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Les Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants en France et au Brésil: différences et similitudes
International audienceLas medidas de flexibilización del mercado de trabajo, en Francia y Brasil, favorecieron el desarrollo de una categoría hibrida de trabajadores: los que llamamos Trabajadores Autónomos Económicamente Dependientes (TAEDs). Son jurídicamente autónomos pero dependen económicamente de un único cliente para la mayoría de sus ingresos. Ya que esta categoría cuestiona la oposición clásica entre empleo asalariado y trabajo autónomo, pareció interesante comparar sus condiciones de emergencia así como las trayectorias de los TAEDs en una “sociedad salarial” (Castel, 1995) y en un país caracterizado por una “salarización restringida” (Mathias, 1987). El análisis de cuarenta entrevistas realizadas con TAEDs franceses y brasileños del sector de Tecnologías de la Información (TI) posibilitó la formulación de varias hipótesis. Primero, la emergencia de esta forma de trabajo hibrida responde a lógicas distintas, en Francia y en Brasil, según las especificidades de los mercados de trabajo locales: la situación de TAED es generalmente impuesta a los profesionales brasileños por su cliente para eludir los derechos laborales mientras que los entrevistados franceses optan por la posición de TAED como forma de inserción perene, para escaparse de la influencia de las empresas de prestación de servicios. Sin embargo, seria reductor oponer los TAEDs brasileños precarizados frente a los TAEDs franceses queriendo emanciparse del marco salarial, ya que la heterogeneidad interna de los dos grupos es muy grande en términos de aspiraciones y posiciones en el mercado de trabajo. El análisis de las trayectorias de los entrevistados posibilita superar esta oposición binaria ya que, con el paso del tiempo, ambas posiciones se acercan: primero obligados por su cliente a tornarse autónomos, varios entrevistados brasileños terminan por considerar la situación de TAED más ventajosa y la utilizan para construir un verdadero proyecto empresarial. Mientras que algunos entrevistados franceses que preferían la posición de TAED eligen volver a ser asalariados
Les Travailleurs Indépendants Économiquement Dépendants brésiliens : vers une analyse des trajectoires en termes de mobilisation de ressources
International audienceCette communication est consacrée à une catégorie de travailleurs qui illustre la porosité croissante de la frontière entre emploi salarié et travail indépendant : les travailleurs indépendants économiquement dépendants (TIEDs), qui sont juridiquement dépendants mais dépendent d’un donneur d’ordre pour l’essentiel de leurs revenus, conformément à la définition formulée par la Commission européenne . Pour appréhender la signification sociale de cette forme hybride de travail, nous avons réalisé des entretiens avec des TIEDs qualifiés qui exercent au Brésil une activité de programmeur ou d’infographiste. L’analyse des entretiens nous apprend que cette situation résulte avant tout d’une stratégie entrepreneuriale de réduction des coûts du travail et est envisagée par les professionnels comme une phase transitoire de leur parcours. Cependant, notre étude révèle que la position de TIED peut être préférée à celle de salarié et contribuer à la consolidation d’un projet entrepreneurial. Nous posons enfin la question de la sécurité de ces travailleurs exclus des dispositions protectrices du droit du travail : optant pour une conception ouverte de la sécurité comme perception subjective pouvant reposer sur d’autres bases que celle de droits formels, nous proposons une analyse qui met l’accent sur la mobilisation de ressources de plusieurs types comme mécanisme fondateur de la sécurité des TIEDs
Analyse d’une zone grise d’emploi en France et au Brésil : les Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants (TIED)
International audienceThis article deals with a specific category of workers set in a grey zone between wage-labor and self-employment. Those we refer to as Economically Dependent Self-employed Workers (EDSW) are workers who are legally self-employed but are in fact depending on a single client for most of their income. Using the semi-structured interviews we did in France and Brazil with forty EDSW working in the Information Technology sector, we study the actual condition of these workers in order to locate them on a continuum between disguised wage-labor and real self-employment. After differentiating two EDSW profiles, we focus on the “service providers integrated into the client structure” group, whose emergence answers different logic in France and Brazil. Then, we identify the risks to which these workers are exposed because of their self-employed status, and we analyze the way they try to cope with those risks by negotiating benefits with their client and/or mobilizing individual protection mechanisms.Cet article porte sur une catégorie spécifique de travailleurs qui se situe dans une zone grise entre salariat et travail indépendant. Ceux que nous appelons les Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants (TIED) associent une indépendance juridique à une dépendance économique vis-à-vis d’un donneur d’ordres dont provient l’essentiel de leurs revenus. À partir d’entretiens réalisés en France et au Brésil avec quarante TIED du secteur des Technologies de l’Information, nous étudions la situation concrète de ces travailleurs pour pouvoir les situer sur un continuum entre salariat déguisé et véritable indépendance. Après avoir distingué deux profils de TIED, nous nous centrons sur le groupe des « prestataires intégrés à la structure commanditaire », dont l’émergence répond à des logiques différentes en France et au Brésil. Nous identifions les risques auxquels ces travailleurs sont exposés du fait de leur indépendance juridique et analysons comment ils tentent d’y faire face en négociant des avantages avec leur client et/ou en mobilisant des mécanismes individuels de protection
Mobilização de recursos e trajetórias de Trabalhadores Autônomos Economicamente Dependentes brasileiros
International audienceThe Economically Dependent Self-employed Workers (EDSW) illustrate the growing porosity of the boundary between employment and self-employment. Combining a legal status of self-employed worker with an economic dependency on one client that provides most of their income, they stand in a grey zone of labor market. Th anks to a fi eld research carried out with professionals of the Information Technology (IT) sector from Porto Alegre, we ask about the vulnerability of these workers excluded from the Brazilian labor law. We suggest an analysis of these trajectories that lays emphasis on the mobilization of many types of resources as a founding element of security.Les Travailleurs Indépendants Économiquement Dépendants (TIED) illustrent la porosité croissante de la frontière entre emploi salarié et travail indépendant. Dans la mesure où ils associent une indépendance juridique à une dépendance économique vis-à-vis d’un client dont provient plus de la moitié de leurs revenus, ces travailleurs se situent dans une zone grise entre salariat et travail indépendant. A partir d’une enquête réalisée auprès de professionnels brésiliens du secteur des Technologies de l’Information (TI), nous posons la question de la vulnérabilité de ces travailleurs exclus des protections du droit du travail et nous proposons une analyse de leurs trajectoires qui met l’accent sur la mobilisation de ressources de plusieurs types comme élément fondateur de sécurité.Os Trabalhadores Autônomos Economicamente Dependentes (TAEDs) ilustram a porosidade crescente da fronteira entre emprego assalariado e trabalho autônomo. Ao associar uma autonomia jurídica a uma dependência econômica em relação a um cliente que aufere a maior parte da sua renda, eles situam-se numa zona cinzenta do mercado de trabalho. A partir de uma pesquisa de campo realizada com profi ssionais do setor de Tecnologia da Informação (TI) de Porto Alegre, perguntamos acerca da vulnerabilidade desses trabalhadores excluídos das proteções da Consolidação das Leis do Trabalho (CLT) e propomos uma análise das suas trajetórias que enfatize a mobilização de recursos de vários tipos como elemento fundador de segurança
Analyse d’une zone grise d’emploi en France et au Brésil : les Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants (TIED) : Analysis of a grey zone in France and Brazil: the Economically Dependent SelfEmployed Workers (EDSW)
This article deals with a specific category of workers set in a grey zone between wage-labor and self-employment. Those we refer to as Economically Dependent Self-employed Workers (EDSW) are workers who are legally self-employed but are in fact depending on a single client for most of their income. Using the semi-structured interviews we did in France and Brazil with forty EDSW working in the Information Technology sector, we study the actual condition of these workers in order to locate them on a continuum between disguised wage-labor and real self-employment. After differentiating two EDSW profiles, we focus on the “service providers integrated into the client structure” group, whose emergence answers different logic in France and Brazil. Then, we identify the risks to which these workers are exposed because of their self-employed status, and we analyze the way they try to cope with those risks by negotiating benefits with their client and/or mobilizing individual protection mechanisms.Cet article porte sur une catégorie spécifique de travailleurs qui se situe dans une zone grise entre salariat et travail indépendant. Ceux que nous appelons les Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants (TIED) associent une indépendance juridique à une dépendance économique vis-à-vis d’un donneur d’ordres dont provient l’essentiel de leurs revenus. À partir d’entretiens réalisés en France et au Brésil avec quarante TIED du secteur des Technologies de l’Information, nous étudions la situation concrète de ces travailleurs pour pouvoir les situer sur un continuum entre salariat déguisé et véritable indépendance. Après avoir distingué deux profils de TIED, nous nous centrons sur le groupe des « prestataires intégrés à la structure commanditaire », dont l’émergence répond à des logiques différentes en France et au Brésil. Nous identifions les risques auxquels ces travailleurs sont exposés du fait de leur indépendance juridique et analysons comment ils tentent d’y faire face en négociant des avantages avec leur client et/ou en mobilisant des mécanismes individuels de protection
Os Trabalhadores Autônomos Economicamente Dependentes (TAEDs) na França e no Brasil : análise comparativa de uma zona cinzenta do emprego
Cette recherche porte sur une catégorie spécifique de travailleurs, les Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants (TIED), qui associent une indépendance juridique à une dépendance économique vis-à-vis d’un seul client. En cumulant des caractéristiques typiques des deux catégories classiques que sont les salariés et les travailleurs indépendants, les TIED s’inscrivent dans une zone grise du marché du travail. A partir d’une étude qualitative menée auprès de TIED français et brésiliens du secteur des Technologies de l’Information, nous nous interrogeons sur la signification sociale de cette forme d’emploi hybride et sur la façon dont elle émerge sur des marchés du travail aussi différents que ceux de la France et du Brésil. L’analyse des conditions de travail des enquêtés permet d’abord de situer les TIED sur un continuum entre salariat déguisé et véritable travail indépendant et de distinguer deux profils-types : les prestataires intégrés à la structure commanditaire et les indépendants en transition. Pour étudier les trajectoires professionnelles de ces travailleurs, nous mobilisons ensuite l’approche par les capabilités d’Amartya Sen (2000) : nous montrons que les parcours des TIED – privés des protections du droit du travail par leur indépendance juridique – reposent sur des processus d'accumulation et de conversion de différents types de ressources en libertés réelles (ou capabilités). De plus, si l’approche de Sen permet d’expliquer les différences de capabilités observées au sein de notre échantillon, nous proposons d’enrichir son cadre d’analyse afin de l’adapter à l’étude de trajectoires socioprofessionnelles. Les analyses réalisées nous conduisent enfin à distinguer deux groupes d’enquêtés, les "TIED réticents" et les "TIED épanouis" : les TIED réticents, plus nombreux au Brésil, expriment un attachement fort au salariat, alors que les TIED épanouis voient dans la position de TIED une façon d’échapper à des emplois décevants et trouvent souvent avantage à une situation qui leur offre plus d’autonomie que le salariat et plus de confort que la véritable indépendance. En nous appuyant sur les travaux de Fraser (2010) et Boltanski et Chiapello (2011), nous montrons comment le positionnement des TIED épanouis contribue indirectement à la remise en cause du rôle de l’Etat social.Les TIED apparaissent en définitive comme une figure emblématique d’un processus ambivalent d’individualisation qui contribue à l’émergence d’un sujet en quête d’autonomie, délié de ses appartenances traditionnelles, tout en favorisant une confrontation directe de l’individu avec le marché qui accroît les inégalités. Dès lors, si les désirs d’émancipation et d’autonomie des TIED épanouis nous semblent devoir être pris au sérieux, une réflexion s’impose sur les mesures susceptibles d’étendre les capabilités des individus tout en luttant contre l’exacerbation des inégalités et en préservant un système de mutualisation des risques fondé sur la solidarité.This research deals with a specific category of workers, the Economically Dependent Self-employed Workers (EDSW), who associate legal independence with an economic dependence upon a single client. Combining typical characteristics of two traditional labor categories, wage-labor and self-employment, EDSW fall within a grey zone of the labor market. Starting from a qualitative survey conducted among French and Brazilian EDSW from the Information Technology sector, we question the social significance of this hybrid employment form and the way it emerges in labor markets as dissimilar as those of France and Brazil. At first, the analysis of EDSW working conditions enables to place them on a continuum between disguised wage-labor and real self-employment and to identify two typical profiles: service providers integrated to the client structure and transitioning self-employed workers. To study their occupational path, we then mobilize Amartya Sen’s capability approach (2000): we show that the careers of EDSW – deprived of labor law protection by their self-employment status – rely on accumulation and conversion processes of various resources types into real freedom (or capabilities). Moreover, if Sen's approach helps explaining the observed differences in capabilities within our sample, we propose to enrich its analytical framework in order to adapt it to socio professional path study. Finally, the conducted analyzes lead us to split our sample into two groups: the ‘reluctant EDSW’ and the ‘fulfilled EDSW’. The reluctant EDSW, more numerous in Brazil, express a strong attachment to wage-labor, whereas the fulfilled EDSW see in EDSW position a way to exit disappointing jobs and often find benefits in a situation which offers them more autonomy than wage-labor and greater comfort than actual self-employment. Mobilizing the theoretical contributions of Fraser (2010) and Boltanski and Chiapello (2011), we demonstrate how the positioning of the fulfilled EDSW contributes to indirectly challenge the welfare state’s role.EDSW ultimately appear as an icon of an ambivalent process of individualization which contributes to the emergence of a subject who is seeking for autonomy, relieved from its traditional affiliations, while simultaneously promoting a direct confrontation of the individuals with the market that increases inequalities. Therefore, if the fulfilled EDSW’s wishes for emancipation and autonomy should be seriously considered, a reflection is needed on measures that may increase individual capabilities while struggling against increasing inequalities and maintaining a system of risks management based on solidarity.Essa tese está dedicada a uma categoria específica de trabalhadores, os Trabalhadores Autônomos Economicamente Dependentes (TAEDs), que cumulam uma autonomia jurídica com uma situação de dependência econômica em relação a um único cliente. Ao associar características típicas das duas categorias clássicas que são os assalariados e os trabalhadores autônomos, os TAEDs inscrevem-se numa zona cinzenta do mercado de trabalho. A partir de uma pesquisa qualitativa realizada com TAEDs franceses e brasileiros do setor de Tecnologia da Informação, perguntamo-nos acerca do significado social dessa forma híbrida de trabalho e da sua emergência nos mercados de trabalho tão distintos da França e do Brasil. A análise das condições de trabalho dos entrevistados possibilita primeiro situar os TAEDs num continuum entre emprego assalariado e verdadeiro trabalho autônomo e diferenciar dois perfis: os prestadores integrados na estrutura cliente e os autônomos em transição. Para estudar as trajetórias profissionais desses trabalhadores, mobilizamos, em seguida, a abordagem pelas capacidades de Amartya Sen (2000): mostramos que os percursos dos TAEDs – que são privados das proteções trabalhistas pela sua autonomia jurídica – dependem de processos de acumulação e conversão de distintos tipos de recursos em liberdades reais (ou capacidades). Além disso, se a abordagem de Sen permite explicar as diferenças de capacidades observadas na nossa amostra, propomos enriquecer o seu marco de análise para adaptá-lo ao estudo de trajetórias socioprofissionais. As análises realizadas nos levam finalmente a distinguir dois grupos de entrevistados, os “TAEDs reticentes” e os “TAEDs satisfeitos”: os TAEDs reticentes, mais numerosos no Brasil, expressam um forte apego ao emprego assalariado enquanto os TAEDs satisfeitos veem na posição de TAED uma forma de se livrarem de empregos decepcionantes e, na maioria dos casos, creem vantajosa uma situação que oferece uma autonomia maior que o emprego assalariado e um conforto maior que o trabalho verdadeiramente autônomo. A partir das obras de Fraser (2010) e Boltanski e Chiapello (2011), mostramos que o posicionamento dos TAEDs satisfeitos questiona indiretamente o papel do Estado social. Os TAEDs aparecem então como uma figura emblemática de um processo ambivalente de individualização que contribui para a emergência de um sujeito que busca autonomia e está livre de seus pertencimentos tradicionais, ao mesmo tempo em que favorece um confronto direto do indivíduo com o mercado que aumenta as desigualdades. Se achamos que os desejos de emancipação e autonomia dos TAEDs satisfeitos têm que ser levados a serio, é necessário refletir sobre as medidas que poderiam expandir as capacidades dos indivíduos, lutando contra o aumento das desigualdades e preservando um sistema solidário de gestão dos riscos
Les Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants en France et au Brésil: analyse comparative d'une forme spécifique de sous-traitance
International audienceEsta ponencia se focaliza en una categoría híbrida de trabajadores que se desarrolló en varios países en el marco de la reestructuración productiva de los años ochenta y noventa: los que llamamos Trabajadores Autónomos Económicamente Dependientes (TAEDs) son trabajadores jurídicamente autónomos pero que dependen económicamente de un único cliente para la mayoría de sus ingresos. A pesar de que esta categoría llamó la atención de organizaciones internacionales como la OIT (2003) o la Comisión Europea (2006), en la mayoría de los países del mundo la situación específica de estos trabajadores no es reconocida desde el punto de vista jurídico. La emergencia de los TAEDs es frecuentemente analizada en el contexto más amplio de la difusión de estrategias de subcontratación: muchos autores mencionan la existencia de esta categoría junto con otras estrategias de tercerización, como un caso particular de externalización de los riesgos (Gorz, 1988; Gerritsen, 1994; Krein, 2007; Druck, 2009). De hecho, la autonomía jurídica de los TAEDs los excluye de los beneficios del derecho del trabajo sin que puedan contar con varios clientes como es el caso de los trabajadores autónomos “auténticos”. Esta categoría parece entonces constituir un ejemplo de precariedad del empleo (Paugam, 2000), entendida como pérdida de derechos y protecciones frente a los riesgos sociales. Sin embargo, encontramos muchas veces en la literatura una distinción según el grado de cualificación de los trabajadores considerados (Lyon-Caen, 1990; Marques de Lima, 2007): los TAEDs poco cualificados serían falsos autónomos que sufren de una situación impuesta por su único cliente para eludir las obligaciones laborales mientras que los TAEDs cualificados habrían elegido tornarse autónomos para revalorizar sus competencias y gozar de una mayor autonomía. En este contexto nos pareció interesante estudiar TAEDs cualificados que actúen en un sector dinámico - la Tecnología de la Información – analizando sus condiciones objetivas de trabajo y su posicionamiento subjetivo con respecto a la situación de TAED.Para eso, examinamos las trayectorias socio-profesionales de TAEDs en países caracterizados por mercados de trabajo estructuralmente muy distintos, Francia y Brasil. Entre 2011 y 2014, realizamos entrevistas con cuarenta TAEDs del sector de TI. La mitad de ellos trabaja en Paris, la otra en Porto Alegre. Los profesionales encontrados se definen como desarrolladores, arquitectos de sistemas o diseñadores gráficos, tienen entre 22 y 45 años y un 20% son mujeres.Primero estudiamos las condiciones concretas de trabajo de los TAEDs para ver si se trata de una forma de trabajo autónomo sui generis o si en nada se diferencian estos profesionales de trabajadores asalariados. La inscripción de nuestra muestra en un gráfico compuesto por dos ejes permite situar a los entrevistados en un continuum entre subordinación y autonomía operacional por un lado y trabajo autónomo “autentico” y falsa autonomía por otro. Dos grupos se perfilan: si para los “emprendedores en transición” la situación de TAED es más circunstancial y coincide con una gran autonomía operacional, los “prestadores de servicio integrados a la estructura comanditaria”, que son mucho más numerosos, ejercen su actividad en el local del cliente y su remuneración depende más del tiempo trabajado que de las tareas realizadas. Las condiciones de trabajo del segundo grupo los aproximan entonces de asalariados clásicos y el contrato de prestación de servicios de estos trabajadores podría probablemente ser recalificado como contrato de trabajo por la justicia. Pero vale la pena ir más allá del análisis de sus condiciones de trabajo y preguntarse acerca de la percepción que los TAEDs tienen de su propia situación. Descubrimos así una diferencia muy grande entre los entrevistados franceses y brasileros en relación al origen de esta forma híbrida de trabajo: la situación de TAED es generalmente impuesta a los profesionales brasileños por su cliente para eludir los derechos laborales mientras que los entrevistados franceses optan por la posición de TAED para escaparse de la influencia de las empresas de prestación de servicios. Sin embargo, seria reductor oponer los TAEDs brasileños precarizados frente a los TAEDs franceses queriendo emanciparse del marco salarial, ya que, con el paso del tiempo, se observa una apropiación de la situación de TAED por parte de los entrevistados brasileños, que termina por considerar la situación de TAED más ventajosa. ¿Por qué la mayoría de los entrevistados parece entonces satisfacerse de una situación que, en principio los priva de varios derechos? Los motivos de adhesión a la situación de TAED cambian de un individuo a otro, pero remiten a dos factores principales. Primero, varios entrevistados prefieren la posición de TAED a la de asalariado porque esta última no cumple sus promesas, sea por la falta de efectividad del derecho laboral en Brasil, por la apropiación abusiva del lucro por empresas de subcontratación en Francia o en ambos países por la indiferencia del empleador con respecto a la manutención de la empleabilidad de sus trabajadores. Segundo, la mayoría de los entrevistados está feliz de su situación porque comparte la fe característica de la “ideología californiana” en un “individuo auto-suficiente”, que goce de “la potencialidad emancipadora de las nuevas tecnologías de información” y no necesite el soporte del Estado (Barbrook, Cameron, 2001, p. 373; 376). Los entrevistados que adhieren a esta concepción individualista de la protección social ven en la situación de TAED una forma de evitar el “coste” de las contribuciones sociales. Si la precarización laboral remite a un deterioro de los derechos laborales y sociales, los TAEDs del sector de TI entrevistados pueden entonces ser cualificados de trabajadores precarios o precarizados. Sin embargo, el análisis del discurso y de las percepciones subjetivas de los entrevistados nos lleva a deconstruir la idea de un trabajador subcontratado pasivo, completamente dominado por su cliente. La posición de TAED puede de hecho ser una forma de emanciparse de la tutela de las empresas de subcontratación y acabar con un cierto tipo de explotación. Pero la desconfianza con respecto al Estado y a los mecanismos colectivos de protección social expresada por trabajadores bien colocados en el mercado es un asunto que merece mayor atención porque cuestiona los fundamentos del Estado de bienestar
Les inégalités au prisme de l’approche par les capacités: analyse comparée du cas de deux Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants brésiliens
International audienceNotre communication est consacrée à une catégorie spécifique de travailleurs qui se situe dans une zone grise entre salariat et travail indépendant. Ceux que nous appelons Travailleurs Indépendants Economiquement Dépendants (TIED) associent en effet une indépendance juridique à une dépendance économique vis-à-vis d’un donneur d’ordres dont provient l’essentiel de leurs revenus. L’émergence de cette forme de travail hybride questionne les catégories traditionnelles du marché du travail que sont le travail indépendant et l’emploi salarié: nous avons choisi de comparer les trajectoires de ces travailleurs dans deux pays caractérisés par des marchés du travail structurellement très différents, à savoir la France et le Brésil. Entre 2011 et 2014, nous avons réalisé des entretiens avec quarante TIED du secteur des Technologies de l’Information, la moitié exerçant leur activité à Paris, l’autre moitié travaillant à Porto Alegre, au Brésil. Les professionnels rencontrés se définissent comme développeurs, analystes ou webdesigners, leur âge varie entre 22 et 45 ans, et 20 % sont des femmes.Le caractère hybride de la catégorie étudiée nous amène naturellement à un questionnement sur les inégalités, et nous avons choisi d’articuler deux niveaux d’analyse, qui correspondent chacun au choix d’une « variable focale » différente - d’un critère ou point d’appui distinct à l’aune duquel mesurer les inégalités - que ce soit entre TIED et salariés, entre TIED des deux pays étudiés, ou au sein même du groupe des TIED (Sen, 1992, p.22).Dans un premier temps, nous centrons notre analyse des inégalités sur une variable focale particulièrement pertinente dans le cas de travailleurs non salariés, celle des droits et protections dont les enquêtés disposent ou sont privés lorsqu’ils se trouvent dans la situation de TIED. Leur indépendance juridique excluant les TIED des dispositions protectrices du droit du travail, en France comme au Brésil, il s’agira d’abord, dans chaque pays, de mettre en évidence les inégalités entre TIED et salariés en ce qui concerne l’accès à des mécanismes collectifs de protection sociale ou la régulation de leurs conditions de travail. Mais, si les TIED sont a priori privés des droits attachés à la condition salariale, plusieurs enquêtés parviennent à négocier un certain nombre d’avantages avec leur client principal : nous nous attacherons donc à restituer la diversité des situations de TIED en mettant en évidence les disparités internes aux groupes, tant en ce qui concerne leur niveau de rémunération que l’éventuelle compensation d’une surcharge de travail ou la possibilité de prendre des congés, rémunérés ou non. Dans un deuxième temps, nous nous inspirons de l’approche développée par Amartya Sen et cherchons à appréhender les inégalités en termes de «capabilités », soit la capacité d’un individu à atteindre les objectifs qu’il s’est lui-même fixé, à « réaliser les fonctionnements qu’il ou elle a des raisons de valoriser » (Sen, 1992, p.24). Ce changement de variable focale va de pair avec un déplacement de l’analyse : alors que dans la première partie de la communication nous nous centrons sur la situation de TIED en tant que telle, comme sur une photographie, nous considérons désormais l’ensemble de la trajectoire des enquêtés, nous rapprochant ainsi de la deuxième acception de la zone grise, identifiée dans le texte de cadrage comme « zone de transit ». Nous formulons alors l’hypothèse que la réalisation des objectifs fixés ou l’orientation de leurs parcours dans une direction souhaitée par les TIED dépendent de leur capacité à mobiliser des ressources de plusieurs types. Une pré-analyse nous a permis d’identifier des ressources marchandes, institutionnelles, familiales, financières, professionnelles et sociales, que les enquêtés mobilisent de façon très variable tout au long de leur trajectoire pour mettre en œuvre des stratégies visant à atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés. Les inégalités observables renvoient alors autant à la détention de ces ressources (et donc à la question de leur répartition) qu’à la capacité de les mobiliser
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