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Les subordonnées relatives en que et qui : analyse d’un point de résistance dans l’accès à l’écrit du français d’adultes sourds locuteurs de la langue des signes française (LSF) langue première
This dissertation investigates the challenges deaf signers face in acquiring the French written relative clause, even at advanced literacy levels. The research is structured in two parts: first, a contrastive analysis of relative clause expression in French Sign Language (LSF) and written French, based on a bilingual corpus of natural data (LSF/written French); second, a study of how relative clauses are used by three groups-deaf signers, hearing L2 learners of French, and French speakers. Participants completed written tasks involving production, correction, and comprehension. Findings reveal that LSF does not have a construction closely matching the French relative clause, but instead offers functional equivalents that draw on the multilinear properties of its visual-spatial modality. The form and use of these equivalents are shaped by the fundamentally oral nature of LSF. The linguistic distance between LSF and written French in this domain may account for some of the patterns observed in the experimental tasks: relative clauses are not always perceived as subordinate clauses, and the function word « que » is used in distinctive ways. These findings suggest a difficulty linked to the linear structure of written French, which contrasts with LSF's spatial organization. The study concludes by recommending the use of contrastive LSF/written French exercises in writing instruction, to help Deaf signers develop greater awareness of the features of written French and better master complex structures such as the relative clause.Cette thèse explore les difficultés rencontrées par la population sourde signeuse dans l’appropriation de la subordonnée relative en français écrit, même à des niveaux avancés de littéracie. Elle se décline en deux volets : une analyse contrastive de l’expression de la relative en LSF et en français écrit, à partir d’un corpus bilingue français écrit/LSF de données naturelles, puis une étude des usages de la relative chez trois groupes : sourds signeurs, apprenants L2 entendants et natifs francophones. Les participants ont été invités à réaliser une tâche de production, une de correction et une de compréhension écrites. Les résultats révèlent l’absence d’une construction correspondant étroitement à la relative française en LSF, mais aussi la présence de divers d’équivalents fonctionnels exploitant la multilinéarité du canal visuo-gestuel propre à cette langue. Leur forme et leur usage sont néanmoins d’abord déterminés par l’oralité foncière de la LSF. La distance linguistique alors avérée entre le français écrit et la LSF sur l’expression de la relative expliquerait certains usages observés dans les différentes tâches expérimentales : les relatives ne sont pas toujours perçues comme des subordonnées, et le mot-outil que fait l’objet d’emplois idiosyncrasiques. Ces éléments traduiraient une difficulté liée à la linéarité du français écrit, en contraste avec l’organisation spatiale de la LSF. L’étude suggère que la pratique d’exercices d’analyse contrastive LSF/français écrit en cours de langue peut aider les sourds signeurs à mieux appréhender les spécificités du français écrit et partant, faciliter la maîtrise de structures complexes comme la relative
Deaf Signers’ Processing of the Sentence: An Indicator of Their Specific Pathway to the Written Word?
This article addresses the issue of access to the written word for deaf people whose main language is sign language. We question the status of sentence processing in the acquisition of a written language by deaf people, visual beings par excellence. This written language is both the written form of another language (namely a vocal language) and another modality, that of writing (as opposed to the oral form of language i.e., the face-to-face form of language), which they have not experienced in their own, non-written language. We highlight two points in the literature that we feel are crucial to addressing this issue: first, the significant linguistic distance between their L1 (SL) and their L2 (written vocal language), which severely limits the possibility of positive transfer from one to the other; and secondly, the evidence of a cognitive functioning specific to deaf people, marked in particular by higher processing capacities in the visual domain. Based on the results of two studies on the written output of deaf people, we suggest that particularities in the acquisition of the sentence are closely linked both to the structure of SL and to the visual functioning of this population. Finally, we emphasize the importance of using sign language as a metalanguage in teaching writing to deaf signers
Identification et catégorisation des obstacles à la compréhension de l’oral en italien L2
International audienceLa compréhension de l’oral est un processus cognitif complexe, qui occupe une place centrale à l’intérieur du processus d’acquisition et d’apprentissage d’une langue seconde (L2) et implique une charge cognitive importante (Gaonac’h, 2003 ; Buck, 2001).Les difficultés et les obstacles qu’un apprenant d’une L2 rencontre lors de l’écoute et de la compréhension d’une source orale en langue cible, relèvent de différents facteurs relatifs, par exemple, au profil cognitif de l’auditeur, aux caractéristiques de l’extrait audio et aux conditions d’écoute (Bloomfield et al., 2010).La présente communication sera consacrée à la présentation et à la discussion de données issues d’une étude menée dans le cadre du projet de recherche doctorale COraIL (Compréhension de l’Oral Interdisciplinaire en Langues, infra). Elle fait suite à d’autres études pilotes sur les obstacles en compréhension de l’oral en L2 récemment menées à l’UGA (Masperi et al., 2022 ; Marcoccia, 2022) et se donne comme but d’initier le travail de catégorisation des difficultés que la tâche permet de mettre en exergue. Dans ce cadre, une attention particulière sera portée aux obstacles de nature prosodique.Le projet COraIL se propose d’investiguer le processus de compréhension de l’oral en italien L2 lors de l’écoute d’extraits sonores auprès d’un public d’apprenants francophones natifs de niveau intermédiaire (A2) et avancé (B2) à travers un double angle d’attaque, comportemental et neurophysiologique. Les trois études qui seront menées au cours de la thèse, se focalisent sur l’observation de trois moments-clés d’une tâche de compréhension : 1) compréhension fluide ; 2) compréhension entravée par des obstacles ; 3) retour réflexif sur les obstacles identifiés. La recherche sera menée en trois temps : dans un premier temps, nous collecterons des données déclaratives sur les obstacles rencontrés et sur leur catégorisation. Ensuite, l’état fonctionnel de l’auditeur sera observé sur le plan physiologique, tout au long de la tâche, par la mesure de la réponse électrodermale (RED) et de la variabilité du rythme cardiaque (VRC), des mesures qui sont censées pointer indirectement les obstacles cognitivo-émotionnels à la compréhension. Enfin, des mesures d’imagerie fonctionnelle (IRMf) seront prises afin d’observer le fonctionnement neurophysiologique de l’auditeur.Les activités de compréhension et les opérations relatives aux étapes 2) et 3) seront menées à l’aide d’un outil informatique (« Bornage Libre », Masperi et al., 2022) qui permet à l’auditeur d’isoler (« borner ») directement dans l’extrait audio les segments qui font obstacle à sa compréhension et d’en expliciter la nature à travers un champ « commentaires ».Après avoir décrit les critères de sélection et les niveaux d’annotation du corpus d’extraits sonores constitué, nous présenterons la méthodologie expérimentale adoptée et les premiers résultats obtenus. Ces résultats sont d’importance cruciale pour la suite du projet COraIL, car ils permettront de valider ou d’invalider la pertinence des choix textuels et de procéder à une première catégorisation des obstacles rencontrés avant de les soumettre aux participants des études successives
