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Orkibi Eithan, Les étudiants de France et la guerre d’Algérie. Identité et expression collective de l’UNEF (1954-1962), préface de Gilles Manceron, 2012
Pervillé Guy. Orkibi Eithan, Les étudiants de France et la guerre d’Algérie. Identité et expression collective de l’UNEF (1954-1962), préface de Gilles Manceron, 2012. In: Outre-mers, tome 100, n°380-381,2013. Missions chrétiennes et pouvoir colonial. pp. 362-364
Entre polémique et agitation : la violence verbale dans l’opposition au plan de désengagement de la bande de Gaza
À partir de l’action orchestrée en Israël contre le plan de désengagement de la bande de Gaza, cet article se propose d’effectuer une analyse rhétorique de la violence verbale telle qu’elle s’exprime dans un mouvement de protestation. Nous nous plaçons à la croisée d’une analyse du discours polémique et de la rhétorique des mouvements sociaux, pour examiner l’émergence et les fonctions de deux formes de violence verbale : les appels à désobéissance militaire et civile, et la profanation du symbole de la Shoa. L’analyse montre que ces formes émergent au moment où le mouvement est disqualifié par les médias et perd sa position d’acteur légitime dans la polémique. Une fois utilisées, ces formes de violence verbale permettent de reconfigurer l’espace polémique et de recadrer le débat journalistique autour du plan de désengagement.Drawing on the example of the opposition movement in Israel to the Gaza Disengagement Plan, this article offers a rhetorical analysis of verbal violence in the discourse of protest. Using an approach which combines polemical discourse analysis and social movement rhetoric, this paper examines the emergence and functions of two forms of verbal violence : coercive rhetoric (threats of military and civil disobedience) and obscenity (the profanation of a symbol the Holocaust). The analysis shows that these rhetorical strategies emerge once the opposition movement is discredited by the media and loses its position as a legitimate participant in the polemical debate. Once used, these forms of verbal violence reshape the polemical situation and reframe the journalistic debate on the Gaza Disengagement Plan
Auto-victimisation et discours politique : émotions, résonance culturelle et mobilisation dans la rhétorique de B. Netanyahou
Cette contribution explore la rhétorique d’auto-victimisation dans le discours politique. Si la « victimisation » est le processus par le biais duquel un individu ou un groupe sont culturellement construits ou socialement reconnus comme « victime », l’« auto-victimisation » est la pratique discursive par laquelle un orateur construit sa propre image ou identité de victime. S’appuyant sur un cadre théorique propre à l’approche interactionnelle des études de victimologie en sciences sociales, l’article examine trois dimensions constitutives du discours d’auto-victimisation d’un leader politique, en l’occurrence Benyamin Netanyahou, face aux accusations de corruption lancées contre lui : la mobilisation des émotions, les résonances culturelles et l’appel à l’identité collective. L’analyse montre que Netanyahou projette une image de victime de la persécution, tout en assimilant sa propre histoire au narratif constitutif de la droite israélienne, lequel repose sur une mémoire partagée et sur l’identité collective d’un camp politique qui se considère comme historiquement marginalisé et opprimé par la gauche. Ainsi, par l’auto-victimisation, Netanyahou se présente comme figure emblématique de la victimisation de la droite, si bien que l’appel à l’action pour soutenir Netanyahou devient un appel à défendre le camp politique tout entier. Les résultats de l’analyse mettent ainsi en évidence des pratiques caractéristiques du discours de victimisation dans un champ politique qui sont étroitement liées aux stratégies rhétoriques typiquement attribuées au discours populiste dans la politique contemporaine.This article explores the rhetoric of auto-victimization in political discourse. While “victimization” is generally defined as the process by which individuals or group as culturally constructed or socially acknowledged as victim, “auto-victimization” is the discursive practice by which a speaker constructs his or her own image or identity as victim. Drawing on the theoretical framework of the interactionalist approach to victimology in social sciences, the study examines three constitutive dimensions of a political leader, i.e, Benjamins Netanyahu’s rhetoric of auto-victimization in response to corruption charges: emotional mobilization, cultural resonance, and appeal to collective identity. The analysis shows that Netanyahu projects an image of a victim of persecution, while assimilating his personal story to the constitutive narrative of the Israeli right, self-perceived as a historically marginalized and oppressed by the Israeli left. Netanyahu’s auto-victimization thus transforms into a symbolic figure of the Israeli right’s tradition of victimization, and constitutes an emergency call to defend Netanyahu in order to protect the entire political camp. The results of the analysis correspond to the discursive practices observed by cultural victimology, but they also echo some of the rhetorical strategies associated with contemporary populist political discourse
Critique et engagement dans la rhétorique des mouvements sociaux
Depuis les années 1960 il existe aux États-Unis un domaine de recherche distinct au sein des études rhétoriques qui explore la « rhétorique des mouvements sociaux ». Les chercheurs affiliés à ce courant mènent, dès le départ, un débat riche et programmatique qui traite de problématiques métathéoriques liées à la responsabilité scientifique du chercheur et à la fonction sociale de la recherche dans le contexte de la protestation et de l’action collective. Cet article explore l’évolution de ce débat, dont les participants ont dans un premier temps contesté la pertinence de l’ethos scientifique de la théorie rhétorique dans l’époque contemporaine, et ont aspiré à redéfinir la responsabilité du chercheur par rapport au fonctionnement de l’espace discursif. Par la suite, les chercheurs en rhétorique des mouvements sociaux ont examiné les rapports dialectiques entre l’analyse rhétorique et les mouvements étudiés, c’est-à-dire entre la théorie et la pratique, et en conséquence ont aspiré à formuler l’engagement des spécialistes en rhétorique des mouvements sociaux à la fois comme chercheurs et enseignants. L’article décrit ce débat et traite de sa contribution, d’une part à l’évolution de la théorie rhétorique, et d’autre part à la réflexion sur l’engagement scientifique et social du chercheur en tout ce qui concerne les processus et les modalités du changement social.Since the 1960s, there has been an active and distinct research field within rhetorical studies in the United States, which explores the “rhetoric of social movements”. Researchers affiliated with this stream have staged from the outset a rich and structured debate dealing with meta-theoretical issues related to the scientific responsibility of the researcher and the social role of the research in the context of protest and collective action. This article explores the evolution of this debate, in which the participants have initially questioned the relevance of the scientific ethos of contemporary rhetorical theory, and aspired to redefine the responsibility of the researcher with regard to the social dynamics in the public sphere. Subsequently, researchers in the rhetoric of social movements discussed the dialectical relations between rhetorical analysis and social movements, i.e. between theory and practice, and therefore aspired to define the social commitment of specialists in the rhetoric of social movements both as researchers and teachers. The article describes this debate and discusses its contribution to the evolution of rhetorical theory on the one hand, and to the ongoing thinking about the scientific and social commitment of the researcher vis-a-vis processes and practice of social change on the other
Kochin, Michael S. 2009. Five Chapters on Rhetoric: Character, Action, Things, Nothing and Art (University Park: Pennsylvania State University Press)
Deux constatations traversent le nouvel ouvrage de Michael Kochin, et nous invitent à reconsidérer la rhétorique dans la communication persuasive. D’abord, que ce sont les événements concrets et les faits mis à l’épreuve qui ont la plus grande force de conviction ; et ensuite, que le discours a souvent une fonction autre que la persuasion : celle de maintenir les canaux de communication pour sauvegarder les relations et les institutions humaines. Pour l’auteur de cet ouvrage qui porte sur le..
Entre polémique et agitation : la violence verbale dans l’opposition au plan de désengagement de la bande de Gaza
À partir de l’action orchestrée en Israël contre le plan de désengagement de la bande de Gaza, cet article se propose d’effectuer une analyse rhétorique de la violence verbale telle qu’elle s’exprime dans un mouvement de protestation. Nous nous plaçons à la croisée d’une analyse du discours polémique et de la rhétorique des mouvements sociaux, pour examiner l’émergence et les fonctions de deux formes de violence verbale : les appels à désobéissance militaire et civile, et la profanation du symbole de la Shoa. L’analyse montre que ces formes émergent au moment où le mouvement est disqualifié par les médias et perd sa position d’acteur légitime dans la polémique. Une fois utilisées, ces formes de violence verbale permettent de reconfigurer l’espace polémique et de recadrer le débat journalistique autour du plan de désengagement.Drawing on the example of the opposition movement in Israel to the Gaza Disengagement Plan, this article offers a rhetorical analysis of verbal violence in the discourse of protest. Using an approach which combines polemical discourse analysis and social movement rhetoric, this paper examines the emergence and functions of two forms of verbal violence : coercive rhetoric (threats of military and civil disobedience) and obscenity (the profanation of a symbol the Holocaust). The analysis shows that these rhetorical strategies emerge once the opposition movement is discredited by the media and loses its position as a legitimate participant in the polemical debate. Once used, these forms of verbal violence reshape the polemical situation and reframe the journalistic debate on the Gaza Disengagement Plan
Ethos numérique et image de candidat dans les campagnes électroniques : le cas des élections israéliennes de 2013
Cet article, qui étudie les aspects rhétoriques de campagnes électroniques, interroge la spécificité de la construction de l’image des candidats sur les réseaux sociaux. L’analyse de l’activité sur Facebook de trois candidats durant les élections israéliennes de 2013 révèle trois stratégies discursives : l’informalité, la métatextualité et la narrativité. Ces stratégies discursives transforment les microblogs de campagne en « journaux de campagne » personnels, utilisés par les candidats pour y exposer des anecdotes de « coulisses », des impressions subjectives et des réflexions privées. L’analyse montre que les candidats utilisent les microblogs personnels sur Facebook pour renforcer l’« authenticité » et la complexité de leur image, qui diffère, et même dans certains cas se démarque, de celle de leur personnage public telle qu’orchestrée par les directeurs de la campagne traditionnelle. Cet article pose que de telles images politiques ont été stratégiquement conçues en fonction d’une promesse : celle d’en finir avec les « politiques anciennes », afin de montrer l’engagement des candidats envers une « nouvelle politique ».This article explores the rhetorical dimensions of electronic campaigns and particularly focuses on the specificity of candidate images construction on social networks. The analysis of Facebook activity of three prominent candidates during the 2013 Israeli Elections, uncovers three discursive strategies: informality, meta-textuality and narrativity. These discursive strategies transform the campaign microblogs into personal “campaign diaries” used by the candidates to account for “behind the scenes” anecdotes, subjective impressions and private insights. The analysis shows that candidates used personal Facebook microblogs to strengthen their image as “authentic” and complex characters, which differs, and in some respect contrasts their public persona as was engineered by the campaign managers in the mainstream campaign. This article argues that such political images were strategically designed in order to support the campaigns’ promise to break from the “old politics” and warrant the candidates’ commitment to the “new politics.
Critique et engagement dans la rhétorique des mouvements sociaux
Depuis les années 1960 il existe aux États-Unis un domaine de recherche distinct au sein des études rhétoriques qui explore la « rhétorique des mouvements sociaux ». Les chercheurs affiliés à ce courant mènent, dès le départ, un débat riche et programmatique qui traite de problématiques métathéoriques liées à la responsabilité scientifique du chercheur et à la fonction sociale de la recherche dans le contexte de la protestation et de l’action collective. Cet article explore l’évolution de ce débat, dont les participants ont dans un premier temps contesté la pertinence de l’ethos scientifique de la théorie rhétorique dans l’époque contemporaine, et ont aspiré à redéfinir la responsabilité du chercheur par rapport au fonctionnement de l’espace discursif. Par la suite, les chercheurs en rhétorique des mouvements sociaux ont examiné les rapports dialectiques entre l’analyse rhétorique et les mouvements étudiés, c’est-à-dire entre la théorie et la pratique, et en conséquence ont aspiré à formuler l’engagement des spécialistes en rhétorique des mouvements sociaux à la fois comme chercheurs et enseignants. L’article décrit ce débat et traite de sa contribution, d’une part à l’évolution de la théorie rhétorique, et d’autre part à la réflexion sur l’engagement scientifique et social du chercheur en tout ce qui concerne les processus et les modalités du changement social.Since the 1960s, there has been an active and distinct research field within rhetorical studies in the United States, which explores the “rhetoric of social movements”. Researchers affiliated with this stream have staged from the outset a rich and structured debate dealing with meta-theoretical issues related to the scientific responsibility of the researcher and the social role of the research in the context of protest and collective action. This article explores the evolution of this debate, in which the participants have initially questioned the relevance of the scientific ethos of contemporary rhetorical theory, and aspired to redefine the responsibility of the researcher with regard to the social dynamics in the public sphere. Subsequently, researchers in the rhetoric of social movements discussed the dialectical relations between rhetorical analysis and social movements, i.e. between theory and practice, and therefore aspired to define the social commitment of specialists in the rhetoric of social movements both as researchers and teachers. The article describes this debate and discusses its contribution to the evolution of rhetorical theory on the one hand, and to the ongoing thinking about the scientific and social commitment of the researcher vis-a-vis processes and practice of social change on the other
Peuple et ethos collectif dans la rhétorique de l’action collective : l’exemple du mouvement de l’été 2011 en Israël
1. Introduction Le mouvement social qui s’est développé en Israël durant l’été 2011 a été l’une des plus grandes et des plus longues mobilisations qu’a connues la société israélienne. Partiellement influencé par l’agitation globale – du printemps arabe jusqu’aux mobilisations des « indignés » en Europe –, il a donné lieu pour la première fois à des rassemblements de masse récurrents dans les rues de plusieurs villes israéliennes, pour une série de manifestations et d’actions collectives de gr..
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