epistemology can be retraced to the longstanding and prevalently Anglophone debate over the “marriage” between history and philosophy of science (Giere 1973). This debate arose in the 1960s (inter alia Hanson 1962; Kuhn 1962), picked up momentum at the beginning of the 1990s, and, thanks to renewed interest, continued on into the twenty-first century (Domski & Dickinson 2010; Laudan & Laudan 2016). My suggestion is that this renewed interest can be fruitfully framed within a French philosophical context. In particular, I will contrast the naturalizing trend prevalent in certain areas of the Anglophone debate (Laudan 1977; Giere 1988; Kitcher 2011) with the “normative turn” instantiated by French epistemology and by Gaston Bachelard and Georges Canguilhem in particular (Bachelard 1934; Canguilhem 2005). With this comparative study I hope to contribute to the ongoing discussion about the different ways of integrating history and philosophy of science

    Bachelard, Hacking e il realismo tecnoscientifico

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    Al giorno d’oggi la cosiddetta historical epistemology si presenta come un campo in piena evoluzione. Oramai non si contano più i case studies che, a partire dagli anni ’90, sono stati posti sotto questo termine ombrello. In ambito anglosassone, le applicazioni empiriche, spesso disparate, da parte di storici e filosofi della scienza di diversa formazione e orientamento, hanno largamente sopravanzato il momento teorico e riflessivo sull’uso di tale espressione. Ciò spiega almeno in parte l’insorgere di recenti interrogativi, anche critici, a proposito della natura, dei limiti e degli scopi di questo tipo d’indagine. Sorprendentemente, ancora pochi sono i tentativi di stabilizzare il campo dell’historical epistemology tramite un confronto a posteriori con l’épistémologie historique francese, intesa in senso ampio. Nelle sue pur differenti versioni teoriche e pratiche, lo “stile francese in storia della scienza” è infatti uno stile che è naturalmente sia epistemologico che storico (Canguilhem 1968, p. 63). Il confronto tra i due momenti dell’epistemologia storica, quello “classico” e quello “contemporaneo”, può essere fecondo se volto non tanto alla ricerca di riprese e continuità, di epigoni e precursori, ma se teso a valutare possibili convergenze su temi specifici. E’ in questa luce che vorrei proporre un’analisi comparata del concetto-base del realismo scientifico di Gaston Bachelard, quello di fenomenotecnica, e l’argomento sperimentale in favore del realismo per le entità teoriche non osservabili proposto da Ian Hacking a partire dagli anni ‘80. Nonostante né Bachelard né Hacking abbiano mai avocato l’espressione di epistemologia storica per caratterizzare i loro differenti assi di ricerca, infatti, è proprio in riferimento a questi ultimi che si sono definiti, rispettivamente, gli spazi concettuali dell’epistemologia storica classica (Lecourt 1969, 1972) e di quella contemporanea (Daston 1994, p. 283)
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