1,720,988 research outputs found

    1er Colloque international BIOSPHERES. Ouverture

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    Les 18,19 et 20 Juin, le groupe de recherche BIOSPHERES (Biologie, Sciences Physiques & Humaines pour les énergies Renouvelables, l\u27Environnement & la Santé) de l\u27Université des Antilles Pôle Martinique et l\u27association AREBio, ont organisé leur 1er Colloque International Biosphères (CIB) destiné à présenter des travaux de recherche en lien avec des thématiques de la santé. Pour cette première édition, ils ont eu le plaisir de recevoir des acteurs venus de la Caraïbe, des Etats-Unis et de l\u27Hexagone qui ont exposé leurs sujets de recherche autour de quatre grands thèmes : Biodiversité végétale et santé Biodiversité marine et santé Humain/environnement et santé Energie/environnement et économie Ce colloque s\u27est adressé aussi bien aux universitaires, institutionnels, professionnels de santé, socio-professionnels qu\u27au grand public. L\u27occasion a été donnée de mettre en exergue les études actuelles menées sur la connaissance et la valorisation de notre biodiversité en vue de l\u27élaboration de produits à bénéfice santé, les recherches en cours sur l\u27impact de substances naturelles nuisibles comme les sargasses ou la chlordécone, ou encore les nouvelles avancées en terme de développement durable pour la préservation de notre santé

    Taxonomic inventories of the biodiversity of marine macroscopic invertebrates : tools for knowledge and management (Example in Martinique)

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    Les travaux menés dans cette thèse explorent les différents apports possibles des inventaires taxonomiques d’invertébrés macroscopiques marins, qu’ils s’intéressent à un groupe taxonomique particulier ou à la biodiversité d’espèces dans un habitat, afin d’apporter de la connaissance mais aussi pour répondre à des problématiques de gestion telles que : Quelle espèce protéger ? Quel habitat protéger ? Quelle espèce exotique envahissante éradiquer ?Le premier axe de ces travaux s’intéresse à l’inventaire d’espèces par groupe taxonomique et à l’inventaire multitaxon pour une zone afin d’en évaluer la biodiversité. Dans une première partie, deux des inventaires taxonomiques sont centrés sur des groupes taxonomiques, ils sont réalisés en collaboration avec des spécialistes, ils concernent : l’inventaire taxonomique des hydraires et celui des gorgones. La seconde partie utilise des inventaires simplifiés, s’intéressant à la majorité des taxons, mais centré sur des zones spécifiques afin d’en évaluer la biodiversité : Une étude concerne les parties marines qui sont à proximité des mangroves, et la seconde étude à la caye Grande Sèche au cœur la baie de Fort-de-France. Dans une troisième partie, les inventaires de la biodiversité d’espèces sont mis à profit pour mettre à jour la typologie des habitats marins benthiques, à partir de données collectées lors de l’expédition Madibenthos (MNHN) et notamment de photographies prises par les participants. Et enfin, dans une dernière partie les inventaires multitaxons réalisés à l’échelle de la Martinique sont mis à profit pour évaluer quelles sont les espèces d’invertébrés rares en Martinique qui peuvent être candidate à une protection ou au statut d’espèce déterminante pour l’établissement de ZNIEFF.Le second axe de ces travaux s’intéresse à l’inventaire d’espèces protégées d’invertébrés macroscopiques, notamment les coraux, dont l’état des populations est préoccupant, ceci en vue de cartographier leur répartition et d’évaluer des sources des pressions et menaces constatées. Dans un premier temps, il est indiqué la mise au point d’une méthode qui a permis de cartographier une espèce de corail protégée de petite taille, Oculina diffusa. L’étude montre que l’habitat de cette espèce est très spécifique et qu’elle subit de nombreuses pressions. Dans un second temps, une méthode utilisant différentes techniques de télédétection et d’inventaire in situ a été mise au point pour cartographier la répartition d’espèces de coraux de grande taille (Orbicella favelolata, O. annularis, O. franksii) sur une caye. Enfin, dans un troisième temps, les résultats d’inventaires multitaxon ont permis de caractériser la rareté ou la faible abondance de certaines espèces de coraux en Martinique, résultats qui ont œuvré pour la protection des coraux.Le troisième axe s’intéresse à l’inventaire des espèces non-indigènes et d’espèces exotiques envahissantes d’invertébrés macroscopiques en vue de cartographier leur répartition et d’évaluer leurs impacts sur les espèces autochtones et leurs habitats. L’étude présente trois espèces non indigènes dont le statut est attesté pour certaines en tant qu’espèce exotique envahissante ou est en cours d’évaluation pour d’autre. La première espèce présentée, étudiée en 2015, est un crabe invasif Charybdis hellerii. L’étude de cette espèce a permis de signaler sa présence pour la première fois dans les Petites Antilles. L’étude biométrique des populations et du sex-ratio, a permis de caractériser la population. Une étude de l’habitat occupé permet de mieux étudier son impact et mieux cibler les habitats à surveiller. La seconde espèce est une d’ophiure non-indigène, Ophiothela mirabilis, étudiée en 2017 sur la côte atlantique de la Martinique.The work carried out in this thesis explores the various possible contributions of taxonomic inventories of marine macroscopic invertebrates, whether they are interested in a particular taxonomic group or the biodiversity of species in a habitat, in order to bring knowledge but also to respond to management problems such as: What species to protect? What habitat to protect? Which invasive alien species to eradicate?The first aspect of this work is the inventory of species by taxonomic group and the multitaxon inventory for an area, in order to assess its biodiversity. In the first part, two of the taxonomic inventories are centered on taxonomic groups, they are carried out in collaboration with specialists and concern the taxonomic inventory of hydraries and that of gorgonians. The second part uses simplified inventories, focusing on the majority of taxa, but focused on specific areas in order to assess their biodiversity: A study concerns the marine parts that are close to the mangroves, and the second study at the caye “Grande Sèche” in the heart of the bay of Fort-de-France. In a third part, species biodiversity inventories are used to update the typology of benthic marine habitats, using data collected during the Madibenthos Expedition (MNHN) and in photographs taken by the participants. And in the final part, the multitaxons inventories carried out throughout Martinique are used to evaluate which species of invertebrates are rare in Martinique and that can be candidates for protection or species status determining the establishment of ZNIEFF.The second aspect of this work is the inventory of protected species of macroscopic invertebrates, including corals, whose population status is of concern, in order to map their distribution and assess sources of pressures and threats. First, it is indicated the development of a method that allowed to map a small protected coral species, Oculina diffusa. The study shows that the habitat of this species is very specific and that it is under many pressures. Second, a method using different remote sensing and in situ inventory techniques was developed to map the distribution of large coral species (Orbicella favelolata, O. annularis, O. franksii) on a caye. Finally, in a third phase, the results of multitaxon inventories have helped to characterize the rarity or low abundance of certain coral species in Martinique, results that have worked towards the protection of corals..The third axis focuses on the inventory of non-native species and invasive alien species of macroscopic invertebrates to map their distribution and assess their impacts on native species and their habitats. The study presents three non-native species, some of which are certified as invasive alien species or are being evaluated for others. The first species presented, studied in 2015, is an invasive crab Charybdis hellerii. The study of this species made it possible to report its presence for the first time in the Lesser Antilles. The biometric study of populations and sex ratios has helped to characterize the population. A study of occupied habitat allows for a better study of its impact and better targeting of the habitats to be monitored. The second species is a non-native ophiure, Ophiothela mirabilis, studied in 2017 on the Atlantic coast of Martinique. Finally the third species studied is a non-native coral, Tubastraea coccinea, its population has increased in recent years, a first mapping is proposed. This study was conducted at the very beginning of the expansion of the non-native species, it specifies the number of species of host gorgonians and the maximum colonization density reached in some gorgonians. The results obtained during these inventories have provided a more accurate view of the state of marine biodiversity, they have contributed to the protection of species and areas. They should contribute to better management and protection of the marine environment in Martinique

    Estudio demográfico y análisis CoDE-Seq de enfermedades neurodegenerativas raras con expresión motora en Martinica

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    Les Maladies Neurodégénératives Rares à Expression Motrice (MNDREM) sont un groupe très hétérogène de pathologies neurodégénératives de physiopathologie acquise ou innée, pouvant se déclarer à tout âge. Elles impactent de façon ciblée, les structures neurologiques centrales ou périphériques impliquées dans l’activité motrice. Ces structures sont fonctionnellement et topographiquement proches des centres de cognition. C’est ainsi que dans certaines conditions, la neurodégénérescence des structures motrices impacte les fonctions cognitives. Elles se traduisent par des troubles de la marche et /ou de l’équilibre, une diminution ou une absence de mouvement, une atteinte cognitive variée pouvant aller jusqu’à la démence.Les MNDREM sont sporadiques ou familiales. Ces dernières sont donc à composante héréditaire et représentent des modèles d’étude intéressants car elles offrent la possibilité d’analyser des ADN d’apparentés et d’augmenter de ce fait la puissance de recherche de facteurs génétiques impliqués dans une symptomatologie familiale. La littérature scientifique indique un nombre important de variants génétiques pathogènes responsables des MNDREM, ce qui aide la classification mais la complexifie également puisqu’on constate qu’un même gène peut être impliqué dans plusieurs pathologies et une pathologie peut être causée par différents gènes. Par conséquent, dans les MNDREM, on observe des symptomatologies atypiques, des chevauchements ou « overlap » cliniques des maladies alléliques.Aux Antilles françaises, les données de la littérature en matière de MNDREM sont limitées mais riches de certaines observations confortant les atypies comme par exemple le syndrome parkinsonien atypique des Caraïbes. Sur le plan génétique, les investigations diagnostiques sont restreintes aux filières médicales basées en métropole et sur la comparaison de données génomiques de populations le plus souvent caucasiennes.Le travail de thèse présenté s’articule autour de 2 aspects : le premier, clinique et génétique, a permis de dresser un état des lieux des MNDREM en Martinique en les caractérisant sur ces plans, le deuxième sur la recherche de variants causaux par une technique de Séquençage Haut Débit (NGS) de 2e génération nommée CoDEseq (Copy number variation Detection and Exome sequencing). L’état des lieux des MNDREM en Martinique, et le travail expérimental d’analyse de données de NGS, sont les premiers travaux de ce type dans le domaine et dans notre région.La méthode CoDEseq est innovante car elle autorise l’analyse exome entier à la recherche de Variants Simples Nuclotidiques (SNVs) ou Variants de Nombre de Copies (CNVs). Elle n’avait presque jamais été utilisée dans l’analyse des MNDREM. Nous l’avons employée car c’est une méthode de choix de recherche à la fois de variants simples et de variants de structures nouveaux.Les résultats montrent une rentabilité diagnostic de 58% puisque nous avons identifié un variant probablement pathogène chez 7 patients sur 12 testés. Nous avons trouvé ces variants dans des gènes connus de MNDREM parfois décrits dans des populations asiatiques, mais aussi, d’ascendance africaine ou caucasienne. Certains de ces gènes peuvent être impliqués dans plusieurs symptomatologies, confortant le constat de chevauchement clinique dans ces maladies.Ce travail jette les bases épidémiologiques des MNDREM aux Antilles et propose un socle de registre en la matière. Sur le plan expérimental, il a permis de proposer une étiologie moleculaire impliquant des variants préalablement décrit ou nouveaux. Il est également une preuve de concept quant aux moyens bioinformatiques d’analyse de données de NGS en Martinique. Il ouvre la voie vers d’autres travaux du même genre, susceptibles de dresser les spécificités géniques des MNDREM de notre région et étoffer les données de la littérature scientifiques et médicales.Rare Neurodegenerative Diseases with Motor Expression (RNDME) are a very heterogeneous group of neurodegenerative pathologies of acquired or innate physiopathology that can occur at any age. They have a targeted impact on the central or peripheral neurological structures involved in motor activity. These structures are functionally and topographically close to the centers of cognition. Thus, under certain conditions, the neurodegeneration of motor structures impacts cognitive functions.They result in gait and/or balance disorders, a decrease or absence of movement, a varied cognitive impairment that can go as far as dementia.RNDME are sporadic or family based. The latter have a hereditary component and therefore represent interesting study models because they offer the possibility of analyzing the DNA of relatives and thus increase the research power of genetic factors involved in a family symptomatology.The scientific literature indicates an important number of genetic pathogenic variation responsible for RNDMEs, which allows classification but also makes it more complex because it can be observed that the same gene can be involved in several pathologies and a pathology can be caused by different genes. Consequently, in RNDMEs, atypical symptoms, clinical overlaps or allelic diseases are observed.In the French West Indies, the data in the literature on RNDMEs are limited but rich in certain observations confirming the atypical RNDMEs seach as the atypical Caribbean Parkinson's syndrome.On the genetic level, diagnostic investigations are limited to medical fields based in metropolitan France and most often about the comparison of genomic data of Caucasian populations.The thesis work is about 2 aspects: the first, clinical and genetic, has allowed to draw up an inventory of the RNDMEs in Martinique by characterizing them on these plans, the second on the search for causal variants by a Next Generation Sequencing (NGS) technique called CoDEseq (Copy number variation Detection and Exome sequencing). The inventory of RNDMEs in Martinique and the experimental work of data analysis of NGS, are the first works of this type, in the field and in our region.The CoDEseq method is innovative because it allows whole exome analysis in the detection of Single Nucleodis Variants (SNVs) and Copy Number Variants (CNVs). It had almost never been used in the analysis of RNDMEs. We used it because it is a method of choice for searching for both simple and structural variants. The results show a diagnostic cost-effectiveness of 58% since we identified a variant probably pathogenic in 7 patients out of 12 tested. We found these variants in known RNDMEs genes sometimes described in Asian populations, but also of African or Caucasian descent. Some of these genes may be involved in several symptomatologies, confirming the finding of overlap in these diseases.This work lays the epidemiological basis for RNDMEs in the West Indies and provides a basis for a registry in this area. On the experimental level, it allow to propose a molecular cause associated with previously described or new variations. It is also a proof of concept regarding the bioinformatics means of analyzing NGS data in Martinique. It paves the way for other work of the same kind, susceptible to draw up the gene specificities of the RNDMEs in our region and to expand the data in the scientific and medical literature.Las Enfermedades Neuro-Degenerativas Raras con Expresión Motora (ENDREM) son un grupo muy heterogéneo de patologías neurodegenerativas de fisiopatología adquirida o innata que pueden presentarse a cualquier edad. Tienen un impacto específico en las estructuras neurológicas centrales o periféricas involucradas en la actividad motora. Estas estructuras están funcional y topográficamente próximas a los centros de cognición. Así, bajo ciertas condiciones, la neurodegeneración de las estructuras motoras impacta las funciones cognitivas. Producen trastornos de la marcha y / o del equilibrio, una disminución o ausencia de movimiento, un deterioro cognitivo variado que puede llegar hasta la demencia. Las ENDREM son esporádicas o familiares. Estos últimos tienen un componente hereditario y, por tanto, representan modelos de estudio interesantes porque ofrecen la posibilidad de analizar el ADN de familiares y así aumentar el poder de investigación de los factores genéticos implicados en una sintomatología familiar. para las ENDREMs, lo que permite la clasificación pero también la hace más compleja porque se puede observar que un mismo gen puede estar involucrado en varias patologías y una patología puede ser causada por diferentes genes. En consecuencia, en las ENDREMs se observan síntomas atípicos, solapamientos clínicos o enfermedades alélicas.En las Antillas francesas, los datos de la literatura sobre las ENDREMs son limitados pero ricos en ciertas observaciones que confirman la búsqueda de las ENDREMs atípicas como síndrome de Parkinson del Caribe atípico. En el nivel genético, las investigaciones de diagnóstico se limitan a los campos médicos basados en la Francia metropolitana y con mayor frecuencia sobre la comparación de datos genómicos de poblaciones caucásicas.El trabajo de tesis gira en torno a 2 aspectos: el primero, clínico y genético, ha permitido elaborar un inventario de las ENDREMs en Martinica caracterizándolas en estos planos, el segundo sobre la búsqueda de variantes causales mediante una secuenciación de próxima generación (NGS) técnica denominada CoDEseq (Detección de variación de número de copias y secuenciación de exomas). El inventario de ENDREMs en Martinica y el trabajo experimental de análisis de datos de NGS, son los primeros trabajos de este tipo, en el campo y en nuestra región.El método CoDEseq es innovador porque permite el análisis del exoma completo en la detección de variantes de núcleo único (SNV) y variantes de número de copias (CNV). Casi nunca se había utilizado en el análisis de las ENDREMs. Lo usamos porque es un método de elección para buscar variantes simples y estructurales. Los resultados muestran una rentabilidad diagnóstica del 58% ya que identificamos una variante probablemente patogénica en 7 pacientes de los 12 analizados.Encontramos estas variantes en genes ENDREMs conocidos que a veces se describen en poblaciones asiáticas, pero también de ascendencia africana o caucásica. Algunos de estos genes pueden estar implicados en varias sintomatologías, lo que confirma el hallazgo de superposición en estas enfermedades.Este trabajo sienta las bases epidemiológicas para las ENDREMs en las Indias Occidentales y proporciona una base para un registro en esta área. A nivel experimental, permite proponer una causa molecular asociada a variaciones nuevas o descritas anteriormente. También es una prueba de concepto con respecto a los medios bioinformáticos de analizar datos NGS en Martinica.Allana el camino para otros trabajos del mismo tipo, susceptibles de trazar las especificidades genéticas de las ENDREMs en nuestra región y ampliar los datos en la literatura científica y médica

    Study of the impacts of the invasive alien crayfish Cherax quadricarinatus on the hydrosystems of Martinique

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    Le nombre d’invasions biologiques détectées dans le monde est en constante augmentation, en raison de la mondialisation. Les écrevisses, utilisées en aquaculture et très appréciées en aquariophilie, sont une belle illustration de ce phénomène. Parmi elles, l’écrevisse bleue Cherax quadricarinatus, d’origine australienne, est une espèce phare en aquaculture, en milieu tropical. De ce fait, elle a été transloquée dans de nombreux pays à travers le monde, dont la Martinique, où elle a été introduite au début des années 2000, pour redynamiser le secteur aquacole. Vendue vivante et très appréciée par les locaux, elle a été relâchée dans les rivières et a commencé à coloniser des bassins versants entiers, sans pour autant connaître précisément sa distribution. La Martinique est un territoire insulaire, appartenant à l’un des hotspots de biodiversité les plus riches du monde et les conséquences d’une telle invasion sur l’écosystème et les communautés locales doivent être appréhendées. Le développement de la technique ADN environnemental a permis, dans un premier temps, de préciser son aire de répartition. Parmi les 90 sites inventoriés, répartis sur 53 cours d’eau (parmi les 60 permanents de Martinique), l’écrevisse a été détectée sur 23 rivières. L’étude de la diversité génétique a révélé l’existence de plusieurs haplotypes, provenant probablement de plusieurs événements d’introduction. L’analyse des isotopes stables (ici azote δ15N et carbone δ13C) de la chaine trophique, a permis de caractériser les impacts de C. quadricarinatus sur les communautés locales : il semblerait que l’écrevisse occupe une place plutôt basse dans la niche trophique, caractérisant un régime alimentaire omnivore, à tendance herbivore. Des changements ontogénétiques ont également été observés, avec une alimentation différente selon les différents stades de vie. Les comparaisons des structures de niche trophique entre les zones envahies et les zones non-envahies ont montré un impact significatif sur les espèces de crevettes autochtones, par un phénomène d’exclusion compétitive. Aux vus de sa forte propagation depuis son introduction, la lutte contre cette espèce exotique envahissante parait compliquée. La pêche intensive ne peut régler cet épineux problème d’autant plus, que le contexte écotoxicologique local rend cette pratique non recommandable. En effet, les rivières Martiniquaises sont contaminées par le chlordécone, un pesticide largement utilisé jusqu’en 1993 dans les Antilles Françaises, provoquant l’interdiction de la pêche en rivière, par arrêté préfectoral. Nos expériences menées ont montré des taux de chlordécone importants dans les tissus abdominaux des écrevisses, dépassant largement les limites maximales fixées par l’Agence Régionale de Santé. Des expériences de décontamination de ces produits de pêche ont été menées, mais ceci ne semble pas être une alternative suffisamment efficace.The number of biological invasions detected in the world is constantly increasing, due to globalization. Crayfish, which are used in aquaculture and are highly valued in the aquarium trade, are a good example of this phenomenon. Among them, the Australian redclaw crayfish Cherax quadricarinatus is a key species in tropical aquaculture. As a result, it has been translocated to many countries around the world, including Martinique, where it was introduced in the early 2000s, to revitalize the aquaculture sector. Sold alive and highly appreciated by the locals, it was released into rivers and began to colonize entire watersheds, although its precise distribution is not known. Martinique is an island territory, belonging to one of the richest biodiversity hotspots in the world, and the consequences of such an invasion on the ecosystem and local communities must be understood. The development of the environmental DNA technique has made it possible, in the first instance, to specify its distribution area. Among the 90 sites inventoried, spread over 53 rivers (among the 60 permanent rivers in Martinique), the crayfish was detected in 23 rivers. The study of genetic diversity revealed the existence of several haplotypes, probably resulting from several introduction events. Stable isotope analysis (here, nitrogen δ15N and carbon δ13C) of the trophic chain allowed us to characterize the impacts of C. quadricarinatus on local communities: it would appear that the crayfish occupies a rather low place in the trophic niche, characterizing an omnivorous diet, with a herbivorous tendency. Ontogenetic changes have also been observed, with different diets at different life stages. Comparisons of trophic niche structures between invaded and non-invaded areas showed a significant impact on native shrimp species, through a competitive exclusion phenomenon. In view of its strong spread since its introduction, the fight against this invasive alien species seems complicated. Intensive fishing cannot solve this thorny problem, especially since the local ecotoxicological context makes this practice inadvisable. Indeed, the rivers of Martinique are contaminated by chlordecone, a pesticide widely used until 1993 in the French West Indies, causing a ban on river fishing by prefectural order. Our experiments showed significant levels of chlordecone in the abdominal tissues of crayfish, far exceeding the maximum limits set by the Regional Health Agency. Experiments to decontaminate these products have been carried out, but this does not seem to be a sufficiently effective alternative

    Microbial ecosystem of tropical fish, thunnus albacares and sciaenops ocellatus, post mortem and impact on the quality of the products

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    Le poisson est un produit très périssable dont l’altération résulte essentiellement de la croissance bactérienne. Comparé aux régions tempérées, peu d’études portent sur le microbiote d’altération des poissons tropicaux. En Martinique, le thon jaune (Thunnus albacares) et l’ombrine ocellée (Sciaenops ocellatus) représentent des poissons d’intérêt pour les filières pêche et aquaculture. Dans le but de mieux connaître le microbiote d’altération de ces poissons, des analyses culturales et aculturales (séquençage de nouvelle génération des amplicons d’ARNr 16S, Illumina MiSeq) ont été réalisées.Une grande diversité d’espèces bactériennes a été retrouvée dans le thon et l’ombrine fraîchement pêchés (104 et 887 OTUs, respectivement) et la plupart d’entre elles sont communément isolées des poissons (Chryseobacterium, Burkholderia, Flavobacterium, Psychrobacter, Arthrobacter, Staphylococcus). Certaines, comme Ralstonia sp. et Rhodanobacter terrae, en quantité importante dans le thon frais, sont plus atypiques. Au cours de l’entreposage du thon sous-glace, Pseudomonas et Brochothrix deviennent dominants. L’emballage sous atmosphère modifiée (MAP) ou sous vide (VP) entraine clairement la sélection de Brochothrix dans un cas et d’un mélange de Brochothrix, bactéries lactiques (Lactococcus piscium, Carnobacterium maltaromaticum) et d’entérobactéries (Hafnia paralvei) dans l’autre, et ne permet pas une augmentation significative de la durée de conservation. Pour les filets d’ombrine, peu de différences sont observées entre MAP et VP dont le microbiote se compose essentiellement de bactéries lactiques (Carnobacterium spp., Vagococcus spp., Lactococcus spp., Leuconostoc spp.). La durée de conservation est étendue de 15 jours par rapport au poisson entier sous air.L’inoculation de différentes espèces bactériennes dans de la chair pauci-microbienne de thon ou d’ombrine a montré que Hafnia paralvei et Serratia spp. sont les espèces les plus altérantes. Brochothrix thermosphacta et Carnobacterium spp. produisent aussi des odeurs indésirables mais de façon plus modérée. Chez Pseudomonas, les espèces ne sont pas toutes altérantes et présentent même parfois des capacités à empêcher le développement des mauvaises odeurs induites par d’autres bactéries (Pseudomonas psychrophila/fragi) et à dégrader l’histamine (Pseudomonas cedrina, Pseudomonas plecoglossicida/monteilii). En parallèle, des tests sensoriels et des dosages physico-chimiques ont également été réalisés pour comprendre les conséquences de la croissance bactérienne et identifier des indicateurs fiables pour l’évaluation du degré d’altération des produits.Fish is a highly perishable product and spoilage is mainly due to the bacterial growth. Compared to temperate regions, few studies examined the spoilage microbiota of tropical fish. In Martinique, yellowfin tuna (Thunnus albacares) and red drum (Sciaenops ocellatus) are essential fish of fisheries and aquaculture sectors. For a better characterization of the microbial ecosystem, culture-dependent and culture-independent (next-generation sequencing of 16S rRNA amplicons, Illumina MiSeq) methods were carried out.A wide diversity of species was found in freshly caught tuna and red drum (104 and 887 OTUs, respectively) and most of them are commonly isolated from fish (Chryseobacterium, Burkholderia, Flavobacterium, Psychrobacter, Arthrobacter, Staphylococcus). Others, such as Ralstonia sp. and Rhodanobacter terrae, largely present in fresh tuna, are less familiar. During the ice-storage of tuna, Pseudomonas and Brochothrix became dominant. The modified atmosphere packaging (MAP) and vacuum packaging (VP) clearly leaded to the selection of Brochothrix in one case and to a mixture of Brochothrix, lactic acid bacteria (Lactococcus piscium, Carnobacterium maltaromaticum) and enterobacteria (Hafnia paralvei) in the other case, and not conduct to a significant increase of the shelf-life. For red drum fillets, few differences were observed between MAP and VP with a microbiota essentially composed by lactic acid bacteria (Carnobacterium spp., Vagococcus spp., Lactococcus spp., Leuconostoc spp.). The shelf-life was extended by 15 days compared to the whole fish ice-stored.The inoculation of different bacterial species into the pauci-microbial flesh of tuna or red drum showed that Hafnia paralvei and Serratia spp. were the most spoiling bacteria. Brochothrix thermosphacta and Carnobacterium spp. produced more moderate undesirable odors. Among the Pseudomonas genus, not all species induced spoiling effects and some of them are even able to prevent the development of unpleasant odors from other bacteria (Pseudomonas psychrophila/fragi) and to degrade histamine (Pseudomonas cedrina, Pseudomonas plecoglossicida/monteilii).At the same time, sensory tests and physico-chemical assays were performed to understand the consequences of the bacterial growth and to identify reliable indices for the evaluation of the spoilage degree of the products

    Genetic and molecular study of marine sponges from Martinique

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    Les travaux de thèse présentés dans ce manuscrit portent sur l’étude taxonomique et génétique et l’évaluation d’activité antimicrobienne et cytotoxique d’extraits d’éponges marines de la Martinique. Ce projet s’inscrit dans l’objectif d’améliorer les connaissances et la valorisation du milieu marin de la Martinique. Malgré une place majoritaire du milieu marin sur la surface de la terre, seulement 20% des fonds marins ont été explorés. Ce déficit de connaissances de ces écosystèmes pourtant extrêmement riches, entraine un retard dans leur protection et leur valorisation. Pionniers de la formation des récifs, les éponges sont des organismes dont l’intérêt scientifique ne cesse de croître. Ces organismes d’une grande simplicité morphologique prennent places au rang des métazoaires les plus primitifs. Néanmoins, ils possèdent des capacités d’adaptation très développées ce qui a permis leur développement dans l’ensemble des écosystèmes marins (récifs, mangroves, grottes etc) mais aussi en eau douce entrainant une diversification de formes, tailles, couleurs et de modes de vie (symbiose et nutrition). Toutes ces caractéristiques font des éponges des organismes riches en biomolécules actives ayant un intérêt dans l’agroalimentaire, les cosmétiques et la pharmacologie tels que des antibactériens, antifongiques et anticancers. La Martinique faisant partie des « hot spots » de la biodiversité mondiale, possède une diversité marine encore très peu connue et exploitée. Elle se distingue par la variété des écosystèmes présents sur son territoire qui sont propices au développement des éponges. Afin de pallier au déficit de connaissance de ce territoire, trois axes de recherches sont développés : i) Une étude morphologique d’éponges présentes afin de les identifier et les caractériser ; ii) une analyse génétique permettant la confirmation de leur identité et l’apport de nouvelles données pour l’étude de ces organismes ; iii) enfin, l’évaluation de l’activité d’extraits bruts d’éponges sélectionnées. Les éponges étudiées sont réparties dans deux catégories, premièrement les espèces dites « de référence » qui sont des espèces identifiées utilisées comme référence pour les tests d’activités antimicrobienne et cytotoxique. Ces espèces sont Agelas clathrodes, Desmapsamma anchorata et Verongula rigida. Deuxièmement, les espèces dites « non identifiées » car elles n’ont pas été identifiées lors de leur échantillonnage, P20150607-10, P20150605 et deux espèces prélevées en Guyane, PC20191128-1 et PC20191128-2. Ces dernières ont été ajoutées à notre étude dans le but d’étendre notre expertise. Les analyses taxonomiques et génétique menées sur les espèces « non identifiées » ont permis une identification partielle de celles-ci de la famille, au genre voire à l’espèce. Elles nous ont également permis de relever les différentes limites de ces deux techniques d’identification. 150 Enfin, les tests d’activité antimicrobienne et cytotoxique nous ont condui de mettre en évidence une spécificité d’activité antimicrobienne de l’extrait éthanoïque de l’espèce Agelas clathrodes sur deux souches du staphylocoque, ainsi qu’une forte activité cytotoxique sur trois lignées cellulaires tumorales pour Agelas clatrhodes, Verongula rigida et l’échantillon P20150607-10.The thesis work presented in this manuscript concerns the taxonomic and genetic study and antimicrobial and cytotoxic activity evaluation of marine sponge extracts from Martinique. This project is in line with the objective of improving knowledge and enhancement of the marine environment of Martinique. Despite the fact that the marine environment occupies the majority of the earth's surface, only 20% of the seabed has been explored. This lack of knowledge of its extremely rich ecosystems has led to a delay in their protection and enhancement. Pioneers in the formation of reefs, sponges are organisms whose scientific interest continues to grow. These morphologically simple organisms rank among the most primitive metazoans. Nevertheless, they have highly developed adaptive capacities, which has enabled them to develop in all marine ecosystems (reefs, mangroves, caves, etc.) but also in fresh water, resulting in a diversification of shapes, sizes, colours and lifestyles (symbiosis and nutrition). All these characteristics make sponges rich in active biomolecules that are of interest in the food industry, cosmetics and pharmacology, such as antibacterials, antifungals and anticoagulants. Martinique is one of the "hot spots" of world biodiversity and has a marine diversity that is still very little known and exploited. It is distinguished by the variety of ecosystems present on its territory, which are conducive to the development of sponges. In order to make up for the lack of knowledge of this territory, three lines of research are being developed: i) a morphological study of the sponges present in order to identify and characterise them; ii) a genetic analysis to confirm their identity and provide new sequences for the study of these organisms; iii) lastly, an assessment of the activity of raw extracts of selected sponges. The sponges studied are divided into two categories, firstly the so-called "reference species" which are identified species used as references for testing antimicrobial and cytotoxic activity. These species are Agelas clathrodes, Desmapsamma anchorata and Verongula rigida. Secondly, the so-called "unidentified" species because they were not identified during sampling, P20150607-10, P20150605 and two species collected in French Guiana, PC20191128-1 and PC20191128-2. The latter were added to our study in order to extend our expertise. The taxonomic and genetic analyses carried out on the "unidentified" species enabled a partial identification of these species in the family, genus or even species. They also enabled us to identify the various limits of these two identification techniques. Finally, the antimicrobial and cytotoxic activity tests enabled us to demonstrate the specificity of the antimicrobial activity of the ethanoic extract of the Agelas clathrodesspecies on two strains of staphylococcus. As well as a strong cytotoxic activity on three tumour cell lines for Agelas clatrhodes, Verongula rigida and the sample P20150607-10

    Impact of genetic diversity of Sugarcane yellow leaf virus (SCYLV) on the determinants of resistance to sugarcane yellow leaf

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    Les variétés modernes de canne à sucre sont d'origine bispécifique et possèdent une structure génétique complexe, aneuploïde et hautement polyploïde rendant difficile les études de résistance génétique. La feuille jaune de la canne a sucre est une maladie dont l'agent causal est le sugarcane yellow leaf virus (scylv). Ce virus a une large diversité. Seuls trois génotypes viraux, différenciables par rtpcr, ont été trouves en Guadeloupe. Les objectifs de l'étude sont d'évaluer: l/la possibilité de marquer la résistance de la plante au scylv grâce a une étude d'association pan-génomique 2/l'impact de la diversité de l'agent pathogène sur la résistance de la canne a sucre au scylv. Les études d'association ont été menées avec plus de 4000 marqueurs aflp et d'art sur quatre types de données phénotypiques (intensité et densité virale dans les feuilles et les tiges). Les phénotypes ont été mesures sur 189 variétés de cannes à sucre dans deux essais successifs dans un dispositif en trois blocs randomises. De ces variétés, 40 ont été sélectionnées et ont permis d'obtenir 10 croisements biparentaux. Les descendances obtenues ont été suivies sur deux essais. L'incidence et la diversité du scylv ont été évaluées pour les 40 variétés et les descendances. L'héritabilité au sens strict de la résistance aux scylv a été déterminée. Six marqueurs de résistance au scylv ont été identifies ainsi que deux gènes ayant potentiellement un rôle dans la résistance au virus. L'étude montre également que la résistance de la plante est variable en fonction du génotype du scylv et que cette résistance est en partie transmise aux descendances. Créer des variétés résistantes au scylv est donc possible.Modern varieties of sugarcane have a bispecific origin and a complex genetic structure, aneuploid and highly polyploid, maklng genetic resistance study uneasy to perform. Yellow leaf of sugarcane is a viral disease whose causal agent is the sugarcane yellow leaf virus (scylv). This virus has a wide range of diversity. Only three viral genotypes, distinguishable by rt-pcr, were found in guadeloupe. The objectives of this srudy are to assess: l/the possibility to find markers associated with plant resistance to scylv through a genome wide association study 2 1 the impact of the pathogen diversity on the resistance of sugarcane to scylv. Association studies have been conducted with more than 4000 aflp and dart markers on four types of phenotypic data (virus intensity and density in leaves and canes). Phenotypes were measured on 189 varieties of sugarcane in two successive trials in a three randomized complete block design. From these varieties, 40 were selected and allowed to obtain 10 biparental crosses. The offspring were followed during two trials. The incidence and the diversity of scylv were evaluated in the 40 varieties and the offspring. The narrow sense heritability of the resistance to the scylvs was determined. Six markers of the resistance to the scylv and two genes, with potential contribution in virus resistance, have been identified. The study also shows that the resistance of the plant is variable depending on the scylv genotype and that this resistance is partly transmitted to the offspring. Breeding for scylv resistance is practicable

    Vector competence as an indicator of epidemic risk : yellow fever in Martinique, the Caribbean and America

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    L’étude des maladies à transmission vectorielle représente un intérêt majeur pour la Caraïbe en raison de la présence en fortes densités du moustique Aedes aegypti, principal vecteur d’arbovirus. La Martinique et la Caraïbe sont, depuis des décennies, soumises à de régulières épidémies de dengue. L’arrivée et l’installation successif de deux nouveaux arbovirus, celui du chikungunya (CHIKV) en 2013, et celui du Zika (ZIKV) en 2015, a de nouveau mis en lumière l’importance de l’étude des maladies à transmission vectorielle et réveillé la crainte de l’émergence d’un autre arbovirus dans les îles, le virus de la fièvre jaune (YFV). Originaire d’Afrique, le YFV fut transporté dans le nouveau monde lors de la traite des esclaves (15ème - 19ème siècle) et causa des épidémies dévastatrices, principalement dans les agglomérations urbaines. Après plus de deux siècles d’épidémies, la fièvre jaune ne sévit plus dans les îles de la Caraïbe, et ceci, suite au programme d’éradication du vecteur Ae. aegypti initié au début du 20ème siècle. La Caraïbe semble depuis épargnée par le virus, en dépit de l’omniprésence du moustique vecteur Ae. aegypti dans les îles (suite à l’assouplissement des programmes de contrôle) et de la présence du virus dans les forêts tropicales d’Amérique du Sud et de Trinidad au sein d’un cycle enzootique. Le YFV appartient à la famille des Flaviviridae et au genre Flavivirus, comme les virus de la dengue (DENV) et du Zika. Le YFV est présent en Afrique sub-saharienne et en Amérique du Sud (7 génotypes de YFV décrits : 2 en Amérique et 5 en Afrique). Les récentes épidémies de fièvre jaune en Angola en 2016 et plus largement, en Afrique de l’Ouest ainsi que celles du Brésil en 2017 et 2018 indiquent des changements dans la distribution actuelle de la maladie dans les régions tropicales et subtropicales d’Amérique du Sud et d’Afrique. Des voyageurs infectés assurant des introductions multiples dans les îles font craindre la survenue d’une épidémie initiée par un cas importé. A l'heure où les échanges de voyageurs et marchandises s'intensifient, un risque d’introduction du YFV dans la Caraïbe n’est donc pas à exclure. Dans une optique de prévention et d’évaluation de ce risque, l’objectif de ce projet de thèse est d’évaluer le risque d’émergence de la fièvre jaune à la Martinique et dans la Caraïbe où la population humaine est immunologiquement naïve pour ce virus et exposée au vecteur. Nos résultats montrent que les populations de moustiques de la Caraïbe et d’Amérique infectés par différents génotypes de YFV, sont capables de transmettre les 5 YFV avec des charges virales dans la salive du moustique pouvant atteindre plus de 2000 particules virales. Néanmoins, les glandes salivaires jouent un rôle prépondérant de frein à la transmission, un rôle plus important que l’intestin moyen. Nous avons également mis en évidence une corrélation entre la charge virale contenue dans l’intestin moyen ou la carcasse du moustique et son statut infectieux ; le franchissement de chaque barrière anatomique (intestin moyen et glandes salivaires) nécessite une charge virale élevée détectée dans le compartiment précédent. En examinant la diversité virale dans les différents compartiments du moustique, nous avons pu mettre en évidence des variants viraux présents dans l’intestin moyen et la carcasse mais absents du repas infectieux. Enfin, nous avons démontré qu’Aedes albopictus était compétent à transmettre les 5 YFV, pouvant ainsi jouer le rôle de vecteur secondaire. Au regard de ces résultats, nous pouvons conclure que le risque de réémergence et de propagation du YFV dans la Caraïbe est réel et que ce risque dépend de la combinaison virus/moustique. Ces données pourront être une base pour l’élaboration d’une cartographie de la compétence vectorielle des moustiques, de protocoles de surveillance, de lutte antivectorielle, et de conception de plans d’actions d’urgence.Studying vector-borne diseases is of major interest for the Caribbean due to the presence of high densities of Aedes aegypti mosquito, the main vector of arboviruses. Martinique and the Caribbean have been subjected to repeated dengue epidemics for decades. The arrival and successive establishment of two new arboviruses, chikungunya (CHIKV) in 2013, and Zika (ZIKV) in 2015, has once again highlighted the importance of investigating vector-borne diseases and raised fears of the emergence of another arbovirus in the region, yellow fever virus (YFV). Originating in Africa, YFV was transported to the new world during the slave trade (15th - 19th century) and caused devastating epidemics, mainly in urban agglomerations. After more than two centuries of epidemics, yellow fever no longer rages in the Caribbean islands, and this was a consequence of the eradication program of the vector Ae. aegypti initiated at the beginning of the 20th century. The Caribbean seems to be spared by the virus since then, despite the omnipresence of Ae. aegypti in the islands (following the relaxation of control programs) and the presence of the virus in the tropical forests of South America and Trinidad circulates within an enzootic cycle. YFV belongs to the family Flaviviridae and genus Flavivirus, like DENV (dengue virus) and ZIKV. YFV is present in sub-Saharan Africa and South America (7 YFV genotypes described: 2 in America and 5 in Africa). The recent yellow fever epidemics in Angola in 2016 and more widely, in West Africa as well as those in Brazil in 2017 and 2018 indicate changes in the current distribution of the disease in tropical and subtropical regions of South America and Africa. Infected travelers ensuring multiple introductions into the islands raise fears of the occurrence of an epidemic initiated by an imported case. At a time when exchanges of travelers and goods are intensifying, the risk of introducing YFV into the Caribbean cannot be ruled out, as was the case for CHIKV and ZIKV. With a view to prevention and risk assessment, the objective of this project is to assess the risk of emergence of yellow fever in Martinique and in the Caribbean where the human population is immunologically naive for this virus and exposed to the vector. Our results show that mosquito populations from the Caribbean and America infected with different YFV genotypes are able to transmit the 5 YFVs with viral loads in mosquito saliva that can reach more than 2000 viral particles. Nevertheless, the salivary glands play a major role in braking transmission, a more important role than the midgut. We have also demonstrated a correlation between the viral load contained in the midgut or the mosquito carcass and the infectious status of the mosquito; crossing each anatomical barrier (midgut and salivary glands) requires a high viral load detected in the previous compartment. By examining the viral diversity in the different compartments of the mosquito, we were able to highlight viral variants present in the midgut and the carcass but absent in the infectious meal. Finally, we demonstrated that Aedes albopictus was competent to transmit the 5 YFVs, thus being able to act as a secondary vector. In view of these results, we can conclude that the risk of re-emergence and spread of YFV in the Caribbean is real and this risk depends on the virus/mosquito combination. These data could be a basis for the development of a map of mosquito vector competence, protocols for surveillance, vector control, and the design of emergency action plans

    Geographical analysis of the transmission of dengue following the contexts in Guadeloupe

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    La dengue constitue actuellement l'arbovirose la plus répandue sur la planète avec 40% de la population mondiale exposée, soit environ 2,5 milliards de personnes. La maladie est endémique dans tous les continents excepté l'Europe même si les premiers cas de transmission autochtone ont été observés en France métropolitaine et en Croatie en 2010. L'augmentation régulière de son incidence fait actuellement de la dengue un problème de santé publique majeur dans les pays tropicaux et une menace pour d'autres pays du monde. En raison de son mode de transmission, la dengue constitue une maladie étroitement liée à l'environnement. L'urbanisation constitue un facteur important dans l'émergence ou la réémergence d'épidémies de dengue dans les pays tropicaux. Cette étude menée a pour objet d'analyser les liens existant entre le domaine de la santé (situation sanitaire et épidémiologique de la dengue) et de celui de l'environnement (évolution de l'urbanisation) en Guadeloupe continentale entre 2000 et 2008.Pour ce faire, les cas suspects et confirmés de dengue ont été recueillis. L'incidence pour ces deux types de cas a été calculée puis représentée à deux échelles administratives différentes: communes et sections. Les facteurs environnementaux comprenant les variables physiques et socio-démographiques ont été pris en compte pour la définition, l'identification et l'analyse de l'évolution des contextes d'habitation durant la période étudiée. Deux méthodes ont été utilisées: la classification «Raster» consistant en une analyse régulière basée sur des mailles de taille identique et la classification « Vecteur» s'appuyant sur les limites administratives des sections. Ces classifications ont permis de décrire la répartition des différents contextes d'habitation sur le territoire de la Guadeloupe et d'obtenir des indicateurs qui ont été analysés en relation avec les données sanitaires. Il a été mis en évidence que la situation épidémiologique de la dengue dans le département s'est significativement aggravée au cours de la période étudiée. Des épidémies majeures sont apparues en 2001, 2005/2006 et 2007. Le nord Basse-Terre, la région Pointoise ainsi que le sud-est de la Grande-Terre, de la ville du Gosier à Saint-François le long de la côte, sont les régions les plus concernées par l'augmentation d'incidence de la maladie. Concernant les contextes d'habitation, huit contextes distincts ont été identifiés: touristique, naturel, intermédiaire, agricole, résidentiel, rural, périurbain et urbain. Le contexte intermédiaire correspond à des régions de transition entre les autres contextes d'habitation. La différence entre les contextes agricoles et ruraux réside dans la prédominance de surface agricole pour le premier alors que le contexte rural est caractérisé par les espaces cultivés habités. L'évolution surfacique de ces contextes au cours du temps a été analysée en relation avec les incidences. Les résultats montrent que les contextes d'habitation sont statistiquement.associés à l'incidence de la dengue en Guadeloupe. En particulier, les contextes touristiques, résidentiels et ruraux possèdent une association positive élevée avec l'incidence de la dengue.At present, dengue fever has become the arbovirose the most wide-spread worldwide with 40 % ofthe exposed population, 2,5 billion people. The disease is endemie in all the continents excepted Europe even though the fust cases ofautochthonoustransmissionwere observedinmetropolitanFranceandCroatiain2010.Because oftherecentincrease of its incidence, dengue fever is now a major public health problem in the tropical countries and a threat for the other countries in the worldwide. Due to its mode oftransmission, the disease is closely linked to the environment. Urbanization is an important factor ofthe emergence or the re-emergence of dengue in the tropical countries. This study aims to analyze the links between health and environment domains, which correspond to the epidemiological situation of the dengue and the evolution ofthe urbanization in Guadeloupe.Information about suspect and confirmed cases of dengue were collected. The incidence of suspect and confirmed cases has been estimated, then represented at two different administrative boundaries: communes and sections. Environmental factors including the physical and socio-demographic variables were taken into account to the definition, the identification and the analyze ofevolution of the housing patterns during the studied period. Two methods were used: Il Raster" consisting of a regular analysis based on squares units and "Vector" based on the administrative limits of sections. These classifications allowed to describe the distribution ofthe different housing patterns ofGuadeloupe and to estimate indicators for the analyzing of sanitary data. The results highlight a worsening ofepidemiological situation ofthe dengue over the time in the department. Major outbreaks occurred in 2001,2005/2006 and 2007. The north Basse-Terre, the Pointe-à-Pitre urban area as weIl as the whole coast (frOID the city of Gosier to Saint-François) ofthe southeast ofGrande-Terre were the most affected regions by the increase ofincidence of dengue. Concerning the housing classes, eight different patterns were identified: tourist, natural, intermediate, agricultural, residential, rural, suburban and urban. The intermediate class corresponds to buffer regions between the other patterns. The difference between the agricultural and rural contexts lies in the predominance ofagricultural surface for the first one while the rural context is characterized by the inhabited farmland. The evolution over time of spatial extend ofthese patterns was described in relation with incidence. Results showed that the housing patterns are statically associated with the incidence ofdengue in Guadeloupe. In particular, the touristic, residential and rural patterns have a high positive association with dengue incidence

    Effluents characterization from a seawater desalination plant and specific environmental impact assesment : Case of the "green water" plant and "Cohe Bay" in Martinique

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    La production pétrolière et le raffinage nécessitent une quantité très importante d’eau douce. Pour répondre à ses besoins, la SARA exploite depuis Mars 2022 une unité de dessalement d’eau de mer qui produit un effluent soupçonné de pouvoir induire des problématiques environnementales. Cette thèse CIFRE s’attache à évaluer les éventuels impacts négatifs de cet effluent en utilisant des méthodes classiques et innovantes pour caractériser son potentiel contaminant, déterminer la zone d’influence du rejet et suivre l’état chimique et écologique du milieu marin récepteur. Beaucoup d’études ont été réalisées sur le sujet, mais peu d’informations chiffrées sont disponibles, et les aspects spécifiques de l’effluent, de la diffusion du rejet et du milieu récepteur ne sont pas toujours pris en compte. Il s’agit d’une étude de cas sur un mode de gestion d’effluent original après l’utilisation d’un bassin de mélange. Ce travail est marqué par l’utilisation de méthodes adaptées pour un environnement très anthropisé et difficile à étudier de par son envasement très prononcé. Nous nous sommes appuyés sur les outils de simulation numérique des fluides, sur des analyses physico-chimiques ciblées et non ciblées, sur des tests écotoxicologiques, sur l’étude et l’observation de la faune benthique ainsi que sur l’étude de l’ADNe environnant. Après avoir rendu compte de la biodiversité du milieu sous-marin, nous montrons que l’effluent en lui-même n’est pas écotoxique, et qu’aucun impact négatif lié au rejet n’a été détecté après 15 mois d’exploitation. Cependant, la matière solide qui s’accumule progressivement dans le bassin, peut potentiellement être écotoxique. Ce travail est une contribution à la connaissance sur les effluents de dessalement d’eau de mer et à la protection de la Baie du Cohé du Lamentin. Nous espérons que cette étude et la stratégie utilisée influenceront l’orientation des futures études d’impacts environnementales et une meilleure gestion de ce type d’effluent.Oil production and refining require large quantities of fresh water. To meet its needs, SARA has been operating a seawater desalination plant since March 2022, which produces an effluent suspected of causing environmental issues. This CIFRE thesis aims to assess the potential negative impacts of this effluent, using both conventional and innovative methods to characterize its contaminant potential, determine the area of influence of the discharge and monitor the chemical and ecological state of the receiving marine environment. Many studies have been carried out on the subject, but little quantified information is available, and the specific aspects of the effluent, the diffusion of the discharge and the receiving environment are not always taken into account. This is a case study of an original effluent management method using a mixing bassin. This work is marked by the use of methods adapted to an highly anthropophilized and difficult environment to study due to its pronounced siltation. We relied on computational fluid dynamics, targeted and non-targeted physico-chemical analyses, ecotoxicological tests, fauna study’s and observation’s and the study of the surrounding eDNA. After reporting on underwater environment biodiversity, we show that the effluent itself is not ecotoxic, and that no negative impact linked to the discharge has been detected after 15 months of operation. However, the solid matter that gradually accumulates at the bottom of the bassin could potentially be ecotoxic. This work is a contribution to knowledge on seawater desalination effluents and to the protection of the « Cohé du Lamentin » bay. We hope that this study and the strategy used will influence the direction of future environmental impact studies and better management of this type of effluent
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