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1906-2006 : le centenaire du ministère du Travail Entretien avec Alain Chatriot, Odile Join-Lambert, Vincent Viet
La revue a demandé aux trois commissaires en charge du programme de la célébration du centenaire du ministère du Travail de nous expliquer le sens donné à cette manifestation et la place de l'immigration dans le colloque organisé en mai dernier.Chatriot Alain, Join-Lambert Odile, Viet Vincent, Pitti Laure, Poinsot Marie. 1906-2006 : le centenaire du ministère du Travail Entretien avec Alain Chatriot, Odile Join-Lambert, Vincent Viet. In: Hommes et Migrations, n°1263, Septembre-octobre 2006. Immigration et marché du travail. Un siècle d'histoire. pp. 6-9
To stop losing your mind at work. Historical sociology of a union concern for the health of workers (1884-2007)
Stress, burn-out, dépression ou encore « risques psychosociaux », sont autant de catégories qui servent aujourd'hui à désigner les multiples formes de souffrances psychiques liées à l’activité professionnelle. Les maux de l’esprit ne sont toutefois pas un phénomène récent. Ils ont au contraire pris des formes et des significations variables selon les époques. Ils ont fait l’objet de traitements hétérogènes.Qu’en est-il alors du travail ? À partir de quand, dans quelles circonstances et pour quelles raisons a-t-il pu être appréhendé comme une source de souffrance psychique ? Comment ces souffrances ont-elles été dénoncées ? À l’inverse, comment rendre compte de l’invisibilité sociale des effets du travail sur la santé mentale des travailleurs ? Quel rôle les syndicats, chargés de représenter et de défendre les salariés et leur santé, ont-ils pu jouer dans cette histoire ? On a aujourd’hui peu de réponses à ces questions. C’est cette histoire que cette thèse souhaite retracer à partir d’une attention particulière aux organisations syndicales. Les syndicalistes, en tant que représentants des travailleurs, sont en effet appelés à jouer un rôle de premier plan dans la préservation de leur santé et l’amélioration de leurs conditions de travail. Notre recherche se centre pour cela sur l’activité de deux confédérations syndicales, la CGT et la CFDT, aux origines, à l’histoire et au positionnement politique et dans le champ syndical différents. Nous prêtons plus particulièrement attention au rôle joué par les conseillers confédéraux, ces acteurs de l’ombre chargés de décliner les politiques confédérales.La CFDT comme la CGT, n’ont jamais abandonné le terrain des conditions de travail, sur lequel des permanents ont toujours été en responsabilité. Cependant, ce sujet, souvent porté par des militants aux trajectoires et au profil atypiques dans l’espace syndical, n’a que rarement constitué une priorité politique. Par ailleurs, le thème de la santé psychique a été pris en charge dès 1954 à la CGT et dès sa création par la CFDT, dix ans plus tard. Néanmoins, il a fait l’objet d’une prise en charge intermittente jusqu’au tournant des années 2000. Cette thèse éclaire ainsi les ressorts et les dynamiques de prise en charge et d’occultation des enjeux de santé psychique, qui tiennent à la fois aux modalités d’organisation et de division du travail au sein des confédérations syndicales, aux parcours et à la socialisation des militants en responsabilité et à leur inscription dans des réseaux militants et scientifiques. Elle resitue les pratiques des responsables confédéraux dans les évolutions des savoirs et du cadre juridique de la santé en analysant leur rôle dans la visibilité sociale des souffrances psychiques et dans leur prise en charge syndicale.Stress, burn-out, depression or even "psychosocial risks" are all categories which today serve to designate the multiple forms of psychological suffering linked to professional activity. The ills of the mind, however, are not a recent phenomenon. On the contrary, they have taken on forms and meanings that vary throughout history.So what about work? From when, under what circumstances and for what reasons could he be apprehended as a source of psychological suffering? How were these sufferings denounced? On the contrary, how can we explain the social invisibility of the effects of work on workers' mental health? What role did the trade unions, responsible for representing and defending employees and their health, play in this story? Today, we have few answers to these questions. It is this history that this thesis wishes to trace from a particular attention to trade union organizations. Trade unionists, as workers' representatives, are called upon to play a leading role in safeguarding their health and improving their working conditions. Our research focuses on the activity of two trade union confederations, the CGT and the CFDT, with different origins, history and political positioning and in the trade union field. We pay particular attention to the role played by the confederal counselors, the actors in charge of implementing confederal policies.Both the CFDT and the CGT have never abandoned the field of working conditions, on which permanent staff have always been in charge. However, this subject, often carried by militants with atypical trajectories and profiles in the trade union space, has only rarely been a political priority. In addition, the theme of mental health was taken up by the CGT in 1954 and by the CFDT ten years later. Nevertheless, it was the subject of intermittent management until the turn of the 2000s. This thesis thus sheds light on the dynamics and dynamics of taking charge of and concealing the stakes of psychological health, which are linked both to the methods of organisation and division of labour within the trade union confederations, to the careers and socialisation of activists in responsibility and to their inclusion in militant and scientific networks. It situates the practices of confederal officials in the evolution of knowledge and the legal framework of health by analysing their role in the social visibility of psychological suffering and in their trade union care
The reversal of pensions (1983-1993) : Actors, history, employment policies and financial circuits
Cette thèse de sociologie porte sur les réformes récentes des retraites en France entre les années 1970 et 1990. La dernière réforme favorable aux retraités date de 1983, avec l’abaissement de l’âge de départ en retraite de 65 à 60 ans. En 1993, la première réforme défavorable aux retraités prend place avec la hausse de la durée de cotisation, de la durée du salaire annuel moyen et l’indexation sur les prix.Ce travail propose dans une perspective de sociologie des controverses, des politiques publiques, des statistiques et des justifications de revenir sur les réformes des retraites entre les années 1970 et 1990, à partir d’une analyse croisée d’archives de syndicats (CFDT et CGT), d’administrations (direction de la Sécurité sociale et direction du Budget, ministère des Affaires sociales et de l’Economie) et du patronat (UIMM et CNPF). Différentes luttes entre acteurs portant sur les problématisations des retraites et l’organisation du circuit financier de la Sécurité sociale sont ainsi étudiées.La thèse dialogue avec la littérature sur l’histoire de la sécurité sociale, et celle sur l’Etat social. Elle propose d’aborder la sécurité sociale et ses politiques à partir d’une approche mêlant étude des problématisations, des circuits financiers et des stratégies des acteurs.La thèse défend un résultat principal : les politiques de l’emploi ont encadré le contenu des politiques de retraite entre le milieu des années 1970 et 1993. Au cours des années 1970, les retraites et les préretraites sont progressivement utilisées pour sortir de la population active les personnes âgées. A partir de 1983, l’adoption de la politique de désinflation compétitive entraine une compression des dépenses de retraite et la sortie du taux de cotisation des paramètres légitimes des réformes. Cette thèse propose donc une histoire des réformes des retraites qui fait une place plus importante aux politiques de l’emploi que ne le font les récits habituels, centrés sur le vieillissement de la population. Le retournement des retraites entre des réformes favorables aux retraités et d’autres, défavorables, se comprend ainsi à l’aune du basculement des politiques d’emploi.D’autres résultats sont aussi présentés dans ce travail. Ils portent sur le lien entre statistiques et réformes, sur les problématisations des retraites, sur les usages de la contributivité et sur la construction des circuits financiers.This sociology thesis focuses on recent pension reforms in France between the 1970s and 1990s. The last reform favorable to retirees dates back to 1983, when the retirement age was lowered from 65 to 60. In 1993, the first reform unfavorable to retirees took place with an increase in the contribution period, the length of the average annual salary and price indexation.From a sociological perspective of controversies, public policies, statistics and justifications, this work proposes a return to the pension reforms between the 1970s and 1990s, based on a cross-analysis of archives from trade unions (CFDT and CGT), administrations (Social Security and Budget Departments, Ministry of Social Affairs and the Economy) and employers (UIMM and CNPF). Different struggles between actors concerning the problematization of pensions and the organization of the financial circuit of the Social Security are thus studied.The thesis is in dialogue with the literature on the history of social security and the social state. It proposes to approach social security and its policies from an approach combining the study of problematizations, financial circuits and strategies of actors.The thesis defends a main result: employment policies framed the content of pension policies between the mid-1970s and 1993. During the 1970s, pensions and early retirements were gradually used to take older people out of the labour force. From 1983 onwards, the adoption of the policy of competitive disinflation led to a compression of pension expenditure and the removal of the contribution rate from the legitimate parameters of the reforms. This thesis therefore proposes a history of pension reforms that gives more prominence to employment policies than the usual narratives centred on the aging of the population. The reversal of pensions between reforms favourable to retirees and those unfavourable to them can thus be understood in the light of the shift in employment policies.Other results are also presented in this work. They concern the link between statistics and reforms, the problematization of pensions, the uses of "contributivity" and the construction of financial circuits
Introduction
La revue tient à remercier les experts extérieurs sollicités pour les deux numéros spéciaux sur le centenaire du ministère du Travail : Marc-Olivier Baruch, Jacques Freyssinet, Patrick Fridenson, Hervé Joly, Catherine Omnès, Georges Ribeill et Paul-André Rosenthal. Tous ont alimenté, grâce à leurs rapports, des débats animés qui ont permis aux auteurs de retravailler leur texte. Ce numéro spécial de Travail et Emploi a été préparé dans le cadre des manifestations du centenaire du ministère ..
L'Etat et les acteurs sociaux face à la démocratie industrielle en France et en Allemagne entre 1945 et les années 1980
ou
Travailler au musée
Lorsqu’il s’agit du statut des fonctionnaires, on oppose souvent la France à la Grande-Bretagne. Pourtant, dans l’Europe d’après-guerre, ces deux pays cherchent à élaborer un projet commun en matière de fonction publique, notamment dans le domaine culturel. Dans les deux pays, les missions du Louvre et du British Museum sont d’ailleurs les mêmes, mais leurs moyens diffèrent : organisation centralisée ou décentralisée, classement des postes ou des individus, recrutement de fonctionnaires ou de contractuels. Aux termes d’une comparaison entre ce que veut dire travailler au musée entre 1945 et 1981, avec ou sans service public, la singularité française apparaît ailleurs que dans le statut juridique de fonctionnaire. L’opposition entre les formes publique ou privée d’organisation muséale réside dans les aspirations sociales et professionnelles des gardiens et des conservateurs ainsi que les politiques d’emploi mises en œuvre dans la sphère publique permettant ou non d’y accéder.When it comes to the status of civil servants, France is often opposed to Britain. However, in post-war Europe, these two countries are seeking to develop a common civil service project, particularly in the cultural field
Danièle Fraboulet, Quand les patrons s’organisent. Stratégies et pratiques de l’Union des industries métallurgiques et minières, 1900-1950
L’ouvrage de Danièle Fraboulet restitue le fonctionnement de la principale organisation patronale française sur plus d’un demi-siècle, en s’interrogeant sur les fondements de l’unité de l’UIMM et le maintien de sa cohésion interne. L’ouvrage contribue ainsi à éclairer aussi la disparition en 2007 d’une puissance inégalée jusque là, avec l’arrivée à la tête du MEDEF d’une présidente non issue de l’Union et la crise ouverte par la mise à jour d’une « caisse noire » en réalité fort ancienne. L’o..
Discussion
La recherche sociologique d'Isabel Georges sur les opératrices des télécommunications présentée dans le texte précédent étudie la formation d'une catégorie professionnelle par l'analyse du contenu de son activité : Isabel Georges préfère prendre les transformations de l'activité des opératrices comme catégorie d'analyse, plutôt que le groupe professionnel qu'elles constituent. Cette recherche mérite donc qu'on s'interroge sur l'approche choisie, son intérêt et ses limites, et appelle quelques..
Véronique Dimier, Le gouvernement des colonies, regards croisés franco-britannique
Selon une idée reçue, il est d’usage d’affirmer, de l’entre-deux-guerres jusqu’à nos jours, que les Français, globalement assimilationnistes à l’égard des colonies, n’auraient pas su faire évoluer leur empire colonial, alors que les Britanniques, plus attentifs aux populations locales et adeptes du gouvernement indirect, auraient bien mieux traversé l’aventure. Au terme d’une étude approfondie des profils et discours des administrateurs coloniaux, Véronique Dimier prend le contre-pied de cett..
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