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Eduquer des princesses en Russie. Jeanne Huc-Mazelet (1765-1852) et Esther Rath (1764-1844), gouvernantes à la cour impériales
Le journal de François-Prosper Python. Approches de la visite pastorale de l'évêque Jean-Baptiste de Strambino dans le diocèse de Lausanne en 1675
La domesticité à Lausanne et environs à la fin du 18ème et au début su 19ème siècle. Etude des petites annonces de la "Feuille d'Avis de Lausanne"
Pratiques éducatives familiales et écriture du for privé en Suisse romande (1750-1820)
Cette thèse analyse les pratiques éducatives familiales mises en oeuvre au sein des familles des élites nobiliaires et bourgeoises, au XVIIIe et au début du XIXe siècle. Elle prend pour cadre d'étude le territoire romand protestant, les cantons de Genève, Vaud et de Neuchâtel. Elle propose une nouvelle approche de la thématique éducative en interrogeant en premier heu non pas les archives des institutions et les traités d'éducation - sources classiques de l'histoire de l'éducation - mais les écrits personnels permettant de mettre en lumière les projets et les stratégies des acteurs. Elle s'inscrit dans la veine des études historiques "from below". Parmi les pratiques éducatives étudiées, ce sont les pratiques d'écriture qui ont été particulièrement observées. La recherche menée dans le cadre de ce travail a permis de montrer que depuis le milieu du XVIII0 siècle, l'écriture personnelle prend une importance nouvelle et devient un véritable outil dans l'éducation des enfants, outil qui se décline sous différentes formes. Se développent ainsi les journaux d'éducation tenus par des pères et des mères qui consignent des observations précises sur l'enfant et son développement et ce depuis sa naissance. Cet outil est également utilisé par les précepteurs et les gouvernantes qui recueillent avec minutie les observations sur leurs élèves, leurs progrès intellectuels et moraux et l'impact des leçons qui leur sont dispensées. Cette étude explique le développement de ces formes scripturaires et les influences ou modèles qui leur ont donné naissance. Parmi ces influences, signalons l'esprit scientifique propre aux Lumières, qui fait de l'observation et l'expérimentation la clé de voûte de l'élaboration des nouvelles méthodes éducatives ainsi que la littérature d'éducation qui promeut activement cet usage. Ces pratiques sont révélatrices du nouveau regard porté sur l'enfant et l'éducation.
Durant cette période, il existe un véritable marché éducatif à disposition des familles. Les pères et les mères ont la haute-main sur les parcours de formation de leur progéniture, parcours qui mélangent, au gré des besoins, dans le cadre de l'éducation masculine, l'offre publique et les pratiques d'éducation particulière. Alors que les historiens de l'éducation ont longtemps déploré que ces usages demeurent dans l'ombre, en raison de l'absence de sources pour les renseigner, les écrits personnels offrent l'opportunité d'étudier ces pratiques. Ces sources permettent non seulement de témoigner de la mise en oeuvre des théories éducatives au sein des familles mais également de questionner le discours des parents sur les enjeux de la formation, sur les manuels à leur disposition ou les institutions qu'ils fréquentent à l'instar du collège, de l'académie ou des pensions. Leurs écrits rendent compte de la perception par ces différents acteurs des fonctions qu'ils endossent ; pères, mères et éducateurs, fonctions qui se voient au même moment redéfinies. Les pratiques qui ont cours dans les familles mettent en lumières la perception - dans un rapport différencié - des enjeux de la formation masculine et féminine et de la façon dont cette différence conditionne, au quotidien, l'éducation dispensée.
La constitution du corpus - qui a été intégré dans le cadre d'un projet plus vaste de repérage des écrits personnels à l'échelle romand - a permis de faire émerger un autre genre d'écrits : les journaux rédigés par les enfants ou les jeunes gens eux-mêmes. En effet, ont été repérés plus de soixante-dix journaux tenus, entre 1720 et 1820 par des jeunes gens âgés de 8 à 21 ans. L'analyse de ces écrits permet de démontrer que l'écriture enfantine et de jeunesse constitue, au XVIIIe siècle déjà, une pratique courante dans le monde des élites nobiliaires et bourgeoises protestante, et que ce phénomène touche dans des proportions similaires les filles et les garçons. Cette importance de l'écriture diaristique de jeunesse avait été clairement sous-estimée. Le corpus réuni permet de questionner l'expérience enfantine et le temps de formation par le biais d'écrits rédigés par les jeunes gens eux-mêmes et non par les seules traces qu'en ont laissées les adultes. L'analyse des facteurs qui ont influencé ces usages met en lumière le poids des pratiques religieuses mais aussi le rôle clé de la famille dans la perpétuation de ces pratiques. Elle révèle une véritable culture familiale du journal de jeunesse qui n'exclut toutefois pas une part d'initiative des enfants eux-mêmes. L'étude de ces journaux permet de démontrer les mécanismes d'écriture et la façon dont les jeunes gens usent de la plume pour revendiquer leur autonomie et leur capacité à gérer par eux-mêmes leur formation et leur propre existence
Le lieutenant feld-maréchal Nicolas Doxat: Un Vaudois condamné à mort dans la tourmente de la Guerre austro-russo-ottomane de 1736-1739
Les savants et les livres : autour d'Albrecht von Haller (1708-1777) et Samuel Auguste Tissot (1728-1797)
Cette thèse décrit de quelle manière les hommes travaillant dans les sciences de la vie durant la seconde moitié du XVIIIe siècle s'insèrent et jonglent au quotidien dans l'univers de la librairie d'Ancien Régime. Plus précisément dans celui que l'historien du livre Robert Damton a défini le circuit de la communication. Un circuit complexe qui va de l'auteur à l'éditeur, en passant par l'imprimeur, le transporteur, le libraire, le lecteur ou encore par le relieur et le copiste.Marchander le prix d'une page manuscrite avec un éditeur, s'assurer de rester au courant des nouveautés de la librairie, prendre des notes, trouver un bon copiste, juger de la qualité d'un ouvrage ou d'une traduction, se protéger des contrefaçons, se créer un fonds de bibliothèque: voici le quotidien du savant au travail abordé dans cette thèse dont le but est de comprendre de quelle manière fonctionnent les mécanismes d'acquisition, de mise en forme et de mise en circulation du savoir - bref, les coulisses de la communication scientifique. Cela à une période où les hommes de science sont de plus en plus confrontés à un "déluge" de nouvelles publications en toutes langues. La seconde moitié du XVIIIe siècle, correspond en fait à celui qu'a été défini par les historiens du livre un "apogée" de l'imprimé scientifique. Caractérisée par un changement dans le milieu de la production imprimée, cette seconde partie du siècle marque une césure, une situation nouvelle à laquelle le savant doit s'adapter afin de ne pas être dépassé par les événements et afin de pouvoir tirer le plus large bénéfice de toutes les formes d'expression et d'intervention qui sont mises à sa disposition. Afin d'analyser les stratégies mises en place par les savants pour gérer la masse de l'information et afin de reconstruire les pratiques ordinaires du travail savant, pratiques qui accompagnent le savoir dans son devenir et sont susceptible de l'influencer, cette thèse s'appuie sur la riche correspondance que le médecin lausannois Samuel Auguste Tissot et son collègue bernois Albrecht von Haller, deux savants et écrivains de renom parmi les plus célèbres des Lumières helvétiques, échangent pendant plus de vingt ans. Ce couple pourrait être défini comme antinomique. Le représentant d'une culture humaniste, formé à l'école iatromécanique de Leyde et insatiable lecteur qu'est Haller et un partisan de la vulgarisation, formé au vitalisme à Montpellier tel que Tissot, d'une génération plus jeune, se sont démontrés avoir une conception parfois différente de ce qu'est un livre de science, en particulier un livre de médecine, de la forme qu'il doit avoir, du prix auquel il doit être vendu ou encore de la langue dans laquelle il doit être écrit. L'un, Haller, médecin de cabinet et professeur à Gôttingen pendant dix-sept ans, l'autre, Tissot, praticien et médecin des pauvres ayant enseigné seulement quatre semestres à Pavie, pratiquent et conçoivent en partie différemment la communication du savoir scientifique et le public de celle-ci. L'étude prend également en compte les lettres échangées avec un réseau d'amis communs, surtout le médecin argovien Johann Georg Zimmermann et le naturaliste genevois Charles Bonnet. Les correspondances des professionnels du livre représentent un autre pan incontournable du corpus documentaire de la thèse. C'est grâce à ces hommes que le texte du savant sort du cabinet et prend sa forme matérielle, voire il acquiert du sens. Des documents tels des essais ou des notes de lecture et les pièces liminaires des livres (préfaces, dédicaces, avis aux lecteurs, notes) se sont aussi révélées être des documents précieux: ils témoignent des pratiques de travail des savants et ils renseignent aussi bien sur les intentions poursuivies par l'auteur que sur les pratiques d'édition, contrefaçon et traduction.Basée sur une démarche micro-historique qui croise l'histoire sociale des sciences et l'histoire sociale du livre à la française, cette thèse s'articule autour de 5 chapitres et un intermède. La disposition des parties suit en quelques sortes les étapes du travail savant: lecture, écriture, mise sous presse, mise en circulation, réception
Livres de raison féminins au siècle des Lumières : jalons pour une enquête à partir de quelques exemples vaudois
Cugnet sera mon architecte", ascension sociale et mutation professionnelle d'une dynastie de maîtres charpentiers et d'architectes à Bursins, XVIIIe-XIXe siècles
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