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Risques climatiques et agriculture en Afrique de l'Ouest
Le futur de l'Afrique de l'Ouest, son équilibre économique, politique et social dépendent de la capacité du secteur de l'agriculture à s'adapter pour garantir la sécurité alimentaire dans un contexte de pressions multiples comme celles engendrées par le changement climatique et la croissance démographique. Pour faciliter cette adaptation, la recherche a déployé d'importants efforts ces dernières années en améliorant la connaissance sur la compréhension des changements climatiques en Afrique de l'Ouest, sur celle de leurs impacts sur les systèmes agropastoraux et sur les stratégies d'adaptation qui réduisent les risques climatiques ; une condition sine qua non de l'investissement et de l'innovation dans le secteur agricole. Cet effort a également été décliné à travers des partenariats scientifiques et le renforcement de larges réseaux de recherche en Afrique, soutenus par le Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI). Les programmes de recherche ont accumulé des acquis, des preuves sur le risque que les aléas climatiques font peser sur la production agricole, sur la conscience aiguë qu'en ont les producteurs et sur les possibilités nouvelles d'adaptation technique. Or, ces avancées de la recherche ne sont que rarement prises en compte dans la planification et la prise de décision pour réduire ce risque. Partant de ce constat, le MAEDI a soutenu un projet de Fonds de solidarité prioritaire "Agriculture et gestion des risques climatiques : outils et recherches en Afrique "(FSP Agricora) mené entre 2016 et 2018 et coordonné par l'Institut de recherche pour le développement (IRD). L'objectif principal du FSP Agricora a été de contribuer à l'élaboration d'outils efficaces de gestion du risque climatique en co-construisant avec des réseaux de chercheurs et d'acteurs directement impliqués dans l'accompagnement de l'agriculture des stratégies innovantes basées sur les résultats de la recherche. Pour ce faire : (1) il a mobilisé une recherche-action en partenariat pour produire des connaissances et des outils adaptés pour mieux documenter et si possible réduire l'incertitude dans la prise de décision ; et (2) il a renforcé les capacités de recherche et d'expertise des pays bénéficiaires.Le FSP Agricora a été mis en oeuvre à travers des projets de recherche et de valorisation des connaissances dans le monde rural sélectionnés au moyen d'un appel à propositions. Ces projets ont visé à produire des avancées importantes sur trois thématiques prioritaires : (1) les services climatiques pour l'agriculture ; (2) l'intensification écologique ; (3) les ressources en eau pour l'agriculture. Ils se sont appuyés sur les partenariats existants entre les chercheurs français et africains tout en favorisant une approche régionale qui implique les parties prenantes pour la production de connaissances finalisées. Ce sont les résultats de ces projets qui sont présentés dans cet ouvrage, avec l'ambition de permettre aux acteurs du secteur agricole (organisations paysannes, filières, secteur privé agricole, banques de développement agricole, fournisseurs d'intrants, services agricoles et de météorologie) de s'approprier de nouvelles connaissances et de nouveaux outils pour une meilleure prise en compte des risques climatiques dans la gestion des systèmes de production. L'ouvrage s'organise selon trois axes thématiques reflétant différents enjeux interdisciplinaires de recherche qui ciblent chacun des outils différents de gestion du risque climatique pour l'agriculture familiale
Risques climatiques et agriculture en Afrique de l'Ouest
L'agriculture africaine fait face à de nouveaux risques, tant du fait des changements climatiques (BROWN et CRAWFORD, 2008) que des transformations de l'agriculture elle-même. Les risques agricoles résultent de plusieurs composantes : les aléas, les enjeux et la vulnérabilité (ELDIN et MILLEVILLE, 1989 ; LEONE et al., 2010). Les enjeux agricoles vont de la possibilité d'installer une culture à la production, et des actifs naturels (sols, arbres, bétail...) aux infrastructures artificielles (aménagements, bâtiments). Gérer le risque, c'est donc connaître l'aléa (anticiper, se préparer) et chercher à l'atténuer, limiter l'exposition des enjeux (répartir le risque, éviter les périodes ou les zones aléatoires), enfin réduire la vulnérabilité (se préparer, s'assurer, se renforcer, mutualiser les pertes, renforcer la capacité à se redresser après un choc, à savoir la résilience). Les bas-fonds de l'Afrique soudanienne représentent une facette de paysage inondable, fertile, dédiée à des activités agrosylvopastorales spécifiques. Il s'agit de fonds plats ou concaves de petites vallées et gouttières d'écoulement inondables en amont du réseau de drainage (RAUNET, 1985). Ils ont joué un rôle important en permettant des activités productives atténuant l'aléa sécheresse (SERPANTIÉ et ZOMBRÉ, 1994). La riziculture de bas-fond, historiquement marginale (activité en petites parcelles,souvent féminine), s'est ainsi développée depuis la fin des sécheresses, accompagnée par des projets d'aménagement et d'appui, mais elle doit aussi faire face à certains risques (MANZANILLA et al.,2011). Dans une région soudanienne du Burkina Faso riche en bas-fonds (commune de Dano, province Ioba, région Sud-Ouest), plusieurs aléas ont été identifiés dans cette facette de paysage. On connaît déjà la fragilité des terres de bas-fonds face au ravinement (MIETTON, 1986). Les changements climatiques en cours depuis la fin des sécheresses (1971-1990) maintiennent mais atténuent l'aléa sécheresse, sauf en début de saison, et un nouveau risque d'inondations est apparu, à la fois du fait d'années excédentaires et par un aléa accru de crues et d'inondations précoces (cf. chap. 6, cet ouvrage). Ces crues sont à l'origine de destructions d'ouvrages ou d'engorgements des systèmes de rétention d'eau. Elles sont aussi source d'érosion, à l'échelle des parcelles comme des aménagements (élargissement et enfoncement de canaux de drainage [DORÉE, 2017]). Ces crues augmentent le risque de submersions, dont l'impact sur le rendement des variétés modernes de riz est élevé (MANZANILLA et al.,2011). Les fonctions anti-aléatoires des bas-fonds ont incité au développement de certaines filières de production liées à ces milieux humides - riz intensif et maraîchage - représentant en retour de nouveaux enjeux, exposés non seulement à la variabilité des ressources en eau, mais aussi à de nouveaux types d'aléas (mauvaises herbes vivaces, parasitisme et ravageurs, fragilité des aménagements dédiés) (chap. 7, cet ouvrage). Les objectifs d'intensification durable et de stabilité de la production requièrent encore des innovations dans les domaines technique et organisationnel, solutions qui devront prendre en compte explicitement la dimension sociale et environnementale des bas-fonds. Cette recherche appliquée faisait partie du mandat du programme Generia : innover en partant d'un dialogue des savoirs, de réflexions collectives et d'expérimentations participatives, en bref ' co-construire ' des options techniques et organisationnelles face aux aléas identifiés et améliorer la capacité d'adaptation des exploitations agricoles, des communautés ainsi que des organisations d'appui. L'objectif de ce chapitre est de restituer les thématiques de co-construction de solutions anti-aléatoires mises en oeuvre et leur degré d'avancement
Risques climatiques et agriculture en Afrique de l'Ouest
Les bas-fonds soudaniens représentent un espace de développement rapide de la riziculture, qui est en recherche de durabilité, sur un plan écologique, social et économique (RODENBURG et al.,2013). Mais les risques élevés confinent souvent la riziculture à des pratiques de nature extensive (MANZELLI et al.,2015). En tant que culture ayant une place et un rôle encore secondaires, le riz fait aussi l'objet d'une moindre priorité dans l'organisation du travail (DORÉE, 2017). Améliorer à la fois la gestion des risques dans les bas-fonds et les résultats de production appelle un diagnostic préalable des aléas et des enjeux (cf. chap. 6, cet ouvrage), mais aussi des pratiques actuelles et de leurs effets. C'est l'enjeu de ce chapitre 7. L'agronomie des pratiques est le cadre scientifique choisi. Elle prend l'agriculture telle qu'elle se conduit comme objet de recherche et s'intéresse aux pratiques, c'est-à-dire aux manières concrètes d'agir des agriculteurs (-trices), les pratiques étant considérées comme des techniques 'dimensionnées' par leur mise en oeuvre (MILLEVILLE, 1987). En matière d'analyse de la gestion des risques, les agronomes étudient comment les agriculteurs perçoivent les aléas et préviennent les dommages en diversifiant ou adaptant leur portefeuille d'activités, de parcelles, d'espèces et de variétés, de systèmes de cultures (SC intensifs risqués et extensifs rustiques), en calant les cycles culturaux sur les périodes de moindre aléa ou en procédant à des actions de rattrapage (ELDIN et MILLEVILLE, 1989). La méthode du ' diagnostic régional ' permet aussi, sur un réseau de parcelles paysannes dont on suit le climat, la diversité de pratiques et les successions d'états culturaux plusieurs années de suite, d'identifier les facteurs qui gouvernent les résultats de production (DORÉ et al.,1997). L'objectif de ce chapitre est donc de comprendre les pratiques actuelles de gestion du risque en riziculture à l'échelle parcelle tant en 'aménagé' (système casier-arroseur drain CAD) qu'en 'non aménagé' (aménagements paysans), et de rendre compte de voies d'amélioration identifiées de façon participative
Risques climatiques et agriculture en Afrique de l'Ouest
L'agriculture de décrue est un mode de production ancestral qui a permis aux populations des plaines inondables africaines de survivre, et même de développer des sociétés avancées comme l'Égypte pharaonique, le Tekrour, le Ghana, les empires malien ou songhaï. Elle a l'avantage de fournir une production appréciable en saison sèche, et nécessite très peu d'intrants et un travail limité. Si les rendements à l'hectare sont faibles, la productivité du travail est appréciable et explique l'engouement des riverains à son endroit, malgré la fréquente possibilité de la remplacer par une agriculture irriguée moderne. L'importance de cette pratique dans la sous-région ouest-africaine reste peu connue, car les services statistiques nationaux ont tendance à la négliger. Dans ce chapitre, nous passons en revue la littérature existante pour l'Afrique de l'Ouest et centrale, c'est-à-dire du Sénégal jusqu'au Tchad. L'objectif est de mieux appréhender les perspectives de cette agriculture, qui avait presque disparu pendant les grandes sécheresses des années 1980 et qui était censée disparaître définitivement avec la construction de plusieurs dizaines de barrages régulateurs sur les grands fleuves de la sous-région. Depuis, les plans de barrages ont été suspendus à cause de l'endettement des États et du rapport alarmant rendu par la Commission mondiale des barrages (WCD, 2000). Par ailleurs, les pluies sont en partie revenues, permettant aux riverains de certaines plaines inondables de relancer cette production, notamment dans plusieurs plaines du bassin du lac Tchad. Depuis quelque temps, les plans de barrages sont réapparus sur l'agenda des États et des agences de bassin. Si les bailleurs traditionnels sont toujours réticents, la Chine se montre déterminée à financer et réaliser ces projets de barrages qui avaient été enterrés dans les années 1990. Dans ce chapitre, les auteurs font un bilan zone par zone, en comparant les surfaces potentiellement inondables, les surfaces cultivées, les cultures pratiquées et les techniques de production spécifiques à ces zones
Risques climatiques et agriculture en Afrique de l'Ouest
L'agriculture de décrue a régressé un peu partout à travers le monde, en raison de la régulation des fleuves par les barrages et de l'expansion des périmètres irrigués, et à cause de la baisse des pluies dans certaines régions comme l'Afrique de l'Ouest. Elle apparaît rarement dans les statistiques agricoles des États et de la FAO, ou dans les politiques agricoles nationales. Les années de grande sécheresse, il n'y a quasiment pas de production de décrue. Pour beaucoup, c'est une pratique du passé, appelée à disparaître avec la reprise de la construction des grands barrages à travers le monde. L'Égypte est souvent prise en exemple. La crue a disparu sur les bords du Nil après la construction du barrage d'Assouan, ce qui a entraîné le remplacement de l'agriculture de décrue par une agriculture irriguée intensive permettant deux ou trois cultures par an. Si elle a fait l'objet de nombreuses études, l'agriculture de décrue bénéficie beaucoup moins d' actions concrètes. Les décideurs politiques ont commandité plusieurs études détaillées sur cette pratique et sur les moyens de la soutenir, mais la décision doit se prendre au niveau d'États peu concernés par son maintien. Évaluer le rôle des politiques publiques sur l'agriculture de décrue est un défi, dans la mesure où les interventions des politiques publiques ont varié dans le temps et selon les échelles. Dans ce texte, nous avons synthétisé ces interventions à l'échelle du bassin du fleuve Sénégal. Après avoir décrit succinctement l'agriculture de décrue dans la vallée, nous abordons brièvement les projets coloniaux. Nous décrivons ensuite le rôle de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) dans les décisions, son organisation, ses doctrines et l'influence des institutions internationales. La dernière partie traite de l'impact économique et social des décisions issues des politiques publiques dans la vallée
Introduction générale
Le futur de l'Afrique de l'Ouest, son équilibre économique, politique et social dépendent de la capacité du secteur de l'agriculture à s'adapter pour garantir la sécurité alimentaire dans un contexte de pressions multiples comme celles engendrées par le changement climatique et la croissance démographique. Pour faciliter cette adaptation, la recherche a déployé d'importants efforts ces dernières années en améliorant la connaissance sur la compréhension des changements climatiques en Afrique de l'Ouest, sur celle de leurs impacts sur les systèmes agropastoraux et sur les stratégies d'adaptation qui réduisent les risques climatiques ; une condition sine qua non de l'investissement et de l'innovation dans le secteur agricole. Cet effort a également été décliné à travers des partenariats scientifiques et le renforcement de larges réseaux de recherche en Afrique, soutenus par le Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI). Les programmes de recherche ont accumulé des acquis, des preuves sur le risque que les aléas climatiques font peser sur la production agricole, sur la conscience aiguë qu'en ont les producteurs et sur les possibilités nouvelles d'adaptation technique. Or, ces avancées de la recherche ne sont que rarement prises en compte dans la planification et la prise de décision pour réduire ce risque. Partant de ce constat, le MAEDI a soutenu un projet de Fonds de solidarité prioritaire "Agriculture et gestion des risques climatiques : outils et recherches en Afrique "(FSP Agricora) mené entre 2016 et 2018 et coordonné par l'Institut de recherche pour le développement (IRD). L'objectif principal du FSP Agricora a été de contribuer à l'élaboration d'outils efficaces de gestion du risque climatique en co-construisant avec des réseaux de chercheurs et d'acteurs directement impliqués dans l'accompagnement de l'agriculture des stratégies innovantes basées sur les résultats de la recherche. Pour ce faire : (1) il a mobilisé une recherche-action en partenariat pour produire des connaissances et des outils adaptés pour mieux documenter et si possible réduire l'incertitude dans la prise de décision ; et (2) il a renforcé les capacités de recherche et d'expertise des pays bénéficiaires.Le FSP Agricora a été mis en oeuvre à travers des projets de recherche et de valorisation des connaissances dans le monde rural sélectionnés au moyen d'un appel à propositions. Ces projets ont visé à produire des avancées importantes sur trois thématiques prioritaires : (1) les services climatiques pour l'agriculture ; (2) l'intensification écologique ; (3) les ressources en eau pour l'agriculture. Ils se sont appuyés sur les partenariats existants entre les chercheurs français et africains tout en favorisant une approche régionale qui implique les parties prenantes pour la production de connaissances finalisées. Ce sont les résultats de ces projets qui sont présentés dans cet ouvrage, avec l'ambition de permettre aux acteurs du secteur agricole (organisations paysannes, filières, secteur privé agricole, banques de développement agricole, fournisseurs d'intrants, services agricoles et de météorologie) de s'approprier de nouvelles connaissances et de nouveaux outils pour une meilleure prise en compte des risques climatiques dans la gestion des systèmes de production. L'ouvrage s'organise selon trois axes thématiques reflétant différents enjeux interdisciplinaires de recherche qui ciblent chacun des outils différents de gestion du risque climatique pour l'agriculture familiale
Introduction générale
Le futur de l'Afrique de l'Ouest, son équilibre économique, politique et social dépendent de la capacité du secteur de l'agriculture à s'adapter pour garantir la sécurité alimentaire dans un contexte de pressions multiples comme celles engendrées par le changement climatique et la croissance démographique. Pour faciliter cette adaptation, la recherche a déployé d'importants efforts ces dernières années en améliorant la connaissance sur la compréhension des changements climatiques en Afrique de l'Ouest, sur celle de leurs impacts sur les systèmes agropastoraux et sur les stratégies d'adaptation qui réduisent les risques climatiques ; une condition sine qua non de l'investissement et de l'innovation dans le secteur agricole. Cet effort a également été décliné à travers des partenariats scientifiques et le renforcement de larges réseaux de recherche en Afrique, soutenus par le Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI). Les programmes de recherche ont accumulé des acquis, des preuves sur le risque que les aléas climatiques font peser sur la production agricole, sur la conscience aiguë qu'en ont les producteurs et sur les possibilités nouvelles d'adaptation technique. Or, ces avancées de la recherche ne sont que rarement prises en compte dans la planification et la prise de décision pour réduire ce risque. Partant de ce constat, le MAEDI a soutenu un projet de Fonds de solidarité prioritaire "Agriculture et gestion des risques climatiques : outils et recherches en Afrique "(FSP Agricora) mené entre 2016 et 2018 et coordonné par l'Institut de recherche pour le développement (IRD). L'objectif principal du FSP Agricora a été de contribuer à l'élaboration d'outils efficaces de gestion du risque climatique en co-construisant avec des réseaux de chercheurs et d'acteurs directement impliqués dans l'accompagnement de l'agriculture des stratégies innovantes basées sur les résultats de la recherche. Pour ce faire : (1) il a mobilisé une recherche-action en partenariat pour produire des connaissances et des outils adaptés pour mieux documenter et si possible réduire l'incertitude dans la prise de décision ; et (2) il a renforcé les capacités de recherche et d'expertise des pays bénéficiaires.Le FSP Agricora a été mis en oeuvre à travers des projets de recherche et de valorisation des connaissances dans le monde rural sélectionnés au moyen d'un appel à propositions. Ces projets ont visé à produire des avancées importantes sur trois thématiques prioritaires : (1) les services climatiques pour l'agriculture ; (2) l'intensification écologique ; (3) les ressources en eau pour l'agriculture. Ils se sont appuyés sur les partenariats existants entre les chercheurs français et africains tout en favorisant une approche régionale qui implique les parties prenantes pour la production de connaissances finalisées. Ce sont les résultats de ces projets qui sont présentés dans cet ouvrage, avec l'ambition de permettre aux acteurs du secteur agricole (organisations paysannes, filières, secteur privé agricole, banques de développement agricole, fournisseurs d'intrants, services agricoles et de météorologie) de s'approprier de nouvelles connaissances et de nouveaux outils pour une meilleure prise en compte des risques climatiques dans la gestion des systèmes de production. L'ouvrage s'organise selon trois axes thématiques reflétant différents enjeux interdisciplinaires de recherche qui ciblent chacun des outils différents de gestion du risque climatique pour l'agriculture familiale
Introduction générale
Le futur de l'Afrique de l'Ouest, son équilibre économique, politique et social dépendent de la capacité du secteur de l'agriculture à s'adapter pour garantir la sécurité alimentaire dans un contexte de pressions multiples comme celles engendrées par le changement climatique et la croissance démographique. Pour faciliter cette adaptation, la recherche a déployé d'importants efforts ces dernières années en améliorant la connaissance sur la compréhension des changements climatiques en Afrique de l'Ouest, sur celle de leurs impacts sur les systèmes agropastoraux et sur les stratégies d'adaptation qui réduisent les risques climatiques ; une condition sine qua non de l'investissement et de l'innovation dans le secteur agricole. Cet effort a également été décliné à travers des partenariats scientifiques et le renforcement de larges réseaux de recherche en Afrique, soutenus par le Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI). Les programmes de recherche ont accumulé des acquis, des preuves sur le risque que les aléas climatiques font peser sur la production agricole, sur la conscience aiguë qu'en ont les producteurs et sur les possibilités nouvelles d'adaptation technique. Or, ces avancées de la recherche ne sont que rarement prises en compte dans la planification et la prise de décision pour réduire ce risque. Partant de ce constat, le MAEDI a soutenu un projet de Fonds de solidarité prioritaire "Agriculture et gestion des risques climatiques : outils et recherches en Afrique "(FSP Agricora) mené entre 2016 et 2018 et coordonné par l'Institut de recherche pour le développement (IRD). L'objectif principal du FSP Agricora a été de contribuer à l'élaboration d'outils efficaces de gestion du risque climatique en co-construisant avec des réseaux de chercheurs et d'acteurs directement impliqués dans l'accompagnement de l'agriculture des stratégies innovantes basées sur les résultats de la recherche. Pour ce faire : (1) il a mobilisé une recherche-action en partenariat pour produire des connaissances et des outils adaptés pour mieux documenter et si possible réduire l'incertitude dans la prise de décision ; et (2) il a renforcé les capacités de recherche et d'expertise des pays bénéficiaires.Le FSP Agricora a été mis en oeuvre à travers des projets de recherche et de valorisation des connaissances dans le monde rural sélectionnés au moyen d'un appel à propositions. Ces projets ont visé à produire des avancées importantes sur trois thématiques prioritaires : (1) les services climatiques pour l'agriculture ; (2) l'intensification écologique ; (3) les ressources en eau pour l'agriculture. Ils se sont appuyés sur les partenariats existants entre les chercheurs français et africains tout en favorisant une approche régionale qui implique les parties prenantes pour la production de connaissances finalisées. Ce sont les résultats de ces projets qui sont présentés dans cet ouvrage, avec l'ambition de permettre aux acteurs du secteur agricole (organisations paysannes, filières, secteur privé agricole, banques de développement agricole, fournisseurs d'intrants, services agricoles et de météorologie) de s'approprier de nouvelles connaissances et de nouveaux outils pour une meilleure prise en compte des risques climatiques dans la gestion des systèmes de production. L'ouvrage s'organise selon trois axes thématiques reflétant différents enjeux interdisciplinaires de recherche qui ciblent chacun des outils différents de gestion du risque climatique pour l'agriculture familiale
Introduction générale
Le futur de l'Afrique de l'Ouest, son équilibre économique, politique et social dépendent de la capacité du secteur de l'agriculture à s'adapter pour garantir la sécurité alimentaire dans un contexte de pressions multiples comme celles engendrées par le changement climatique et la croissance démographique. Pour faciliter cette adaptation, la recherche a déployé d'importants efforts ces dernières années en améliorant la connaissance sur la compréhension des changements climatiques en Afrique de l'Ouest, sur celle de leurs impacts sur les systèmes agropastoraux et sur les stratégies d'adaptation qui réduisent les risques climatiques ; une condition sine qua non de l'investissement et de l'innovation dans le secteur agricole. Cet effort a également été décliné à travers des partenariats scientifiques et le renforcement de larges réseaux de recherche en Afrique, soutenus par le Ministère français des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI). Les programmes de recherche ont accumulé des acquis, des preuves sur le risque que les aléas climatiques font peser sur la production agricole, sur la conscience aiguë qu'en ont les producteurs et sur les possibilités nouvelles d'adaptation technique. Or, ces avancées de la recherche ne sont que rarement prises en compte dans la planification et la prise de décision pour réduire ce risque. Partant de ce constat, le MAEDI a soutenu un projet de Fonds de solidarité prioritaire "Agriculture et gestion des risques climatiques : outils et recherches en Afrique "(FSP Agricora) mené entre 2016 et 2018 et coordonné par l'Institut de recherche pour le développement (IRD). L'objectif principal du FSP Agricora a été de contribuer à l'élaboration d'outils efficaces de gestion du risque climatique en co-construisant avec des réseaux de chercheurs et d'acteurs directement impliqués dans l'accompagnement de l'agriculture des stratégies innovantes basées sur les résultats de la recherche. Pour ce faire : (1) il a mobilisé une recherche-action en partenariat pour produire des connaissances et des outils adaptés pour mieux documenter et si possible réduire l'incertitude dans la prise de décision ; et (2) il a renforcé les capacités de recherche et d'expertise des pays bénéficiaires.Le FSP Agricora a été mis en oeuvre à travers des projets de recherche et de valorisation des connaissances dans le monde rural sélectionnés au moyen d'un appel à propositions. Ces projets ont visé à produire des avancées importantes sur trois thématiques prioritaires : (1) les services climatiques pour l'agriculture ; (2) l'intensification écologique ; (3) les ressources en eau pour l'agriculture. Ils se sont appuyés sur les partenariats existants entre les chercheurs français et africains tout en favorisant une approche régionale qui implique les parties prenantes pour la production de connaissances finalisées. Ce sont les résultats de ces projets qui sont présentés dans cet ouvrage, avec l'ambition de permettre aux acteurs du secteur agricole (organisations paysannes, filières, secteur privé agricole, banques de développement agricole, fournisseurs d'intrants, services agricoles et de météorologie) de s'approprier de nouvelles connaissances et de nouveaux outils pour une meilleure prise en compte des risques climatiques dans la gestion des systèmes de production. L'ouvrage s'organise selon trois axes thématiques reflétant différents enjeux interdisciplinaires de recherche qui ciblent chacun des outils différents de gestion du risque climatique pour l'agriculture familiale
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