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    Dans le sillage de Victor Segalen. Héritages, présences, trajectoires

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    Un siècle sépare la mort de Victor Segalen, cet écrivain-voyageur breton qui fut poète, romancier, médecin militaire et archéologue, de la parution de cet ouvrage. Comment lire Segalen aujourd’hui, à la lumière des œuvres de White et de Glissant, à la lumière de la science-fiction, de la pensée de Deleuze et Guattari, de la pensée écocritique ? Que reste-t-il de son œuvre en 2019 ? Une dizaine de chercheurs se sont réunis à Canterbury (Angleterre) pour penser Segalen aujourd’hui, et pour penser, avec lui, le monde qui nous entoure. Dans le sillage de Segalen, les études contenues dans cet ouvrage retracent et dessinent les trajectoires d’une œuvre multiforme, opaque, et résolument actuelle

    A Burst of Travel : Blaise Cendrars, Victor Segalen, Albert Londres

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    La thèse explore les œuvres de Blaise Cendrars, de Victor Segalen et d’Albert Londres sous l’angle de « l’éclat du voyage » et se propose d’analyser les effets produits par la présence du voyage sur un plan diégétique, métadiégétique et stylistique. Chez ces trois auteurs, la notion de voyage dépasse en effet sa vocation thématique pour se faire véritable matière à travailler le langage et atteindre la sphère de la littérarité en exerçant sur le texte une menace d’éclatement, et contribue à l’instauration d’une littérature moderne. Cette étude interroge les premiers écrits de Cendrars (1912-1938) en explorant par quelles voies la présence conjointe du motif du voyage et de l’éclatement conduit à la création d’une représentation fractale du monde. L’examen du cycle polynésien de Segalen met en évidence la présence du voyage comme le résultat d’un écart désirant qui aboutit à la formation d’une poétique littéraire de la diffraction. Enfin, à travers l’étude des reportages d’Albert Londres, la thèse montre comment l’écriture du voyage trouve un regain de force par le détour du reportage.This thesis explores the bursting effect of travel in the works of Blaise Cendrars, Victor Segalen and Albert Londres in their diegetic, metadiegetic and stylistic aspects. The notion of travel goes beyond a mere theme discussed in those texts and affects their very language, challenges their literarity by issuing a bursting threat on them, and contributes to their modernity.This study examines the first works of Blaise Cendrars (1912-1938) and explores the ways in which the joined presence of travel and bursting phenomenon leads to a literary creation of a fractal world. The study of Segalen’s Polynesian period reveals that travel exists as an outcome of a distance invested by desire, and results in a poetic of diffraction in his texts. Finally, the investigation of the role of travel in Albert Londres’ reportages illuminates how travel writing and reportage can work together towards a modern literature

    La Littérature de voyage à l'heure du numérique: Olivier Hodasava et Mathias Énard

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    Cet article interroge comment la littérature de voyage contemporaine peut interagir avec le monde numérique. Il s'appuie sur des œuvres qui explorent, par le biais du voyage, un espace dans lequel dialoguent le digital et l'imprimé: le blog « Dreamlands, Carnet de voyage virtuel » suivi de son adaptation en format imprimé (Éclats d'Amérique, Inculte, 2014) d'Olivier Hodasava, et le roman Boussole (Actes Sud, 2015) de Mathias Énard. Du blog et journal de voyage d'Hodasava, inspirés par Street View, à l'hyper-stratification de la prose d'Énard rappelant la vocation encyclopédique d'Internet, la littérature de voyage contemporaine pose la question maintenant inévitable de la porosité du monde, du texte, et du numérique en faisant jouer les frontières du réel et du virtuel, du mouvement et de l'immobilité. Ce faisant, ces œuvres nous invitent à repenser nos outils critiques pour aborder l'écriture du monde au contact du digital. This article explores a few ways in which contemporary travel writing can engage with the digital world. It investigates different travelling narratives that allow for a dialogue between the digital and the print format: the blog ‘Dreamlands, virtual travelogue’ and its adaptation in print format (Éclats d'Amérique, Inculte, 2014) by Olivier Hodasava, as well as the novel Boussole (Actes Sud, 2015) by Mathias Énard. From Hodasava's Street View-inspired blog and travelogue to Énard's hyper-stratified prose mimicking the encyclopaedic ambition of the Internet, travel writing questions the porosity of the world, the text and the digital, by bringing the virtual and the real, immobility and movement, into play. In so doing, these works invite us to renew the critical tools we use to approach travel writing in the digital world

    L'Eclat du voyage: Blaise Cendrars, Victor Segalen, Albert Londres

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    La thèse explore les œuvres de Blaise Cendrars, de Victor Segalen et d’Albert Londres sous l’angle de « l’éclat du voyage » et se propose d’analyser les effets produits par la présence du voyage sur un plan diégétique, métadiégétique et stylistique. Chez ces trois auteurs, la notion de voyage dépasse en effet sa vocation thématique pour se faire véritable matière à travailler le langage, le texte et atteindre la sphère de la littérarité en exerçant sur le texte une menace d’éclatement. Le texte affecté par le voyage, loin d’être mis en péril, s’inscrit ainsi dans une modernité littéraire : en prenant le risque, par le détour du voyage, d’une écriture déformant, re-formant, re-définissant la littérature, les trois œuvres examinées illuminent quelques chemins de traverse dans lesquels s’engagent œuvres et critiques contemporaines. Cette étude interroge les premiers écrits de Cendrars (1912-1938) en explorant par quelles voies la présence conjointe du motif du voyage et de l’éclatement conduit à la création d’une représentation fractale du monde. La mise en évidence de trajectoires chaotiques des personnages cendrarsiens au cœur d’un monde ontologiquement fracturé permet l’édification textuelle d’une « anarchitecture » poétique et moderne. L’examen du cycle polynésien de Segalen met en évidence la présence du voyage comme le résultat d’un écart désirant, véritable menace de déchirure entre l’ici et l’ailleurs, soi et l’autre, soi et soi. Cet écart aboutit, à travers une présence textuelle, à la formation d’une poétique littéraire de la diffraction, poussant ainsi l’œuvre aux limites d’un hors-littérature. Enfin, à travers l’étude des reportages d’Albert Londres, la thèse montre comment l’écriture du voyage trouve un regain de force par le détour du reportage

    L'Épreuve du voyage, de la fracture à la diffraction: Les Immémoriaux, Victor Segalen, 1907

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    De retour de Polynésie française en 1905, Victor Segalen rapporte, avec quelques toiles signées de la main de Paul Gauguin, la matière première de son premier roman, Les Immémoriaux, qu’il publiera en 1907. Cette matière première est décousue : elle se compose de quelques notes, des balbutiements d’un essai sur l’exotisme, d’un journal de voyage, de deux articles et d’une maigre correspondance. Le caractère fragmentaire et polymorphe de ces notes reflète leur contenu. Au travers des écrits rédigés en voyage se dessine en effet l’amorce d’une réflexion sur le choc exotique et la découverte d’une fondamentale hétérogénéité du monde, d’un écart immuable entre l’ici et l’ailleurs, soi et l’autre, soi pour soi. Ce chapitre examine les trajectoires prises par l’auteur pour intégrer ces fractures découvertes en voyage dans la forme romanesque. Les Immémoriaux, récit de voyage d’un tahitien autour des îles polynésiennes en pleine période de colonisation, intègre ainsi les fractures du monde en adoptant une écriture qui épouse les trajectoires obliques du voyageur au contact d’un monde imperméable : se profile alors une poétique de la diffraction, remarquable au plan diégétique, narratif et discursif. Segalen se pose alors en précurseur d’une modernité littéraire en affirmant que le roman, loin d’être fragilisé par la remise en question de l’unité (du monde, du langage, de l’œuvre), se renouvelle au contact de la différence
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