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L’appel du vide (création romanesque), suivi de L’identité masculine : Redéfinir ou perpétuer? Représentations de la masculinité dans Gabriel est perdu de Julien Roy et Nord Alice de Marc Séguin
Ce mémoire de recherche-création est tout d’abord né d’un questionnement : que signifie « être un homme » dans la société québécoise contemporaine? Sommes-nous encore sous l’emprise de la vision traditionnelle de la masculinité associée aux hommes pourvoyeurs et protecteurs qui se doivent de réprimer les traits généralement associés à la féminité? Présenté en deux parties, une création romanesque et une analyse, ce mémoire se veut être une réflexion sur la représentation des masculinités dans la littérature actuelle. La première partie est constituée de chapitres tirés d’un roman choral intitulé L’appel du vide dont l’écriture fût nourrie par les questionnements sur les masculinités contemporaines et le caractère construit des identités. Cette œuvre présente l’histoire de Mathieu, de son fils Laurent et de sa mère (et grand-mère de Laurent) Louise. En perte de repères et évoluant dans une cellule familiale à reconstruire, ces trois personnages centraux doivent apprendre à composer avec la perte d’un être cher, mais surtout avec les questions (identitaires, relationnelles, etc.) qui les habitent depuis cet évènement. La deuxième partie présente une recherche portant sur deux romans québécois écrits par des hommes, Nord Alice de Marc Séguin et Gabriel est perdu de Julien Roy, et analyse les représentations de la masculinité dans ces derniers afin de déterminer s’ils présentent de nouvelles configurations possibles de l’être-homme et des rapports entre les sexes ou s’ils perpétuent des modèles virils traditionnels. Pour ce faire, cette analyse s’appuie sur trois lieux déterminants (personnels ou relationnels) dans la construction des identités sexuelles : l’autoréflexivité identitaire des personnages masculins (Badinter 1992 ; Butler 2006), les relations homosociales masculines (Connell 2005 ; Thiers-Vidal 2010) et la présence de personnages féminins sous l’angle de la coprésence des modèles et celle des relations entre les sexes (Lahire 2001). La dernière partie de ce mémoire revient sur l’expérience de création et soulève les liens, explicites et implicites, qui existent entre cette dernière, la recherche effectuée et les questionnements personnels qui ont servi de point de départ à ce projet
Du masculin au féminin: identités trans et intersexuelle dans quatre œuvres littéraires et cinématographiques contemporaines (Canada, 1987- 2012)
La pensée hétéronormative n’admet que deux sexes, mâle et femelle, auxquels correspondent deux genres, masculin et féminin. Sur l’horizon contemporain qui est le nôtre, certains individus refusent toutefois ces fatalités et décident de changer de sexe et/ou de genre, ou alors de le choisir (dans le cas des personnes intersexuées). Ce mémoire se penche sur les représentations de ces identités dites problématiques dans quelques œuvres littéraires et filmiques contemporaines. Parmi les œuvres illustrant des personnages transitant d’un sexe et/ou d’un genre à l’autre, force est de constater que le passage du masculin au féminin est le plus souvent représenté. Ainsi en est-il des romans Le sexe des étoiles (1989) de Monique Proulx, Self (1998) de Yann Martel, Annabel (2010) de Kathleen Winter et du film Laurence Anyways (2012) de Xavier Dolan, qui mettent respectivement en scène les figures du transsexuel, du « transtextuel », de l’intersexué et du transgenre. Considérant que le statut des femmes est encore aujourd’hui plus précaire et plus globalement désavantagé que celui des hommes, nous cherchons à comprendre, dans ce mémoire, la façon dont la diégèse explique le choix des personnages masculins à vouloir performer le genre féminin. Nous identifions également les changements qui affectent le statut de ces personnages passant du masculin au féminin. Plus précisément, nous cherchons à vérifier si ce passage s’accompagne d’une déchéance et, si oui, sur quel(s) plan(s) cette déchéance s’exprime-t-elle. Mobilisant les théories féministes, constructionnistes et matérialistes, l’analyse de chaque œuvre s’articule autour des trois axes suivants: le discours entourant le système de sexe genre présent dans les « textes », le rapport au masculin et au féminin qu’entretiennent chacun des personnages et, finalement, les conditions économique, matérielle, sociale et symbolique de chacun de ceux-ci à la suite de leur transition
Une question d'autorité ou l'autorité en question sexuation de la rhétorique dans l'essai québécois (1977-1997)
L'essai québécois a longtemps été étudié en regard de ses thématiques, en particulier celle de la question nationale. Avec la désillusion référendaire de 1980, et l'entrée des femmes dans le domaine de l'essai, d'autres avenues sont explorées, mais peu de recherches s'attardent aux particularités formelles de l'argumentation dans l'essai. En outre, les textes féministes sont rarement comparés aux essais produits par les hommes durant la même période, et ce, même lorsque la réflexion développée concerne des sujets semblables, que ce soit, par exemple, la littérature d'ici et d'ailleurs, le métier d'écrivain ou l'avenir de l'humanité. C'est pourquoi cette thèse propose un corpus mixte composé de douze recueils d'essais parus au Québec entre 1977 et 1997. Il s'agit d'y évaluer comment et pourquoi la rhétorique déployée dans les textes varie - ou ne varie pas - en fonction du sexe de l'essayiste. La période étudiée correspond à un temps fort de la reconfiguration des identités de genre, si bien qu'on peut émettre d'emblée l'hypothèse que les écrits témoigneront d'un certain écart par rapport aux stéréotypes sexués pouvant influer sur les choix discursifs.L'intériorisation des modèles masculins et féminins, prévue par le système de sexe/genre (Rubin), laisse-t-elle tout de même des traces dans l'écriture essayistique ? Si oui, lesquelles ? Si non, quelles sont les principales ressemblances entre les diverses postures argumentatives ? La première partie, qui compte deux chapitres, sert d'assise à la lecture du genre proposée ensuite. Nous y verrons l'évolution de l'autorité discursive avec la postmodernité ainsi que la dynamique binaire à l'oeuvre au sein des principales définitions de l'essai. Divisée en quatre chapitres, la deuxième partie de la thèse révèle un spectre de positions, des plus masculines aux plus féminines (ou inversement), illustrant la complexité du phénomène de la sexuation de la rhétorique dans l'essai québécois. La relation avec le destinataire, les métaphores, l'intergénéricité et la modalisation du discours retiendront notre attention, en tant qu'éléments essentiels de l'argumentation à laquelle a recours tout essayiste littéraire.L'examen minutieux de ces différents aspects permettra de déceler les spécificités de l'essai au féminin, et celles de l'essai au masculin, tout en dévoilant les points de rencontre et les possibilités de dialogues entre les écritures d'essayistes de sexes opposés
L'expression du désir féminin adolescent étude des (re)configurations des normes sexuelles genrées dans quatre romans québécois contemporains
Les schémas sociaux de la sexualité, dans une société régie par le pouvoir patriarcal, s'élaborent selon une perspective androcentrée, qui nie aux femmes et aux filles la légitimité de leurs désirs. Longtemps posées en tant qu'objets d'un désir masculin, les femmes, accédant notamment à la subjectivité littéraire, redéfinissent depuis peu leur rapport au désir et à la sexualité. Considérant le moment d'entrée dans la sexualité comme crucial quant à la construction de l'identité sexuée, la présente recherche interroge la représentation du désir féminin chez des personnages d'adolescentes tirés de quatre romans québécois contemporains :Les fous de Bassan d'Anne Hébert (1982), Volkswagen Blues de Jacques Poulin (1988), L'île de la Merci d'Élise Turcotte (1997) et La petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy (2000). À travers un cadre d'analyse constructionniste, regroupant la théorie des scripts sexuels (Gagnon), la construction sociale de l'identité de genre (Butler) et la théorie de l'intersubjectivité (Benjamin), cette étude vise à évaluer le potentiel agentif des personnages d'adolescentes dans l'expression de leur désir et l'expérimentation de leur sexualité. L'analyse littéraire du corpus choisi est soutenue par deux principaux objectifs : le premier consiste à identifier, dans un premier temps, les scripts sexuels qui président à l'expression du désir féminin, et à statuer, dans un deuxième temps, s'il y a concordance ou discordance entre le discours et les comportements adoptés par les personnages féminins et les normes de genre véhiculées par les schémas sexuels dominants. Le second objectif réside dans l'examen des variations entre les représentations du désir féminin dans les oeuvres écrites par des femmes et dans celles écrites par des hommes. Chacun des romans faisant l'objet d'un chapitre, l'analyse approfondie de ceux-ci montre que tous les personnages féminins du corpus cherchent à inscrire leur désir au sein de scripts alternatifs -- bien que marqués par l'hypotexte hétéronormé -- aux scripts sexuels dominants, fondés sur la reconnaissance intersubjective. L'accession des jeunes filles du corpus au statut de sujet désirant, laquelle passe par la subversion des scripts sexuels dominants, s'avère toutefois ardue, tant sur le plan intrapsychique qu'interpersonnel, leur imaginaire étant colonisé (Roussos) par le discours patriarcal. Accordant la première place à l'analyse sémiotique du contenu romanesque, l'analyse vise ultimement à révéler la défaillance des discours dominants sur le sexuel, principalement en ce qui a trait à l'initiation sexuelle des jeunes filles
Mixité et égalité dans le champ éditorial québécois. Étude des compositions des maisons d'édition contemporaines et catalogues. (1995-2005)
Plus de quarante ans après la révolution féministe des années 1970 qui a favorisé l’augmentation des publications d’auteurs féminins, les femmes sont-elles dorénavant aussi nombreuses que les hommes à être reçues favorablement dans les officines éditoriales? La publication, première étape menant vers la reconnaissance littéraire, est le résultat d’un échange entre l’auteur•e et l’éditeur•trice. Pour que cet échange soit fructueux, l’éditeur•trice – ou ceux et celles qu’il•elle mandate à cet effet – doit endosser, dans une certaine mesure, le manuscrit. Or, différents facteurs interviennent dans les choix éditoriaux. Ces derniers débouchent-ils au final sur une proportion équitable d’œuvres provenant d’hommes et de femmes?
Cette recherche tente de vérifier si le sexe de la personne qui préside aux choix des manuscrits a une incidence sur la composition sexuée du catalogue. Plus précisément, ce mémoire cherche à savoir s’il y’a une corrélation entre le sexe des éditeur•trice•s et celui des auteur•e•s publié•e•s. Dans ce but, le premier chapitre établit le portrait chiffré de la profession éditoriale qui prévaut au Québec pour l’année 2005 en scrutant les proportions de femmes et d’hommes qui y travaillent. Dans cette partie des travaux, une attention particulière est réservée à la hiérarchie instaurée entre les différents métiers convoqués dans la chaine éditoriale.
Dans le deuxième chapitre, ce sont les rapports entre, d’une part, le sexe des personnes qui président à la publication des ouvrages littéraires et, d’autre part, celui des auteur•e•s publié•e•s durant l’année 2005 qui sont examinés, dans le but d’établir le degré de mixité des catalogues. Celui-ci est établi en fonction des proportions de femmes et d’hommes qui les composent, puis est ventilé selon les divers genres littéraires.
Enfin, le troisième chapitre du mémoire examine les proportions d’auteur•e•s publié•e•s dans les catalogues de jeunes maisons d’édition à vocation littéraire, c’est-à-dire celles fondées au Québec entre les années 1995 et 2005. Dans ce contexte précis d’une littérature essentiellement émergente, où l’on peut croire que les facteurs de sexe et de genre sont atténués, la recherche s’attarde, encore une fois, aux liens entre le sexe de l’éditeur•trice et la proportion de femmes et d’hommes publié•e•s afin de connaitre quels sont les facteurs qui influencent la mixité.
Au terme de l’exercice, il apparaît que le sexe des personnes qui interviennent dans le choix des manuscrits a une réelle incidence, et qu’en l’occurrence, les auteurs masculins sont nettement favorisés
Visages du slam au Québec histoire et actualisations d'un mouvement poétique et social en émergence
Au sein de la culture lettrée qui est la nôtre, il semble que la littérature soit d'emblée associée à l'écrit. Aussi, les manifestations contemporaines de la littérature orale sont-elles souvent laissées pour compte par les études littéraires, voire dévaluées par l'institution. Or, à une époque où l'on observe une importante résurgence de l'oralité en littérature, il apparaît d'autant plus pertinent de se pencher sur ses nouvelles formes, qui relèvent tout autant de la tradition que d'une modernité caractérisée par l'interdisciplinarité et l'évolution technologique. Dans la mesure où le développement des cultural studies, à la lumière d'une définition extensive de la culture, nous permet de nous intéresser à des pratiques qui n'appartiennent pas à la"haute culture", nous avons pris pour objet le mouvement de slam, qui participe précisément de cette résurgence contemporaine de l'oralité et qui émane, de surcroît, d'une culture"d'en bas". C'est, plus particulièrement, son actualisation québécoise qui constitue le coeur de ce mémoire, bien qu'il ait semblé nécessaire d'en dresser un portrait plus large, vu la méconnaissance relative du phénomène. C'est en 2006 que le mouvement - qui a pris racine au milieu des années 80 aux États-Unis - s'est installé dans la culture francophone du Québec, notamment sous l'impulsion de sa popularisation en France. Il y acquiert rapidement un visage pluriel, fondé sur une ambiguïté quant à la définition même du terme"slam" : s'il désigne à la base un mouvement poétique et social, de même qu'un cadre particulier structurant la pratique de la poésie performée (le slam de poésie), il en vient rapidement à être assimilé à un style, du fait de sa récupération par la culture de masse. Dans un premier chapitre, nous nous attardons à l'histoire du mouvement, ainsi qu'à son évolution aux États-Unis et en France. Dans un deuxième chapitre, nous en retraçons la brève histoire au Québec, avant de dégager les caractéristiques propres de son ancrage québécois. Dans un troisième chapitre, nous analysons la couverture journalistique du slam au Québec, ainsi que sa relation complexe avec l'institution littéraire, et terminons par l'analyse de quatre oeuvres québécoises qui se réclament du slam sans pourtant en adopter le cadre original, afin de cerner leur positionnement en regard du mouvement, de même que les enjeux de la diffusion de l'oralité qu'elles mettent au jour, à l'époque de sa reproductibilité technique
L'autoréférence dans le recueil Manifestif de Loco Locas
Le présent mémoire traite d'une problématique reposant sur les modalités de la présence de l'autoreprésentation dans Manifestif , le premier album des Loco Locass. Postulant qu'elle y est particulièrement dense, on poursuit ici l'objectif de soumettre les textes du recueil à une analyse systématique de l'autoréférence. Pour ce faire, nous nous appuyons sur les principaux théoriciens/théoriciennes de l'autoréférence (et notions voisines, telle l'autoreprésentation), de Dallenbach à Paterson, en passant par Ricardou, Hutcheon, etc., et adaptons la grille de Janet M. Paterson, élaborée pour l'étude du narratif, à l'étude du texte lyrique. Ainsi armée, nous passons au crible tous les textes de l'album Manifestif , ainsi que leur accompagnement paratextuel. La structure du mémoire s'articule à même l'outil méthodologique, scrutant d'abord l'appareil autoréférentiel sur le plan de l'énonciation - plus précisément l'instance énonciative -, puis de l'énoncé, enfm de l'instance énonciataire. En ressort un relevé complet de la présence d'autoréférence et de ses effets. Ce qui nous permet de conclure que le phénomène poétique particulier de l'autoréférence éclaire les textes du recueil parce qu'il constitue un jeu (on pourrait même parler d'appareil) de surdétermination qui surpasse l'oeuvre
Sujets abîmés, sujets réparés : analyse d’À ciel ouvert de Nelly Arcan suivie de Des cailloux plein la tête
Ce mémoire comprend deux parties ayant un tronc commun : toutes deux s’intéressent aux processus de subjectivation/désubjectivation/resubjectivation qui affectent des sujets-personnages, en l’occurrence féminins, répondant à des traumas sociaux et psychologiques. Dans la première partie, l’examen des rapports intersubjectifs figurés dans le roman À ciel ouvert de Nelly Arcan met en lumière ce qui amenuise la subjectivité des protagonistes, Rose et Julie, rivales dans leur conquête du même homme. L’analyse vise à identifier les procédés littéraires permettant de marquer formellement et de signifier leur étiolement subjectif, celui-ci découlant de rapports sociaux et les influençant. Les éléments de construction du sujet suivants, issus des domaines philosophique, anthropologique et politique, ont guidé et organisé l’étude du récit : le langage (Laplantine 2008, Butler 2007), la conscience (Chauchat et Durand-Delvigne 1999, Calame 2008, Foucault 2001, Le Breton 2008), l’agentivité (Lord 2009, p. 20, Lang 2011, Delphy 2008, Ganser 2009, Handcock 2014), la reconnaissance (Chauchat et Durand-Delvigne 1999, Chauchat 1999, Le Blanc 2004, Butler 2004, Guéguen et Malochet 2014, Calame 2008, Hegel dans Valverde 1989) et l’intersubjectivité (Jean-Louis 2008, Baraquin 2000, Durand-Lavigne 1999, Chauchat et Bordier 1999, Dupont 1999, Butler 2006a). Dans la deuxième partie, un roman, présenté partiellement (dont certains chapitres sont résumés), met en scène un sujet mû par le processus inverse, c’est-à-dire celui d’une reprise de subjectivité. La trame narrative et les choix esthétiques se fondent sur cette reconquête identitaire menée par la protagoniste, Alexe, qui, après avoir touché le fond, tente de refaire surface. Elle espère que son pèlerinage, la ramenant aux vestiges de la maison de son enfance, aux Éboulements, à partir de l’endroit où elle avait fui, Montréal, lui montrera une voie vers la lumière
Visages du slam au Québec histoire et actualisations d'un mouvement poétique et social en émergence
Au sein de la culture lettrée qui est la nôtre, il semble que la littérature soit d'emblée associée à l'écrit. Aussi, les manifestations contemporaines de la littérature orale sont-elles souvent laissées pour compte par les études littéraires, voire dévaluées par l'institution. Or, à une époque où l'on observe une importante résurgence de l'oralité en littérature, il apparaît d'autant plus pertinent de se pencher sur ses nouvelles formes, qui relèvent tout autant de la tradition que d'une modernité caractérisée par l'interdisciplinarité et l'évolution technologique. Dans la mesure où le développement des cultural studies, à la lumière d'une définition extensive de la culture, nous permet de nous intéresser à des pratiques qui n'appartiennent pas à la"haute culture", nous avons pris pour objet le mouvement de slam, qui participe précisément de cette résurgence contemporaine de l'oralité et qui émane, de surcroît, d'une culture"d'en bas". C'est, plus particulièrement, son actualisation québécoise qui constitue le coeur de ce mémoire, bien qu'il ait semblé nécessaire d'en dresser un portrait plus large, vu la méconnaissance relative du phénomène. C'est en 2006 que le mouvement - qui a pris racine au milieu des années 80 aux États-Unis - s'est installé dans la culture francophone du Québec, notamment sous l'impulsion de sa popularisation en France. Il y acquiert rapidement un visage pluriel, fondé sur une ambiguïté quant à la définition même du terme"slam" : s'il désigne à la base un mouvement poétique et social, de même qu'un cadre particulier structurant la pratique de la poésie performée (le slam de poésie), il en vient rapidement à être assimilé à un style, du fait de sa récupération par la culture de masse. Dans un premier chapitre, nous nous attardons à l'histoire du mouvement, ainsi qu'à son évolution aux États-Unis et en France. Dans un deuxième chapitre, nous en retraçons la brève histoire au Québec, avant de dégager les caractéristiques propres de son ancrage québécois. Dans un troisième chapitre, nous analysons la couverture journalistique du slam au Québec, ainsi que sa relation complexe avec l'institution littéraire, et terminons par l'analyse de quatre oeuvres québécoises qui se réclament du slam sans pourtant en adopter le cadre original, afin de cerner leur positionnement en regard du mouvement, de même que les enjeux de la diffusion de l'oralité qu'elles mettent au jour, à l'époque de sa reproductibilité technique
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