25 research outputs found
Books About Us
Tracks the history of the introduction of Western novels in the post-Stalin Soviet Union of the mid-1950s and early 1960s. Gilburd discusses the uniquely intimate relationships Soviet readers forged with Western literature and identifies the roles translators played in transforming and renewing Soviet literature by diversifying Russian language through translations of Hemingway, Erich Maria Remarque, and J. D. Salinger. Discusses Hemingway’s rebirth and meteoric rise to fame in Soviet culture due largely to the efforts of his biographer and translator, Ivan Kashkin. Looks at Kashkin’s work uncovering the “real” tragic figure beneath the author’s macho public persona and study of Hemingway’s minimalist style in relation to ethical considerations of language. Finally, Gilburd traces the protracted publication history of For Whom the Bell Tolls due to its Spanish Civil War subject matter
Repenser le Dégel
L’histoire du dégel en URSS en 1953-1964 demeure très mal connue, car c’est seulement depuis peu que les archives de l’État soviétique et du Parti communiste ont commencé à s’ouvrir pour cette période et que l’attention des historiens était jusqu'à présent focalisée sur la période de Lénine et Staline. La déstalinisation qui fut proclamée au cours du XXe congrès du Parti en 1956 garde encore bien des mystères : quelles étaient les évolutions profondes à l’œuvre dans le pays, quelles furent les motivations conjoncturelles qui ont poussé les dirigeants soviétiques à prendre le risque de déstabiliser le système dont ils héritaient ? Mais l’histoire de cette période ne se réduit pas à cette partie la plus visible de l'histoire. Transformations sociales dans le contexte d’un attrait croissant pour le consumérisme et d’un relatif mieux-être, relations complexes entre l’histoire changeante, voire accidentée, des relations extérieures et la situation interne du pays, notamment au sein du parti communiste, transformations insidieuses, puis de plus en plus flagrantes dans les relations entre le centre et les périphéries, notamment non russes, renégociations du statut de la culture et des intellectuels, irruption des modes occidentales dans tous les domaines – autant de domaines nouveaux dans lesquels ce recueil, un des premiers dans le monde en l’espèce, ouvre des pistes prometteuses, toutes fondées sur des documentations inédites. « Père et fils, Leningrad, années 1960 ». Photo-étude de Boris Vasil’evič Utkin (1917-1999), ancien correspondant de LenTASS. CGA KFFD SPb/Archives centrales d'État des documents cinématographiques, photographiques, phonographiques de Saint-Pétersbourg
Picasso in thaw culture
RésuméPicasso dans la culture du DégelAu milieu des années 1950 et pour la première fois en près de dix ans, l’Union soviétique commença à accueillir des expositions étrangères d’œuvres impressionnistes, expressionnistes, cubistes et abstraites. Les expositions occidentales d’art moderne devinrent bientôt parties intégrantes du cadre de vie à Moscou et à Leningrad. Cet article étudie la transformation de la notion d’étranger en celle de familier dans le processus de médiation culturelle et d’appropriation. Il examine la façon dont les visiteurs faisaient la part des choses entre ce qu’ils voyaient et ce qu’ils lisaient, interprète leurs réponses à ces expositions en prenant en considération leurs notions de culture et du “barbare” ainsi que leurs lapsus et leurs insultes et il met en lumière les émotions suscitées par leur rencontre avec l’art moderne occidental. L’objet central de cette étude est l’exposition Picasso de 1956, événement majeur qui reste l’un des souvenirs les plus marquants du Dégel. Ce n’était pas la première exposition de peinture moderne étrangère de la décennie, mais elle a éclipsé toutes les suivantes, qu’elles soient d’autres artistes occidentaux ou de Picasso lui-même. Elle arriva en Union soviétique pendant une période troublée par des mouvements étudiants, des remous au sein des syndicats des artistes et la révolution hongroise. En conséquence, pour tous les participants, personnel du musée, représentants du parti, étudiants, administrateurs d’universités et visiteurs de tous âges, le nom de Picasso devint synonyme de parole débridée, de foules désordonnées et de perturbations politiques. Le mot “Picasso” devint une métaphore centrale dans le discours sur le passé et les nouveaux départs, la force et l’innocence, la liberté d’expression et par laquelle se définissait la génération de la fin des années 1950-début des années 1960. L’article explore le sens politique et poétique accolé au nom de Picasso dans la culture du Dégel. La politique de 1956, la poésie de la première moitié des années 1960 et la publication de témoignages sur Picasso par des médiateurs culturels ont facilité la reconnaissance de cet artiste par un public lettré et libéral.AbstractIn the mid-1950s, for the first time in almost a decade, the Soviet Union began to host foreign exhibitions of impressionist, expressionist, cubist, and abstract painting. Modern art exhibitions from the West were soon to become a habitual presence in Moscow and Leningrad. This article investigates the transformation of the foreign into the familiar in the process of cultural mediation and domestication. The article considers how viewers negotiated between what they saw and read ; it interprets their responses to foreign exhibitions by taking into account the viewers’ notions of culture, “barbarity,” and the museum, as well as language slips and verbal abuses ; and it highlights the emotions that accompanied the encounter with modern Western art. I focus on the 1956 Picasso exhibition - one of the central events and enduring memories of the Thaw. This was not the first exhibition of modern foreign painting in the 1950s, but it overshadowed all subsequent ones - of other Western artists and of Picasso himself. The exhibition arrived in the Soviet Union at a particularly charged moment, overlapping with student disturbances, the commotion in the creative unions, and the Hungarian revolution. As a result, for all participants - museum staff, party officials, students, university administrators, and exhibition visitors of various ages - Picasso’s name became synonymous with unbridled speech, disorderly crowds, and political upheaval. “Picasso” was a key metaphor with which viewers discussed the past and new beginnings, force and innocence, debate and creative freedom, and with which generational identities were delineated in the late 1950s and early 1960s. This essay explores the political and poetic meanings attached to Picasso’s name in Thaw culture. The politics of 1956, the poetry of the early-mid 1960s, and the publication of first-hand accounts of Picasso by cultural mediators facilitated the recognition of the artist among broad viewing and reading audiences
Avant-propos
La période qui suivit la mort de Staline, conventionnellement désignée dans l’historiographie par le terme de « Dégel », fut marquée par de profonds changements. L’ambition de ce numéro est de retracer ces transformations du système soviétique. Les tentatives de redéfinition du socialisme et les changements des rapports de force politiques à l’intérieur du pays comme sur la scène internationale font ici l’objet d’une attention particulière. À partir de 1953, la volonté de rompre avec les « ab..
Denis Kozlov, Eleonory Gilburd, eds., The Thaw, Soviet Society and Culture during the 1950s and 1960s
The edited volume under review has as its main aim the examination of the defining issues that transpired during the Thaw era, a period spanning the post‑Stalin 1950s and most of the following decade. Justifying their focus on a relatively brief period of Soviet history, the editors characterize the years in question as a “paradigmatically defining moment for the entire period from Stalin’s death until – and largely also beyond – the collapse of the Soviet Union” (p. 3). The essays included i..
