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Le sens de la famille pour les jeunes adultes mexicains, français et québécois dans le contexte de la globalisation
Cette étude explore les risques et les avantages que le lien entre la globalisation et certaines familles des sociétés industrielles entraine. L’attention est mise sur la conception, les défis et les stratégies que ces familles développent pour s’adapter ou résister à la globalisation qui est comprise dans le cadre de ce travail comme le processus historique d’intégration de toutes les régions du monde dans un système unique à travers le renforcement des réseaux d’interdépendance aux plans politico-économique, socioculturel et technotronique. Vingt et un jeunes adultes ont participé à l’étude. Ils étaient âgés de 20 à 30 ans et de nationalités mexicaine, française et québécoise. L’approche interculturelle comparative a été choisie, tout en employant la méthodologie ethnopsychologique, c’est-à-dire la description des significats servant à comprendre un phénomène social complexe. C’est par entretien de groupe que le discours des jeunes adultes a été recueilli. Ces données ont été traitées en utilisant deux types d’analyse, dialogique et thématique, à des fins de triangulation. Les résultats suggèrent que les institutions de la globalisation peuvent amener certains changements dans les familles, en particulier les valeurs et les politiques familiales teintées des exigences du marché global qui nuisent au noyau familial. Paradoxalement, la famille, pour les jeunes adultes des pays ciblés, reste avant tout un havre de protection. Par contre, il y a aussi un ensemble de défis que la globalisation impose : distance intergénérationnelle, manque de communication, redéfinition de rôles. Afin d’aider les familles à les surmonter, une approche familialiste dans les programmes et les services sociaux pourrait être privilégiée. Mots clé : Famille, globalisation, institutions de la globalisation, familialisme, jeunes adultes
L'expérience vécue des difficultés de sommeil dans la relation de couple au Canada et au Brésil : une étude interculturelle comparative entre les villes de Québec et de Fortaleza
Le sommeil est un phénomène naturel, biologique, individuel mais aussi socioculturellement organisé. Comprendre l’expérience vécue des difficultés de sommeil (DSom) dans la vie quotidienne de couples canadiens et brésiliens est l’objectif de cette thèse. L’étude, inscrite dans le paradigme interculturel-comparatif, s’appuie sur la méthode phénoménologique critique (Moreira, 2009). Cette approche vise à saisir le monde vécu des couples avec DSom à partir de la description des multiples contours (socio-économico-culturel) dans lesquels chaque partenaire, et le couple, sont entremêlés profondément au jour le jour. Onze couples hétérosexuels, sans enfant, âgés entre 24 et 47 ans, dont l’un ou les deux partenaires rapportent avoir des DSom ont été recrutés à Québec (N = 6) et à Fortaleza (N = 5). L’entrevue phénoménologique de couple et la rédaction de « rapports libres » sur le sommeil pendant sept jours consécutifs ont été utilisés, ainsi que deux questionnaires (IQSP/EAD-16). Quelle que soit la ville, les expériences vécues des DSom sont majoritairement associées au stress de la vie professionnelle et adulte ; elles se traduisent par des symptômes de l’insomnie et sont étroitement liées aux contextes socioculturels, économiques, environnementaux et familiaux. Les couples se disent habitués aux DSom ; ils emploient, généralement, des stratégies personnalisées et plus « santé » pour y faire face et préfèrent la convention sociale du partage du lit. La majorité des répondants était globalement satisfaite de leur engagement au moment de leur participation à cette étude. Le vécu de relations saines apparaît ainsi comme promouvant des comportements appropriés liés au sommeil, mais n’assure pas nécessairement une absence de DSom au sein du couple. Considérer le sommeil en contexte et reconnaitre son aspect social (et dyadique) peut contribuer à l’identification des DSom, à leur signification et à leur évaluation.Sleep is a natural, biological and individual phenomenon but also socioculturally organized. Understanding the lived experience of sleep difficulties (SD) in Canadian and Brazilian couples’ everyday life was the purpose of this thesis. The study, within in the comparative cross-cultural paradigm, is based on the critical phenomenological method (Moreira, 2009). This approach seeks to understand the lived world of couples with SD from the description of multiple contours (socio-economic and cultural) in which each partner, and the couple, are deeply intertwined day by day. Eleven heterosexual couples without children, aged between 24 and 47 years-old, with one or both partners self-reporting SD were recruited in Quebec (N = 6) and Fortaleza (N = 5). A couple’s phenomenological interview and “free reports” on sleep during seven consecutive days were used, as well as two questionnaires (PSQI/DAS-16). Regardless of the city, the lived experiences of SD were mostly associated with professional and adult lives’ stress that reflect symptoms of insomnia, and were closely linked to socio-cultural, economic, environmental and family contexts. The interviewed couples reported being used to their SD; they generally adopted personal and “healthy” strategies to cope with them and preferred the social convention of bed sharing. The majority of respondents were generally satisfied with their couple relationship at the time of their participation in this study. The experience of healthy relationships seems thus to promote appropriate behaviors related to sleep, but do not necessarily assure a lack of SD within the couple. Considering sleep in context and acknowledging its social (and dyadic) aspects could contribute to the identification of sleep difficulties, as well as their meaning and assessment
Identités des femmes autochtones poursuivant des études universitaires
L'identité de chaque individu se forge en grande partie sur des éléments de culture, qu'il s'agisse des sphères spirituelle, idéologique ou des valeurs. Pour les femmes autochtones, l'identité n'est pas toujours en cohérence avec leur expérience universitaire, ce qui entraîne une détresse sociale, académique et psychologique. La présente étude porte sur l'identité, ou les identités, des femmes autochtones poursuivant des études universitaires selon leur perspective. L'objectif principal est de répondre à la question suivante : comment est vécue l'identité des femmes autochtones au sein des milieux universitaires? Pour ce faire, les théories de l'identité de Phinney & Devich-Navarro (1997), de Benet-Martínez, Leu, Lee, & Morris (2002), de Hong, Morris, Chiu, & Benet-Martínez (2000) et d'Amiot, De La Sablonnière, Terry, & Smith (2007) sont prises en compte dans le cadre théorique. Une attention particulière a également été portée à l'expérience subjective détaillée des participantes en-dehors des catégories proposées par ces théories. Les 8 participantes constituant l'échantillon ont plus de 18 ans et s'identifient comme autochtones en plus d'être inscrites à un programme universitaire. L'expression identitaire, la configuration identitaire et les processus de négociation identitaire des participantes dans un contexte universitaire sont explorés grâce à des entrevues individuelles semi-dirigées basées sur une grille d'entrevue. Ces données sont ensuite soumises à une analyse thématique grâce au logiciel QDA Miner. Les résultats de cette étude permettent de repérer une variété de configurations et de processus de négociation identitaires chez les participantes en plus de représenter leur vécu et leur expression identitaires dans leurs milieux universitaires. Les récits des participantes soulignent le besoin de créer des environnements universitaires plus inclusifs des réalités des étudiantes autochtones et devraient contribuer à une meilleure compréhension des expériences variées de ces femmes pour tou·te·s les intervenant·e·s. Cette étude démontre l'intérêt d'étudier davantage l'expérience identitaire des personnes autochtones dans les universités québécoises et comment celle-ci s'inscrit dans leur histoire de vie
Le processus d'adaptation : une démarche scientifique pour traduire le test psychométrique
Le présent mémoire doctoral porte sur la transposition du test psychométrique dans une nouvelle langue/culture, ce que j‘ai décidé de nommer, en référence aux plus récentes avancées sur le sujet, le processus d’adaptation. La traduction à proprement parler représente une fraction du processus, lequel vise la démonstration de l‘équivalence entre le test original et le test adapté. Les matériaux de base dudit processus sont les stratégies d‘adaptation (ou simplement stratégies), qui servent à encadrer celui-ci, mais, surtout, à lui conférer sa légitimité scientifique. Dans le premier article, il est question des stratégies d‘adaptation qui font consensus dans la littérature scientifique. Les 17 stratégies d‘adaptation consensuelles ont été ciblées par le biais d‘une analyse de contenu, puis réparties en cinq phases : la Traduction initiale, la Révision interne, la Révision externe, l‘Évaluation quantitative (Testing) et la Supra phase, qui chapeaute les autres phases du processus d‘adaptation. Le deuxième article porte sur les différentes manières de rapporter, dans une publication scientifique, comment un processus d‘adaptation a été effectué. La Grille d’évaluation de la description du processus d’adaptation (G-PA) a tout d‘abord été élaborée par le biais des 17 stratégies d‘adaptation consensuelles. La G-PA a permis de catégoriser les descriptions tirées d‘une recension de la littérature, soit 131 descriptions de processus d‘adaptation effectuées au Québec de 2000 à 2014. La longueur et la complexité des descriptions ainsi que le nombre de stratégie(s) qu‘elles comportent varient énormément. De l‘analyse du corpus découle trois types de description – Libre, Positiviste et Intégrative – selon ce qui est mis de l‘avant pour légitimer le processus d‘adaptation. À la lumière des résultats obtenus, il est possible de conceptualiser le processus d‘adaptation en tant que démarche scientifique à part entière. Or, une telle démarche ne saurait servir uniquement à mesurer l‘équivalence entre la version originale et la version traduite du test. Les résultats illustrent que la démarche vise, dans un premier temps, à négocier le sens de l‘équivalence pour ensuite en extraire une mesure. Lors des trois premières phases du processus d‘adaptation, différents experts réfléchissent sur l‘équivalence des versions et en coconstruisent le sens. Ce n‘est qu‘ensuite, lors du Testing, qu‘il est possible de s‘avancer à propos d‘une mesure ou, plutôt, de la mesure de l‘équivalence. Par la force des choses, la recherche de l‘équivalence en deux temps implique des approches scientifiques distinctes. La légitimité du processus d‘adaptation repose sur ces approches, qui doivent être exposées et différenciées du moment que la connaissance scientifique est visée, ce qui est fait dans la section Conclusion
La communication patient-médecin lors de consultations médicales : une recherche qualitative explorant les expériences des patients provenant de divers groupes ethniques et ethnolinguistiques
La communication patient-médecin est une composante clé des soins de santé et une bonne communication est liée à plusieurs bénéfices pour la santé du patient. Malgré ces bénéfices, les études documentent toujours des difficultés de communication entre patients et médecins, et ces difficultés seraient davantage présentes avec des patients de minorités ethniques et ethnolinguistiques. Bien que plusieurs études aient été effectuées pour investiguer la communication patient-médecin, la littérature comporte des lacunes qui limitent notre compréhension de cette communication. D’abord, la majorité des études ont été effectuées aux États-Unis ou en Europe. Ensuite, les études privilégient davantage des méthodes quantitatives, limitant ainsi notre compréhension de la perspective du patient quant à cette expérience. Enfin, les études négligent d’explorer les enjeux ethniques et ethnolinguistiques qui affectent l’expérience de ces groupes minoritaires. C’est à la lumière de ces constats que les objectifs du premier article inséré dans cette thèse ont été ciblés. Ce premier article consiste en une revue systématique et méta-ethnographie des études qualitatives qui explorent l’expérience des patients de divers ancrages ethniques et ethnolinguistiques en consultation avec les médecins. Les résultats de cette méta-ethnographie montrent que les patients vivent à la fois des expériences positives et négatives, qui découlent entre autres des compétences relationnelles et médicales des médecins. La majorité des études n’explorent pas les enjeux spécifiques aux minorités ethniques ou ethnolinguistiques, mais celles qui s’y sont penchées illustrent que ces groupes de patients rapportent davantage de difficultés de communication. Les résultats de cette revue de littérature confirment la pertinence des méthodes qualitatives pour bien saisir la perspective et l’expérience des patients. À la lumière de ces constats, l’étude doctorale a été développée afin d’explorer plus en profondeur l’expérience des patients appartenant à divers groupes ethniques et ethnolinguistiques en lien avec leurs expériences de communication et de relation avec des médecins. Lors des entretiens avec les soixante participants, il est devenu apparent que leurs expériences de participation dans la consultation représentaient un thème clé pour décrire leurs expériences de communication avec les médecins. Conformément à l’approche inductive, l’objectif émergeant fût d’explorer les expériences des patients relatives à leur participation dans la consultation médicale. D’autre part, l’étude cherchait à explorer les nuances spécifiques aux minorités ethniques et ethnolinguistiques en matière de participation. Les résultats montrent que la participation est un thème central aux expériences des patients.Ces expériences participatives peuvent être classées selon deux dimensions clés, soit la dimension de participation sous forme d’échange d’information (p.ex., poser des questions) et la participation sous forme d’affirmation (p.ex., exprimer son point de vue). Pour chacune de ces dimensions, les patients discutent également de deux types de participation. Lorsque le patient initie cette participation, il s’agit de participation proactive, tandis que lorsque le médecin invite le patient à participer, il s’agit de participation réactive. Les patients discutent également d’expériences non-participatives, quoique ces expériences sont plus rares. En ce qui a trait aux particularités ethniques et ethnolinguistiques, ces minorités discutent moins fréquemment d’expériences participatives et attribuent ces difficultés de participation à des facteurs linguistiques, tels que la barrière linguistique et à leur identité ethnolinguistique. En conclusion, les minorités ethniques et ethnolinguistiques semblent faire face à des barrières additionnelles qui peuvent poser entrave à une bonne communication et à une participation active en consultation. Il importe de s’intéresser à ces barrières additionnelles, car il se peut que celles-ci expliquent, en partie, les inégalités de santé affectant ces groupes minoritaires. Un Modèle contextualisé de la participation des patients est présenté et discuté, afin de contextualiser les expériences des patients.Physician-patient communication is a central element in care and a good communication is linked to several health benefits for the patient. However, communication difficulties persist in medical encounters and these difficulties are more present in consultations with ethnic and ethnolinguistic minorities. Previous literature on physician-patient communication present some limitations that restrict our understanding of communication difficulties. In order to improve care, patients’ experiences of this communication must be understood. The first article inserted in this doctoral dissertation consists of a systematic review and meta-ethnography of qualitative studies exploring patients’ experiences of communication with primary care physicians. Three concepts emerged from analyses: negative experiences, positive experiences and outcomes of communication. Most studies in this review did not explore ethnic and ethnolinguistic aspects, but the few studies which did show that ethnic and ethnolinguistic minorities face additional barriers that exert mainly a negative influence on patients’ experiences of communication, namely, language barriers and discrimination. This review illustrates the pertinence of exploring patients’ experiences, with different ethnic and ethnolinguistic backgrounds, with qualitative methods, in order to gain a deep understanding of their perspective. Ensuing from this observation, the doctoral study was developed to explore in detail patients’ experiences of communication. During the interviews, it became apparent that patient participation was a central theme to describe patients’ experiences of communication with physicians. Since an inductive approach was chosen, the emerging objective of this study was to explore patients’ experiences of participation in the medical consultation with physicians. Moreover, we aimed to explore nuances in these experiences of participation according to patients’ ethnic and ethnolinguistic background. Findings show that patient participation is a central theme to describe experiences of communication. Five themes emerged in response to the first objective and these themes are organized in two key dimensions: a) participation in terms of information exchange and b) participation in terms of assertiveness. Across these themes, two types of participation emerged: proactive participation (i.e. patient initiated) and responsive participation (i.e. physician initiated). Patients also discussed experiences of non-participation; however, these were less common. Ethnolinguistic minorities discussed less participative experiences and attributed these difficulties to language barriers and to their ethnolinguistic identity. In conclusion, ethnic and ethnolinguistic minorities seem to face additional barriers which exert mostly a negative influence on their experiences of communication and participation. In turn, these difficulties may engender negative consequences for the patients’ health, thus partly explaining health inequities affecting these minority groups. A contextual model of patient participation is presented and discussed to contextualize patients’ experiences of communication and participation
Travailler avec un interprète : représentations sociales de médecins de famille
Cette étude vise à explorer les représentations sociales des médecins au sujet du travail avec un interprète. Des entrevues ont été conduites avec des médecins expérimentés (n=17), des résidents (n=15) et des étudiants (n=8) et des vignettes vidéo leur ont été présentées. Les données ont fait l'objet d'une analyse métaphorique et thématique afin d'en dégager les représentations sociales et de les comparer entre les catégories. Il semble que la perception des médecins du travail avec un interprète est une vision objectivante de l'interprète qu'ils voient comme neutre et détaché. Alors qu'il se dégage des ressemblances dans leur discours, leur perception semble se cristalliser au fil de leur cheminement autour d'un rapport de force où ils ont l'impression de perdre leur pouvoir. Les médecins pourraient bénéficier d'améliorer par le biais d'une formation leur capacité à travailler avec un interprète, ce qui risquerait d'améliorer la qualité des soins prodigués
Les représentations de la transmission intergénérationnelle chez les parents ayant vécu le génocide au Rwanda
L'histoire récente de l'humanité est marquée par des violences organisées sur le territoire du Rwanda, allant jusqu'au génocide en 1994, qui ont laissé des inscriptions profondes dans les trajectoires individuelles, familiales et sociales. Afin de rendre compte de l'expérience de violence et de ses conséquences, la psychologie clinique a souvent recours au concept de traumatisme. De nombreuses recherches abordent sa transmission et ses effets chez les descendants. Cette étude qualitative a pour objectif d'explorer la perspective des parents. Menée auprès de participants d'origine rwandaise habitant la région de Québec, nous explorons leur représentation de leur vécu du génocide et de la transmission intergénérationnelle de celui-ci. Nous avons réalisé 15 entretiens semidirectifs et des analyses thématiques des verbatims. L'articulation entre histoire individuelle et histoire collective apparaît comme centrale dans l'expression du vécu affectif et relationnel. Les événements du génocide sont associés à une souffrance, mais aussi à une source de savoir. Les participants évoquent un changement de la représentation de « l'autre », comme une figure désormais capable de violence extrême et d'indifférence. Associés à un sentiment d'étrangeté, le génocide et ses effets sont et relèvent de l'indicible. Pour tenter de les nommer, les participants se tournent vers la langue du kinyarwanda. L'acte de transmission, et de la « non-transmission », détiennent une importance particulière pour les « parents-rescapés », liée à la nécessité de retisser trois types de continuités (narcissique, de filiation et d'affiliation) menacées par le génocide. Les mécanismes de transmission intergénérationnelle respectent les règles culturelles et sont guidés par la position du parenttémoin et sa capacité de mentalisation. Le silence contribue à la reconstruction et à la transmission des codes de conduite et des interdits. Les objets de la transmission se réfèrent à l'imaginaire culturel, notamment à la place de l'ancêtre, aux rituels de mort et au code de vengeance et d'honneur.The recent history of humanity is marked by organized violence in the territory of Rwanda which has reached the extent of genocide in 1994. These events have left deep impacts in the trajectories of individuals, families and society as a whole. In order to approach the experience of violence and its consequences, the concept of trauma is often used in clinical psychology. Several research studies show its intergenerational effects and transmission based on data collected from offspring’s perspective. This qualitative study aims to explore the parental perspective. We explore the representation of genocide experiences and intergenerational transmission in Rwandan parents living in the region of Quebec. Semi-structured interviews were conducted with 15 parents and the verbatim reports were analyzed. The link between individual history and collective history is central to the expression of emotional and relational experiences. The events of the genocide are represented as a source of suffering but also as a source of knowledge. There is a major change in the representation of the "other" that has become a figure capable of extreme violence and indifference. The genocide and its effects are referred to as unspeakable and associated with a feeling of strangeness. Kinyarwanda language is used by the participants in an attempt to name the genocide and its effects. The act of transmission, as well as the act of "non-transmission", are particularly important for "parents-survivors" who search to maintain continuity on three levels (narcissistic, filiation and affiliation) that have been threatened by the genocide. Intergenerational transmission mechanisms are guided by cultural rules, the parent-witness' position and their capacity of mentalization. Silence helps to restore and transmit codes of conduct and prohibition. The objects of transmission are linked to the cultural imaginary, especially through the position of the ancestor, rituals of death and the code of revenge and honor
Le développement de l'insomnie et des troubles anxieux : étude qualitative
Les personnes souffrant d'insomnie présentent une comorbidité élevée avec les troubles anxieux (19,3 %). Les recherches sur le sujet indiquent que ces troubles ont une influence réciproque, mais les modèles étiologiques de l'insomnie et de l'anxiété ne nous informent pas des processus par lesquels ils se développent conjointement. La présente étude est de nature qualitative et s'intéresse à la perception qu'ont les individus du développement et du maintien de l'anxiété et de l'insomnie comorbides, dans le but d'enrichir les modèles étiologiques existants. Treize participants (7 hommes, 6 femmes; moyenne d'âge de 45 ans) ont pris part à une entrevue individuelle après une évaluation psychologique en clinique du sommeil. Les participants avaient un diagnostic d'insomnie et de l'anxiété comorbides qui provoquaient de la détresse et des difficultés dans le fonctionnement. L'approche qualitative, le cadre théorique de Kleinman et le paradigme constructiviste ont orienté la collecte de données et l'analyse de celles-ci. Les entrevues qualitatives ont été enregistrées. Par la suite, l'analyse thématique a été effectuée. Quatre variables psychologiques influençant l'étiologie de l'insomnie et de l'anxiété comorbides ont été mises en évidence : l'attachement, l'image de soi, les mécanismes de surcompensation et la gestion des émotions. Deuxièmement, les participants disent observer une relation complexe entre l'anxiété et l'insomnie qu'ils décrivent comme un cercle vicieux. Cette étude permet également de constater la variabilité intra-individuelle dans la relation entre l'insomnie et l'anxiété. Finalement, l'intégration de ces résultats dans des recherches subséquentes peut permettre d'enrichir les modèles étiologiques de l'anxiété et de l'insomnie et être favorable à une approche transdiagnostique pour le traitement de ces troubles.Insomnia has a high rate of comorbidity with anxiety disorders (19.3%). Most of the research and etiologic models address these disorders independently and do not discuss the developmental process of the comorbidity. To improve the existing etiologic models, this qualitative study explores patients' perception of the development and the course of these comorbid disorders. Thirteen individual interviews were conducted with patients (6 women, 7 men; mean age 45 years old) after their psychological assessment in a sleep clinic. The participants were diagnosed with the insomnia disorder and with anxiety, which caused significant clinical distress or functional impairment. Kleinman's explanatory models perspective and constructivist paradigm guides the collect and analysis of data. Qualitative data were digitally recorded and transcribed verbatim. Subsequently, interviews were analyzed using the thematic analysis. First, four salient variables about etiology emerged from this analysis : attachment, self-image, overcompensation mechanisms, and coping strategies. Secondly, the results highlighted the complexity of the relationship between insomnia and anxiety disorders, which participants describe as a vicious circle. Thirdly, the results showed that the influence these comorbid disorders have on each other varies among the same participant. Finally, integrating these results in further research could improve clinical etiology models and favor a transdiagnostic approach to treat insomnia and anxiety disorders
Perceptions identitaires des jeunes adultes adoptés à l'international et ayant des traits physiques différents de la majorité à Québec.
Malgré une plus grande diversité dans les études sur l'adoption internationale depuis la dernière décennie, il existe peu d'études francophones, particulièrement en anthropologie, qui se sont penchées sur les enfants adoptés à l'international, qui sont maintenant des adultes, au sein de la société québécoise. Cette recherche se veut donc exploratoire. Dans le cadre de ma maîtrise, j'ai souhaité donner la voix à des personnes adoptées à l'étranger, expertes de leur propre histoire. Je me suis ainsi penchée sur leurs perceptions identitaires. Pour ce faire, j'ai réalisé onze entretiens semi-dirigés auprès de jeunes adultes adoptés à l'international et présentant des traits physiques différents de la majorité des Québécois, soit par la couleur de leur peau ou la forme de leurs yeux par exemple. Les résultats de la recherche montrent que l'ensemble des participants s'identifient comme étant Québécois, mais expriment cette appartenance de différentes façons. Les participants se sentent Québécois, bien que l'évocation perpétuelle de leurs origines ethniques par les comportements ou les attitudes des autres peut mener certains jeunes adultes adoptés à se questionner sur leur identité. De plus, les participants affirment que la place des origines chez les jeunes adultes adoptés n'est pas liée à la recherche de leurs parents biologiques, mais plutôt d'une histoire qui fait sens pour eux. Enfin, les résultats obtenus soulignent l'importance du réseau social (parents, amis) dans le processus de construction identitaire de la personne adoptée et montrent que se regrouper entre personnes adoptées constitue une source importante de soutien et d'écoute.Despite a greater diversity in research on international adoptions in the past decade, few francophone studies exist, particularly in anthropology, which focus on international child adoptees, who are now adults, living in the Quebec society. The present research is therefore intended to be exploratory. Within the scope of my Masters' degree, I have hoped to give a voice to international adoptees, who are experts in their own history. My main objective is to examine how they perceive their identities. To do this, I conducted eleven semi-structured interviews with young adults who are international adoptees with physical traits that distinguish them from most Quebec citizens (the colour of their skin, the form of their eyes, etc.). The results of this research show that participants self-identify as Quebec citizens but express their sense of affiliation in many ways. Participants of the study express that they feel like they are Quebecers, even though behaviours and attitudes of others may constantly evoke reminders of their ethnic origins and lead some young adults to question their identities. Additionally, participants maintain that the background of young adult adoptees is not tied to the research of their biological parents, but rather to a story that makes sense to them. Finally, the results not only underline the importance of having a social network (family, friends) in the construction of the adoptees' identity but show that the association with other adoptees constitutes an important source of support through sharing, for example
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