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Le design pédagogique des cours à distance et son influence sur l'abandon et la persévérance
Les aspects méthodologiques d'une recherche portant sur la persévérance et l'abandon des études en formation à distance
L’interaction entre étudiants : frein à la formation à distance ou voie vers la réussite?
Alors que la formation à distance (FAD) se développe fortement depuis une vingtaine d’années et permet d’accroître l’accessibilité de l’enseignement supérieur, la persévérance des étudiants et la qualité de leurs apprentissages demeurent problématiques. En effet, les interactions entre pairs qui semblent susceptibles d’avoir un impact positif sur l’engagement dans la formation ne sont pas souhaitées par une majorité des apprenants en FAD. Dès lors, dans quelle mesure l’incitation aux échanges voire au travail entre pairs est-elle pertinente en FAD ? Afin d’éclairer cette question, nous avons recensé et analysé les dispositifs technopédagogiques canadiens encourageant l’interaction à distance dans le cadre de l’enseignement supérieur.
Notre méta-analyse porte sur 60 études publiées entre janvier 2005 et décembre 2014 et permet de dégager différentes typologies :
- Une typologie des dispositifs fondée sur leurs objectifs qui distingue ceux visant à créer un contact entre des personnes géographiquement éloignées, ceux ayant pour but la création de liens sociaux susceptibles de favoriser la persévérance, ceux dont l’objectif est la diversification des situations d’apprentissage et ceux encourageant le développement de compétences par l’échange sur les pratiques professionnelles.
- Une typologie des interactions entre apprenants en fonction des objectifs visés qui propose trois motifs d’interaction : le premier motif d’interaction est la création de lien social; le second correspond à la construction des connaissances; le troisième est relatif à l’organisation et la gestion du travail collaboratif à distance.
- Une typologie du rapport des apprenants à l’interaction qui précise trois types de comportements : l’indifférence liée à un manque d’intérêt pour l’interaction; l’exploration suscitée par la volonté de se familiariser avec l’environnement et le mode de formation; l’implication visant l’entraide et la collaboration.
- Une typologie des problématiques de recherche dans le domaine qui identifie quatre grandes questions de recherche, mais aussi souvent d’intervention : celles questionnant l’impact de l’interaction médiatisée sur la persévérance en FAD; celles interrogeant la contribution des échanges entre pairs à l’apprentissage; celles s’intéressant aux usages et appréciations des technologies de communication par les étudiants; celles relatives à la construction des communautés en ligne.
Ces études confirment que l’interaction et le travail collaboratif constituent des défis pour les apprenants. Cependant, elles démontrent que lorsqu’ils y parviennent, les étudiants tirent une certaine satisfaction des liens sociaux noués avec leurs pairs voire des apprentissages ainsi réalisés. Alors qu’ils sont souvent habitués à un modèle transmissif, il semble nécessaire de présenter aux étudiants les défis et avantages de l’apprentissage collaboratif et de les former à ce dernier afin qu’ils adaptent leurs attentes et pratiques. Pour ce, le rôle de l’enseignant paraît déterminant et indispensable en vue du développement d’une pensée réflexive et d’activités collaboratives entre les apprenants. Il pourrait donc être recommandé de former les organisateurs et intervenants dans de tels dispositifs à l’animation de groupes virtuels et la mise en oeuvre de situations instrumentées d’apprentissage authentique. En effet, les opportunités d’interaction ne semblent saisies que lorsqu’elles sont nécessaires à la réalisation d’activités concrètes. En dépit des contraintes générées par ce cadre, l’apport des interactions est alors perçu et apprécié, l’apprentissage souhaité se réalise en passant par la construction d’une communauté
Design pédagogique d'une propédeutique à distance pour favoriser la persévérance scolaire des étudiants autochtones
Les étudiants autochtones, tout comme les enseignants et les responsables de programmes, font face à de nombreux défis pédagogiques qui restent à être clairement définis et pour lesquels les solutions ont été peu explorées jusqu’à maintenant. Notre projet vise à définir ces défis et à développer une propédeutique, qui sera offerte à distance, pour préparer les étudiants autochtones aux études universitaires sans qu’ils aient à quitter leur communauté. Cela dans le but favoriser leur persévérance scolaire
Persévérance et abandon en formation à distance : de la compréhension des facteurs d’abandon aux propositions d’actions pour soutenir l’engagement des étudiants
Alors que la formation à distance se développe rapidement depuis une vingtaine d’années, décideurs et chercheurs tentent encore de saisir les raisons pour lesquelles les abandons sont si importants. Bien qu’il soit difficile d’établir des comparaisons entre les formations suivies en présence et à distance, on remarque tout de même un taux de persévérance plus grand du côté de la formation en face-à-face. Cet ouvrage propose donc de cerner les principaux facteurs de persévérance et d’abandon dans l’enseignement supérieur à distance, en s’intéressant tant aux étudiants universitaires en formation à distance dans leur ensemble qu’à des profils plus particuliers comme ceux des étudiants autochtones ou en situation de handicap. Les angles d’approches variés et complémentaires adoptés dans ce livre permettent de croiser des facteurs tels que les caractéristiques socioéconomiques, scolaires et environnementales des apprenants, leurs stratégies d’apprentissage, le design pédagogique des cours qu’ils suivent ou l’accompagnement dont ils bénéficient.
Ce collectif d’auteurs québécois et européens offre ainsi une vision nuancée et finement argumentée de la persévérance et de l’abandon en formation totalement ou partiellement à distance. Tant des dispositifs de longue date que d’autres plus récemment développés ou en cours de création sont analysés. Ce faisant, les onze chapitres permettent d’aller au-delà des critiques de la formation à distance centrées sur l’abandon en proposant des éléments de compréhension des phénomènes en jeu et des pistes d’action. Ce livre s’adresse aux enseignants, chercheurs et décideurs intéressés à mieux saisir les particularités de la formation à distance pour favoriser la persévérance des étudiants
Encourager les interactions pour favoriser la persévérance dans un contexte de formation à la recherche d’étudiants de maîtrise
L’enseignement dans les cycles supérieurs fait face à de grands défis tels que le taux d’abandon, jugé trop élevé, et la durée des études, considérée comme étant trop longue. Ces défis pourraient être révélateurs de difficultés associées à la formation à la recherche des étudiants. Le sentiment d’isolement éprouvé par un grand nombre d’étudiants risque de les conduire à la procrastination voire à l’abandon. Plus particulièrement, la formation à la recherche dans le contexte des études de deuxième et troisième cycle universitaire est un processus complexe qui comporte plusieurs dimensions. Les étudiants-chercheurs éprouvent souvent de nombreuses difficultés à mener leurs projets de recherche et à rédiger leurs mémoires. Ces difficultés semblent s’intensifier lorsque l’étudiant poursuit ses études à distance. Les difficultés se situent sur plusieurs plans : affectif, émotionnel, cognitif et communicationnel. Alors que l’accompagnement des pairs pourrait aider à surmonter ces difficultés et favoriser la persévérance dans les études, ces étudiants travaillent souvent seuls.
Cette recherche vise à déterminer comment la présence sociocognitive module la distance transactionnelle dans un contexte de formation à la recherche dans les cycles supérieurs et ce faisant favorise la persévérance des étudiants-chercheurs à la maîtrise. L’enquête a été menée dans une université bimodale québécoise. Certains cours dans les programmes d’études concernés par cette recherche peuvent être suivis à distance. L’encadrement des étudiants-chercheurs peut être assuré à distance ou en présence selon les caractéristiques des étudiants. Le but de l’étude est de déterminer de quelle façon les interactions sociales qui ont lieu dans une communauté médiée par la technologie, mise en place pour superviser les travaux de recherche des étudiants, peuvent réduire les difficultés associées à la distance transactionnelle et comment ces interactions favorisent l'apprentissage du processus de recherche scientifique
Jeux numériques et apprentissages : nouvelles formes de liens ?
Les projets Connect-Play : Promoting Social Connectedness through Playing Toge-ther - Digital Social Games for Learning and Entertainment, ainsi que Game Design Service Platform for Seniors' Health and Well-being ont pour objectif d'étudier, de concevoir et de commercialiser des jeux sérieux numériques et thérapeutiques destinés aux aînés. Plus spécifiquement, il s'agit d'améliorer le bien-être des ai-nés, le développement cognitif et le nombre d'interactions sociales. Plusieurs re-cherches, comme Atsell (2013) poursuivent ces objectifs. C’est dans le cadre de ces projets que nous avons produit les applications ludiques chouette.cool, Centre Jeux Sérieux, et le service d’aide à la conception Ludicity.
Au-delà du jeu numérique traditionnel qui permet à des joueurs d'échanger, de s'affronter ou de collaborer de manière médiée (Ross, 2013 ; Thompson, 1995 ; Wouters & Gerbec, 2003) dans un environnement ludique, il est permis de se de-mander si d'autres formes de relations et de liens « sociaux » sont possibles. Le facteur numérique a le potentiel de complexifier la relation sociale, notamment pour deux raisons que nous désirons explorer. La première hypothèse, théorique, et à la suite de philosophes tels que Feenberg (2014) et Simondon (1989), et de nos réflexions sur le sujet (Plante, 2014b), consiste à définir la technologie comme étant socialement construite et induisant, d'une certaine manière, des façons de se comporter, de réfléchir et d'agir. Cette perspective ouvre ainsi vers une concep-tualisation différente du lien social au contact des objets techniques, et par exten-sion dans le cadre de l’utilisation d’un jeu numérique. La deuxième hypothèse, du domaine de l’action, consiste, pour le joueur, à concevoir un contenu de jeu et à le partager avec son entourage ou avec la communauté. Le joueur, qui devient con-cepteur, actualise une forme de relation que Ross (2013) nomme « quasi-interaction médiée » et qui pourrait être, sans remplacer les interactions de type dialogique (Thompson, 1995), une forme émergente de lien social
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