51 research outputs found
Stephen Graham, "Sous assistance respiratoire : l’écologie politique de l’air urbain"
Traduit de l’anglais par Lambert Dousson. Parution originale : Graham (Stephen) , « Life-support: The political ecology of urban air », City : analysis of urban trends, culture, theory, policy, action, 2015, 19 (2-3), p. 192-215 (http://dx.doi.org/10.1080/13604813.2015.10147 10). Nos remerciements les plus chaleureux à Stephen Graham, pour avoir autorisé la traduction de son article
Lambert Dousson, Une manière de penser et de sentir : Essai sur Pierre Boulez
Une manière de penser et de sentir : Essai sur Pierre Boulez, is the product of Lambert Dousson’s doctoral thesis, defended at the University of Nanterre in 2011. Dousson sets out to show how Boulez’s musical thought contains ‘an unstated [‘informulé’] philosophy of the subject’ that is practiced ‘tacitly’ in his composition (p. 17) and which corresponds to the author’s conviction that ‘every practice is at the same time a practice of the self’ [‘pratique de soi’], a starting point that undou..
La vedette et le dictateur : sur une note de bas de page de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique de Walter Benjamin
La genèse de la vedette de cinéma qu’effectue Walter Benjamin au chapitre 10 de L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (dernière version, 1939) trouve une résonance politique dans une note de bas de page du même chapitre où la star acquiert un statut analogue au dictateur, quand la technique (de reproduction) de l’œuvre d’art devient elle-même, à travers le cinéma, œuvre d’art. Si les démocraties bourgeoises contiennent, dans leur rapport aux médias de masse, la possibilité de leur basculement dans le fascisme, c’est parce que leurs gouvernants, au même titre que l’acteur de cinéma, deviennent des marchandises, soumises à la loi de la forme équivalente (de la marchandise). L’« esthétisation de la politique » doit dès lors être comprise comme la restitution de l’« aura » et de la « valeur cultuelle » qui l’accompagne, dans et par les conditions qui par définition en constituent la liquidation, à savoir la technique, qui sont l’attribut du pouvoir. Sublimer la marchandise en la présentant sous les espèces de l’œuvre d’art quand celle-ci devient marchandise – ainsi s’institue la star –, et identifier l’homme politique à une œuvre d’art – à une star –, revient à faire de lui l’incarnation du pouvoir : un dictateur
Appel à contributions pour la Journée d'étude "Sous l'œil du genre : domination, visibilité, mobilisation. Recherches sur les mobilisations et les pratiques féministes de réappropriation des espaces architecturaux et urbains" (date limite : 12 février 2018)
Appel à contributions pour la Journée d'étude "Sous l'œil du genre : domination, visibilité, mobilisation. Recherches sur les mobilisations et les pratiques féministes de réappropriation des espaces architecturaux et urbains" Comité d'organisation : Hassan AIT HADDOU (mathématicien, directeur du LIFAM, ENSA-Montpellier), Charlotte BESSIÈRE; Sarah COHEN, Lambert DOUSSON (philosophe, LIFAM, ENSA-Montpellier), Jade LI-YU-HO, Khedidja MAMOU (architecte DPLG, sociologue, CRH/LAVUE UMR 7218..
« Politique de l’instant musical. Résider, produire, disparaître – écouter. Entretien avec Nicolas Frize »
Depuis plus de trente ans, le travail musical de Nicolas Frize interroge la dimension sociale de la musique : partant du principe qu’elle existe non parce qu’elle est écrite, mais parce qu’elle est écoutée, le compositeur ne dissocie pas le travail de composition de ses conditions matérielles de production, de création et de diffusion. Ancien élève de Pierre Schaeffer au Conservatoire National Supérieur de Paris, assistant de John Cage en 1979, Nicolas Frize a créé en 1972 les Musiques de la Boulangère, structure associative qui rassemble musiciens amateurs et interprètes professionnels au sein de dispositifs de création établis dans les lieux publics les plus inattendus. En prison, dans les usines Billancourt de Renault, dans les hôpitaux, les gares et les palais de justice, ses créations musicales sont ancrées dans les lieux qu’elles viennent habiter, traversées par les débats, les rapports de force, les résistances et échappées soudaines qui surgissent au cours du temps long de maturation de l’œuvre « en résidence ». L’association mène également un travail en direction de la mémoire sonore, de la création de nouveaux instruments et de la recherche acoustique : la musique devient le lieu d’un débat citoyen, actrice sensible de notre relation critique à l’environnement sonore
« De la structure au geste. Entretien avec Frédéric Durieux »
Né en 1959, compositeur et professeur de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, Frédéric Durieux est l’auteur d’une trentaine d’œuvres mobilisant aussi bien l’instrument soliste que la voix, l’orchestre ou l’électronique. Sa production musicale s’est dès le départ accompagnée de la conscience de l’héritage historique que la création contemporaine doit prendre en charge — la mémoire, souvent encombrante, de la modernité de Schönberg, Berg et Webern, de l’avant-garde sérielle des années 50 avec Boulez, Berio et Stockhausen, ou de toutes les musiques « savantes » de toutes les cultures mondiales, qui se trouvent désormais à la portée de nos oreilles. Il a par ailleurs développé, au sein du paysage contemporain, une réflexion originale sur les rapport entre écriture et perception, concentrant son travail sur l’articulation nécessaire entre le matériau et sa figuration, l’allure qu’il revêt dans le temps, en conservant une triple distance critique : au regard des musiques qui donnent trop à l’écriture et pas assez à l’écoute, ou inversement celles qui réduisent l’écriture aux modèles préétablis qu’on se donne de la perception, enfin aux musiques qui cèdent aux illusions d’un élan vital spontané. Le geste d’une pensée musicale qui se déploie dans le temps en s’incarnant dans le geste instrumental demeure ainsi toujours l’enjeu crucial du processus de création musicale
« Politiques de l’interstice. Entretien avec Donia Petrescu et Constantin Petcou de l’Atelier d’Architecture Autogérée »
« Plate-forme collective de recherche et d’action autour des mutations urbaines et des pratiques culturelles, sociales et politiques émergentes de la ville contemporaine », l’Atelier d’Architecture Autogérée (aaa), coordonné par Doina Petrescu et Constantin Petcou, s’est donné pour objectif l’investissement, par les habitants eux-mêmes, d’espaces urbains interstitiels — friches ou zones laissées à l’abandon.
Ancrés dans un agir concret à petite échelle, « activisme d’intensité quotidienne », plusieurs projets féconds ont vu le jour, notamment autour de la Halle Pajol à La Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement parisien, et dans le quartier Saint-Blaise (XXe arrondissement). Avec chaque fois comme point de départ le jardinage, prétexte à la mise en commun de pratiques et de savoir-faire plus larges et variés, mais aussi métaphore du soin apporté collectivement à un espace. Nécessité du temps long, accueil de l’imprévu, inventivité dans le rapport à la loi, création de jurisprudences : le collectif dessine les contours d’une autre architecture, à la fois politique et poétique, appréhendée comme « mise en relation entre des mondes »
« Anthropologie et politique chez Richard Wagner. Un “faire-communauté” de la musique »
"Wagner visera délibérément, avec la fondation de Bayreuth, un but politique : celui de l’unification, par la célébration et le cérémonial théâtral, du peuple allemand [...]. Et c’est en ce sens fondamental qu’il faut comprendre l’exigence d’une « œuvre d’art totale ». La totalisation n’est pas seulement esthétique : elle fait signe en direction du politique." (Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, Le mythe nazi, La Tour d’Aigues, Editions de l’Aube, 1998, p. 48.
Formalisme et ritualité chez Boulez et Stockhausen
De nombreuses musiques cherchent à exercer sur les auditeurs une « efficacité symbolique » : transformer l’instant musical en rite d’initiation, faire entrer les corps en transe, convertir les émotions musicales en émotions corporelles, c’est-à-dire les affects en actions. En s’appuyant sur les écrits théoriques de Pierre Boulez et Karlheinz Stockhausen, cet article tente de montrer comment chez ces deux compositeurs cette utopie d’une subjectivation à travers la ritualisation de l’écoute s’articule à l’entreprise formaliste d’autodéfinition de la musique, en vue de la constituer comme une sphère autonome.
Many musics aim to exert on the auditors a "symbolic efficiency" : transforming the musical moment into rite of initiation, making the bodies getting in trance, converting the musical feelings in physical motions. Based on the theoretical papers of Pierre Boulez and Karlheinz Stockhausen, this article aims to show how, for the two composers, this utopia of a subjectivation, through a becoming rite of the listening, articulates to the formalist venture of self-definition of music, to constitute it as an autonomous sphere
The sound screen : politics of musical writing and listening, 1950-2001
Que la réflexion du compositeur sur la technique et l’histoire des règles de l’écriture musicale constitue une pratique de soi, l’exercice d’une subjectivation qui suspend normes et pouvoirs du dehors, les déplace, les informe autrement, crève l’écran de l’écriture, et institue, dans la pratique compositionnelle, un sujet de l’écriture, une subjectivité autonome, c'est-à-dire musicale — voilà ce qu’il faut entendre par politique de l’écriture musicale. Que la musique génère des puissances capables d’anéantir tous les écrans qui s’interposent entre l’œuvre et l’auditeur, qu’un sujet de l’écoute soit fabriqué dans un faire corps rituel avec la musique, voire qu’un homme nouveau, une humanité régénérée surgissent d’un laboratoire sacré de l’écoute — voilà ce qu’il faut entendre par politique de l’écoute musicale. Deux compositeurs que cette question travaille ; deux dates pour la circonscrire et la problématiser. Pierre Boulez en 1950, ou comment un degré zéro de l’écriture met en crise une subjectivité cherchant dans la structure le chiffre d’une expérience radicale, fondamentale, fondatrice — homme structural devenu la variable humaine d’une prolifération qui le dépasse. Karlheinz Stockhausen ou comment ce qu’il s’est passé à New York le 11 septembre 2001 fut la plus grande œuvre d’art pour le cosmos tout entier — rêve d’une œuvre d’art totale, réveil de l’obsession de Richard Wagner, et révélation d’une expérience musicale et d’une expérience politique que seules la technologie et la marchandise mettent en œuvre. Des structures et des hymnes, des hélicoptères et des éclats, et, à la fin du parcours, un carnaval symphonique.That reflection of the composer on the technique and the history of the rules of musical writing constitutes a practice of the self and the exercise of a subjectivation which suspends norms and powers from the outside, moves them, informs them in another way, passes through the screen of writing, and institutes, in the practice of composition, a subject of the writing, an autonomous, that is musical subjectivity — that is how one has to understand politics of musical writing. That music gathers powers capable of annihilating any screen which intervene between the work and the listener, that a subject of listening is ritually made by an identification between bodies and music, even that a new man, a regenerated humanity appear from a sacred laboratory of the listening — that is what it is necessary to listen by politics of musical listening. Two composers whom this question works; two dates to define and problematize it. Pierre Boulez in 1950, or how a writing degree zero puts into crisis a subjectivity looking in the structure for the figure of a radical, fundamental, founding experience — a structural man which becomes the human variable of a proliferation which exceeds him. Karlheinz Stockhausen, or how what it happened in New York September 11th, 2001 was the greatest work of art for the whole cosmos — dream of a total work of art, awakening of Richard Wagner's obsession, and revelation of a musical experience and a political experience which only the technology and the commodity operate.Structures and hymns, helicopters and fragments, and, at the end of the route, a symphonic carnival
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