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    De la parole au corps du monde. Lorand Gaspar à la croisée des langues, des cultures et des disciplines

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    La ville de Târgu-Mureş (Roumanie) a légué à la postérité un des écrivains les plus personnels et originaux de la deuxième moitié du XXe siècle. Lauréat des prix Guillaume Apollinaire (1967) et Goncourt de la poésie (1998), Lorand Gaspar, poète, traducteur, historien, photographe mais aussi remarquable médecin chirurgien, y voit le jour le 28 février 1925. Sa naissance dans une famille hongroise d’origine arménienne et le contact direct avec le milieu roumain lui ont façonné un triple enracinement culturel de départ. Cette sensibilité à la diversité culturelle a depuis toujours sillonné son parcours personnel, professionnel et créatif. Située au confluent des cultures et des disciplines, l’œuvre de cet écrivain francophone aux origines transylvaines a déjà suscité l’intérêt de nombreux chercheurs et plusieurs travaux universitaires lui ont été consacrés, dont une partie importante s’est constituée par le biais des nombreuses traductions réalisées à partir de et par Gaspar lui-même. Par ailleurs, le parcours littéraire de l’écrivain ne saurait se détacher de son activité professionnelle: en tant que médecin chirurgien, il est témoin de la souffrance de ses patients, qu’il tentera de combattre par son engagement quotidien et par le travail d’écriture, véritable moyen d’expression de sa connaissance du monde et de l’homme. Observateur attentif des lieux qu’il a connus, Gaspar se sert également du dispositif photographique pour dire en images tout son émerveillement au regard du monde. De ce fait, chez Gaspar cohabitent trois vocations apparemment distantes qui partagent néanmoins son désir de scruter ce corps du monde qui prend la forme de la chair, du sol rugueux, de la lumière, de la parole. Sous ce triple éclairage sont ici réunies les contributions issues du colloque international De la parole au corps du monde. Lorand Gaspar à la croisée des langues, des cultures et des disciplines qui a eu lieu à Târgu Mureş les 27 et 28 février 2025 à l’occasion du centenaire de la naissance du poète

    Introduction

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    À la recherche d’un lieu perdu. Le Grand Espace d’Yves Bonnefoy ou l’art de bâtir son “arrière-pays”

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    While remaining a brief piece of prose composed of some annotations and imaginary wanderings in the Louvre museum, Le Grand Espace by Yves Bonnefoy allows us to capture the essence of a space that is shaped progressively as a place of the soul in its own here and now.The poetic emotion and the dreamlike dimension intertwine in this imaginary journey to the discovery of Delacroix, Manet, Cezanne, etc. in a way that does not follow any predetermined plan, if not the flow of memory and meditation. As the objective of a movie camera, Bonnefoy’s glance can capture all the fragments of beauty and brightness of art and melt them with the details of his own existence which are lost in the dust of time. Hence a unitary vision and a renewed consciousness of the world.Tout en restant un morceau de prose composé de brèves annotations et de petits déplacements imaginaires dans les salles du Louvre, Le Grand Espace d’Yves Bonnefoy nous permet de saisir l’essence d’un espace qui se façonne au fur et à mesure en tant que lieu de l’âme, à savoir son propre ici et maintenant. L’émotion poétique et la dimension onirique s’entremêlent dans ce voyage imaginaire à la découverte des oeuvres de Delacroix, Manet, Cézanne, etc. dans un chemin qui ne suit aucun plan préétabli, si ce n’est le flux de la mémoire et de la méditation. Le vagabondage d’un regard donc qui, à la manière de l’objectif d’une caméra – ce qui justifie la finalité cinématographique du texte conçu dans la forme d’un documentaire –, capture tous les fragments de beauté et de luminosité pour les fondre dans une vision unitaire et une conscience renouvelée du monde. « Vagabondage de l’écriture » ainsi que parcours de la mémoire à la découverte de détails de sa propre existence ensevelis sous la poudre du temps

    Traduire pour appréhender une respiration dans les profondeurs de la matière : Earth Absolute and Other Texts

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    If translating poetry implies a poetic act aimed at recreating the poem’s essential unity of form and content, as well as the convergence of the elements that contribute to its semantic and rhythmic density, then the challenges raised by Lorand Gaspar’s poetry could not be approached without considering the function of rhythm in his work. Focusing in particular on Sol absolu et autres textes (1982), in which rhythm can be perceived as an expression of body and mind within language, the aim of this study is to analyze the English translation by Mary Ann Caws and Nancy Kline in order to explore how it captures and recreates the movement which is intrinsic to the original text
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